23 novembre 2009 dans crétin premier, france d'après | Lien permanent

«C'est le plus bel avenir que je vous donne.» Mardi, devant les députés UMP invités à l'Élysée, Nicolas Sarkozy s'est déjà projeté vers la prochaine présidentielle. Et certains élus ont vu dans ses propos un acte implicite de candidature en 2012. «Au pire ou au mieux, vous en avez encore pour sept ans et demi avec moi !», a-t-il lancé, après avoir dressé un bilan flatteur de son action. Il s'est félicité d'avoir pris «la décision la plus démocratique et la plus importante de (son) quinquennat» : la limitation à deux mandats consécutifs de président de la République.
«Donc, il faudra un candidat. C'est la survie du parti. C'est le plus bel avenir que je vous donne», a-t-il poursuivi. «En 2012, il n'y aura pas de privilège pour le président sortant. Ceux qui veulent le pouvoir, qu'ils le prennent dans leur famille politique. Pas dans la division.» Certains députés UMP, Patrick Balkany en tête, ont cru comprendre qu'il y aurait des primaires en 2012. «Pas du tout», a corrigé l'Élysée dans la journée.
Très en verve, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de «faire la course en tête depuis 2002 car, a-t-il dit, j'ai toujours une idée d'avance». Au premier rang desquelles l'ouverture dont il a longuement célébré les mérites. «Il faut mobiliser les électeurs tout en démobilisant les adversaires. Toute la stratégie de l'ouverture est là (…). Je sais que ça vous gêne, l'ouverture, mais je dois vous mener à la victoire.»
Tirant le bilan des européennes, il s'en est pris au président du MoDem, François Bayrou. «Regardez Bayrou, lorsqu'on se laisse emporter par la haine et qu'on est tout seul, on se trompe.» Jugeant la gauche «sectaire», il a crûment déclaré : «On a bouffé la crédibilité de la gauche sur l'écologie, idem sur l'ouverture, idem sur la culture !» Au passage, il s'est offert le luxe de se moquer des réactions provoquées par son interview au Nouvel Obs : «Moi ce n'est pas par plaisir que je parle au Nouvel Obs. En tout cas, je sais être généreux puisque grâce à moi, ils ont doublé leurs ventes !»
Après le succès de l'UMP aux européennes, il a mis le cap sur les régionales de 2010 et demandé aux élus de faire confiance à la «marque UMP». Dans la foulée, il les a mis en garde contre un excès de confiance : «La défaite favorise les divisions et le succès favorise l'arrogance. Les Français sont régicides. À la minute où ils nous donnent le succès, ils veulent nous le retirer. Les régionales seront capitales.» Sarkozy a aussi promis de poursuivre les réformes. Citant pêle-mêle la réforme des collectivités territoriales, la taxe carbone et «l'histoire du dimanche», selon sa formule (lire ci-dessous).
Une fois n'est pas coutume, Nicolas Sarkozy a dit deux fois du bien de Jacques Chirac. Se réjouissant de la défaite de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le président a estimé que «Jacques Chirac a toujours été impeccable» vis-à-vis à du FN. Ce qui a fait sourire les chiraquiens Jean-François Copé et François Baroin. «Quand Chirac s'est retrouvé au second tour face à Le Pen (en 2002), la gauche a voté pour lui. Quand la fille Le Pen est face à un candidat divers gauche, on n'hésite pas une seconde», a-t-il martelé. Plus tard, le président a à nouveau rendu hommage à Jacques Chirac, fondateur de l'UMP. «Il a voulu mettre fin aux sectes», a-t-il rappelé en forme d'avertissement.
Répondant à une question de Jacques-Alain Bénisti (Val-de-Marne) au nom des centristes de l'UMP, le président a rétorqué : «Si vous voulez recréer vos sous-groupes je serai contre car c'est la mort pour vous.» Et il a enfoncé le clou : «Au PS, ils ont les grands éléphants, les petits éléphants et les hippopotames. À l'UMP, on a réussi à faire disparaître les chapelles, les sectes et les sous-sectes !»
