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Il va à Las Vegas défier Bruel au poker

Après avoir gagné son ticket d’entrée sur Internet, Gabriel Gouttière va s’envoler pour les Etats-Unis afin de participer au Championnat du monde de poker.


 
 
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Adeline Daboval | 29.06.2009, 07h00
 

Vendredi 3 juillet, 7 000 joueurs s’aligneront pour le Championnat du monde de poker à Las Vegas. Parmi eux, des pointures internationales comme Johnny Chan ou Gus Hansen, des stars comme Patrick Bruel ou Vikash Dhorasoo. Mais aussi un jeune habitant d’Esquennoy : Gabriel Gouttière, 31 ans. « J’ai gagné ma participation sur le site de poker en ligne Winamax. Ça me paie l’inscription au tournoi de 10 000 $ ainsi que 3 500 $ pour la réservation de mon séjour. Le Main Event à Las Vegas, c’est vraiment l’épreuve mythique : tous les pros seront réunis, le gros gratin, c’est vraiment énorme. »
Pour la première fois, Gabriel va affronter les joueurs qu’ils voient d’habitude dans les magazines. D’où un peu de stress… « Mon objectif, ce serait au moins de passer le premier jour, confie Gabriel. J’arrive avec quelques jours d’avance pour me familiariser avec les tables de poker, la manipulation des jetons, des cartes, les tells, c’est-à-dire les mimiques des joueurs. C’est un véritable baptême du feu. »

12 millions de dollars pour le vainqueur du tournoi


Car si Gabriel est un joueur de poker professionnel depuis peu, il dispute pour l’instant toutes ses parties en ligne. « J’ai juste fait quelques petites parties live entre amis. » Mais selon lui, il aura autant de chances qu’un vrai pro du tapis vert. « La profession nous sous-estime de moins en moins. En live, on voit vingt-cinq mains (NDLR : un ensemble de deux cartes) par heure. On line, on voit jusqu’à 80 mains par heure. On a plus d’entraînement et ça oblige aussi à une réflexion plus rapide. »
Gabriel espère que le jeu va changer sa vie financièrement. Aide-comptable à Breteuil puis licencié, intérimaire ensuite, il mise tout sur le poker. Il s’occupe de sa petite fille le jour et la nuit il joue en ligne jusqu’à 4 ou 5 heures du matin. Sa compagne, Sophie, attend leur deuxième enfant qui doit naître mi-juillet. « On espère que ce ne sera pas pendant Las Vegas. Mais peut-être que je reviendrai avec un joli cadeau de naissance. » Le vainqueur du tournoi repart avec 12 millions de dollars, les joueurs qui auront passé la quatrième journée avec 150 000 dollars…

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La milliardaire et le « favori »
La femme la plus riche de France a-t-elle été abusée ? Entre 2001 et 2007, Liliane Bettencourt a donné près d'un milliard d'euros à son ami le photographe François-Marie Banier. L'enquête de la Brigade financière dévoile dans quelles étranges conditions. Révélations.

Hervé Gattegno

Son nom est plus célèbre que son visage-sa fortune bien davantage encore. Le titre de « femme la plus riche de France » lui tient lieu de réputation depuis des lustres. Fille unique du fondateur de L'Oréal, veuve d'un ancien ministre gaulliste, Liliane Bettencourt est une milliardaire illustre mais discrète : à 86 ans, elle ne fréquente plus guère les soirées du Tout-Paris, limite ses apparitions à de brefs discours pour sa fondation et ses sorties publiques à quelques grands vernissages. C'est une vieille dame raffinée et apprêtée, qui s'abrite des regards derrière les murs de son hôtel particulier du quartier Saint-James, Olympe de la haute bourgeoisie de Neuilly. On la sait amie des arts et philanthrope. On la devine isolée par l'âge et les deuils. Sa famille et la justice se demandent si elle n'est pas, en outre, la victime d'une incroyable intrigue.

Entre 2001 et 2007, l'héritière du groupe L'Oréal a offert à l'un de ses amis, le photographe et romancier François-Marie Banier, plusieurs centaines de millions d'euros sous forme de chèques bancaires, d'oeuvres d'art et de contrats d'assurance-vie. Chacune de ces faveurs semble avoir été accordée dans le respect des formes légales, mais leur accumulation et l'inquiétude qu'elles suscitaient dans son entourage ont conduit sa fille, Françoise Bettencourt, à réclamer une enquête judiciaire.

La plainte déposée il y a un an, le 19 décembre 2007, évoque le soupçon d'un « abus de faiblesse » qui aurait permis au bénéficiaire, figure de la vie parisienne et du monde des arts, de se faire consentir ces « libéralités » hors norme grâce à une emprise psychologique exercée sur la vieille dame à mesure que son état de santé déclinait. Sans avoir, à ce stade, établi la réalité de cette accusation, les investigations de la Brigade financière-menées dans le secret par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye-ont dévoilé l'atmosphère étrange qui entoure la milliardaire et donné à la fraude dénoncée des proportions gigantesques.

Ainsi, alors que la plainte invoquait des transferts de « plus de 500 millions d'euros », les policiers estiment désormais à près d'un milliard - 993 millions d'euros - le total des avoirs abandonnés par Liliane Bettencourt à son favori.

L'inventaire de ces largesses laisse pantois. Les enquêteurs ont recensé d'innombrables remises d'argent au profit du photographe entre 1996 et 2007, auxquelles s'ajoutent des abandons de créances au profit des sociétés civiles immobilières qu'il détient-un document mentionne 2 millions d'euros ici à la SCI La Firme, 140 000 euros là à la SCI Blanche... Autant de faveurs qui auraient permis la constitution d'un imposant patrimoine immobilier, incluant plusieurs immeubles dans la capitale et une propriété dans l'Hérault, où des travaux de rénovation de plusieurs dizaines de millions d'euros ont été réglés sur les fonds de Liliane Bettencourt.

Douze toiles de maître

Un acte de donation du 23 février 2001 fixe par ailleurs la cession au même Banier de la « nue-propriété » de douze tableaux de maître, d'une valeur globale estimée à 20 millions d'euros : « Nature morte à la guitare » de Picasso, « L'homme à la pipe » de Fernand Léger, un « Grand nu debout » de Matisse, un Mondrian, un Man Ray, un De Chirico, etc. La transaction prévoit que ces toiles, qui ornent encore les murs de l'hôtel particulier de Neuilly, deviendront la propriété de Banier « au décès de Mme Bettencourt ». Des dispositions ont aussi été prises afin de transférer à son profit sept contrats d'assurance-vie souscrits par la milliardaire : un cadeau dont la valeur dépasse 600 millions d'euros !

