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Médecins du monde répond à Delanoë
Marie Simon, (l'Express).
L'association refuse que, sous prétexte de canicule, on retire aux SDF les tentes qu'elle a mis à leur disposition. Polémique
édecins du Monde (MDM) a demandé aux pouvoirs publics de ne pas utiliser l’argument des risques sanitaires liés à la canicule pour retirer ou déplacer les tentes qu’elle distribue aux SDF de Paris. Lors d’une conférence de presse, cet après-midi, Graciela Robert, la responsable SDF de Paris de l’ONG, a rappelé que la canicule "ne présente pas plus de risques pour un SDF que pour un campeur".
La mairie de Paris avait annoncé, la semaine dernière, son intention de déménager certains de ces logements de fortune, une démarche "à la fois humaine et ferme". Bertrand Delanoë avait évoqué les risques liés à la canicule pour justifier l'opération, ainsi que les plaintes de plus en plus nombreuses de riverains mécontents. Des bénévoles avaient perfidement fait le rapprochement avec l'inauguration, le même jour, de la 5e édition de Paris-Plage sur les berges de la Seine - occupées par une partie des 300 tentes-igloo parisiennes.
MDM continue les distributions
Malgré la polémique, croissante ces derniers jours, MDM continue de distribuer des tentes pour rendre le problème des sans-logis toujours "plus visible" et leur offrir un "endroit d’intimité". La disparition de ce dispositif "dépend de la volonté politique des pouvoirs publics", a lancé Graciela Robert, ajoutant que l'ONG continuerait son action, "mais pas à gogo".
Elle a également évoqué le cas de la "disparition" récente de 12 tentes installées dans le XVe arrondissement, sous le métro aérien. La brigade d'assistance aux personnes sans abri (BAPSA), unité de la police parisienne qui est intervenue juste avant sur le site, affirme avoir agi dans le cadre du plan canicule et avoir proposé des places en centre d'hébergement d'urgence, ce que, justement, refusent la majorité des SDF. Quant aux quatre tentes brûlées le week-end dernier près de la Gare du Nord, sans faire de victime, MDM étudie la possibilité de porter plainte.
Les suites d’une polémique qui enfle
De son côté, le maire de Paris reste ferme. ll souhaite pouvoir continuer à déplacer certaines tentes, en particulier vers des communes de banlieue. Il a rappelé lors d'une visite au centre de coordination des actions sociales de Paris, hier, qu'il ne cherchait pas "à chasser les SDF" qui vivent sous des tentes mais à les "épauler", tout en estimant avoir "le devoir de (se) préoccuper de la sécurité, de l'hygiène et de la qualité de vie" des riverains. "J'ai chargé deux associations, Coeur des Halles et Emmaüs, donc dans un climat et un état d'esprit de solidarité qui n'est pas contestable, de discuter avec les SDF, car on ne peut pas laisser les gens aller à la dérive, faire des excès de boisson, se livrer à la violence", a-t-il expliqué.
Bertrand Delanoë a réclamé à l'Etat 5000 places d'hébergement supplémentaires, notant que "la moitié de l'hébergement d'urgence de l'Ile-de-France se concentre sur Paris" et que la capitale n’avait pas vocation à accueillir la majorité des sans-abri d’Ile-de-France.
Vendredi, une médiatrice a été nommée par le gouvernement pour étudier le dossier. Agnès de Fleurieu, présidente de l'Observatoire national de la pauvreté, travaillera main dans la main avec les associations et la ville de Paris pour dresser un bilan de la situation et apporter des solutions.