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Les 35 heures, un "acquis social" en sursis
Le Premier Ministre français, François Fillon, le 20 décembre 2007 à Paris

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Martin Bureau AFP/Archives ¦ Le Premier Ministre français, François Fillon, le 20 décembre 2007 à Paris

Les 35 heures, qualifiées d'"acquis social" par le président de la République, pourront être remises en cause entreprise par entreprise si le processus engagé par Nicolas Sarkozy et le gouvernement, mais décrié par les syndicats, va à son terme.

Dans un document d'orientation précisant des propos du chef de l'Etat, le Premier ministre François Fillon a annoncé jeudi l'intention de légiférer dans le domaine de la durée du travail pour assouplir et simplifier le droit actuel.

Une des pistes soumises aux organisations patronales et syndicales est de permettre à un accord d'entreprise de déterminer librement les règles applicables: seuil de déclenchement des heures supplémentaires, taux de majoration applicables, etc.

Patronat et syndicats ont trois mois pour se mettre d'accord, faute de quoi le gouvernement prendra la main. Cela pourrait aller vite puisque, selon des informations du Journal du Dimanche non confirmées à l'AFP, M. Fillon envisagerait de faire appliquer la nouvelle loi "avant l'été". Parmi ses sources, le quotidien cite l'entourage du Premier ministre.

Selon le JDD, le gouvernement a anticipé les problèmes d'application du mécanisme encourageant, depuis le 1er octobre, les heures supplémentaires (payées 25% de plus aux salariés, exemptées de cotisations sociales et d'impôt).

Ainsi, écrit-il, "les heures effectuées au-delà de 35 heures resteront défiscalisées et exemptées de cotisations sociales, comme les heures supplémentaires actuellement. Mais, en fonction des accords, elles ne seront plus toutes payées avec 25% de bonus".

Ce faisant, le gouvernement reviendrait sur une promesse majeure de M. Sarkozy, qui indiquait dans son projet publié avant les élections que "les heures supplémentaires seront toutes payées au moins 25% de plus que les heures normales".

Le document d'orientation de M. Fillon a brisé la trève de Noël et tiré de leur repos de fin d'année la plupart des dirigeants syndicaux.

FO, CGT, Sud, et CFTC ont protesté contre la volonté "hypocrite" et "intenable" du gouvernement de "démonter les 35 heures", craignant "un recul social majeur", la CGT évoquant une "régression de plus d'un siècle". "Nous allons au-devant de graves problèmes", a prédit au JDD le syndicat des cadres CFE-CGC.

Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a admis vendredi "un changement de philosophie", en estimant qu'après le "couvercle des 35 heures" uniformes "imposées partout", il fallait qu'on fasse les négociations "au plus près de la réalité de chaque salarié, dans son entreprise, mais avec les garanties apportées par un accord majoritaire signé avec les syndicats".

Côté patronal, la CGPME a réagi en rendant publique une lettre envoyée à M. Fillon le 5 décembre dans laquelle elle détaillait les aménagements désirés.

La CGPME "suggère" que, "par exemple à partir du 1er juillet 2008", les entreprises de moins de 250 salariés puissent, "si elles veulent", utiliser le maximum d'heures supplémentaires autorisées par salarié (220 heures par an).

Dans de nombreuses branches, se plaint la CGPME, les entreprises sont bridées par la convention négociée avec les syndicats.

La CGPME propose aussi que là où il n'y a ni syndicat ni représentant du personnel, le référendum devienne la règle pour "la mise en oeuvre du processus dérogatoire au dispositif légal des 35 heures". Il suffirait que la majorité des deux tiers des salariés acceptent.

Avant Noël, Continental --qui n'est pas une PME et où il y a une représentation syndicale-- avait obtenu par référendum l'allongement du travail à 40 heures dans son usine de pneus à Sarreguemines (Moselle).

Martin Bureau AFP/Archives ¦ Le Premier Ministre français, François Fillon, le 20 décembre 2007 à Paris


© 2007 AFP


20Minutes.fr avec AFP, éditions du 30/12/2007 - 13h18

dernière mise à jour : 30/12/2007 - 18h34

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EGYPTE
Un journaliste malmené lors de la visite de Sarkozy à Charm El-Cheikh
NOUVELOBS.COM | 30.12.2007 | 11:07
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Un journaliste a été plaqué au sol et mis en joue par un policier égyptien, alors qu'il tentait de prendre une photo de Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner faisant leur jogging.

Le journaliste de l'AFP, mis au sol (AP)

Le journaliste de l'AFP, mis au sol (AP)
Un photographe couvrant la visite privée de Nicolas Sarkozy en Egypte a été malmené par la police égyptienne, a constaté un journaliste de Reuters sur place.
L'incident est survenu samedi 29 décembre à Charm el-Cheikh au lendemain de tirs de sommation égyptiens pour empêcher des photographes d'approcher le bateau où se trouvaient le président français et sa compagne, Carla Bruni.
La scène s'est déroulée samedi en fin d'après-midi, lorsque Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, effectuaient un jogging dans Harbour Street, une rue commerçante de la cité balnéaire, avant de rejoindre Le Caire pour une visite officielle dimanche.
Les deux hommes étaient suivis de gardes du corps, français et égyptiens.

Plaqué au sol et mis en joue

Un photographe de l'AFP qui tentait de prendre une photo a été plaqué au sol par un policier qui l'a également mis en joue avec son arme de service, a précisé le journaliste de Reuters.
Transporté ensuite à l'hôpital, le photographe a le coude cassé et devait rentrer en France dans la soirée.
Après une étape de deux jours à Louxor, Nicolas Sarkozy a terminé ses vacances de Noël - décriées par l'opposition en France - dans une luxueuse villa de Charm el-Cheikh avec un accès direct à la mer.
Comme pour se rendre à Louxor, le président français et son entourage ont rejoint la Mer Rouge à bord d'un avion appartenant à l'homme d'affaires Vincent Bolloré.

Rencontre officielle avec Moubarak

Au début de ce séjour privé, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni s'étaient prêtés avec décontraction au jeu des paparazzi, enchaînant balades et visites de sites pharaoniques main dans la main, parfois accompagnés de l'un des fils du président et de sa petite amie.
Les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées à leur arrivée sur les bords de la Mer rouge, notamment en raison d'une entrevue, vendredi matin, entre Nicolas Sarkozy et le président égyptien, Hosni Moubarak.
La visite officielle française doit débuter dimanche matin par une nouvelle rencontre des deux hommes avant une conférence de presse et un déjeuner. Nicolas Sarkozy déposera ensuite une gerbe sur le site du mémorial du soldat inconnu, qui abrite la tombe d'Anouar el Sadate, assassiné en 1981. (Reuters)

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Xavier Gens, le parcours
du combattant
Arnaud Bordas
28/12/2007 | Mise à jour : 17:53 |
Tourner un film à Hollywood pour un grand studio ? Un rêve qui peut être source de désillusion. Témoignage d'un jeune réalisateur français.


Xavier Gens : retenez bien ce nom, car l'homme fait figure d'exception parmi les jeunes réalisateurs français. Originaire de la région de Nice, tombé dans la marmite du cinéma dès son enfance, traumatisé par des films comme Les Dents de la mer, L'Exorciste ou Mad Max, il a tourné adolescent ses premiers films en vidéo, dans son jardin, avec ses potes de lycée (le syndrome Peter Jackson ?). Plus tard, faute de pouvoir s'offrir des études dans une école de cinéma, il devient stagiaire sur des films tournés sur la Côte d'Azur. Il apprend le métier sur le tas, gravit les échelons et entame une carrière de réalisateur de vidéoclips. En 2006, le court-métrage Au petit matin est remarqué par la critique et couronné par le grand prix du court-métrage au Festival du film policier de Cognac. Sa carrière décolle. Il met en scène Frontière(s) (avec Samuel Le Bihan et Estelle Lefébure), survival hargneux et gore qui se veut un hommage français à Massacre à la tronçonneuse. La sortie du film en salles n'est même pas encore programmée qu'il est parachuté sur un projet hollywoodien d'envergure : l'adaptation du jeu vidéo Hitman, racontant les aventures d'un tueur à gages implacable. L'intéressé commente cette acrobatie peu courante dans la profession : « C'est Luc Besson qui m'a proposé de réaliser Hitman juste après avoir vu Frontière(s). Le montage de ce dernier s'est fini en novembre 2006, le mixage en février 2007 et je suis parti tourner Hitman en mars. EuropaCorp (le studio de Luc Besson, distributeur de Frontière(s) et de Hitman, ndlr) m'a vraiment poussé à procéder ainsi parce que le succès éventuel de Hitman pouvait aider Frontière(s) à se vendre sur mon nom à l'étranger. Car, avec un film d'horreur comme Frontière(s), on vise davantage le marché international que le seul marché français. »

Finalement, le second, Hitman *, sera sorti avant le premier (en salles le 19 janvier). Il se révèle un produit sans âme et formaté, au contraire de Frontière(s), efficace film d'horreur, parfois maladroit mais toujours sincère. Un grand écart qualitatif qui s'explique sans doute par le véritable parcours du combattant qu'a vécu Xavier Gens ces deux dernières années. Le rescapé se souvient : « Pour Frontière(s), j'ai été confronté à un producteur qui a transformé le tournage en épreuve de force. Par exemple, la veille du tournage, on m'apprend que le film n'est plus interdit aux moins de 16 ans comme convenu, qu'il va falloir mettre la pédale douce sur la violence et livrer un montage interdit aux moins de 12 ans, alors que j'avais organisé tout mon film en fonction de l'interdiction aux moins de 16 ans. Tout s'était négocié dans mon dos, on m'a mis devant le fait accompli au dernier moment. Du coup, je me débrouillais pour tourner les séquences gore en cachette, la nuit, avec une équipe réduite. Je ne remercierai d'ailleurs jamais assez les techniciens d'avoir accepté ces horaires démentiels. » Heureusement, à la fin du tournage, EuropaCorp et Luc Besson entrent en jeu, ramènent le film dans leur giron et autorisent Gens à sortir son montage interdit aux moins de 16 ans. Puis l'orientent vers le projet Hitman. Qui va s'avérer une nouvelle épreuve. « Hitman, c'est l'inverse de Frontière(s), affirme Gens. On m'a laissé totalement libre pendant le tournage. Mais quand j'ai montré mon montage aux gens de la 20th Century Fox, tout a changé. Soudain, ils ne voulaient plus de ma version, jugée trop violente, trop élaborée. Ils ont fait basculer le film vers quelque chose de plus grand public, de moins sophistiqué. Je n'ai pas pu les en empêcher, et ils ont nommé un nouveau monteur pour m'aider à reformater le film selon leur volonté. » Xavier Gens n'en dira pas plus. Mais, sur le net, certaines sources avancent que le réalisateur français aurait été purement et simplement viré par la Fox. Le studio américain aurait fait retourner certaines séquences et modifié le montage du film sans lui. D'où l'impression étrange que Hitman n'est pas réalisé par le metteur en scène de Frontière(s)...

Après une période d'abattement, Xavier Gens s'est lancé dans un nouveau projet passionnant (celui de la reconnaissance ?). Vanikoro évoquera le naufrage du navigateur Lapérouse en 1788 au large des îles Salomon et imaginera les déboires des survivants, réfugiés sur une île habitée par une peuplade cannibale. Une onéreuse production française - tournée en anglais et coproduite avec l'Angleterre, l'Espagne et les Etats-Unis - dont le tournage devrait débuter fin 2008 en Nouvelle-Calédonie ou à la Réunion. Philip Seymour Hoffman et Viggo Mortensen sont annoncés au générique. Assurément l'un des événements cinéma de l'année 2009. On vous l'a dit : Xavier Gens, un nom à retenir.