La plainte de la famille souligne qu'à partir de l'année 2002 l' « influence » et les « pressions » de Banier se seraient accrues-et avec elles l'ampleur des sommes évanouies. Se fondant sur les récits d'employés et de proches de la vieille dame (dont la plupart ont été interrogés par la police), elle souligne surtout la concomitance des donations les plus importantes avec les périodes où son état de santé se dégradait fortement. La chronologie des transferts de fonds, reconstituée par les enquêteurs, confirme au moins ce rapprochement : c'est après deux séjours à l'hôpital, au printemps de 2003 et durant l'été de 2006, que l'héritière de L'Oréal, affaiblie au point de ne plus reconnaître ses collaborateurs particuliers, consentit à son favori les cessions de biens les plus considérables-250 millions d'euros au total pour chacune de ces deux années...

La comptable personnelle de la milliardaire a rapporté qu'au début de l'année 2003 celle-ci lui avait demandé de se rendre chez François-Marie Banier pour lui signifier « qu'elle ne voulait plus lui donner d'argent ». Quelques semaines plus tard, comme elle regrettait de l'avoir malgré tout désigné comme bénéficiaire de deux énormes assurances-vie, elle priait sa collaboratrice d'intervenir pour faire annuler ces documents. L'un des contrats put être déchiré, mais au mois de mai suivant, alors que Mme Bettencourt devait subir une opération chirurgicale, le formulaire fut rétabli et le même bénéficiaire de nouveau désigné. A partir de cette date, la gestion des assurances-vie fut retirée aux conseillers financiers habituels et au notaire de la famille pour être confiée au seul notaire de François-Marie Banier.

« Pendant onze mois, le temps que j'ai passé avec Mme Bettencourt, elle a vécu sous l'emprise de M. Banier, a témoigné l'infirmière qui l'assista après sa seconde hospitalisation, en 2006. Je me souviens qu'il lui avait déconseillé pendant des mois de passer une IRM. Il était presque toujours question d'argent dans leurs discussions. Il en demandait beaucoup à Mme Bettencourt et obtenait tout ce qu'il voulait. J'ai assisté à des scènes où il demandait de l'argent avec une telle insistance qu'elle en devenait malade et n'en dormait plus. Après chaque entrevue avec lui, elle était mélancolique, très nerveuse. Quand elle résistait (un peu) à ses demandes d'argent, il entrait dans des colères épouvantables. »

Relatant un séjour aux Seychelles durant l'hiver de 2006, une femme de chambre a raconté : « M. Banier harcelait Mme Bettencourt pour qu'elle lui fasse un chèque. Devant son refus, il n'a pas voulu déjeuner ni dîner avec elle. Mme Bettencourt en était très malheureuse, elle n'était plus elle-même. Le soir du réveillon, il était avec elle lorsqu'elle se préparait pour aller voir les chants de Noël. J'étais présente. Il critiquait tous les invités de M. et Mme Bettencourt. Alors qu'elle s'apprêtait à mettre du rouge à lèvres, il le lui a enlevé des mains et l'a jeté contre le mur en disant qu'il n'était pas joli. Madame était très contrariée ; une demi-heure après, elle a fait un malaise. » Au cours du même séjour, l'infirmière dit avoir « surpris une conversation » entre Liliane Bettencourt et François-Marie Banier. « C'est beaucoup trop ! », s'écriait-elle. « Ça n'a pas suffi », insistait le photographe, s'attirant cette réponse inquiète : « André va s'en apercevoir ! »

Indignée des pressions exercées par l'artiste, la comptable a relaté d'autres épisodes inquiétants : « A la fin de 2005, M. Banier me téléphonait presque tous les jours pour me demander de dire à Mme Bettencourt qu'il l'aimait, qu'il tenait beaucoup à elle, mais qu'il avait besoin de 2 à 3 millions d'euros pour financer sa piscine et différents travaux. Je me souviens que, me croisant dans la propriété, il m'avait demandé mon avis : "J'aimerais aller voir Françoise Bettencourt pour lui dire qu'il y a assez d'argent pour deux." J'étais sidérée. »

« Vider les coffres. »

La même employée a décrit l'insistance de Banier pour obtenir qu'elle se rende à la banque afin de « vider les coffres » renfermant les bijoux de Liliane Bettencourt. « La situation était devenue intenable, au point que j'ai dû, en mai 2007, envoyer à Mme Bettencourt un courrier recommandé pour lui indiquer qu'il ne m'était pas possible, pour des raisons de sécurité, de vider ces coffres. » Nombre de témoins ont insisté sur ses pertes-toujours passagères-de repères et de mémoire. D'autres ont rappelé les coups de téléphone impérieux du photographe avant ses rendez-vous avec elle, pour s'assurer auprès du personnel qu'elle n'oublierait pas son chéquier. Exigeant jusqu'à la provocation, Banier aurait imposé, un jour aux Seychelles, qu'on lui apporte ses pinceaux et ses couleurs par jet privé pour satisfaire l'inspiration du moment !

Avec de tels témoignages, l'affaire serait limpide si Liliane Bettencourt admettait une forme de sujétion, fût-elle épisodique, envers celui qu'elle a couvert d'or. Mais, loin d'avouer une quelconque faiblesse, la vieille dame a refusé de se soumettre à l'expertise médicale que préconisait le procureur-après en avoir accepté le principe au cours d'un entretien avec lui, le 13 mai à Neuilly. Questionnée par la Brigade financière au mois d'octobre, elle a revendiqué sa « générosité » avec fermeté. Certifiant avoir cédé ces sommes « de plein gré », elle a mis en avant son désir de soutenir l'oeuvre de François-Marie Banier et indiqué qu'une partie des fonds avait servi à lui acheter des photographies et autres créations originales.

« La générosité est un élan gratuit ; quand on a beaucoup reçu, il faut aimer donner », lançait-elle un mois plus tard dans un entretien opportunément accordé au Figaro Magazine -ses premières déclarations à la presse depuis vingt ans-et dont la teneur semble une réponse implicite aux interrogations policières : « Comme le chercheur, l'artiste avance vers l'inconnu. Tous deux sont des aventuriers. Des tenaces. Des créatifs qui bouleversent l'ordre des choses et réveillent l'émotion, la passion... »

Moins allusif, le texte d'une lettre adressée au procureur Courroye le 30 janvier 2008-soit peu après l'ouverture de l'enquête-pour lui demander de « mettre un terme à cette procédure » résume sa position : « Tout ce que j'ai donné à François-Marie Banier l'a été par amitié et dans le prolongement d'opérations de mécénat, en toute connaissance de cause, devant un notaire qui a pu s'assurer de mes capacités. S'il s'agit de sommes significatives dans l'absolu, elles restent parfaitement raisonnables au regard de ma situation de fortune et des autres donations que j'ai consenties à diverses personnes, notamment à la Fondation Schueller-Bettencourt. » A ce courrier était annexé le certificat médical d'un neurologue parisien réputé. Le document attestait que la vieille dame, dont le mari était mort deux mois plus tôt, présentait « une bonne agilité intellectuelle » et un « état psychologique conservé ».