Interrogé par Jean Leonetti sur l'emprunt national, le président a souligné : «Je ne cherche pas à faire un emprunt Sarkozy. Quant à l'emprunt obligatoire, pfff ! Je ne vais pas punir les gens.» Médusés par l'énergie de leur chef, les députés ont quand même pesté contre la pauvreté du buffet.
08 juillet 2009 dans crétin premier | Lien permanent
Paris s'agace de l'enthousiasme planétaire déclenché par le discours prononcé à Prague, dimanche dernier, par Barack Obama sur le désarmement. Certes, les initiatives qu'il a annoncées ont été saluées officiellement par un communiqué du Quai d'Orsay. À l'Élysée, on juge «positives à 100 %» les propositions du président américain en vue de l'élimination des armes nucléaires. Mais dans le même temps, on redoute que l'effet d'image extrêmement flatteur obtenu par le nouveau chef de la Maison-Blanche en vantant la dénucléarisation totale («Global Zero») ne renforce la perception d'une France crispée sur sa force de frappe. À Paris, en tout cas, on n'entend pas «recevoir des leçons des Américains» en matière de désarmement, un processus auquel on estime avoir largement contribué. Introduisant un bémol dans l'obamania ambiante, la cellule diplomatique de l'Élysée vient de produire une note à l'intention de Nicolas Sarkozy qui minimise la portée et le caractère inédit du discours de Prague en des termes assez abrasifs. «On est dans le déclaratoire. Il ne s'agit pas d'un discours sur la politique de sécurité américaine mais d'une version export avant tout destinée à améliorer l'image des États-Unis», analyse-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. «Laissons la théologie à plus tard et travaillons sérieusement au désarmement», déclare-t-on de même source. Selon le décryptage effectué par l'Élysée, la vision développée dans la capitale tchèque par Barack Obama «un monde sans armes nucléaires» masque en fait les retards pris par Washington dans le chantier «gigantesque et financièrement très coûteux» du désarmement. En outre, relève-t-on, «la plupart de ces propositions reprennent la politique de George Bush». Ainsi, les négociations pour le renouvellement du traité Start sur la réduction des armes stratégiques (10 000 têtes environ côté américain, autant côté russe) sont au point mort, même si la rencontre entre Barack Obama et Dmitri Medvedev, en marge du G20 à Londres, permet d'espérer une relance des discussions. Même relativisme sur le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (Tice), signé par Washington, mais dont la ratification a été rejetée par le Sénat américain. La France, elle, a renoncé aux essais nucléaires en 1998. «Le temps est venu de bannir définitivement les essais d'armes nucléaires», a dit Barack Obama devant les Praguois. «Merci beaucoup, s'irrite-t-on à l'Élysée, mais en l'occurrence ce sont les États-Unis qui font problème.» Sur une troisième question clé, l'arrêt de la production de matières fissiles, «George Bush avait déjà déposé un projet de traité devant la Conférence du désarmement», dit un conseiller à l'Élysée. De tels sites de production existent toujours aux États-Unis et en Chine notamment, tandis qu'on met en regard, à Paris, le démantèlement des usines de Marcoule et Pierrelatte. L'appel du président américain à «consolider» le traité de non-prolifération (TNP), qui doit être réexaminé l'en prochain, laisse tout aussi froid. «Le renforcement des inspections et la création d'une banque internationale d'approvisionnement en combustible civil sont des idées évoquées depuis longtemps», commente-t-on à l'Élysée. Dans son discours, le président américain «demande des sanctions réelles et immédiates pour les pays qui enfreignent les règles». Les textes existent déjà, objecte un expert du dossier. «En 2004 déjà, lors du sommet du G8 de Sea Island, la décision avait été prise de suspendre la coopération avec les pays qui violent leurs engagements», note l'un d'eux. Le dernier volet évoqué par Barack Obama concerne la lutte contre le terrorisme nucléaire. À Paris, on doute de la promesse américaine «de sécuriser dans les quatre années à venir tous les matériaux nucléaires sensibles dans le monde entier». Et l'on attend, sur ce thème, la conférence qui doit se tenir l'an prochain aux États-Unis, une des seules annonces portant la marque originale de Barack Obama. Un sujet que celui-ci connaît bien puisqu'en tant que sénateur, il s'était personnellement impliqué, au côté du républicain Richard Lugar, en faveur de la sécurisation des arsenaux nucléaires de l'ex-URSS.Désarmement : l'Élysée s'agace des «leçons» d'Obama

L'Élysée redoute que l'effet d'image extrêmement flatteur obtenu par le nouveau chef de la Maison-Blanche en vantant la dénucléarisation totale ne renforce la perception d'une France crispée sur sa force de frappe. Crédits photo : Le FigaroEXCLUSIF - Une note destinée à Nicolas Sarkozy minimise la portée du discours prononcé à Prague par le président américain, dimanche dernier.