* Film d'action, avec Timothy Olyphant, Dougray Scott et Olga Kurylenko (déjà en salles).

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IMMIGRATION
Enceinte, elle est libérée après avoir refusé son expulsion

Crédit Photo : LCI

. La jeune femme avait été interpellée sur dénonciation de sa belle famille qui ne voulait pas que leur fils épouse une africaine.

- le 28/12/2007 - 16h08

Le parquet de Bobigny a libéré vendredi une jeune femme en situation irrégulière enceinte de sept mois qui avait refusé jeudi, à l'aéroport de Roissy, d'embarquer dans un avion à destination de Dakar, au Sénégal.

Selon son avocate Me Catherine Herrero, Marie-Claire Da Silva, d'origine sénégalaise, âgée de 27 ans et mariée à un Français, "a été libérée vendredi matin par le parquet après avoir été placée en garde à vue jeudi pour refus d'embarquer dans un avion à destination de Dakar. Elle aurait également fait un malaise au moment de l'embarquement".

La jeune femme "a été interpellée à Brest le 10 décembre sur dénonciation de sa belle-famille qui ne voulait pas que leur fils épouse une femme africaine", mais "ils sont mariés et elle aurait de toute façon obtenu ses papiers après la naissance de son enfant français", a ajouté le défenseur.

(D'après agence)

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EGYPTE
Des tirs de sommation pour protéger Sarkozy
NOUVELOBS.COM | 28.12.2007 | 18:50
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Les forces de sécurité égyptiennes entendaient ainsi éloigner les photographes du bateau sur lequel étaient le président français et sa compagne, Carla Bruni.

Carla Bruni et Nicolas Sarkozy à Charm el Cheikh (Reuters)
Les forces de sécurité égyptiennes ont procédé à des tirs de sommation, vendredi 28 décembre, pour éloigner les photographes du bateau du président français Nicolas Sarkozy et de sa compagne Carla Bruni au large de Charm el-Cheikh.
Les photographes tentaient d'approcher le président et son amie, en vacances dans cette station balnéaire des bords de la mer Rouge, lorsque les forces de sécurité ont tiré en l'air.
L'embarcation des photographes s'est alors éloignée et Nicolas Sarkozy a pu poursuivre sa balade en mer. Les autorités justifient cette action en raison du statut de Nicolas Sarkozy.

Photos à Louxor

A Louxor (sud), le couple s'était pourtant prêté facilement au jeu des photos avec les touristes, s'affichant la plupart du temps main dans la main.
Le président français avait même posé avec sa nouvelle amie pour des Egyptiens travaillant sur un site archéologique.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni avaient été photographiés pour la première fois le 15 décembre au parc d'attractions Disneyland Paris. Le divorce de Nicolas Sarkozy d'avec son épouse Cécilia avait été officiellement annoncé le 18 octobre.
Vendredi matin, Nicolas Sarkozy a rencontré son homologue égyptien Hosni Moubarak à Charm El-Cheikh.
Après son séjour privé, le chef de l'Etat français doit se rendre dimanche en visite officielle au Caire.

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M. Fillon remet en cause la durée légale du travail
LE MONDE | 28.12.07 | 14h53 • Mis à jour le 28.12.07 | 15h31

e premier ministre, François Fillon, préconise la remise en cause de la référence à la durée légale du travail, fixée à 35 heures depuis la loi Aubry. Dans une lettre adressée le 26 décembre aux dirigeants syndicaux et patronaux, il souhaite que la définition du temps de travail soit intégrée dans la négociation interprofessionnelle sur la représentativité qui doit s'ouvrir le 24 janvier. Il fixe au 31 mars 2008 le délai pour qu'elle aboutisse avant que le gouvernement s'en saisisse.

Après le déblocage des heures supplémentaires dans la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), puis l'annonce du rachat de jours de RTT, le gouvernement veut faire sauter un nouveau verrou. Il reprend à son compte la proposition de Laurence Parisot, la présidente du Medef, qui envisageait que la durée du travail puisse être négociée par les branches ou dans les entreprises après la signature d'accords majoritaires.

"La juxtaposition de normes législatives, réglementaires ou conventionnelles a limité les possibilités de négocier sur la durée du travail au plus près des réalités vécues par les entreprises et les salariés", explique M. Fillon, qui propose de "parvenir à un droit plus lisible et plus adaptable". Et le premier ministre de soulever une série de questions concernant "le domaine réservé à la loi (qui) pourrait être recentré sur la définition des règles nécessaires à la protection et à la sécurité des salariés". Dans la foulée, il interroge les partenaires sociaux à propos des "conditions de validité d'un accord d'entreprise pour qu'il puisse librement déterminer les règles applicables : seuil de déclenchement des heures supplémentaires, taux de majoration..."

Pour le gouvernement, la durée du travail devrait être fixée dans une fourchette comprise entre 35 heures - la référence minimale - et 48 heures, le seuil maximum fixé dans l'Union européenne. Pour les entreprises, l'intérêt serait de faire sauter le seuil de déclenchement des heures supplémentaires au taux de 25 % dès la 36e. Pour le gouvernement, cette disposition allégerait d'autant la charge des exonérations fiscales et sociales accordées dans la loi TEPA.

"On en reste à la durée légale. Aucune organisation n'a demandé une renégociation sur ce point", a aussitôt réagi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, qui rejette les "discussions de gré à gré entre les entreprises et les salariés." Après l'annonce du passage de 40 à 41 ans de la durée de cotisation dans le projet de décret sur les régimes spéciaux, la remise en cause de la durée légale du travail pourrait bien servir de chiffon rouge dès la rentrée.

Michel Delberghe
Article paru dans l'édition du 29.12.07

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Les colonnes de Buren bientôt démontées ?
NOUVELOBS.COM | 28.12.2007 | 16:29
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Le sculpteur Daniel Buren dénonce le mauvais entretien de son œuvre par le ministère de la Culture et menace de démonter les colonnes qui ornent la cour d'honneur du Palais-Royal.

Les Colones de Buren dans la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris

Les Colones de Buren dans la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris (DR)
Daniel Buren, créateur des célèbres colonnes qui ornent la cour d'honneur du Palais-Royal, menace de les démonter si l'Etat n'assure pas mieux l'entretien des lieux, selon Le Parisien/ Aujourd'hui en France, vendredi 28 décembre.
Couleurs passées, rivière d'eau sous les grilles asséchée, spots de lumière colorée hors d'usage : le sculpteur se déclare "honteux" de présenter aux Parisiens et aux touristes une "œuvre laissée en désarroi"."Il est paradoxal qu'une œuvre plébiscitée par le public soit à ce point négligée", dénonce-t-il.
Furieux, l'artiste se déclare "prêt à démonter" ses colonnes. "J'irai jusqu'au bout, même si le bout, c'est la destruction", s'indigne Daniel Buren, dénonçant la déliquescence des ampoules et des pompes à eau, "abandonnées depuis huit ans". "La moitié de mon œuvre est saccagée, c'est comme si on coupait un tableau en deux", déplore-il. "Alors qu'elle est, en plus, située sous les fenêtres du ministre."

Calendrier de rénovation globale

C'est le ministère de la Culture, propriétaire de l'œuvre, qui est en charge de l'entretien de l'œuvre. Le sculpteur assure avoir envoyé plusieurs lettres pour prévenir de la dégradation des 260 colonnes, installées en 1986. Le ministère de la Culture rappelle de son côté que les colonnes en marbre ont été "démontées une à une" et "repolissées" l'année dernière, et qu'un "calendrier de rénovation globale" sera décidé en janvier prochain.

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Société
Les 40 glorieuses d’une petite pilule
AFP
CATHERINE MALLAVAL
QUOTIDIEN : vendredi 28 décembre 2007

Des mois durant, il a encaissé des quolibets aussi peu amènes que «fossoyeur de la France» ou «assassin d’enfants». Mais en ce 28 décembre 1967, le député UDR Lucien Neuwirth, dit «Lulu la pilule» , a enfin remporté son combat contre une France très conservatrice. C’est en effet ce jour-là, à Colombey-les-Deux-Eglises, où il passe les fêtes en famille, que Charles de Gaulle promulgue la version définitive de la loi dite Neuwirth, qui légalise la pilule.

Tante Yvonne doit bouder sur son tricot, elle qui comme de nombreuses personnalités du camp politique de Neuwirth (il était membre de UDR, l’Union des démocrates pour la Ve République, le grand parti gaulliste de l’époque), les associations catholiques ou l’ordre des médecins désapprouvent. De Gaulle, lui, s’était offusqué en 1965, que François Mitterrand, le candidat de gauche, inscrive la libéralisation de la pilule dans son programme électoral. Mais il a fini par se ranger aux arguments de Neuwirth, l’ancien résistant. «C’est vrai, transmettre la vie, c’est important! Il faut que ce soit un acte lucide», a fini par admettre le général.

Certes, il faudra attendre 1969 pour que la ministre de la Santé, Marie-Madeleine Dienesch, fervente catholique, consente à en publier les premiers décrets. Mais la messe est dite : les femmes, enfin, ont le droit de choisir le moment d’être mère (ou pas).

Et la pilule, symbole de liberté, entre dans les mœurs. Son taux d’utilisation ne va cesser d’augmenter. En 1970, 5 % des Françaises de 20 à 44 ans la prennent ; en 1978, elles sont 37 %. Elles sont aujourd’hui 60 % (et plus de 80 % des 20-24 ans), tandis que 20 % utilisent le stérilet et 11 % le préservatif. Une petite poignée de femmes s’en remet à d’autres moyens moins connus (implant, patch, anneau..., lire page 7).

Oubli. A ce jour, le taux de contraception des Françaises en âge de procréer est l’un des plus élevés d’Europe. Merci Lucien ? Oui, évidemment. Mais alors que sa fameuse loi et l’engouement rapide des femmes pour la pilule laissaient espérer une disparition progressive des grossesses non désirées, celles-ci représentent encore une grossesse sur trois, selon l’Institut national d’études démographiques (Ined). Et dans deux cas de grossesses non prévues sur trois, les femmes déclarent utiliser un moyen contraceptif. Au final, parmi les grossesses non désirées, 210 000 se terminent par un IVG, dont 13 400 concernent des jeunes filles mineures. Un chiffre qui n’a désespérément pas bougé depuis dix ans.

Pourquoi à la fois tant de pilules et tant de grossesses non souhaitées ? Parmi les raisons évoquées, il y a les ratés dans la prise quotidienne. La pilule progestative microdosée, par exemple, n’est plus efficace après trois heures d’oubli (à noter d’ailleurs que près d’une ado sur cinq fait sonner son mobile pour se souvenir d’avaler sa pilule, selon un sondage du magazine Top Santé). Mais demeurent aussi les fausses croyances sur les diverses méthodes de contraception, des lacunes dans l’information, et pour beaucoup la cherté de certaines pilules. Le prix varie de 5 à 36 euros environ pour trois mois de contraception, certaines étant remboursées à 65 % et d’autres non.

Adapter. «La loi Neuwirth a libéralisé la contraception, mais ce n’était pas une loi qui mettait en place une vraie politique de santé publique, de sensibilisation. Cela ne suffit pas d’autoriser, aujourd’hui encore, il n’y a pas de politique de la contraception» , invoque Françoise Laurent, présidente du Planning familial.

