++ Laurent Laborie : Bonjour
++ Les Cahiers : Début du chat à 17h
bonjour, le chat va débuter dans quelques instants, désolé pour le retard... un problème technique.
-- Ludovic : Un peu de retard ?
++ admin : EB : Oui, un peu de retard. Sont là HA, CN, ER, les meilleurs.
EB : Léos Carax sera peut-être là dimanche ; il est question de son film dans le journal d'hier, en ligne dans une heure. Désolé de cet autre retard.
++ admin : EB : Demandons à CN ce qu'il a pensé de Merde.
++ admin : CN : c'est de loin le meilleur des trois films réunis dans Tokyo ! Un film enragé, presque haineux, d'une mysanthropie sans concession au bon goût ou à un quelconque humanisme.
++ admin : CN : Le contrepoint de la rage, c'est une joie évidente à jouer avec des images de texture différente, avec le numérique.
-- louis blanchot : Pour ceux d'entre vous qui avaient eu la chance d'être un mâle d'une vingtaine d'années pendant les 80's, quels rapports entretenez-vous avec leos carax et son cinéma?
++ admin : EB : Un peu jeune à l'époque de Boy Meets Girl et Mauvais sang ; vu à sa sortie Les Amants du Pont Neuf, sans être sûr de l'avoir compris. Un peu la même impression avec Pola X, qu'il faudrait revoir. Grand souvenir en revanche des quelques notules publiées par Carax dans les Cahiers, dont une sur La Taverne de l'enfer, plus au moins un beau, déjà très rageur compte-rendu de festival.
++ admin : EB : Carax a quand même été, pendant deux ou trois
++ admin : EB : ans, le nouveau Godard, ce qui semblait alors irréalisable, et l'est toujours.
HA : Rapport assez douloureux avec Carax. Bien aimé, adolescent, Mauvais Sang. Ensuite... plus compliqué avec Les Amants du Pont Neuf. Un Beineix qui aurait des lettres ? aurait lu Dostoievski ?
++ admin : VM : Il est culte en Corée. Lavant était à Jeon-Ju : superstar ! Une hystérie...
-- sebthecat : avec le recul que diriez-vous aujourd'hui des Amants du pont neuf?
++ admin : EB : Le numéro spécial des Cahiers, Lavant courant sur la plage le sexe dressé, la compresse sur l'oeil de Binoche...
++ admin : HA : Paris en parc d'attraction.
-- Flavien : Bonjour à tous,
L'analogie qu'Emmanuel Burdeau fait entre Carax et Godard me semble juste mais elle mérite, peut-être, que nous nous arrêtions dessus, quitte à voir ce qu'il y a encore dans "Merde" de cette filiation avec Godard.
-- Greg : J'aime Carax depuis mes 14 ans et ma vision de Mauvais Sang. J'ai beaucoup de mal à le comparer à Godard, Carax me semble être un grand créateur de forme. Comment vous placeriez Merde dans la continuité de son oeuvre ?
++ admin : CN: rapport évident entre Merde et Les Amants du Pont neuf. Une grande ville devenue terrain de jeu pour un marginal débridé, une pure énergie lancée dans la ville, contre le bon goût et la mesure. Le feu d'artifices des Amants devient lancé de grenades et massacre au coeur de Tokyo. Même mélange de monstruosité et de grâce chorégraphique (du personnage et du film).
-- louis blanchot : "Pola X" était un film très grave et très borné, il y avaitune sorte de dégout de cinéma assez fascinant. Je n'ai vu que qu'une image de "Merde" (celle de Lavant sortant des égouts) et elle est terrifiante de beauté : Lavant a un côté Grenouille séquestré pendant 3 siècles et n'ayant gardé du mythe que la mépris du monde. Carax a-t-il retrouvé un appétit de l'image?
++ admin : CN: Oui, le film est d'une grande beauté, pas du tout au sens d'une belle image. Au contraire : la merde la crasse ne sont pas du tout enjolivées, mais récupérées en matière picturale par la texture numérique. Vision devenue commune de la grande ville prise dans une régression, une involution, revanche des bas-fonds et des égouts. Mais Carax va plus loin en traitant frontalement les peurs contemporaines, la xénophobie.
-- Greg : Un dégoût du cinéma mais une insistance magnifique à vouloir le faire aller de l'avant, à créer, à proposer des choses nouvelles. Ce que dit CN me met en appétit, c'est le moins que l'on puisse dire
++ admin : CN : je ne vois pas de dégout du cinéma dans ce film, au contraire. Un dégout du monbde contemporain, une rage antisociale. Je ne vois aucun ciinéaste français qui manifeste un telle liberté à l'égard de l'image, de son imaginaire. Rien que cette énergie émeut beaucoup.
-- guillaume massart : Ca veut dire quoi "récupérées en matière picturale par la texture numérique"?
++ admin : CN : ça veut dire que Carax fait de la peinture, ce qui n'est pas nouveau, mais la proximité du numérique avec la matière, la matérialité des choses, la manière dont il les rend, produite une pâte nouvelle, moins lisse, plus rugueuse.
CN: on pourrait aussi parler d'autres films, dont le très beau et passionnant Waltz with Bashir.
ER : pour l'instant, de tous les films que j'ai vus ici à cannes, waltz est celui qui m'a le plus touché
-- Marco Materazzi : Un conte de Noël? Le voyage aux Pyrénées? De la guerre?
++ admin : ER de la guerre c'est pour demain. un conte de noël est un film troublant.
++ admin : je ne pense pas que ce soit le plus beau desplechin, certes c'est le film par lequel ce cinéaste s'approche le plus d'un certain cinéma américain
++ admin : le cinéma de shyamalan notamment
-- Flavien : Le Monde parle de Bergman pour ce Desplechin.
++ admin : er oui, le monde a raison. mais c'est une évidence. laissons bergman un peu tranquille
++ admin : er : c'est un film sur les petites patries de sang. c'est mon avis
-- Greg : Enfin quelqu'un qui rend la texture numérique profonde. Vous feriez donc un rapprochement avec une actualité des formes cinématographiques ? Il s'inscrit bel et bien et ne se contente pas de faire du Carax d'il y a presque 10 ans ? Encore une bonne nouvelle... D'autres films actuels vous sont venu à l'esprit durant la vision de Merde ?
-- l. blanchot : IL y des accointances fortes entre Shyamalan et Desplechin, non?
-- Flavien : Les petites parties de sang ? C
-- Greg : De la guerre n'est pas encore passé je crois. Je suis curieux d'avoir les premiers échos.
EB : On parlera peut-etre demain du film de Bertrand Bonello. En attendant, merci à tous. Et à très vite. Bonsoir.
-- Henri Langlois : Très bel article des Cahiers sur Un Conte de Noël!
-- Flavien : Les petites parties de sang ? Comme chez Ozu, cette nécessaire accointance qui nous relie aux êtres familiaux et auxquels nous somment soumis ?