Faute d'accord de Liliane Bettencourt pour procéder à l'examen médical approfondi qui lèverait toute équivoque, le procureur a commandé une « expertise sur documents ». Or, sur la base des comptes rendus hospitaliers et de divers témoignages, le spécialiste mandaté a diagnostiqué une « probable vulnérabilité de la personne », première étape vers la confirmation d'un éventuel « état de faiblesse ».

Une visite à Sarkozy

Mais comment aller plus loin contre la volonté de l'intéressée ? Seul un juge d'instruction pourrait obliger la femme la plus riche de France à se laisser examiner. Il faudrait, pour cela, que le procureur ouvre une information judiciaire. Mais elle est déterminée à user de toute son influence pour l'empêcher : le 5 novembre, au cours d'une visite discrète à Nicolas Sarkozy, elle est allée jusqu'à demander au chef de l'Etat d'intervenir pour faire classer l'affaire. Peu après, elle dépêchait à l'Elysée l'un des gestionnaires de son holding familial, Téthys SAS, pour compléter ses explications.

Le résultat de ces conciliabules ? Mystère. Mais pour l'heure la procédure reste au stade de l'enquête préliminaire, alors que l'essentiel des recherches possibles dans ce cadre paraît accompli. Après une perquisition à son domicile en février, François-Marie Banier a été placé en garde à vue les 24 et 25 septembre (ni lui ni son avocat n'ont souhaité répondre aux questions du Point ). Les dossiers comptables et médicaux ont été examinés dans le détail. Les quinze employés de maison, chauffeurs, gardes du corps et collaborateurs de Liliane Bettencourt ont été interrogés.

Certains ont relaté des souvenirs troublants ou dérangeants, décrivant une relation ambiguë entre la vieille dame et le photographe, tissée de séduction et de rudesse, brossant le portrait contrasté d'un dandy iconoclaste dont les effronteries et les provocations pouvaient aussi bien la faire rire que pleurer.

Leur rencontre remonte à 1987. Cette année-là, l'héritière avait accepté de poser pour la très chic revue Egoïste , entre Fellini, Cioran et Marguerite Duras. Des photos pour vaincre un cliché : les deux portraits publiés la montraient radieuse et élégante en tailleur-pantalon et l'interview qui les accompagnait disait son envie d'échapper au stéréotype de la femme riche. « A partir d'un certain chiffre, déplorait-elle, fataliste, de toute façon, les gens déraillent. »

Ce premier contact fut suivi de bien d'autres et peu à peu Banier devint un familier de l'hôtel particulier de Neuilly. On l'y voyait surgir au guidon de sa Mobylette bleue, toujours muni d'un appareil photo miniature et porteur de mille histoires très parisiennes. Né en 1947, l'homme a connu plusieurs vies, publié son premier roman à 20 ans, séduit Dali, Aragon et Pierre Cardin, côtoyé Françoise Sagan, Samuel Beckett ou François Mitterrand, écrit des pièces de théâtre, joué au cinéma (dans « L'argent », de Robert Bresson), tiré des portraits qui ont fait le tour du monde-Caroline de Monaco le crâne rasé, Mastroianni dansant devant Silvana Mangano...

Avant Liliane Bettencourt, il a joué auprès de l'actrice italienne comme de plusieurs autres grandes dames le rôle du jeune homme de compagnie : Nathalie Sarraute, Marie-Laure de Noailles, Madeleine Castaing l'ont adoré et comblé. « Comme tous les avares, elle était prête à des folies », a-t-il dit, ingrat, à propos de cette dernière, fameuse décoratrice de Saint-Germain-des-Prés qui investit sans compter pour lancer sa carrière de photographe d'art. Autre mécène, Pierre Bergé, ancien patron de Saint Laurent, s'est montré plus regardant : il lui a condamné sa porte après une dispute pour la paternité du nom du parfum « Poison », que Banier avait déposé le premier-ce qui lui rapporta d'enviables royalties.

Un projet d'adoption

Les entourages de ses parrains et bienfaitrices successifs n'ont pas toujours goûté les relations exclusives qu'il entretenait avec eux, quand la petite bande des amis et amants de Banier finissait par supplanter parents et relations plus anciennes ; comme si le dandy photographe, à l'image des héros de ses propres romans, cyniques et délurés, prenait un malin plaisir à s'insinuer dans les familles pour les détruire de l'intérieur. « J'ai fait le fils mort chez beaucoup », confessait-il en 1997 à une journaliste de Libération . Comme en écho, une ancienne infirmière s'est souvenue devant les enquêteurs que Mme Bettencourt le lui avait, à l'origine, présenté comme « un grand ami » ; « Son fils adoptif, avait alors corrigé Banier. Le fils qu'elle n'a pas pu faire. »

Le plus stupéfiant est que cette revendication audacieuse semble devenue un projet : deux des plus proches collaborateurs de Liliane Bettencourt ont témoigné avoir entendu évoquer, aussitôt après la mort de son mari, à la fin de 2007, l'adoption du photographe par sa protectrice. Un rendez-vous aurait été pris dans ce but chez le notaire de François-Marie Banier. « Vous irez le voir seule », aurait-il commandé.

Bien plus que les millions dilapidés, c'est cette découverte qui aurait précipité la plainte de Françoise Bettencourt, rapportent les proches de la famille. Depuis, les relations entre la mère et la fille-voisines de 50 mètres-sont nouées de silence et de chagrin, ajoutant à l'intrigue psychologique et financière la dimension d'un drame familial.

Récupérer les fax

L'attaque judiciaire ne saurait, en revanche, avoir pris de court François-Marie Banier. « Il disait à Mme Bettencourt qu'il lui fallait des liquidités, qu'il fallait qu'il se protège parce que sa fille lui ferait certainement un procès », s'est souvenue une ancienne collaboratrice de la milliardaire. D'autres ont dit avoir été l'objet de demandes répétées du photographe pour rédiger des certificats attestant que « Mme Bettencourt n'était jamais aussi heureuse que quand il venait la voir », comme pour se prémunir de contestations à venir. « En septembre 2006, alors qu'elle allait très mal, a relaté une femme de chambre, M. Banier est venu à Neuilly et m'a demandé de lui donner tous les fax qu'il avait envoyés à Mme Bettencourt. Je ne l'ai pas fait, mais j'ai constaté ensuite qu'il les avait bien récupérés, je ne sais cependant pas comment. [A la même période], quand Mme Bettencourt était à l'hôpital, M. Banier a demandé à l'un des maîtres d'hôtel de lui faire une lettre mentionnant qu'il s'occupait bien d'elle. »

Le formalisme a pu aller jusqu'à l'excès : pour interdire toute contestation sur les mirifiques donations consenties au cours de l'année 2003, l'héritière de L'Oréal a produit des certificats signés par deux médecins pour attester son état de conscience ; les deux examens sont datés du même jour ! La crainte de voir les soupçons s'étaler un jour devant un tribunal a eu d'autres effets : plusieurs employés ont dû quitter l'hôtel particulier de Liliane Bettencourt après des années de service. « Si on ne plaisait pas à M. Banier, on ne restait pas chez elle », a assuré une infirmière. Un ancien dirigeant de Téthys a expliqué aux policiers avoir démissionné pour ne pas cautionner les faveurs accordées au photographe. L'intéressé, lui, a veillé à ce que chaque don à son profit soit répertorié-Liliane Bettencourt a payé elle-même les impôts correspondants, comme on offre un sauf-conduit...