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Jugements sévères
09 avril 2009 dans crétin premier, france d'après | Lien permanent
26 mars 2009 dans crétin premier, farce, france d'après | Lien permanent
06 février 2009 dans crétin premier, france d'après, médias, politique | Lien permanent
Sarkozy a été un «député fainéant»
Nicolas Sarkozy, qui a raillé la semaine dernière les «rois fainéants», sans citer nommément Jacques Chirac, a été un «député fainéant», a affirmé mercredi l e député René Dosière (app. PS), spécialiste du budget de l’Elysée.
«Lui en tout cas a été un député fainéant. En tout et pour tout, il a parlé moins d’une heure dans l’hémicycle pendant les 12 années où il a été député mais il a été payé à temps complet!», a déclaré à l’AFP l’élu de l’Aisne.
«Les compromis, l’écoute de l’autre, on comprend mieux pourquoi il ne sait pas faire: il n’a pas la culture du député. Il a peu d’expérience législative donc il n’apprécie pas que le Parlement discute librement. Il ne comprend pas les procédures», a-t-il ajouté.
Dans un communiqué ironiquement intitulé «Les exploits parlementaires de Nicolas Sarkozy», M. Dosière indique que le chef de l’Etat n’a pas siégé 20 ans à l’Assemblée nationale comme il l’avait affirmé lors des voeux aux parlementaires mais seulement «12 ans», sur les périodes 1988-1993 et 1995-2002.
En réalité, M. Sarkozy a été député des Hauts-de-Seine deux mois et demi supplémentaires, entre le 13 mars et le 2 juin 2005, date à laquelle il était devenu numéro deux du gouvernement Villepin.
Durant ces années, poursuit M. Dosière, il n’a participé à «aucun débat parlementaire», «n’a déposé aucun amendement» et «sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire!».
«Pendant de nombreuses années, en 1988, 1991, 1992, 1993, 2000, 2001, 2002, on ne trouve aucune trace de sa présence à l’Assemblée. C’est dire à quel point son expérience parlementaire est faible, pour ne pas dire plus», souligne-t-il.
«Si chaque député prenait exemple sur lui, alors l’Assemblée nationale deviendrait inutile», ironise-t-il avant de lancer: «pour parodier Clemenceau, gloire aux députés qui parlent, honte aux députés qui se taisent».
(Source AFP)
14 janvier 2009 dans crétin premier, politique, pour rire | Lien permanent
Christophe Girard: «Nicolas Sarkozy a une culture plutôt axée télé et presse people»
CULTURE - Interview de Christophe Girard, adjoint au maire de Paris en charge de la culture, répond aux propos du Président, qui trouve que la politique culturelle de Paris manque d'ambition…
Nicolas Sarkozy a fait mardi ses voeux au monde culturel. Et a lâché des piques contre la politique culturelle de Paris. Réponse de Christophe Girard, adjoint au maire Bertrand Delanoë, chargé de la culture.
Paris ne peut pas se «réduire» aux Nuits Blanches et Paris plage, a lancé Nicolas Sarkozy. Comment réagissez-vous?
Je suis estomaqué. Absolument estomaqué que le Président ait pris la peine de se transformer en directeur des affaires culturelles de la ville de Paris, le temps de son discours à Nîmes. Ce n’est pas très républicain ni respectueux de réduire le travail des bibliothèques, musées et artistes de Paris aux deux événements culturels que Nicolas Sarkozy a vus: Paris Plage et la Nuit Blanche. Il veut s’occuper de tout, mais quand on veut s’occuper de tout, il faut savoir de quoi l’on parle.
Que voulez-vous dire?