Mais alors que font les pouvoirs publics ? En septembre, le gouvernement a lancé une campagne d’information qui, pour la première fois mettait en avant la nécessité d’adapter la méthode contraceptive à chaque femme, en tenant compte de sa vie quotidienne, de ses désirs et aussi de ses moyens. La campagne s’adresse notamment aux très jeunes. Celles pour qui, en vain jusqu’à présent, le Haut conseil de la population et de la famille, prône la gratuité de la contraception (hors des centres de planification familiale où celle-ci est gratuite et anonyme). Car, comme le disait déjà Lucien Neuwirth il y a quarante ans: «L’heure est désormais venue de passer de la maternité accidentelle à une maternité consciente et pleinement responsable.»


http://www.liberation.fr/actualite/societe/300656.FR.php
© Libération

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Monde
Pakistan: Benazir Bhutto tuée dans un attentat-suicide
REUTERS
L'ex-Premier Ministre est décédée de ses blessures après une explosion lors d'une réunion électorale, qui a fait une quinzaine de morts.
Liberation.fr (source AFP et Reuters)
LIBERATION.FR : jeudi 27 décembre 2007

A deux semaines des élections législatives, Benazir Bhutto a été tuée jeudi dans un attentat suicide qui a fait une quinzaine de morts après une réunion électorale de son parti d'opposition à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad, a déclaré Javed Cheema, le porte-parole du ministère de l'Intérieur du Pakistan.
Selon la chaîne de télévision Ary-One, elle aurait reçu une balle en pleine tête. La police précise que le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait la réunion organisée dans un parc public. L'homme s'est ensuite fait exploser. «L'homme a d'abord tiré sur le véhicule de Bhutto. Elle a baissé la tête et il s'est alors fait exploser», a expliqué Mohammad Shahid, un policier.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema affirmait plus tôt qu' «il s'agissait d'un attentat suicide, un kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting», en précisant que le nombre de victimes était encore incertain.

Ce drame est le dernier d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 170 morts en 2007. Le plus meurtrier, pour l'heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto: le 18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, son retour de six années d'exil. L'ex-Premier ministre avait échappé aux kamikazes parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé.

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SARKOZY / BRUNI
Carla Bruni fête dimanche ses 39 ans
NOUVELOBS.COM | 23.12.2007 | 13:29
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L'horoscope de la compagne de Nicolas Sarkozy lui promet "un entourage chaleureux".

Carla Bruni (Sipa)

Carla Bruni (Sipa)
La chanteuse Carla Bruni fête dimanche 23 décembre son 39e anniversaire. La compagne de Nicolas Sarkozy est née sous le signe du Capricorne. Les astres lui promettent d'ailleurs "un entourage chaleureux", selon Version Femina. Carla Bruni sera ainsi "sensible aux remous provoqués par Jupiter, invité de votre signe pour un an, et par la pleine lune de lundi. Ce sont les foudres jupitérienne que affronterez pour l'instant, mais les choses vont très vite se calmer et vous profiterez d'un entourage chaleureux".

Direction l'Egypte

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu la semaine prochaine à Louxor, sur les bords du Nil en Egypte, pour un séjour privé. L'Elysée n'a pas apporté de détail sur ce voyage, mais de sources concordantes, on indique que le président arrivera le 25 décembre "avec une accompagnatrice", c'est-à-dire l'ex-top model Carla Bruni, et quelques membres de sa famille.
De source égyptienne, on précise que le président s'installera au Old Winter Palace, un hôtel de légende en bordure de la rive-est. Il occupera une suite face au Nil.
Ce palace de la fin du XIXe siècle, de style victorien, au superbe jardin exotique, a compté parmi ses clients l'ex-président français Valéry Giscard d'Estaing (1974-81).

je suis partout


Le cinéaste Jean-Claude Brisseau soupçonné de viols
Reuters 22.12.07 | 12h25

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PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert samedi une information judiciaire pour "viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel par personne ayant autorité" contre le cinéaste Jean-Claude Brisseau, visé par les plaintes de deux comédiennes, apprend-on de source judiciaire.

Le metteur en scène français de 63 ans a été interrogé pendant deux jours sous le régime de la garde à vue à la police judiciaire de Paris. Il devait être présenté samedi après-midi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen.

Un placement en détention provisoire est requis contre lui par le parquet, point qui devra être tranché par un juge des libertés. Il risque la cour d'assises à l'issue de la procédure.

Deux actrices pressenties pour un film de Jean-Claude Brisseau, puis écartées, ont déclaré avoir eu avec lui des rapports sexuels sous la contrainte. Elles ont déposé plainte en octobre. Le cinéaste a nié les faits durant sa garde à vue, parlant de relations sexuelles consenties.

Le cinéaste a été transféré plusieurs fois pendant son séjour à la police aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu en raison de supposés problèmes cardiaques.

Les faits allégués par les plaignantes se seraient déroulés ces deux dernières années, notamment pendant les préparatifs et le tournage du film "Les anges exterminateurs".

Ce film, sorti en septembre 2006, raconte une précédente affaire qui a valu à Jean-Claude Brisseau une condamnation le 15 décembre 2005 à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour harcèlement sexuel.

Il avait été reconnu coupable d'avoir demandé à deux candidates à un rôle dans ses films de tourner ce qu'il a appelé des "essais érotiques" entre 1999 et 2001. Ces derniers consistaient pour les jeunes femmes à se masturber dans des lieux privés ou publics ou à se livrer à des caresses sexuelles réciproques.

Les comédiennes n'avaient déposé plainte qu'après avoir appris qu'elles n'obtiendraient pas de rôle et le tribunal avait à l'époque écarté les accusations d'agressions sexuelles.

Pour les faits de harcèlement sexuel, Jean-Claude Brisseau sera en état de récidive légale si le dossier est renvoyé devant une juridiction de jugement, si bien qu'il y encourra une peine-plancher au moins pour cette partie des accusations.

Le metteur en scène, dont l'oeuvre tourne autour de la sexualité féminine, bénéficie d'une réputation internationale depuis le film "Noces blanches", qui révéla Vanessa Paradis comme actrice en 1989. Le film "Choses secrètes", sorti en 2002, lui a valu un important succès critique.

Il a déclaré lors de son procès de 2005 avoir agi dans le cadre de son métier d'artiste et de ses recherches sur la féminité et l'interdit sexuel, explication qu'il a maintenu ces derniers jours devant la police.

Thierry Lévêque

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Culture
René Char, l’abandon d’un don
Enchères. La bibliothèque Doucet n’a jamais récupéré le legs de la compagne du poète.
VINCENT NOCE
QUOTIDIEN : jeudi 20 décembre 2007

Le succès de la dispersion d’une collection René Char par l’étude Renaud-Giquello à Drouot, le 5 décembre, cache une réalité moins reluisante. Jamais ces «aphorismes» et «dialogues», cette suite de manuscrits, livres rares, lettres, dessins, aquarelles ou gravures n’auraient dû être mis à l’encan : ils avaient été donnés par la compagne du poète, disparu en 1988, à la bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. «Cette vente est l’histoire d’un don dédaigné» : Anne Favre-Reinbold avait écrit un texte liminaire destiné au catalogue, finalement abandonné par pudeur. Elle a bien voulu nous en confier le récit.

Fin 2000, elle a offert, sans contrepartie, la totalité des archives accumulées durant les vingt ans partagés à l’Isle-sur-la-Sorgue. Le don «est accepté avec reconnaissance» par cette bibliothèque prestigieuse qui dépend de l’université de Paris. Elle est reçue par un directeur, Yves Peyré, charmant et mondain. Mais il n’ira jamais la voir.

Listes. Anne Reinbold attend une aide pour inventorier cette masse, d’autant qu’elle redoute un peu l’émotion de cette plongée. Rien ne vient. Elle finit par s’y mettre, dressant des listes, dont chaque feuillet sera signé par le directeur, sans voir aucun document. Elle empaquette tout. En novembre, onze mois après son offre, elle reçoit un courrier d’acceptation, dans lequel le recteur, René Blanchet, la remercie de son «précieux concours», lui assurant que, comme requis, sa collection «ne sera jamais divisée, ni séparée de la bibliothèque Doucet». «La bibliothèque est objectivement enrichie et Char ne peut qu’y gagner», s’enthousiasme Yves Peyré, quelques jours plus tard. Mais personne ne vient prendre livraison des cartons. Yves Peyré semble toujours débordé. «Tout a été réglé concernant votre donation, il ne s’agit que de prendre possession au mieux des documents», écrit-il en juillet 2002.

Bobards. Sans nouvelles, cet été, elle rouvre les cartons, et remet les ouvrages en place. Elle en avertit la bibliothèque. En mars 2003, le directeur la prie de tout remettre en caisses. Ce qu’elle fait. Le 8 avril, il promet le transport pour septembre. Toujours rien. On lui raconte des bobards, allant jusqu’à lui parler d’un transporteur qui ne s’est jamais manifesté. Finalement, plus personne ne répondra à ses appels ou courriers. Lassée de tant d’«impéritie des institutions», elle se résigne à une vente, qui rapportera plus de 500 000 euros. «Il s’agissait d’un ensemble particulièrement cohérent», se désole-t-elle. On pouvait y retrouver le parcours du poète, de la notule jetée à l’aube, reformulée en carte postale, jusqu’aux épreuves corrigées. Une eau-forte de Giacometti accompagne une édition originale de Poème des deux années, avec cet envoi : «Pour Anne, des années que les dieux n’ont pas compté pour nous, R.»


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Portrait
Il garde la ligne
Michel Surya. 53 ans, essayiste, misanthrope et révolutionnaire, il est l’éditeur de Badiou et l’animateur de la revue Lignes.
Éric Aeschimann photo STÉPHANE REMAEL. L’ŒIL PUBLIC
QUOTIDIEN : jeudi 20 décembre 2007

«Il n’enseigne pas.» C’est par ces quatre mots que s’achève le CV de Michel Surya. Une coquetterie, une précision négative, une affirmation un peu crâne. Oui, on peut être un intellectuel sans passer par la case université-recherche… mais ce n’est pas facile. Aujourd’hui, Michel Surya, 53 ans, docteur en rien, titulaire de rien - il a lâché ses études quand il s’est fâché avec sa famille -, vit des Assédic tout en lançant sa propre maison d’édition. Plaie d’argent ? «Il règne une grande pudibonderie sur la question dans le milieu intellectuel. Trop d’argent, pas assez d’argent, ça gêne tout le monde.»

Il ne s’attendait pas à ce que l’entretien s’engage dans cette direction. D’emblée, il a fait comprendre que l’exercice du portrait ne pouvait être qu’une concession marketing. Lorsqu’on lui demande où il a grandi, il marmonne : «En province». Estimons-nous heureux : «En général, je réponds en France.» Ses parents, sa famille ? «Je suis brouillé avec toutes les familles.» Son nom ? «Il y a des occurrences en Indonésie, je n’en sais pas plus.» Ajoute : «Il y a de plus en plus d’origines, de moins en moins de devenir.» L’équation moderne «d’où je viens + comment je suis devenu célèbre = moi», ce sera sans lui. Et pourtant, son orgueil est flatté autant que froissé, cela se sent. Chemise noire sur polo noir, Michel Surya est l’un de ces Alceste trop orgueilleux pour se couler dans le moule. A ceci près que lui a accepté d’en payer le prix, y compris économique, sans barguigner.