« Naturellement, on aime mieux les gens honnêtes que les gens malhonnêtes, mais il y a des gens vicieux intelligents », expliquait-elle en 1987 dans l'entretien accordé à Egoïste qui accompagnait les photos prises par Banier. « Ils vous amusent ? lui demandait-on. - Pas trop près, répondait-elle. Mais même si ça ne me plaît pas beaucoup, j'y vais comme dans un musée : je regarde quand même... » Vingt et un ans après, la justice dira peut-être si l'aventureuse héritière s'est approchée trop près du piège 

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Reine des Nieulles, une élection pas vraiment comme les autres

dimanche 17.05.2009, 04:47 - La Voix du Nord

   
De g. à dr.: Virginie (2e demoiselle), Amandine (1r e demoiselle) et Justine, nouvelle reine des Nieulles. De g. à dr.: Virginie (2e demoiselle), Amandine (1r e demoiselle) et Justine, nouvelle reine des Nieulles.
|  ÉVÉNEMENT |

Quand le chef m'a dit, vendredi matin, que je devais couvrir l'élection de la reine des Nieulles, j'étais perplexe. Il faut dire que les concours de beauté et moi, ça a toujours fait deux. C'est donc un peu avec des pieds de plomb que, vendredi soir, je suis partie pour l'école de musique, persuadée que j'étais que la soirée allait plus tenir de la corvée que du plaisir... Grossière erreur ! Cinq heures plus tard, j'étais séduite...

PAR FLORENCE PIAZZETA
 

armentieres@lavoix PHOTOS « LA VOIX »

«  Ce soir, nous élisons une reine pas une miss », précise Jean-Michel Parega, le Monsieur Loyal de la soirée. «  La reine et ses demoiselles deviendront les ambassadrices de la ville. Elles doivent donc avoir une personnalité leur permettant de s'adapter à toutes les situations et toutes les circonstances », enchérit Francis Coisne, chef du protocole. Premier cliché mis à mal : la plastique des demoiselles (11 candidates au titre cette année) ne sera pas l'unique critère de sélection. La première épreuve, à l'école de musique, est là pour en témoigner : chacune des concurrentes passe au grill des questions du jury présidé par Catherine De Paris. Une brève présentation, suivie de trois minutes de questions tournant principalement sur la connaissance d'Armentières et de son canton, histoire de vérifier que la future ambassadrice saura « vendre » son secteur.

Une heure et demie plus tard, direction salle Carnot où se tiendra le plus gros de la soirée. Là encore, mes idées reçues sur les élections de miss - pardon, de reines !- vont être mises à mal. Ici, pas de défilé de mode. Les filles montent sur scène dans la tenue qu'elles ont choisie et qu'elles garderont tout au long de la soirée. Et, là encore, c'est sur leur prestance, leur élocution et leur présence sur scène qu'elles vont être jugées. Et l'exercice n'est pas facile. Imaginez un peu d'avoir à deviser devant les représentants d'une ville et de les convaincre, sans autre artifice que votre personnalité, que vous êtes celle qu'il faut pour représenter la commune. Pas de surprise, dès lors, à voir l'émotion gagner le rang des concurrentes.

Pendant un long moment, on a même pu croire au forfait d'une jeune concurrente qui, submergée par l'émotion et le trac, a bien failli déclarer forfait. Et, là encore, un cliché est tombée : loin de la bataille sans pitié des concours de beauté où tous les coups, ou presque, sont permis, les filles ont su faire preuve de solidarité, réconfortant du mieux qu'elles le pouvaient la candidate pour finalement l'accompagner sur scène pour la présentation publique.

Malgré tout, il aura fallu se résoudre à faire un choix. «  Il n'a pas été facile », annonce Jean-Michel Parega. À tel point que, pour la première fois de l'histoire de l'élection de la reine, le jury n'a pas réussi à départager la troisième demoiselle d'honneur et a dû se résoudre à rendre un palmarès (lire ci-dessous) avec des ex-aequo. • 

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«20 ans»: 7 astuces pour faire un magazine sans argent
Créé le 11.04.09 à 14h28 | Mis à jour le 11.04.09 à 18h00  | 24 commentaires
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Le magazine «20 ans» ressort dans les kiosques, samedi 11 avril 2009.
Le magazine «20 ans» ressort dans les kiosques, samedi 11 avril 2009./

MEDIAS - Rédactrice en chef stagiaire, piges sous-payées, gestion de la rédaction sur MSN: la relance du magazine culte s'annonce mal...
Trois ans après avoir mis la clé sous la porte, «20 ans» renaît de ses cendres ce samedi avec une nouvelle formule et une nouvelle équipe. Le groupe FT Médias a racheté en février dernier le nom de ce magazine «conçu pour les filles de dix ans mais lu par les femmes de trente qui ont peur de vieillir» comme l’écrivait Michel Houellebecq.

Sous le vernis glamour de la couverture, les jeunes lectrices ne sauront pas dans quelles conditions le magazine a été conçu. «30 astuces pour devenir canon», annonce la Une. 20minutes.fr révèle les 7 astuces pour faire un magazine sans argent.

La rédactrice en chef est stagiaire
Dans l’édito du magazine, les lectrices ont découvert à leur grande surprise une très jeune fille en photo: Claire Crepon, 19 ans, étudiante en communication et rédactrice en chef de «20 ans». Elle vient de réaliser un magazine en un temps record (un mois et demi) avec une convention de stage, tout en continuant ses études de communication la journée. Mais le patron de FT Médias, Frédéric Truskolaski, l’a remerciée quelques jours avant la parution du magazine. «On a estimé qu’elle était un peu jeune», explique Truskolaski.