Il a dit lui-même qu’il s'initiait à Stanley Kubrick en visionnant l’un de ses films pour la première fois. C’est très inquiétant de ne pas avoir vu avant «Orange mécanique», surtout quand, comme Nicolas Sarkozy, on a eu en charge le ministère de l’Intérieur et dû gérer la violence sociale. Globalement, il n’a pas du tout la culture de François Mitterrand ou Valérie Giscard d’Estaing. Mitterrand allait se promener sur les quais de la Seine pour fureter parmi les bouquinistes. Nicolas Sarkozy a une culture plutôt axée télé et presse people.
Quand Nicolas Sarkozy dit que la politique culturelle de Paris manque d’ambition. Fait-il, selon vous, allusion au budget consacré à la culture, au nombre d’expositions organisées, au rayonnement de Londres sur le marché de l’art?
Mais non voyons, c’est beaucoup plus simple que cela. Il est furieux de ne pas pouvoir contrôler Paris. Ce qui le fait souffrir, c’est de ne pas pouvoir être maire de la capitale en plus d’être président de la République. En outre, il ne peut pas comparer la politique culturelle de Paris avec celle de Londres puisqu’à cause de son emploi du temps, il ne reste que quelques heures dans les villes étrangères. Ce qui ne lui laisse pas le loisir de se rendre, par exemple, à une pièce de théâtre là-bas…
Quelles conséquences les propos de Nicolas Sarkozy vont-ils avoir, selon vous?
Nous allons continuer à travailler, même si nous savons que nous l’agaçons. Mais la plus embarrassée, c’est la ministre de la Culture, Christine Albanel…
Pourquoi?
Elle a organisé à Versailles une Nuit Blanche, c’est bien qu’elle trouvait l’initiative intéressante, contrairement à Nicolas Sarkozy. Mais elle n’a pas beaucoup de marge de manoeuvre. On est certes dans une période de vaches maigres, mais du temps où Jack Lang était ministre de la Culture, il avait le double de budget que l’existant. Et puis, cette idée de conseil pour la création artistique, c’est un coup de bluff, une machine à lubrifier qui a marché sur Marin Karmitz (chargé d'animer ce conseil, ndlr). Ce milliardaire de 70 ans est formidable dans ses cinémas mais il n’a pas la vision d’un trentenaire. Il veut juste être un ministre de la Culture bis. Ce qui va gêner Christine Albanel dans son action.
Recueilli par Alice Antheaume
14 janvier 2009 dans crétin premier, culture, france d'après | Lien permanent
La fille de Maurice Audin refuse la légion d'honneur
LEMONDE.FR avec AFP | 09.01.09 | 20h28 • Mis à jour le 09.01.09 | 20h37
a fille du mathématicien Maurice Audin, disparu à Alger en 1957, a annoncé avoir refusé la Légion d'honneur dans un courrier au président de la République Nicolas Sarkozy. Michèle Audin, elle-même professeur de mathématiques à l'université de Strasbourg et récompensée au titre de ses recherches, estime cette distinction "incompatible" avec un courrier de sa mère restée sans réponse, qui demandait au chef de l'Etat de "contribuer à faire la vérité sur la disparition" de Maurice Audin. Le mathématicien, membre du parti communiste algérien, avait disparu à Alger après avoir été arrêté par des militaires français en 1957.
"A ce jour, vous n'avez pas donné suite à cette demande. Vous n'avez d'ailleurs même pas répondu à cette lettre. Vous me voyez donc au regret de vous informer que je ne souhaite pas recevoir cette décoration", écrit la mathématicienne dans un lettre, datée du 1er janvier, et rendue publique le lendemain par le site d'informations en ligne Mediapart.
Contactée par l'AFP, Mme Audin a estimé "à la limite méprisante" l'attitude du chef de l'Etat et rappelé l'importance de la lettre ouverte envoyée par sa mère au président en 2007, cinquante ans après la disparition de son mari, qui demandait à Nicolas Sarkozy de mettre fin à "la dissimulation honteuse". "Le 11 juin 1957, des parachutistes de l'armée française ont fait irruption et ont emmené mon mari. Depuis cette date, je ne l'ai jamais revu", avait écrit Josette Audin, en ajoutant que pour elle, "il reste entre la vie et la mort qui ne lui a jamais été signifiée". Dans sa lettre ouverte au chef de l'Etat, elle lui avait demandé, non pas "un procès des tortionnaires de son mari", mais "simplement de reconnaître les faits".