Il a le regard un peu trop fixe, rivé à un lointain impossible à rattraper. Parle d’une voix basse et douce, étrangement régulière. Assure bouder les mondanités, ne va plus au théâtre, ignore les voyages, se retire bientôt en Normandie avec sa compagne. Mais ce n’est pas un anachorète. Dans le paysage intellectuel français, il jouit (outre d’une réputation de paranoïaque léger et de dépressif chronique, ce qui, dans ce milieu, ne saurait constituer un trait distinctif) d’un respect incontesté qu’il doit à ses essais, mais surtout à son travail à la tête de la revue Lignes. Fondée avec Francis Marmande et Daniel Dobbels, Lignes s’est imposée comme l’un des lieux les plus féconds d’échanges et de recherches philosophiques et littéraires.

A l’automne 2006, l’éditeur Léo Scheer, qui publiait Lignes et salariait Michel Surya, a décidé de se séparer des deux. Rupture, précariat, nouvelle maison d’édition. De quoi susciter l’envie d’en savoir plus : ce qu’est vraiment une revue ; et un intellectuel qui porte une revue ; et, tant qu’on y est, «ce rêve de révolution», fil conducteur de Lignes, et auquel, dixit Surya, «il n’est pas possible de ne pas être fidèle».

A quoi ça sert une revue ? Récemment, le philosophe Jean-Luc Nancy, compagnon de route de Lignes, lui a posé la question. «Nancy m’a dit qu’une revue ne pouvait pas avoir de projet puisque l’époque n’en a pas.» De fait, les deux choses sont indexées. En 1949, les Temps modernes, dirigée par Jean-Paul Sartre, comptait 10 000 abonnés et accueillait les polémiques. «C’est là qu’on publiait les grandes pétitions. Parfois, les revues étaient saisies par la justice. De nos jours, elles n’inquiètent plus personne.» Le tournant a eu lieu dans les années 70, «quand la philosophie est passée à la télévision et dans les pages Opinion. Si un intellectuel a quelque chose à dire, il s’adresse au Monde ou à Libération et accepte d’écrire à partir de l’actualité directe et dans un format réduit. Il n’y a plus de place pour la distance, le doute. On ne lit jamais de tribunes au conditionnel». Une revue, ce serait donc - conditionnel - l’espace du doute. Ni «engagement prescriptif» ni compétitions d’ego. «Les tirages sont faibles, donc la charge symbolique est faible. Il n’y a pas d’échauffement de la puissance.»

Les numéros fastes atteignent les mille exemplaires : une misère. Mais les comptes sont équilibrés, et la région Ile-de-France vient d’attribuer une subvention. Tous les grands noms ont écrit pour Lignes, de Finkielkraut jadis à Balibar, Rancière, Bensaïd aujourd’hui. Cet automne, Surya a publié l’essai d’Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, qui a réalisé une percée inattendue dans les classements des meilleures ventes. «On va dépasser les 15 000 exemplaires.» Mieux qu’avant, mais, avec deux salaires au Smic, à peine de quoi tenir quelques mois.

A quoi ça sert un intellectuel ? A dessiller les yeux de son propre camp, à se désaveugler soi-même. «Je ne cherche pas nécessairement mes ennemis de l’autre côté.» Aux premiers temps de Lignes, la thématique dominante était le Front national, le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme. Dans le dernier numéro, Surya s’interroge : «Et si nous nous étions trompés ? Si […] l’extrême droite n’avait jamais servi que de trompe-l’œil à la domination ? […] Cette époque n’a-t-elle pas idéologiquement entretenu d’un ancien totalitarisme pour qu’on n’y vît pas naître et s’imposer un nouveau ?» En 2000, dans Portrait de l’intellectuel en animal de compagnie, il épinglait la pensée passée de la révolution à la soumission. Lignes a été traversée par cette fracture avec la figure de Pierre-André Taguieff, qui fut très engagé dans la revueet écrit désormais dans le Meilleur des Mondes, publication des néoconservateurs français. Plus tard, Surya a rompu avec Sami Naïr, lorsque celui-ci est devenu conseiller de Chevènement.

En septembre, il a ouvert un autre front en publiant Portrait de l’intermittent du spectacle en supplétif de la domination, où il prend les intermittents sur leur gauche. En refusant de généraliser leur lutte à tous les salariés, en se croyant dépositaires d’une «mission» spécifique, en fétichisant le divertissement, les intermittents se seraient dévoilés en complices des magnats du Spectacle et de l’industrie du Faux - de la «D omination». Inutile de dire qu’il n’a jamais été invité à débattre par le moindre collectif. Au reste, d’Attac à la Ligue, de Bové aux alters, la gauche radicale ne se montre guère demandeuse de discussions.

A quoi ça sert la révolution ? En 1968, il a 14 ans et il vit au Mans - la fameuse «province», comme quoi on finit toujours par dire les choses. Les grèves chez Renault étaient très dures. «Tout était arrêté. Quelque chose se fissurait dans ce qu’il y a de si lourd, haïssable, dans la vie de province. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est la façon dont la fissure s’est refermée, après le début du giscardisme. Ça a été très douloureux. J’ai vu des amis s’effondrer physiquement.» Imprégné de Blanchot, Bataille, Artaud, Michel Surya croit à la subversion plus qu’à la révolution. Mais il a consacré un numéro entier au «désir de révolution», expression ambiguë dont il reconnaît qu’il s’en dégage «une mélancolie profonde». «Cette mélancolie, c’est celle de ma génération.» Se protéger, sortir de l’histoire, fonder une famille ? «Dieu m’en garde, c’est le lieu de la névrose par définition.»

Depuis quelques années, de jeunes intellectuels le remercient d’avoir tenu le coup, malgré tout, pour passer le relais. «On n’est pas devenu cynique, on n’a pas eu de postes, on n’a rien fait de ce qui pouvait ressembler à une trahison. Dans toute cette histoire, la question de la durée a été déterminante. Pour que ça reprenne.»

N’enseigne pas, donc. Ne vote plus depuis longtemps. Mais a gardé la maison en l’état.


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Samedi, Nicolas Sarkozy s'est affiché en compagnie de l'ex-mannequin Carla Bruni à Disneyland Paris. Retour sur une idylle qui interroge.

Comment se sont-ils rencontrés?
Les versions divergent sur la chronologie exacte de la rencontre, qui daterait de trois semaines environ. Les uns disent que Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont d’abord rencontrés à la remise du rapport de Denis Olivennes sur le piratage le 23 novembre, avant de se revoir à un dîner organisé par le publicitaire Jacques Séguéla dans sa propriété de Marne-la-Coquette.

Les autres disent le contraire. Une chose est sûre, le Président et la chanteuse se seraient montrés très proches à ce dîner, Carla Bruni jouant de la guitare, Nicolas Sarkozy la raccompagnant.

Depuis, l’ex-mannequin aurait été aperçu plusieurs fois dans les appartements de l’Elysée ainsi qu’une fois dans les jardins de Versailles en compagnie de sa mère et du chef de l’Etat.

Selon «Le Figaro», le Président ne portait plus son alliance mardi dernier lors d’un déplacement en Meurthe-et-Moselle.

Que s’est-il passé le 15 décembre?
«L’info de leur histoire courait depuis plus d’une semaine, explique à «20 Minutes» le paparazzi Pascal Rostain. Les confrères, en planque chez Carla Bruni, ont vu un convoi présidentiel passer la chercher samedi. Un photographe raconte au «Parisien» que le Président est monté lui-même chez la chanteuse, avant de ressortir avec elle et sa mère une demi-heure plus tard. Les paparazzi se sont fait distancer au début de l’autoroute de l’Est. Mais ils avaient vu des enfants dans les voitures et ont eu le nez de jeter un œil chez Disney.»

Pas très discret, car l’Elysée, malgré le silence officiel de sa com’, avait semble-t-il envie que l’info sorte. Le couple — puisque tout le monde présente le chef de l’Etat et Carla Bruni ainsi — s’est ainsi laissé photographier sans broncher et a passé la nuit dans un hôtel avant de regagner Paris dimanche midi.

Pourquoi Nicolas Sarkozy a décidé de révéler sa relation?
La publication autorisée de l’information tombe à pic pour le chef de l’Etat, qui sort d’une semaine marquée par la présence polémique en France de Mouammar Kadhafi. «Nicolas Sarkozy reprend la main en termes de communication alors qu’il s’était fait balader par le chef libyen», analyse Bertrand Delais, journaliste politique. Autre intérêt de l’annonce : allumer un contre-feu au développement de rumeurs, le chef de l’Etat ayant déjà été aperçu avec Carla Bruni à Versailles.

Pourquoi Disneyland?
Thierry Saussez explique que «c’est un endroit que Nicolas Sarkozy adore et depuis longtemps. Il est synonyme de décontraction, de coupure. Il s’y rend régulièrement». «C’est tout à fait possible», réagit Bertrand Delais, pour qui ce goût immodéré pour les manèges n’est pas incompatible avec la stratégie du Président.

«Disneyland est un lieu trivial et américain. S’y afficher correspond au mode transgressif que Nicolas Sarkozy apprécie et qui renforce son image anti-intellectuels», estime-t-il. «Il est sans doute plus heureux à Marne-la-Vallée qu’à l’opéra Garnier».

Cela peut-il avoir un impact sur la popularité de Nicolas Sarkozy?
Non, répondent L’impact tous les experts interrogés par «20 Minutes». «Il n’y aura qu’un effet de curiosité, mais ça ne peut en aucun cas agir comme leurre pour les Français préoccupés par les SDF ou le pouvoir d’achat, estime Marie d’Ouince, conseillère en stratégie d’image. Les gens sont en train de faire leurs achats de Noël, et ils voient bien qu’ils ne peuvent pas faire autant de cadeaux que l’an passé. Carla Bruni n’y change rien.»

A quand la prochaine apparition?
Peut-être dans «Paris Match», qui aurait souhaité organiser une séance de photos privée avec le couple. Selon «Le Parisien», Carla Bruni et Nicolas Sarkozy devaient se rendre lundi soir à l’UGC CitéCiné de Bercy pour assister à l’avant-première de «Actrices», un film réalisé et interprété par Valéria Bruni-Tedeschi, la sœur de Carla. Le couple aurait décidé au dernier moment de ne pas s’y rendre pour ne pas faire de l’ombre à Valéria en attirant l’objectif des caméras et photographes.

Selon plusieurs médias, le couple aurait par contre prévu une escapade sur les bords du Nil en Egypte pendant les vacances de Noël. Reste à savoir si l’ex-mannequin italien accompagnera Nicolas Sarkozy, divorcé deux fois, à l’occasion de sa première visite au Vatican en tant que président de la République le 20 décembre. Elle endosserait alors presque officiellement le rôle de first lady. «Quel rôle jouera-t-elle?, s’interroge le directeur de la rédaction de «L’Express», Christophe Barbier. Avant de préciser : «Si elle a beaucoup de dons comme pour la musique, elle n’a assurément pas de compétence politique.»

DR ¦ La Une de Point de vue montrant Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ensemble à Disneyland Paris


La rédaction de «20 Minutes»


20Minutes.fr, éditions du 18/12/2007 - 13h02

dernière mise à jour : 18/12/2007 - 13h11

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Grand Angle
Guignol, putain 200 ans
Lyon célèbre le bicentenaire de la marionnette inventée par Laurent Mourguet. Un personnage mis à toutes les sauces au fil du temps sans jamais perdre son esprit frondeur.
RENÉ SOLIS
QUOTIDIEN : mardi 18 décembre 2007
Envoyé spécial à Lyon

Il attend le visiteur devant sa maison, en bordure du village de Brindas, dans les monts du Lyonnais. On a beau être prévenu, le choc est au rendez-vous : grands yeux écartés, léger sourire, visage avenant. Bienvenue chez Guignol, en chair et en os. Jean-Guy Mourguet a 78 ans et descend en ligne directe de Laurent Mourguet qui, voilà deux cents ans, eut l’idée étrange de créer une marionnette à son image. Pendant cinquante ans, Jean-Guy Mourguet a maintenu au plus haut la tradition du guignol lyonnais, dont la ville a lancé hier la célébration du bicentenaire.