Les rédactrices sont très jeunes
Selon nos informations, la vingtaine de rédactrices qui ont participé au premier numéro ont pour la plupart entre 18 et 20 ans et ont été recrutées par des annonces sur Internet. «Frédéric Truskolaski profite de la crédulité de filles qui croient qu’écrire dans «20 ans» sera un tremplin dans leur carrière», explique Audrey*, journaliste au magazine. «J’ai fait ça surtout pour l’expérience, comme un stage», commente Julie*. «On va recruter des journalistes professionnels dans les semaines qui viennent», assure Frédéric Truskolaski. «On n’a forcé personne à travailler. On ne fait rien de mal, entre guillemets», déclare Vincent Baladi, un proche du patron.

Les piges sont ridiculement basses
A ce tarif, le paiment des rédactrices s’apparente à de l’argent de poche: 20€ l’article de 3 pages, 10€ pour une à deux pages, et 5€ quand l’article fait moins d'une page. Comme le relève la blogueuse Filledurock qui a été contactée par la rédaction pour écrire dans le magazine, «à 10 euros la page, il faudrait rédiger 132 pages dans le mois pour toucher le Smic». «C’est immoral mais pas illégal: il n’y a pas de barème de piges dans la presse magazine féminine», indique Martine Rossard, du Syndicat national des journalistes.

Les piges peuvent être payées au noir
Plusieurs rédactrices attestent que les piges — qui n’ont pas encore été payées — ne devraient pas être déclarées. Vincent Baladi explique que si les salaires sont payés au noir, «ce n’est pas notre souhait»: «la plupart des rédactrices ne veulent pas de factures pour des sommes de 30 ou 40 euros», explique t-il. Autre entorse au droit du travail: les piges ne seront payées que si les articles sont finalement publiés, répète la direction.

Le paiement des piges est sans cesse repoussé
D’après des extraits de discussion MSN que nous nous sommes procurés, début mars, la règle de paiement était la suivante, telle que définie par Frédéric Truskolaski: «le paiement des articles se fait à la fin du mois par chèque». Mi-mars, les règles ont subitement changées: «les articles sont payés uniquement lorsque le magazine est sorti». Audrey attend toujours l’argent.

La rédaction est gérée sur MSN
«20 ans» ne dispose pas de locaux. La plupart des décisions sont prises sur MSN, où Frédéric Truskolaski est très souvent connecté. Toutes les rédactrices que nous avons contacté dénoncent son «harcèlement» sur le logiciel de messagerie. «Dès que je me connecte sur MSN, il vient me parler. Quand il veut me faire comprendre quelque chose, il l’écrit en majuscules», raconte Maud*. Une autre rédactrice, excédée, l’a «bloqué» pendant plusieurs jours pour retrouver la tranquillité. Les quelques conférences de rédaction qui ont eu lieu, ont été organisées à Paris dans des bureaux loués à l’heure.

Une rédactrice tombée en disgrâce est bloquée sur MSN
Innovation dans le droit du travail: la rupture du contrat par blocage sur MSN. «La dernière fois que j’ai eu un contact avec Frédéric Truskolaski, c’était pour lui demander de me payer mes articles. Cela fait une semaine que je n’ai plus de nouvelles alors qu’avant dès que je me connectais sur MSN, il me parlait immédiatement. J’ai découvert qu’il m’avait bloqué», raconte Julie.

* Le prénom des rédactrices a été modifié. Craignant des pressions de la direction, elles ont préféré témoigner anonymement.
Vincent Glad
«Si elles demandent une augmentation, on ne pourra pas les payer»

La direction de «20 ans», après avoir tout nié — «ce ne sont que des rumeurs» —, nous a recontacté pour expliquer ces conditions de travail surprenantes. «Les photos et les maquettistes nous coûtent énormément d’argent. C’est vrai que le salaire des rédactrices ne correspond pas aux tarifs dans la presse, mais on n’a forcé personne. Si elles demandent une augmentation, on ne pourra pas les payer», explique Vincent Baladi.

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La mise en ligne illicite de "Wolverine" déclenche un conflit interne à la Fox
LE MONDE | 07.04.09 | 15h51  •  Mis à jour le 07.04.09 | 15h51

ans les heures qui ont suivi la diffusion sur Internet, le 1er avril, du film X-Men Origins, Wolverine, dans une version inachevée, mais d'excellente qualité, la communauté des bloggers a appelé à ne pas publier de critiques du film. Une consigne respectée sauf sur le site de Fox News, où Roger Friedman, un collaborateur régulier, l'a enfreinte. Or Wolverine, dont la vedette est Hugh Jackman, est une production d'une autre société de la News Corp, de Rupert Murdoch : 20th Century Fox. La direction du groupe a immédiatement annoncé le licenciement de Friedman, une nouvelle que FoxNews.com s'est refusé à confirmer. La mise en ligne de Wolverine, dont le budget est évalué à plus de 100 millions de dollars, est le plus spectaculaire acte de piraterie dont ait été récemment victime un studio.


Thomas Sotinel

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 Pologne: 103 hooligans interpellés
AFP
05/04/2009 | Mise à jour : 13:44 | Commentaires 1 | Ajouter à ma sélection
La police polonaise a interpellé 103 hooligans qui ont participé à une attaque contre un train transportant des supporteurs se rendant à un match à Wodzislaw Slaski (sud), a-t-on appris dimanche auprès de la police.

"Le train qui transportait environ 300 supporteurs a été arrêté samedi en pleine forêt, près de Kielce (sud) par un passager qui a actionné le frein d'urgence. Dans la forêt attendaient quelque 200 hooligans qui sont passés à l'attaque", a indiqué à l'AFP Malgorzata Tkaczyk-Klebek, porte-parole de la police locale.

Plus de 300 policiers ont été dépêchés immédiatement sur place pour mettre fin à la bagarre. Celle-ci a fait 25 blessés légers.

"103 hooligans parmi les plus agressifs ont été interpellés. Ils encourent une peine de 3 ans de prison", selon Mme Tkaczyk-Klebek.

Le match de première division du championnat de Pologne s'est terminé par la victoire d'Odra Wodzislaw Slaski sur Lechia Gdansk, 1 à 0.

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December 28, 2008
Seattle Journal
A Holdout Against Developers Leaves a Legacy
By WILLIAM YARDLEY

SEATTLE — People love to point out Edith Macefield’s tiny house in the old fishing village of Ballard and recount how she refused an offer of $1 million from developers who wanted to buy it. They had planned to level her home to make way for a boutique supermarket and a health club.

The project, in faux industrial concrete and steel, is more evidence of change in a city whose growth and economic success over the past two decades have put its modest neighborhoods like Ballard under perpetual renovation.

Ms. Macefield had little time for trendy food or fitness. Her interests were opera and Sinatra, Garbo on videotape or the classics in dusty hardback. She had history, too. If she let you in the door, she might recount her escape from a concentration camp while she was an undercover agent for the British during World War II. She might tell of her liaisons, long ago, with men of means and renown.

“She was just full of stories and stories and stories about her past,” said Charlie Peck, whose friendship with Ms. Macefield began more than 20 years ago, after she gave him a collection of recordings of Benny Goodman, Paul Whiteman and other bandleaders on old 78s.