10 janvier 2009 dans crétin premier, histoire | Lien permanent
Sarkozy : le grand recul en avant
102 réactions
Par LAURENT JOFFRIN
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S’agiter, bouger, agir, parler, réagir, se démener sans cesse : ce président a été imaginé par Paul Morand. C’est l’homme pressé de l’Elysée, héros philosophique qui repousse l’échéance ultime en emplissant d’une frénétique bougeotte chaque minute de sa vie.
Nicolas Sarkozy ou l’anti-Mitterrand : cet homme ne laisse jamais le temps au temps. Au contraire, il s’épuise à toujours le prendre de vitesse, galopeur invétéré, éternel coureur contre la montre ; comme si s’arrêter, c’était mourir. C’est le furet de la Cinquième, le TGV de la politique, le Speedy Gonzales de l’Europe, qui laisse tous les autres en arrière, condamnés à s’accrocher à ses basques pour le suivre, ballottés par l’incessant virage. Comme on dit sur les bateaux de course : commencez à fond et accélérez progressivement. Qui sondera l’inquiétude métaphysique qui se cache derrière cet activisme ? Solitude du sprinter de fond. Ainsi, le film «Sarkozy 2008» se regarde comme ceux de la Belle Epoque, en accéléré, avec son héros sautillant et infatigable au premier plan. Carla intronisée à peine Cécilia partie, le «bling-bling» adoré puis brûlé, les réformes de la télé, de l’ANPE, de la Constitution, des lois sur l’environnement, de l’université, de la carte judiciaire, de la justice des mineurs ; la navette diplomatique en Géorgie, la présidence de l’Europe menée à la hussarde, la crise financière prise à bras-le-corps en jetant par-dessus les moulins tous les dogmes jusque-là révérés… Après Chirac, girafe endormie, nous avons Sarkozy, antilope zigzagante. Ce président mène une action hautement contestable. Au moins a-t-il le mérite de croire qu’elle a des effets, que la décision d’Etat existe, que les élus, en démocratie, ne sont pas seulement des symboles ou des cautions, que le gouvernement peut gouverner. Bref, Sarkozy a le grand mérite de croire en la politique.
Galons. Mouvement, donc. Est-ce le bon ? Autre question. Certaines réformes étaient indispensables, nous les avons approuvées. Celle des régimes spéciaux, acceptée par les syndicats les plus rationnels, ou, encore, plusieurs dispositions de la réforme constitutionnelle que la gauche elle-même avait proposées. Si, d’aventure, le financement du service public était mieux assuré, on pourrait même ratifier la disparition de la publicité après 20 heures sur le service public, qui desserre l’étau de l’audimat. De même, l’action en Géorgie ou le plan de sauvetage de la finance, arraché avec Gordon Brown à l’Union européenne, étaient judicieux, qui ont donné au Président ses galons d’homme d’Etat, pour en faire un redoutable protagoniste en cas de nouvelle candidature à l’Elysée.
Mais pour le reste, il faut se rappeler cette vérité têtue : même quand il pratique l’ouverture, même quand il reprend telle ou telle idée de l’opposition - tactique destinée moins à chercher un juste milieu qu’à déséquilibrer l’adversaire -, Sarkozy est un conservateur. La rupture qu’il propose, c’est une restauration. Son style, son audace, ses coups de gueule, ce sont ceux de la droite décomplexée, même si elle se pare des plumes de l’habileté. Cette droite veut faire reculer l’Etat, restreindre le service public, privatiser la Poste, mettre la télévision publique sous tutelle, faire travailler le dimanche, repousser la retraite à 70 ans, assimiler altermondialisme et terrorisme, mettre les mineurs en prison dès 12 ans, doubler le nombre des expulsions d’étrangers, créer une justice plus répressive, dépenser moins dans l’éducation et plus dans la sécurité.