1808, donc. Mais la date n’est pas certaine. C’est Pierre Neichthauser, un autre descendant de Mourguet, qui a eu l’idée en 1908 de célébrer le centenaire. Pour des raisons, Jean-Guy en est sûr, pas strictement historiques : «Le père Neichthauser, il devait avoir des problèmes pour remplir la salle. Et il a trouvé le coup du centenaire pour que la presse en parle.»

La naissance de Guignol

Reste que 1808, de l’avis même de l’écrivain Paul Fournel, grand spécialiste de Guignol (1), est une date, sinon avérée, du moins plausible. A l’époque, Laurent Mourguet a presque 30 ans. Né dans une famille de canuts, il s’est fait colporteur. Puis, vers 1797, arracheur de dents. Pour attirer la clientèle, il a installé un petit théâtre de marionnettes à gaine avec des personnages de la commedia dell’arte sculptés en bois de tilleul. Vedette : Pulcinella-Polichinelle, le valet bavard et bossu. Mourguet rencontre le père Thomas, un violoniste porté sur le beaujolais. Un «vinasseux», comme dit aujourd’hui l’arrière-arrière-petit-fils, sans nuance péjorative. Pour pallier ses absences répétées, Laurent Mourguet aurait sculpté la marionnette de Gnafron à son image. Puis créé son propre double. Guignol et Gnafron ont traversé deux siècles sans modification majeure ; le premier avec sa tête de gentil, ses fossettes, sa redingote marron de domestique, sa petite tresse et son bonnet plat ; le second, pif et joues écarlates, bouche édentée, galurin de traviole et tablier de savetier. Là aussi, un portrait existe qui atteste de la ressemblance avec l’original. Deux figures nouvelles, donc, à l’origine d’une révolution que Paul Fournel commente ainsi : «Dans le répertoire très figé de Pulcinella, voilà l’irruption soudaine du moi. On passe de personnages immuables à des personnages qui s’inventent eux-mêmes. Polichinelle a des problèmes métaphysiques ; Guignol, lui, se soucie du quotidien.» L’origine du nom reste obscure : un Jean Guignol lyonnais aurait accompagné Marat à Paris pendant la Révolution ; Guignolet était le nom d’un personnage d’une comédie célèbre de l’époque ; on évoque une tradition de fabrication de marionnettes au XVIIIe siècle à Chignolo, près de Padoue. Et l’on trouve aussi la trace à Lyon, avant Guignol, d’un adjectif guignolant.Certains en font un synonyme de désopilant, mais le très sérieux Littré de la grand’côte, bible indémodable du parler lyonnais, publié en 1894, n’y voit qu’une déformation de guignonnant, qui signifie «ennuyeux». Pour Gnafron, c’est plus simple : en bon lyonnais, un gnafre est un savetier.

La jeunesse de Guignol

Le flou sur la jeunesse de Guignol - les cinquante premières années - s’explique : Mourguet était analphabète. Nulle trace écrite des premières pièces. On sait seulement que la grivoiserie y tenait une large place. Que le parler populaire y était à la fête. Qu’on y commentait d’autant plus les affaires de la ville que les journaux n’avaient pas encore pris leur essor. Et qu’on y prenait le parti du peuple et des ouvriers contre les propriétaires et les autorités, tout en restant bon enfant. Laurent Mourguet embauche sa famille et tourne avec sa troupe dans les villes et villages du Lyonnais. Dans les années 1830, il s’installe au Café du Caveau, aux Célestins. Puis il confie le flambeau à ses enfants et prend sa retraite à Vienne dans l’Isère, où il meurt en 1844. L’histoire aurait pu se poursuivre ainsi, locale et relativement confidentielle. Mais Guignol trouve un allié en la personne de Napoléon III…

Guignol devient célèbre

La loi de juin 1851 oblige en effet tout établissement de spectacle à fournir au préalable une version écrite de ce qui sera représenté. Les successeurs de Mourguet commencent donc à soumettre des pièces à la censure. Dès la fin 1852, Victor-Napoléon Vuillerme-Dunand dépose douze manuscrits : les premières traces écrites de Guignol, précieusement conservées au musée Gadagne (2). Mais l’élan décisif se produit à l’initiative de Jean-Baptiste Onofrio, un magistrat qui passe son temps dans les cafés-théâtres malfamés où l’on joue Guignol. Il publie, à partir de 1865, son Théâtre lyonnais de Guignol, vingt pièces en tout. Edulcorées - exit la grivoiserie -, incomplètes, mais essentielles : Guignol devient un personnage présentable. La bourgeoisie lyonnaise le récupère. D’ailleurs, la marionnette est à la mode. A Paris, Maurice Sand a fondé son petit théâtre en 1858. Et l’engouement des gens de théâtre «sérieux» ne se démentira pas. Guignol explore d’autres registres via des parodies d’opéras et de classiques. Le personnage est mis à toutes les sauces politiques, et devient même réactionnaire sous la plume d’un Emile Pellissier. C’est aussi à la fin du XIXe siècle que Guignol commence à s’adresser en priorité à un auditoire spécifique : les enfants.

Guignol et ses familles

La multiplication des lieux et des troupes est une affaire de famille. La dynastie prospère autour de deux lignées cousines et souvent rivales : les Josserand et les Neichthauser. Aujourd’hui encore, Jean-Guy Mourguet (descendant d’un Josserand ayant récupéré le patronyme de Mourguet, perdu, via un décret juridique) n’entretient pas les meilleures relations avec sa cousine Neichthauser, qui habite elle aussi Brindas : «Un jour elle m’a dit : "Chez nous, au moins, Guignol n’a jamais dit merde !" Je lui ai répondu : "C’est peut-être pour ça que vous n’aviez pas beaucoup de monde !"» Mais Guignol s’exporte aussi hors de Lyon. A Bordeaux, les Guérin se vantent d’être «la plus ancienne famille de marionnettistes en France». Leur théâtre a été fondé en 1853, et leur Guignol a l’accent du Sud-Ouest. Hormis de rares exceptions, la médiocrité règne : le Guignol du Jardin d’acclimatation de Paris présente cet automne un Guignol au bal aux intonations 100 % parigotes. Décor et marionnettes sont honorables. Jeu et intrigue ne valent pas un clou. C’est loin d’être le pire.

Guignol retrouvé

Il est pourtant possible d’imaginer un Guignol de qualité, loin des pénibles matinées enfantines. Au Théâtre des Célestins de Lyon, Emilie Valantin présente ces jours-ci Les embiernes commencent, véritable coup d’envoi des festivités du bicentenaire. Un hommage aussi savoureux qu’érudit. Cette Lyonnaise est depuis vingt ans une figure centrale de la marionnette en France, qu’elle a tirée de toutes ses forces hors du ghetto «jeune public». Dans Les embiernes… (comprendre, bien sûr, «les emmerdes»), Emilie Valantin passe en revue à peu près tous les registres : grivois, libertaire (via une pièce de Georges Darien), imbibé (avec la Pépie, où Gnafron-Tantale résiste une nuit entière à la tentation d’une bouteille de beaujolais). Elle n’oublie pas les lazzi (Nicolas Sarkozy a droit à ses coups de bâton verbaux) ni le plaisir des liaisons «mal-t-à propos»…

Guignol fait de la politique

Dans sa maison de Brindas, Jean-Guy Mourguet n’est pas du genre à ressasser. Depuis une dizaine d’années, l’arthrose l’a forcé à baisser les bras. Au musée du village, qui doit ouvrir en 2008, il a légué ses plus belles marionnettes. De l’avis de tous, Jean-Guy fut un très grand Guignol. Avec son complice Jean Clerc, il officia longtemps au Petit Bouif, une ancienne cordonnerie du vieux Lyon. «On jouait dans la boutique et on bouffait dans l’arrière-cuisine. Les gens venaient tous les jours cogner à la vitre, puis ils poussaient la porte et disaient : "On vient pour dire du mal." On leur répondait : "Entrez, c’est ici."» Au Petit Bouif, Guignol avait en effet la dent dure. Envers les spectateurs, grâce aux «délations» reçues dans l’après-midi ; et envers les puissants, dont Michel Noir qui lui garda une rancune tenace. Sans parler de la marionnette de Chiracula, l’un des héros de ce Guignol des années 80. Guignol est-il de gauche ? La réponse fuse : «Il est bétonné dans la gauche !» Le bémol suit : «Enfin, il est comme les Lyonnais : le cœur à gauche, et le porte-monnaie à droite.»

Le secret de Gnafron

Le soir tombe dans la maison de Brindas, et Mourguet tente : «Vous ne seriez pas amateur de whisky ?» Va plutôt pour une bouteille de rouge. Sa cave, riche en grands bourgognes, ne ressemble pas à celle du savetier ivrogne. Mourguet s’amuse de lui-même : «J’ai commencé avec la tête de Guignol et je termine avec la trogne de Gnafron.» Bon vivant impénitent, il garde un souvenir ému de sa visite, il y a quelques années, aux Guignols de Canal + : «Des gens qui boivent du champagne avant de travailler ne peuvent pas être foncièrement mauvais.»

Les héritiers de Guignol

Les Guignols de l’info, il en ferait volontiers - lui qui fut ami de Jacques Martin au temps du Petit Rapporteur - les vrais descendants de Laurent Mourguet, parce que, pour eux, «dire du mal des puissants c’est un réflexe», mais aussi parce qu’il admire, en professionnel, la qualité des marionnettes et le sens du rythme de leurs manipulateurs. Lui-même n’a pas d’enfants, et aucun petit-neveu n’a pour l’heure pris la relève. A Lyon, les Zonzons, ses héritiers officiels au Guignol municipal, font, de façon honnête, de la marionnette pour enfants, mais pas de vrai Guignol. A la Croix-Rousse, le Guignol de la compagnie Daniel Streble est plus proche de la tradition, mais souffre, selon Mourguet, d’un défaut rédhibitoire : il zozote beaucoup trop. D’autres, tel Pierre Desmarets qui est allé jouer dernièrement Guignol au Liban, tentent le grand écart entre respect de la tradition et renouvellement total du genre. Jean-Guy Mourguet n’est pas inquiet pour la postérité de son double : «C’est une histoire qui renaîtra toujours», dit-il l’œil brillant…

(1) Paul Fournel, L’histoire véritable de Guignol (éditions Federop) et, Guignol, les Mourguet (éditions du Seuil). A noter aussi, sa série (épuisée) des aventures de Guignol dans la Bibliothèque rose.

(2) Sous la houlette de Simone Blazy, le musée d’histoire de la ville de Lyon doit rouvrir dans le courant de l’année 2008 avec un très riche fonds Guignol.

(3) Les embiernes commencent, Théâtre des Célestins, Lyon IIe. Tel. : 04 72 77 40 00. Jusqu’au 22 décembre.