Ms. Macefield’s refusal to sell her house made the news more than once. In a city knotted over its shifting identity, she seemed a familiar face, old Seattle, vulnerable but resistant to the march of gentrification and blandness. Yet it turns out that Ms. Macefield was writing a different story, and her little house, which still stirs tension, was not all she left behind. It turns out that Ms. Macefield was not so knowable, even to the few people she invited into her life. She was not such a succinct symbol after all.

“Everybody that’s come in and tried to talk about this has tried to create that image of her,” said Mike Semandiris, whose family has owned a chili parlor around the corner for more than 70 years. “But she didn’t give a damn about preserving old Ballard. The lady just wanted to live in her house.”

Ms. Macefield was 86 when she died in June of pancreatic cancer. Six months later, her 108-year-old bungalow is cloaked by what will soon become an LA Fitness club and a Trader Joe’s, set to open next year.

Inside, bed sheets are still on the living room sofa where Ms. Macefield slept when she could no longer climb the stairs. Ceramic cows ornament the top of every appliance. A few copies of “The Little House,” the children’s tale by Virginia Lee Burton of a country cabin swallowed by sprawling development, are in one corner. People she did not know would drop them off.

In a bookcase in a dark hallway there is another book, not well known like the others. In fact, it is unclear whether anyone other than its author has ever read “Where Yesterday Began.”

Ms. Macefield paid to have her novel published in 1994, under the pen name Domilini. It is set against the backdrop of post-World War I Europe.

An introductory page begins, “This story is for all those who have ever loved — truly, deeply, irrevocably — and in the thrust of disaster. For some, love simply dies — and one moves on. But for a few, love is as lasting as the ages — despite the impossibilities, the separation, the insured loneliness.”

The book is 1,138 pages long, not counting the musical references, from Scottish folk songs to a 1915 work by the English composer Albert W. Ketelbey, and a 16-page glossary of the French, German and Italian phrases sprinkled throughout. “I think it was kind of a love story,” said Mr. Peck, the longtime friend. “I never did read it.”

The book is dedicated to “B. Robert Aigner, M.D.,” with no explanation why. Reached by phone at his home in a Seattle suburb, Dr. Aigner, 80, said he remembered Ms. Macefield was a patient, but nothing more.

Dr. Aigner, a neurologist, was amazed and amused that Ms. Macefield would have dedicated her ambitious work to him. He had never heard of it.

“I have no idea what I was treating her for,” he said.

She wrote other manuscripts and short stories, and, of course, there are the tales she told the few visitors she invited inside her house.

Ms. Macefield constructed her stories while the city surrounding her rushed to construct itself, while the new condos rose even as the big seagoing fish processors still sounded their horns on their way to Alaska, while the coffee shops became espresso shops and the bars became clubs.

She lived on a street whose other houses had been torn down decades ago. Not only did she have no real neighbors, but she also had no known family. Born in Oregon, she told people she had moved to Seattle from Europe as an adult to care for her mother. Her mother died many years ago, apparently in the house that Ms. Macefield refused to sell.

For years Mr. Peck was the person closest to her. They both loved music. He was a divorced father without much money when he met her in the 1980s. Soon he was driving her to appointments, helping get her groceries. He bought her the word processor that still sits on a desk in her house. She became like a grandmother to his sons.

“She was a really curious person, but she was always fun,” Mr. Peck said.

By the early 1990s, he said, Ms. Macefield had made him the beneficiary of her estate through a living trust. Now that she is gone, he said he has hired a lawyer to determine his rights. Not that Ms. Macefield had much beyond well-positioned real estate. All Mr. Peck said he knew was that she worked decades ago making deliveries for the Washington Dental Service.

In the fall of 2006, as developers were pressing Ms. Macefield, Mr. Peck tried to convince her to sell. She was in the hospital after having fallen and broken some ribs, he recalled, and the sale would have paid Ms. Macefield about $1 million, as well as help her move to new housing.

“She just pulled out, right there, at the last minute,” said Mr. Peck, 63. “She didn’t trust them. It really hurt our relationship, too, because she thought I was in bed with these guys.” Mr. Peck has since moved to another part of the state.

In February, Ms. Macefield signed a new will that placed her estate in the control of a man she had known well for less than a year, Barry Martin, the senior superintendent of the construction project that was quickly surrounding her. The trailer from which Mr. Martin was overseeing the project was just a few dozen feet from Ms. Macefield’s house.

“At first, it was only 10 minutes of your time,” said Mr. Martin, 52, “but pretty soon she’s actually counting on you. And you can’t just walk away.”

He took her to the doctor. Then he took out her laundry. Then he dropped off lunch. Then one night he cooked her halibut and new potatoes and green beans. Then it was three meals a day and then he was changing the liner on her dentures. Then, last spring, Ms. Macefield was told she had cancer. She died at home.

Word got out later that Mr. Martin had gained control of Ms. Macefield’s estate. He had made no mention of this when reporters first interviewed him after her death.

Some people sniped on the local blogs. Others weighed in at Mike’s Chili Parlor, around the corner. They said Mr. Martin was an opportunist, either a tool of the developer or out for himself.

“I am going to benefit,” Mr. Martin said, standing in Ms. Macefield’s kitchen, his eyes welling more than once with tears. “And that’s the dilemma.”

What happened to him, Mr. Martin said, is what had happened to many people who Ms. Macefield let in her front door. He listened to her stories, and while he did not know if all of them were true, he liked that she told them, and he liked her.

“Barry’s probably closer to altruistic than opportunistic,” said Mr. Semandiris, of the chili parlor. “I think once he got to know her he was probably into it for the right reasons.”

Given the downturn in the market, nobody thinks the house will fetch anything close to $1 million anymore. Still, Mr. Martin said, he does plan to sell it, to make whatever he can to help pay for his daughters’ college education. He said Ms. Macefield would have wanted it that way.

He said he would have to muster the willpower to clean the place out, to gather up all those ceramic cows, to pack up the Puccini and Perry Como recordings. There also is the question of what to do with the stories that Ms. Macefield wrote.

He, too, has yet to read “Where Yesterday Began.”

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La fille de Sarah Palin
a accouché
Bristol Palin et son compagnon Levi Johnston. La fille de Sarah Palin a accouché dimanche d'un petit garçon.
Bristol Palin et son compagnon Levi Johnston. La fille de Sarah Palin a accouché dimanche d'un petit garçon.
L'annonce de la grossesse hors-mariage de la jeune Bristol avait défrayé la chronique pendant la campagne américaine.