La crise contraint Nicolas Sarkozy à réhabiliter l’intervention publique ? Certes, on vole au secours des banques et on crée un fonds d’investissement dans l’industrie, remèdes peu libéraux. Mais énorme malentendu. On s’ébaudit du retour de l’Etat entrepreneur. C’est bien la première fois qu’on appelle nationalisation de simples cadeaux aux entreprises ! Au vrai, tout ce qui est fait l’est au bénéfice des banquiers et des industriels, à qui on remet le gouvernail pour sauver le navire. On objectera qu’il faut bien des entreprises pour faire marcher l’économie. Mais rien, ou presque, pour le pouvoir d’achat des salariés, qu’on avait promis de protéger. Et toujours le même raisonnement : ce qui est bon pour Martin Bouygues, Bernard Arnault ou Carlos Ghosn est bon pour la nation. On dépense, on intervient, on subventionne : c’est pour leur sauver la mise.
Pour que rien ne change, il faut que tout change. Nicolas Sarkozy peut dire à ses commettants du capital : je viole vos principes, mais c’est pour votre bien. Il aura été, finalement, le plus intelligent de leurs agents. Le tout dans un style décidément autoritaire. Les médias sous surveillance, le Parlement maîtrisé, la majorité tancée, les ministres menés à la baguette et le Premier ministre changé en exécutant. Sarkozy bouge tout le temps, mais dès qu’il s’agit du pouvoir, il est toujours au centre de la photo. Quant à ses conceptions religieuses ou judiciaires, elles évoquent irrésistiblement l’ancien temps : le curé, l’imam, le rabbin, seuls dispensateurs d’espérance au service de l’ordre ; une justice et une police sans faille, qui accroissent leurs moyens de répression et marchent à coups d’objectifs chiffrés. Et au sommet, un seul homme dans l’Etat.
Epreuve. Ainsi, nous nous dirigeons vers une France nouvelle : réformée, certes, mais dans le sens de la vieille droite : patrons confortés, finance rétablie, profs mis au pas, fonctionnaires moins nombreux, policiers omniprésents, journalistes encadrés, travailleurs au travail, chômage qu’on impute d’abord au laxisme des subventions et à la paresse des chômeurs. La France bouge, donc. Le plus souvent, c’est pour reculer. Au début du XXIe siècle, on réhabilite le XIXe, celui de la bourgeoisie triomphante et du parti de l’Ordre. Sous ce rapport, le bilan de Nicolas Sarkozy est impressionnant. Mais il va à contresens. La crise exige le retour de l’action collective et la priorité à la justice sociale dans l’épreuve. Tout le contraire de ce que pense la «droite décomplexée». Les choses avancent vite. Mais dans le mauvais sens.
02 janvier 2009 dans crétin premier | Lien permanent
L'homme
Condamné à faire des milliers de crêpes pour avoir jeté un œuf sur Sarkozy
(Photo Reuters)
Un serveur compte ainsi verser un centime d'euro par crêpe pour payer son amende.
AFP
LIBERATION.FR : jeudi 24 juillet 2008
Non, je ne regrette rien. Le serveur français qui a lancé un œuf sur la voiture du président Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Dublin cette semaine, va devoir vendre des milliers de crêpes pour payer sa sanction financière.
Michael Audron, un Français de 35 ans vivant en Irlande depuis trois ans, a été inculpé de «comportement menaçant, insultant et abusif» pour son acte. Mais un juge a abandonné ces accusations après qu'il eut accepté de verser 150 euros à une organisation caritative.
Selon la presse irlandaise, il profite d'un festival de rue du village de Drumshanbo où il réside, pour vendre des crêpes tous les soirs.
Il compte ainsi verser un centime d'euro par crêpe pour payer son amende. Pour atteindre 150 euros, il devra donc en vendre 15.000.
«Je n'ai absolument aucun regret et, s'il revient, je serai là avec davantage qu'une douzaine d'œufs, a déclaré Audron. C'était ma seule chance. En France, je ne serais pas là pour en discuter avec vous. Je serais en prison pour deux, trois, quatre ou cinq mois».
C'est le seul incident qui a terni la visite de Sarkozy, qui avait entraîné la mobilisation de 1.400 à 1.800 manifestants partagés entre opposants au traité de Lisbonne et des défenseurs de la politique agricole européenne de Sarkozy.
http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/hommedujour/341045.FR.php
© Libération
24 juillet 2008 dans crétin premier | Lien permanent