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Reportage
Ambiance d'hiver en baie de Somme
LE MONDE | 14.12.07 | 16h49 • Mis à jour le 14.12.07 | 16h49
LE CROTOY (SOMME) ENVOYÉ SPÉCIAL

e soir, quand la nuit tombe tôt sur les rues frileuses et vides, bordées de maisons de briques aux volets clos en attendant les vacances, mal éclairées par de rares lampadaires, il règne au Crotoy "une ambiance à la Simenon", comme le dit Jacques Béal, journaliste au Courrier picard, écrivain et familier des lieux. De l'autre côté de la baie de Somme, dans le parc ornithologique du Marquenterre, là aussi, "l'hiver, on vient chercher une ambiance", résume Philippe Carruette, ornithologue et responsable pédagogique du parc.

La baie de Somme en hiver : l'espace, le silence, des instants fugaces et des lumières magiques. Comme ce coucher de soleil sur la pointe du Hourdel, à quelques kilomètres des murailles médiévales de Saint-Valery-sur-Somme. Une ambiance, encore, de bout du monde cette fois. Une plage déserte, sans fin, du sable couleur grège, une bande de ciel bleu tendre sous une masse immobile de nuages violacés, soulignés de reflets mordorés. Seule l'eau bouge, avec la marée descendante qui vide l'estuaire vers la mer. Nul être vivant à l'horizon, sinon les goélands et la colonie de phoques gris et de veaux de mer, qui flemmardent sur les îlots au milieu du courant.

Et puis ce débouché soudain, au sortir d'une forêt de pins enveloppée de brume, sur l'anse Bidard baignée par un tiède soleil d'hiver, avec ses dunes piquetées de bouquets verts d'oyats et, au-delà du cordon dunaire, sa plage. Immense et déserte, large, longue, droite comme une règle, sans une construction jusqu'aux maisons de Quend, vers le nord, et de Fort-Mahon.

L'eau, le ciel, les oiseaux, les lumières changeantes. Et le luxe de la solitude pour savourer des paysages de légende, en cette période où quelquefois "on a les quatre saisons dans la même journée", dit-on ici. Jean-Michel Doliger, de l'association Promenade en baie, accompagne les touristes dans des sorties à thème à travers la baie, les bottes enduites de slikke, cette argile ultra-glissante qui tapisse le fond. En hiver, il a ses habitués, qui se régalent, une fois rentrés au sec, de l'écouter raconter, en costume du XIXe siècle, les belles heures du Crotoy.

Ces touristes décalés viennent jouir des lumières sur le front de mer, comme les peintres impressionnistes et les réalisateurs de cinéma qui leur ont succédé. En été, le soleil est trop cru. C'est maintenant la saison des lumières douces et rasantes qui, d'un coup, allument les toits verts et les tourelles rouges de l'hôtel du même nom : elles signalent de loin qu'on est bien au Crotoy. L'hôtel a été le premier à ouvrir l'hiver, dans le scepticisme général. Il n'a pas à s'en plaindre.

Le parc ornithologique a fait la même expérience. C'est sa quatrième saison d'ouverture hivernale : "On nous a dit, vous êtes fous", se rappelle Philippe Carruette. Aujourd'hui, 17 % de la fréquentation du parc se fait de novembre à février. Et le chiffre augmente d'année en année.

Le Marquenterre, c'est la quintessence de la baie. Quelque 3 000 hectares de réserve naturelle, à cheval entre terre et mer. "Sans la baie de Somme, nous n'aurions pas autant d'oiseaux sur le parc, et inversement", résume M. Carruette, littéraire de formation et passionné d'oiseaux depuis l'enfance.

La partie terrestre de la réserve est la plus petite (200 ha), mais "la plus visuelle". Y compris en hiver : de 8 000 à 10 000 oiseaux, d'une quarantaine d'espèces, s'y partagent prairies et marais d'eau douce, roselières et dunes couvertes d'argousiers et de sureaux. Sans oublier la forêt : le pin laricio, venu de Corse, s'est acclimaté à la côte picarde.

Les visiteurs ne sont pas là par hasard. "On a des gens qui cherchent le calme, la tranquillité. Ils viennent chercher le silence. 200 hectares pour eux tout seuls", résume l'ornithologue. Au printemps, l'ambiance du parc est "hyper bruyante". Pendant l'hiver, les oiseaux venus depuis la Pologne, la Russie ou la Scandinavie sont plus calmes. On entend jusqu'au frôlement d'ailes d'un cygne qui passe. Un nuage blanc et noir aux contours mouvants se forme au-dessus d'un plan d'eau : des milliers de vanneaux huppés et de pluviers dorés s'envolent, sans doute effrayés par un rapace.

Les oies cendrées au bec et aux pattes orange voisinent avec les sarcelles et les foulques noires, les cigognes et les rares spatules blanches qui se toilettent mutuellement comme des chevaux au pré, les canards de toutes les catégories : colverts, mais aussi canards siffleurs à la tête rousse et au petit bec bleu, fuligules morillons à l'oeil jaune.

Ici, la pension est bonne. Cela fait trente-quatre ans, depuis la création du parc, qu'il n'y a pas de chasseurs. Des moutons et des chevaux pâturent les prairies pour maintenir l'herbe rase, plus sécurisante pour les oiseaux. Parmi ces chevaux, des hensons, un produit local en quelque sorte. Ces petits chevaux à la robe isabelle (beige clair) forment une race spécifique, créée ici à partir des années 1970, pour obtenir un cheval d'extérieur rustique et tranquille. Elevés à l'air libre, ils peuplent les pâtures autour du domaine boisé, en grande partie planté sur les dunes, qui jouxte le parc ornithologique.

Le visiteur n'est jamais au bout des surprises et des merveilles de la baie. Une promenade à henson dans le domaine forestier réserve des rencontres improbables : quelque 200... mouflons corses, transplantés dans les bois et les dunes picardes, y prospèrent, parfois installés au beau milieu des pistes cavalières. Si peu dérangés en cette saison qu'ils s'écartent à peine pour laisser passer les chevaux...

Y a-t-il ailleurs en France un autre endroit où les phoques descendus du Nord et les mouflons venus des montagnes de Méditerranée vivent leur vie sauvage presque côte à côte, à peine séparés par quelques kilomètres d'eau vive et de bancs de sable ?

Jean-Louis Andreani
Accès et visite

Accès. En voiture, de Paris : A16, jusqu'à Abbeville. Depuis Lille : A1, A29 et A16. Depuis la Normandie : A28. En train : Corail Intercités Paris-Boulogne jusqu'à Abbeville, Rue (puis voiture de location ou taxi) ou Noyelles-sur-Mer (taxi).

Visite. Le parc ornithologique du Marquenterre, ouvert tous les jours (sauf Noël et Jour de l'an) de 10 heures à 17 heures. Visites individuelles (circuits de deux à trois heures de marche). Restauration légère (soupes, crêpes...) sur place (tél. : 03-22-25-68-99 ; sur Internet : www.parcdumarquenterre.com).


Promenades et logement

Promenades. Association Promenade en baie, tous les jours (tél. : 03-22-27-47-36). Les règles de sécurité sont strictes pour s'aventurer à pied dans la baie : il n'est pas question de traverser seul.
Monter des chevaux henson, Marcanterra Sea Ranch (tél. : 03-22-25-03-06).

Logement. L'hôtel Les Tourelles, au Crotoy, est l'établissement emblématique de la baie de Somme. Il faut réserver longtemps à l'avance, tél. : 03-22-27-16-33. Nombreuses chambres d'hôtes, notamment au Crotoy et à Saint-Valery-sur-Somme. Le comité du tourisme de la Somme propose des forfaits dans l'ensemble du département : jusqu'au 28 février, pour deux nuits d'hôtel, la seconde est à moitié prix (hors fêtes de fin d'année). Rens. : 03-22-71-22-70 et sur Internet : www.somme-vacances.com.

Renseignements et lecture

Renseignements. Comité du tourisme de la Somme, tél. : 03-22-71-22-71 et sur Internet : www.somme-tourisme.com.

Lecture. Le Marquenterre en baie de Somme, de Sonia Lesot et Henri Gaud (photos), éd. Gaud, 2006, 168 p., 29 euros, très complet à la fois sur la réserve ornithologique et sur la vie et l'histoire de la baie.

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Point de vue
Le Livret A, trop moderne pour survivre ?, par Michel Delebarre
LE MONDE | 17.12.07 | 14h33 • Mis à jour le 17.12.07 | 14h33

e financement de l'immobilier connaît une crise mondiale, montrant une fois de plus les risques que font courir à nos économies les comportements de certains établissements bancaires, lorsqu'ils sont dictés par la seule logique de court terme, et montrant aussi les limites des systèmes de régulation que sont les banques centrales et les instances nationales de contrôle des banques.

C'est ainsi que Neelie Kroes, commissaire à la concurrence de l'Union européenne - qui par ailleurs exige la banalisation du Livret A - vient d'autoriser le gouvernement britannique à refinancer la banque Northern Rock, faisant ainsi supporter à la collectivité les errements de cette banque sur le marché des subprimes.

Cette crise montre bien l'intérêt d'avoir, pour le financement du logement social, un système stable et sûr, fondé sur la collecte de l'épargne populaire défiscalisée, elle-même entièrement centralisée par la Caisse des dépôts. Ce système plus que séculaire n'a jamais connu de sinistres : cela veut dire que l'épargnant n'a jamais risqué un centime, que la garantie de l'Etat n'a jamais été mise en jeu, et enfin que la production de logements sociaux ne s'est jamais heurtée à une insuffisance de prêts. Ces qualités sont particulièrement précieuses aujourd'hui, où les objectifs de construction de logements sociaux sont, dans le cadre de la loi sur le droit au logement opposable, très ambitieux.

Ce système, qui lie l'épargne liquide de nos concitoyens et les prêts de longue durée aux organismes qui construisent sur le territoire national, n'est pas directement exposé dans ses équilibres aux aléas des marchés mondiaux.

Or la fin de ce système serait proche, si la France, perdant ou renonçant à son recours contre la décision de la Commission prise à la demande de quelques banques, devait mettre en oeuvre la banalisation de la distribution de Livret A, et si, franchissant comme il en est question une étape supplémentaire, elle remettait en cause la centralisation complète de ce livret.

Une banalisation du livret, et surtout une centralisation partielle, pourraient faire dépendre, à terme, le logement social des aléas des marchés mondiaux. En effet, si le montant des fonds centralisés est au départ suffisant, il risque de s'effriter rapidement si, comme on peut le craindre, l'épargne est orientée vers d'autres placements. Cela contraindra les organismes à recourir davantage aux prêts du marché, qui ne seront accordés que de manière sélective et pour un coût total supérieur.

Alors qu'aujourd'hui les prêts du marché ont un rôle de complément pour la production, ils deviendraient décisifs en cas de baisse de la centralisation : la décision de construire ne serait plus dictée par le seul intérêt public, et des territoires entiers seraient privés d'offre sociale. De plus ces prêts à taux variables seraient entièrement dépendants de la situation des marchés financiers internationaux : les organismes HLM pourraient être dans la situation des malheureux accédants à la propriété britanniques et américains. La garantie publique serait mise en cause, sauf à permettre la vente du patrimoine pour rembourser les prêts. Perte directe d'argent ou perte d'un patrimoine d'utilité publique, la collectivité a tout à y perdre.

De plus, il n'est pas d'usage de prêter à des professionnels sur une très longue période près de 80 % du coût d'une opération, comme c'est le cas pour les HLM : le financement principal par l'emprunt, caractéristique du système français qui recourt ainsi moins que d'autres à la subvention directe, serait condamné. La collectivité aurait le choix entre payer plus et construire moins.