C'est un petit garçon qui s'appelle Tripp Easton Mitchell Johnston, qui a fait couler beaucoup d'encre avant même de naître. Bristol Palin, la fille de l'ex-candidate à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin, l'a mis au monde, dimanche, selon l'hebdomadaire «People». «C'est merveilleux (...) Le bébé va très bien et Bristol aussi. Tout le monde est très heureux», a déclaré la grande tante de Bristol Palin.

Et pourtant, il y a quelques mois, la famille Palin n'était pas aussi ravie de cette nouvelle. L'annonce de la grossesse de Bristol Palin, âgée de 17 ans, et pas mariée, dénotait en effet par rapport aux convictions religieuses revendiquées par Sarah Palin, ultra-conservatrice, proche des chrétiens fondamentalistes. La droite chrétienne prêche en effet pour l'abstinence sexuelle en dehors du mariage. Certains commentateurs estimaient alors que cette grossesse pouvait nuire à la crédibilité de la candidate. Mais peu à peu cette grossesse a permis, selon d'autres commentateurs, de «l'humaniser», tout en lui donnant une occasion inespérée de manifester son opposition catégorique au droit à l'avortement.

L'annonce de la grossesse, le 1er septembre dernier, était intervenue juste avant la convention nationale du parti républicain sur laquelle les caméras du monde entier étaient braquées.

Le père du bébé est un jeune homme de 18 ans, Levi Johnston, ancien joueur de hockey, actuellement apprenti électricien. La famille Palin n'avait pas manqué de le présenter immédiatement comme le fiancé de Bristol. Il s'était lui-même empressé d'annoncer que Bristol et lui allaient se marier.

Le 19 décembre, une autre affaire liée à la famille du père de l'enfant avait défrayé la chronique. La police de l'Alaska avait révélé avoir arrêté la mère de Johnston dans une affaire de trafic de drogue. Visée par six chefs d'inculpation, elle a été remise en liberté après avoir versé une caution.

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Hommages à Manoel de Oliveira: le doyen des cinéastes se dit "ému"
AFP 11.12.08 | 18h48

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Le réalisateur portugais Manoel Oliveira, qui fête vendredi ses 100 ans, s'est dit "ému", jeudi à Lisbonne, par les hommages qui lui ont été rendus ces derniers jours.

"Je suis très touché et ému. Je ne sais pas si je mérite cela. Je suppose que non, car je n'ai pas de mérite d'être parvenu à cet âge-là. C'est un caprice de la nature, mais c'est agréable", a déclaré le doyen des cinéaste lors d'un déjeuner à Lisbonne sur le lieu de tournage de son prochain film, auquel il avait convié notamment le maire de Lisbonne Antonio Costa et l'ambassadeur de France au Portugal Denis Delbourg.

Le cinéaste a salué la "générosité" de la mairie de Lisbonne, qui a participé au financement de son film à hauteur de 200.000 euros.

"C'est un privilège pour Lisbonne" d'accueillir ce tournage, a observé M. Costa dans des déclarations à l'agence Lusa, tandis que M. Delbourg a souligné "l'admiration constante du public français" pour l'oeuvre du cinéaste.

Depuis le 23 novembre dernier, Manoel de Oliveira tourne à Lisbonne son 46e long-métrage, "Singularités d'une jeune fille blonde", adapté d'un conte du grand romancier portugais Eça de Queiroz.

Cette semaine, le cinéaste centenaire a reçu une série d'hommages, avec moultes réceptions, éditions et émissions spéciales.

Vendredi soir, jour "officiel" de l'anniversaire de Manoel de Oliveira, né en réalité le 11 décembre 1908 mais déclaré à l'état-civil seulement le lendemain, une fête privée devrait réunir amis du cinéma et collaborateurs dans sa ville natale de Porto.

Samedi soir, il sera reçu à dîner par le chef de l'Etat Anibal Cavaco Silva, après une cérémonie au cours de laquelle il sera décoré de la Grand-Croix de l'Ordre de l'Infant Dom Henrique.

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Les Pink Panthers, ce gang serbe qui écume les joailleries
La bandedes Balkans, ici filmée grâce aux caméras de surveillance, serait à l'origine de plus de 110 braquages. En mars 2004, à Tokyo, les Panthères roses avaient circulé à vélo et en portant des masques antipollution au cœur du très sélect quartier de Ginza avant de braquer 25 millions de butin dans une joaillerie.
La bandedes Balkans, ici filmée grâce aux caméras de surveillance, serait à l'origine de plus de 110 braquages. En mars 2004, à Tokyo, les Panthères roses avaient circulé à vélo et en portant des masques antipollution au cœur du très sélect quartier de Ginza avant de braquer 25 millions de butin dans une joaillerie.
Composé d'au moins 150 voyous, ce groupe est devenu le cauchemar des polices du monde entier, qui le surnomment les Panthères roses.

Croqueuses de diamants et braqueuses compulsives, ultraviolentes et disposant d'une logistique hollywoodienne, polyglottes et armées comme des porte-avions, les Panthères roses sont devenues le cauchemar des polices du monde entier. À l'image des grands voyous qui ont fait trembler le bourgeois et tourner en bourrique les flics les plus aguerris à la fin des années 1970, ces insaisissables félins sont en train de se forger une saga comme seule sait en cultiver la mythologie du grand banditisme. Paris, Genève, Dubaï, Saint-Tropez, Courchevel ou encore Monaco…

Depuis cinq ans, pas une seule grande place regorgeant de bijouteries, d'horlogeries et de joailleries de luxe n'est épargnée par ce gang unique dans son genre. Son avidité à dévaliser les présentoirs les plus sécurisés au monde vire le plus souvent au défi. Sa propension à franchir les frontières donne le tournis aux forces de l'ordre, qui ne comptent plus les pieds de nez. Ces redoutables félins les rendent chèvres. Selon les dernières estimations d'Interpol, cette nébuleuse abritant 150 braqueurs de haute volée est à l'origine d'une centaine de vols à main armée. La valeur marchande de leur fabuleux butin, amassé à travers les continents, s'élève à plus de 100 millions d'euros.

L'acte de baptême des Panthères roses remonte à mai 2003, à Londres. Un Serbe dénommé Nejbosa Denic, l'un des cerveaux présumés du gang, toujours tiré à quatre épingles bien qu'il soit officiellement agent d'entretien dans un hôpital de Genève, se fait ouvrir grandes les portes d'une célèbre joaillerie installée dans le très chic quartier de Mayfair. Les vendeurs n'ont pas le temps d'être impressionnés par l'allure du client : sans desserrer la mâchoire, ce dernier dégaine son 357 magnum. En trois minutes, il rafle un lot de pierres précieuses, dont de très rares diamants jaunes, pour un préju­dice de 13 millions d'euros. Une bague sertie d'un brillant bleu, faisant partie du butin, d'une valeur de 500 000 livres sera retrouvée quelques semaines plus tard au domicile d'un complice, dans un pot de crème pour le visage. La même «planque» que celle qui est utilisée dans le premier opus de la Panthère rose, comédie mettant en scène un voleur audacieux incarné par David Niven et un inspecteur gaffeur joué par Peter Sellers. Il n'en faut pas davantage pour que les très sérieux agents de Scotland Yard affublent le gang d'un patronyme de cinéma. Depuis lors, morceaux de bravoure et coups d'éclat se sont enchaînés à un rythme endiablé.