Ce système serait-il avantageux pour les épargnants et les usagers des services bancaires ? Rien n'est moins certain. En effet, la plus grande facilité d'accès au Livret A alléguée par les défenseurs de la banalisation de sa distribution ne paraît pas un avantage décisif dès lors qu'il y a 46 millions de détenteurs de ce livret et que les réseaux distributeurs, et surtout La Poste, sont des réseaux de proximité. Il est à noter que la plainte ne provient nullement d'associations d'usagers pénalisés par un obstacle grave dans l'accès au Livret A.

Par ailleurs, les banques plaignantes expliquent qu'elles ont été contraintes - pour faire concurrence au Livret A - de faire aux épargnants français des offres particulièrement attractives pour attirer leur clientèle. Ainsi certains de ces plaignants proposent avec succès des livrets dont la rémunération est excellente. Ces efforts n'auraient plus de raisons d'être en cas de banalisation.

A noter que les promoteurs d'une réforme du système préconisent une moindre rémunération du Livret A, qu'ils estiment trop généreuse pour l'épargnant. Cette évolution pourra être différée pour des raisons d'opportunité, elle n'en est pas moins cohérente avec l'économie de la réforme envisagée.

Plus grave, pour les usagers les plus modestes, le Livret A constitue la quasi-totalité du service universel d'accessibilité bancaire : plus de 600 000 ménages, n'ayant pas la possibilité d'avoir un compte courant, utilisent le Livret A à cette fin.

Or en cas de distribution banalisée, il ne sera pas possible d'exiger de La Poste qu'elle assume seule, et dans les conditions actuelles de rémunération, ce service : cela peut induire une restriction dans l'emploi du Livret A comme compte bancaire, ou une diminution du nombre de guichets, au détriment des zones rurales et des quartiers en difficultés.

Les épargnants, et les usagers les plus modestes seront donc victimes d'une réforme qu'on leur a jusqu'à présent présentée sous un jour avantageux.

Pour éviter ce risque, les pouvoirs publics devraient augmenter le taux de commissionnement de La Banque postale, faisant ainsi disparaître l'avantage annoncé d'une diminution du coût de la collecte : le maintien du service universel d'accessibilité bancaire aurait un coût supérieur à ce qu'il est aujourd'hui, qui se répercuterait sur le coût du logement social.

C'est pour éviter cette atteinte grave à deux importants services d'intérêt général : l'accessibilité bancaire et le logement social, que nous demandons au gouvernement de n'engager aucune modification substantielle du système avant d'avoir épuisé toutes les voies de recours devant la Cour de justice de l'Union européenne, et sans avoir effectué une étude d'impact sur les effets à long terme des différentes options possibles.

Toute réforme radicale qui servirait d'alibi à un désengagement de l'Etat serait inacceptable. Des améliorations du système sont sans doute envisageables, mais rien ne justifie la précipitation, et surtout pas le climat de confusion actuelle autour du financement de l'immobilier.

Ce qui est dépassé, c'est le système qui collectivise les pertes en faisant subir à tous les citoyens les conséquences de l'imprudence d'acteurs non régulés.

Ce qui est moderne au contraire, c'est le système solidaire qui allie, avec une sécurité démontrée, protection de l'épargne populaire et production de logements à loyers modérés. Le Livret A, véritable "Bien national", ne doit pas être condamné pour excès de modernité.
Michel Delebarre est ancien ministre d'Etat, député et maire (PS) de Dunkerque, président de l'Union sociale pour l'habitat.

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Monde
Feu vert pour l'extradition d'une ancienne membre des Brigades rouges
Marina Petrella, arrêtée en août en région parisienne et condamnée par contumace en 1992, peut encore se pourvoir en cassation.
A.V. avec Reuters
LIBERATION.FR : vendredi 14 décembre 2007

La cour d’appel de Versailles a donné son feu vert vendredi à l’extradition vers l’Italie de l’ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella, arrêtée en août en région parisienne et placée depuis sous écrou extraditionnel, a-t-on appris au parquet général de la ville.
«Tous les arguments de Mme Petrella ont été rejetés. Elle invoquait la dureté de la mesure, elle invoquait la prescription des faits, elle invoquait la lenteur de la procédure», a-t-on expliqué au parquet général.

La procédure peut encore durer de un à deux ans. Marina Petrella peut se pourvoir en cassation et si son pourvoi est rejeté, le Premier ministre devra prendre un décret, qui pourra encore être contesté en Conseil d’Etat.

Agée aujourd’hui de 53 ans, Marina Petrella a été condamnée le 6 mars 1992 en son absence par la cour d’assises de Rome à la réclusion à perpétuité pour meurtre d’un policier, tentative de séquestration et d’homicide, séquestration d’un magistrat, vol avec arme et attentats. L’ancienne «brigadiste», qui avait fui vers la France au milieu des années 80, y résidait régulièrement avec un titre de séjour et possédait un domicile sous sa propre identité à Argenteuil (Val-d’Oise) où elle vivait avec sa fille de dix ans.

Son cas suscite les protestations de l’extrême gauche française, qui estime que la France a rompu sans raisons un engagement envers ceux qui avaient renoncé à la lutte armée. Le gouvernement de centre-gauche italien souligne que les Brigades rouges, groupe le plus connu des «années de plomb» italiennes, qui avait notamment enlevé et assassiné en 1978 le président du Conseil démocrate-chrétien Aldo Moro, restent actives et ont revendiqué en 2002 l’assassinat du professeur Marco Biagi, proche du centre-droit.

Les anciens activistes d’extrême gauche italiens sont réfugiés par dizaines en France, où ils ont longtemps bénéficié d’une immunité de fait, en raison d’une position exprimée par l’ancien président socialiste François Mitterrand, qui excluait toutefois explicitement les auteurs de crimes de sang.

Cette immunité de fait a pris fin avec l’extradition le 25 août 2002 de Paolo Persichetti, condamné à 22 ans de prison, puis la procédure qui a visé en 2004 Cesare Battisti. Ce dernier est détenu au Brésil après une fuite consécutive au feu vert de la justice française à son extradition. Une douzaine de criminels condamnés sont toujours demandés par Rome à Paris, une liste ayant été remise en 2002 par l’Italie à la France.


http://www.liberation.fr/actualite/monde/297974.FR.php
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Politiques
Le Nouveau Centre cherche sa place
CHRISTOPHE FORCARI
QUOTIDIEN : lundi 17 décembre 2007

Jamais en mal d’un bon mot, André Santini, a livré devant plus d’un millier de personnes sa propre définition du Nouveau Centre (NC) lors de son premier conseil national, réuni hier matin à Paris. «Nous ne sommes pas le centre à droite. Nous sommes le centre adroit. Si François Bayrou est au centre de nulle part, nous sommes au centre de l’action», a expliqué le secrétaire d’Etat à la Fonction publique pour justifier le ralliement de ces ex-UDF à la candidature de Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle.

«Bulldozers». Le Nouveau Centre peine à trouver sa place dans la majorité présidentielle et à faire son deuil des jours fastes de l’UDF, officiellement enterrée lors du congrès constitutif du Modem de François Bayrou début décembre. «Nous n’acceptons que cette famille politique soit enterrée, qu’elle soit liquidée, un soir en catimini dans un hangar à Villepinte, parce que tout simplement elle ne pouvait pas servir l’ambition d’un homme», lance Hervé Morin, le ministre de la Défense et président de la formation. Jean-Christophe Lagarde, député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), accuse «une personne [François Bayrou, ndlr] de nous avoir volé les clés de la maison que nous avions construite en commun. Et il y a quinze jours, les bulldozers ont rasé la maison». «On nous a kidnappé l’UDF pour en faire une machine de guerre au service d’une ambition présidentielle», renchérit le député de la Somme Stéphane Demilly. François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée nationale qualifie le Modem de parti de «l’ego centre».

Les responsables de la formation néocentriste ne sont pas fâchés d’annoncer l’arrivée au sein de leur groupe d’un nouveau député, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine), qui avait annoncé publiquement son départ à la tribune du congrès du Modem. Le NC, qui revendique près de 8 000 adhérents et 77 fédérations départementales, compte maintenant sur les municipales pour conforter son implantation sur le terrain, et surtout jauger la qualité de ses relations avec l’UMP au niveau local avec la constitution de listes d’union. «Nous n’avons pas vocation à être des supplétifs», assure le député Maurice Leroy (Loir-et-Cher). Le NC veut être «un compétiteur, un concurrent pas un vassal», selon Jean-Christophe Lagarde. Le parti se présente comme «le second pilier de la majorité présidentielle» tout en cherchant «la bonne distance vis-à-vis de nos partenaires de l’UMP». Pour Charles de Courson (Marne), «la seule possibilité d’alliance des centristes, elle est à droite. Si le PS ne se social-démocratise pas, il n’y a pas d’alliance possible à gauche».

Appétits. Dans les couloirs de ce premier conseil national, quelques responsables locaux du NC s’inquiétaient des appétits de l’UMP, «prête à [les] liquider dans beaucoup de villes».


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L'Opéra de Paris va exhumer deux urnes contenant des disques depuis 100 ans
AFP 15.12.07 | 01h25

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L'Opéra de Paris et la Bibliothèque nationale de France (BnF) présenteront mercredi 19 décembre deux urnes, contenant au total 24 disques, mises à l'abri il y a un siècle pour témoigner de l'art du chant de l'époque, ont annoncé vendredi soir ces deux institutions.

Le 24 décembre 1907, 24 disques ont été scellés dans deux urnes au cours d'une cérémonie solennelle qui a eu lieu dans les sous-sols du Palais Garnier à Paris, indiquent l'Opéra et la BnF dans un communiqué commun.

Ces disques avaient été donnés par le patron en France de la Gramophone Company, Alfred Clark, qui avait exigé que les boîtes ne soient ouvertes que 100 ans plus tard, "afin d'apprendre aux hommes de cette époque quelle était la voix des principaux chanteurs de notre temps".

Chacune de ces urnes contient 12 disques, pour l'essentiel de musique lyrique française (Bizet, Gounod, Saint-Saëns...) ou italienne (Donizetti, Rossini, Verdi), et renferme le témoignage de voix aussi célèbres que la Melba, la Patti, Emma Calvé ou Enrico Caruso.

Confiées à la BnF depuis 1989 pour leur sauvegarde, "ces urnes feront leur apparition le 19 décembre", indique le communiqué.

Cette "cérémonie" aura lieu à partir de 18H00 à la bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris.

"Les deux urnes ne seront pas ouvertes à cette occasion", préviennent cependant les deux établissements, qui ont dû tenir compte de la "dangerosité" liée à la présence de "bandelettes d'amiante disposées à l'époque pour protéger les disques".

Ces enregistrements "seront extraits de leur protection en milieu confiné et sécurisé au cours de l'année 2008", ajoute-t-on de même source.

Les disques exhumés en 2007 feront l'objet d'un report sur CD par EMI -- héritière de la Gramophone Company -- et une cérémonie comparable à celle de 1907 sera organisée "afin de préserver des enregistrements représentatifs de la musique contemporaine", selon le communiqué.

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Une maison en trois heures chrono
Keren Lentschner
14/12/2007 | Mise à jour : 15:46 |
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Un constructeur vendéen construit des maisons à partir de modules.

C’est un parallélépipède blanc de 110 m². À première vue, il ressemble à un Rubik’s cube géant. En pénétrant à l’intérieur, c’est une maison composée de trois chambres, d’un séjour spacieux équipé de baies vitrées et d’une cuisine ouverte. Au centre, un patio intérieur fait office de puits de lumière. À elle seule, une cheminée chauffe toute la maison, certifiée THPE (très haute performance énergétique).

Le soin particulier accordé à l’isolation – vingt centimètres de laine de verre pour les murs – permet d’éviter les déperditions de chaleur. « Tous les matériaux nobles de la construction traditionnelle – plancher en béton, carrelage, menuiseries… – ont été utilisés », se félicite Lionel Bouvier, chef de ­projet de la Maison Inov chez Bodard Construction, qui fabrique des modules à destination du secteur tertiaire.

Rien ne laisse penser que cette maison a été construite à partir de cinq modules de 3,50 × 7 mètres, de la même famille que ceux qu’on utilise pour les ouvriers sur les chantiers. Conçus en usine, les modules – de dix tonnes chacun – sont transportés sur site par trois camions. Ils sont posés à l’aide d’une grue. Leur assemblage, qui fait penser à un jeu de Lego, prend trois heures chrono. Deux à trois semaines sont ensuite nécessaires aux finitions.

Éviter les tracas des chantiers

Au total, « à partir de l’obtention du permis de construire, il faut compter trois mois pour réaliser la maison clés en main », précise Pascal Boutet, PDG de Bodard. Le constructeur, qui commercialisera ses maisons dès janvier 2008, vise un public de primo-accédants. Le plus petit modèle sera vendu 145 000 euros, hors foncier. Pascal Boutet, qui a quadruplé le chiffre d’affaires de Bodard en sept ans, espère en vendre une centaine dès l’an prochain. Trois ans devraient lui suffire pour amortir le projet. Il ne craint pas les réticences des Français, attachés à la maison en brique ou parpaing.

Les délais de livraison sont le principal argument commercial. Avoir un seul interlocuteur permet par ailleurs d’éviter les tracas des chantiers. Enfin, la maison – qui sera « passive » en 2009 – se veut à la pointe des normes environnementales. À ce jour, Bodard n’a pas prévu de service après-vente.

Algeco, leader mondial des constructions modulaires, s’était associé un temps avec le groupe Dassault (propriétaire du Figaro) pour lancer des maisons, avant de recentrer sa stratégie sur la location. L’appétence des Français pour la maison individuelle conduit, en effet, les constructeurs à rechercher tous les moyens pour raccourcir les délais ou baisser les prix. Ainsi, les maisons « prêt-à-finir », qui représentent environ 5 % du marché (220 000 maisons par an), permettent de réduire de 20 % à 30 % le budget de construction.

« Nous livrons nos maisons avec quatre kits de montage, puis nous suivons nos clients jusqu’à la fin du processus, en leur offrant dix heures d’assistance technique », explique Maurice Penaruiz, PDG de Mikit, qui livre 2 500 maisons par an au prix moyen de 90 000 euros. De son côté, un constructeur aveyronnais, Transylvanie, livre des kits de maison en bois (32 440 euros, plus 20 000 euros de matériels), qui nécessitent un mois et demi de montage et jusqu’à 50 % d’économie.
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Faut-il encore financer
le théâtre public ?
Ghislain de Montalembert
14/12/2007 | Mise à jour : 18:48 | Commentaires 2

Subventionné… A l’instar de la pitrerie de Rodrigo Garcia «Et balancez mes cendres sur Mickey», jouée au Rond-Point, à Paris, en novembre, la programmation du théâtre subventionné, comme sa gestion, fait débat. (Pascal Victor/Artcom/Art)
Le torchon brûle entre le monde du spectacle vivant et le gouvernement. Ce dernier ne veut plus subventionner à perte des oeuvres jouées devant des salles vides. Notre enquête et, en exclusivité, le palmarès des pièces à succès du moment.

Un vent de fronde souffle dans les coulisses des théâtres publics. L’heure serait aux restrictions budgétaires. Les professionnels des scènes subventionnées en sont convaincus : 2008 sera une année de vaches maigres pour le spectacle vivant! La preuve, disent-ils : les budgets alloués à la démocratisation culturelle et à la création sont en baisse (respectivement de 17,9% et de 0,6%) dans le projet de budget 2008. Et le ministère parle déjà d’une «réserve de précaution» de 6% qui serait appliquée sur ses crédits l’an prochain. En clair: l’argent ne sera débloqué que si la situation budgétaire le permet. «C’est Bercy qui s’installe Rue de Valois», s’emporte François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de Bretagne et président du Syndeac, principale organisation représentative des entreprises subventionnées du spectacle vivant. «On veut nous imposer une logique comptable qui n’a rien à voir avec la vocation première de nos établissements», regrette pour sa part le très emblématique Didier Bezace, à la tête du Théâtre de la Commune, à Aubervilliers. «On m’a annoncé il y a une quinzaine de jours que mes crédits seraient en diminution de 4 % en 2008, témoigne-t-il. Et je ne suis pas un cas isolé. D’après ce que j’entends ici et là, les restrictions frappant les Centres dramatiques nationaux (CDN) iront l’an prochain de 3% à 6% selon les établissements. On va à la catastrophe sur le plan artistique!» En fait, voilà plusieurs semaines que le torchon brûle entre les pouvoirs publics et les professionnels du théâtre subventionné, qui promettent désormais de passer à des actions plus déterminées (des grèves ?) si leurs inquiétudes, mais aussi leur proposition de convoquer un «Grenelle de la culture» avant juin, ne trouvaient pas davantage d’écho auprès du gouvernement. «Pour l’heure, nous n’avons reçu aucune réponse», s’énerve François Le Pillouër.

Même si personne ne l’avoue clairement, le point de départ de cette brouille serait la lettre de cadrage adressée cet été par le chef de l’Etat à Christine Albanel. Le Président demandait notamment au ministre de la Culture «d’exiger de chaque structure subventionnée qu’elle rende des comptes de son action et de la popularité de ses interventions». La ministre était par ailleurs invitée à leur fixer des obligations de résultats. Un crime de lèsemajesté ? «Pendant des années, les crédits accordés au spectacle vivant ont fortement augmenté, explique-t-on dans l’entourage de Christine Albanel. De 2000 à 2007, ils ont progressé de 40%. On a bâti un réseau qui fonctionne, qui a permis à la création de s’exprimer et que le monde entier nous envie. En période de croissance, la rationalisation s’impose certes un peu moins comme une priorité. Mais aujourd’hui, la situation est différente. Nous devons nous interroger sur les façons de faire fonctionner le système existant avec des moyens qui ne sont plus en progression.»

Rationalisation, objectifs, résultats... Le discours a du mal à passer dans un univers habitué à privilégier la dimension artistique avant toute autre forme de contingence, notamment financière. «Je suis franchement inquiet, confie Henri Taquet, directeur du théâtre Le Granit, à Belfort. Je ne vois pas du tout comment on peut envisager de traduire la notion de projet artistique en objectif quantifié. Si c’est pour aller vers une culture de l’Audimat, ce n’est pas la peine ! Ce serait totalement antinomique avec la mission qui nous est attribuée.»

Mais quelle est-elle au juste, cette mission ? Trop élitiste, le théâtre subventionné n’irait pas assez à la rencontre des publics, disent ses détracteurs. La démocratisation culturelle, pierre angulaire de son action, serait un échec. En caricaturant, les divas qui dirigent les établissements subventionnés n’en feraient qu’à leur tête, agissant comme de véritables potentats dans certaines régions, privilégiant trop souvent les choix de programmation les plus valorisants pour eux, au mépris des désirs du public. Quant à l’idée que le théâtre public aurait le monopole de la seule et vraie culture, les théâtres privés se contentant de proposer du bas de gamme pour remplir leurs salles, elle est largement battue en brèche dans les faits. «Le théâtre privé ne rime plus avec le théâtre de boulevard, estime Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Certains, comme Myriam Feune de Colombi au Théâtre Montparnasse, et bien d’autres encore, démontrent que l’on peut parfaitement concilier la qualité et l’ambition de plaire au public.» Jean-Claude Camus, propriétaire du Théâtre (privé) de la Porte-Saint-Martin (et par ailleurs producteur des spectacles de Johnny Halliday), se flatte ainsi d’avoir fait un tabac lors de la saison 2006-2007, avec L’Avare (70 000 spectateurs, taux de remplissage : 78%). Et il s’apprête à mettre à l’affiche Le Cardinal d’Espagne, de Montherlant. Un pari difficile. Quand on joue avec son argent, on fait ce qu’il faut pour que cela marche ! », lance Jean-Claude Camus. Et si les vrais risques, à la fois financiers et artistiques, étaient pris par le théatre privé ?

«Nos missions n’ont absolument rien à voir, rectifie Alain Herzog, administrateur du Théâtre de la Colline. Contrairement aux théâtres privés, les établissements publics comme le nôtre n’ont pas pour mission de satisfaire une demande mais de surprendre, d’étonner, de proposer une offre nouvelle. Si nous recevons des subventions, c’est précisément parce que nous fabriquons des “produits” qui ne correspondent pas au marché. Il serait certes plus facile – et rentable – de programmer chaque année deux pièces de Feydeau, trois de Brecht et deux à trois one-man-show, mais ce n’est pas ce que l’on demande à un théâtre comme le nôtre. Alain Françon, qui dirige le Théâtre de la Colline avec talent, n’a pas été choisi pour ses qualités de gestionnaire mais parce que c’est un artiste, ajoute-t-il. La collectivité lui demande d’exprimer, avec les moyens qu’elle lui donne, sa vision du monde.» Un luxe inouï. Mais c’est aussi une grande responsabilité, comme chaque fois qu’il s’agit d’argent public.

LES TOPS ET LES FLOPS DU MOMENT

Selon le palmarès hebdomadaire des théâtres privés établi par la SACD, c’est Fabrice Luchini qui affiche le plus fort taux de remplissage avec son spectacle « Le Point sur Robert », juste devant « Mon père avait raison » de Sacha Guitry, avec Alexandre et Claude Brasseur. Tandis que « Prédateurs », de Pierre-Olivier Scotto, et « La Femme rompue », de Simone de Beauvoir, avec Evelyne Bouix, peinent à attirer le public.

Le point du sur Robert (nombre de spectateurs : 2366; taux de remplissage : 98,83%)

Mon père avait raison (nombre de spectateurs :4900; taux de remplissage : 98,03%)

Potiche (nombre de spectateurs : 2795; taux de remplissage : 92,18%)

Fugueuses (nombre de spectateurs : 4980; taux de remplissage : 89,43%)

Les belles-soeurs (nombre de spectateurs : 2794; taux de remplissage : 80,14%)

Anne a 20 ans (nombre de spectateurs : 3091; taux de remplissage : 79,99%)

Le dîner de cons (nombre de spectateurs : 5039; taux de remplissage : 79,98%)

Chat et souris (nombre de spectateurs : 3908; taux de remplissage : 79,65%)

Le Professionnel (nombre de spectateurs : 87; taux de remplissage : 4,14%)

Le Molière imaginaire (nombre de spectateurs : 29; taux de remplissage : 3,79%)

La femme rompue (nombre de spectateurs : 17; taux de remplissage : 3,01%)

Prédateurs (nombre de spectateurs : 43; taux de remplissage : 2,45%)

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Société
Le vigneron pleure son sans-papiers
Immigration. Un notable bourguignon choqué par l’expulsion de son ouvrier algérien.
Alice Géraud
QUOTIDIEN : samedi 15 décembre 2007

C’est un «vieil homme de la vieille droite», comme il dit, qui semble avoir subitement égaré ses certitudes. Un notable bourguignon qui porte beau la casquette Sherlock Holmes, vouvoie son épouse, mais se met à dire des jurons la voix gonflée de colère. Un employeur qui ne comprend pas pourquoi on lui a