«À la différence des petits braqueurs à la fran­çaise, qui rechignent parfois à changer de département pour monter un hold-up, les Panthères roses couvrent des milliers de kilomètres pour frapper là où cela les intéresse, explique un ancien de l'antigang. Cette bande a inventé une nouvelle forme de mondialisation criminelle…»

«Tuer pour survivre»

Articulées autour d'un «noyau dur» d'une trentaine de donneurs d'ordres retranchés à Zagreb, Tirana ou Belgrade, les Panthères roses sont essentiellement composées d'anciens miliciens et mili­taires serbes, monténégrins et croates ayant fait leurs premières armes lors de la guerre en ex-Yougoslavie dans les années 1990. «Maniant la kalachnikov ou le pistolet CZ de petit calibre avec une redoutable aisance, ces individus pragmatiques n'hésitent pas à tuer pour survivre. Ils considèrent la mort comme un détail, confie au Figaro Christophe Haget, patron de la PJ de Monaco. Leur froide détermination n'a d'égal que leur mode opératoire, très méticuleux…»

Quand une cible potentielle est retenue dans une grande métropole ou une luxueuse cité balné­aire, les Panthères dépêchent en éclaireur une première équipe. «En général, il s'agit d'un couple bien habillé qui s'installe plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et, sans commettre de délit, prépare le terrain pour ses complices, décrypte un expert en banditisme. Sous les traits de riches clients, ces globe-trotteurs parlant couramment quatre ou cinq langues écument les joailleries en se faisant montrer parures de bijoux et montres très précieuses, qu'ils connaissent sur le bout de doigts.» À l'affût de tout, les éclaireurs évaluent la sensibilité des détecteurs de mouvements et de vibrations, repèrent les caméras et l'emplacement des boutons d'alarme anti-agression et analysent les failles du protocole de sécurité observé par les vendeuses quand ces dernières commettent l'erreur de laisser les vitrines ouvertes. «Avant de partir, ils étudient les itinéraires de fuite et chronomètrent de façon maladive le temps d'intervention du poste de police le plus proche, note Doron Lévy, porte-parole de l'Observatoire national de l'union française de la bijouterie, joaillerie et horlogerie. Ils trouvent des téléphones portables et louent des voitures qui serviront aux complices chargés de commettre les hold-up…»

Arrivant dans la foulée, la seconde équipe passe à l'action avant de se replier rapidement, à la manière de vrais mercenaires. Pour passer inaperçus, ces derniers se fondent volontiers dans le décor. Ainsi, en mars 2004, à Tokyo, les Panthères roses avaient circulé à vélo et en portant des masques antipollution au cœur du très sélect quartier de Ginza avant de braquer 25 millions de butin dans une joaillerie, dont un magnifique collier connu des collectionneurs sous le nom de «La Comtesse de Vendôme».

Fin août 2005, les stakhanovistes du hold-up arboraient tee-shirts fleuris et bobs à motifs au milieu des touristes pour dévaliser en plein jour la bijouterie Julian, à Saint-Tropez. Avec une audace qui avait marqué les esprits, quatre des Panthères roses avaient pris la fuite sur un hors-bord ancré devant des plaisanciers incrédules. Pour son retour dans le quartier de Mayfair, à Londres, en juillet 2007, le gang avait choisi d'agir avec une Bentley dernier cri et le visage grimé, caché sous des panamas. Là en­core, plus de 10 millions de livres de marchandises avaient changé de mains en trois minutes.

«En général, les Pink ne perdent pas de temps inutile à discuter ou à tabasser un récalcitrant, considère-t-on à la PJ. Ils n'emploient la force qu'en dernier recours.» Dans ce cas, le vol à main armée prend un tour assez surréaliste. Ainsi, en avril 2007, pour prendre d'assaut la bijouterie Graff située dans le luxueux Wafi Mall de Dubaï, les «félins» défoncent la vitrine de la galerie marchande à l'aide de deux voitures-bélier. Masqués et vêtus de combinaisons noires, les huit mercenaires font preuve d'une violence inouïe pendant 90 secondes et dérobent pour 11 millions de dollars d'objets précieux. L'attaque a été ressentie comme une véritable blessure au sein de l'Émirat, peu coutumier de ces coups d'éclat en raison d'une législation assez dissuasive.

Un butin colossal

«Désormais, aucune forteresse ne leur fait plus peur», constate Christophe Haget. Jetant leur dévolu sur la principauté de Monaco, pourtant l'un des États les plus sécurisés au monde avec ses 400 caméras de vidéosurveillance et ses 500 policiers triés sur le volet, les Panthères roses y ont orchestré deux attaques en mai et juin 2007, brandissant une arme de poing ou bâillonnant un employé avant de se volatiliser.

Au gré d'une soixantaine d'affaires recensées dans 19 pays, les experts d'Interpol et d'Europol font tourner «Mare nostrum» et «Furtum», deux puissants fichiers d'analyse criminelle permettant de recouper les ADN et les numéros de téléphone de suspects. Plusieurs «têtes pensantes», faisant l'objet d'une «notice rouge», ont été identifiées et interpellées. Ainsi, un membre présumé du gang, Dusko Poznan, soupçonné d'une dizaine de vols en Suisse, à Monaco et à Dubaï, a été cueilli en douceur il y a peu de temps à Monaco, à la suite d'un banal accident de voiture. Et deux Serbes comparaissent jusqu'à jeudi à Chambéry devant la cour d'assises de Savoie pour une série de vols à main armée commis en bande organisée à Courchevel (Savoie), Cannes (Alpes-Maritimes), Saint-Tropez (Var) et Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) entre 2001 et 2003.

Un quatrième accusé, Dragan Mikic, 33 ans, est absent des débats : ce véritable colosse s'est évadé de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), après que son mirador a été arrosé à la kalachnikov en octobre 2005. Toujours en fuite, cette Panthère rose, qui se promène sous le couvert d'une quinzaine d'alias connus, a dû trouver refuge au sein de la diaspora yougoslave disséminée en Europe et servant de base arrière au gang. Décidés à traquer les roses carnassiers jusqu'au dernier de leurs rejetons, les services spécialisés pensent que leur colossal butin a été écoulé vers Belgrade, Bruxelles, Milan ou encore Anvers. Leur travail ne laisse pas d'étonner les vieux briscards de la répression du banditisme. L'un d'eux, en connaisseur, concède : «Les Panthères ? Du boulot d'artiste…»