france d'après

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

«Maintenant, ce sera les CRS ou les papiers»

Evacués de force mercredi de la Bourse du travail à Paris par la CGT qui voulait récupérer ses locaux, 200 travailleurs en situation irrégulière campent sur le trottoir.

CORDÉLIA BONAL

Jeudi devant la Bourse du travail, dans le IIIe arrondissement à Paris.

Jeudi devant la Bourse du travail, dans le IIIe arrondissement à Paris. (CB)

Un semblant de calme est revenu autour de la Bourse du travail ce jeudi à Paris, après la violente évacuation la veille des occupants par le service d'ordre de la CGT. Les sans-papiers délogés, au nombre de 200 environ, ont passé la nuit sur le bout de trottoir où ils ont échoué avec matelas et couvertures, et ne comptent pas en bouger pour le moment.

Ce matin, personne n'est parti travailler, tous s'en tiennent au mot d'odre: ne pas bouger tant que les demandes de régularisations déposées par le collectif (750 dossiers déposés à ce jour à la préfecture, 1200 au ministère) n'avanceront pas. En attendant, on s'organise, sous l'œil de quelques policiers. Des chaises, réchauds, radios ont rejoints le fatras de sacs et matelas. Voisins et associations passent discuter, dire leur colère, distribuer pain et bouteilles d'eau. Sur le trottoir d'en face, quelques cafetiers ouvrent l'accès à leurs toilettes.

Travailleurs isolés en situation irrégulière, originaires d'Afrique pour la grande majorité, les occupants avaient investi il y a 14 mois la Bourse du travail, bâtiment appartenant à la ville de Paris mais géré par plusieurs syndicats, dont la CGT.  L'occupation avait été décidée après le refus par la préfecture de police de Paris de recevoir 1.000 dossiers que le collectif, la CSP 75 (coordination de sans-papiers) voulait voir traiter, la préfecture renvoyant vers la CGT.

«Bandits»

«On est en France depuis des années, on travaille, on cotise, nos grands-parents se sont battus pour la France», énumère Keita, intérimaire dans le bâtiment grâce à de faux papiers, comme beaucoup ici. «Alors on ne bougera pas de ce trottoir. Maintenant, ce sera les CRS ou les papiers.»

Depuis hier, les deux accès au bâtiment sont bloqués: grilles baissées côté boulevard, porte close côté rue, qui s'ouvre de temps à autre pour laisser passer une poignée de responsables syndicaux venus reprendre possession des locaux. Entre le collectif de sans-papiers et les membres de la CGT, on évite soigneusement tout contact.

«La CGT ? C'est des bandits!», s'insurge Keita. Même colère chez Anzoumane Sissoko, délégué du collectif, la CSP 75: «Nous ne voulons plus avoir affaire à eux. Après ce qu'ils nous ont fait hier, venir comme ça nous taper et nous asperger de gaz lacrymogène, ça suffit comme ça.» Au lendemain de l'évacuation, Sissoko compte les absents: «six blessés» et «quatre interpellés». Chiffres qui n'ont pas été confirmés ce jeudi par la préfecture.

«Violence injustifiable»

Après l'épisode violent de la veille, associations et partis ont condamné, plus ou moins fermement, la décision de la CGT, syndicat qui se pose par ailleurs régulièrement en intermédiaire pour le dépôt de dossiers de régularisations de travailleurs. Pour France Terre d'asile, «la CGT, avec cette intervention, qu’elle l’ait souhaité ou non, indique clairement qu’elle change de logiciel en se recentrant sur sa "clientèle" habituelle. Nous devons veiller collectivement (...) à ne pas laisser la division et le rejet de l’autre se propager».

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) «dénonce la brutalité de la CGT et demande au gouvernement des actions concrètes pour faciliter une sortie de crise de manière plus humaine», tandis que les Verts s'élèvent contre une «violence injustifiable».

Droit au logement, qui s'était «désolidarisé de l'occupation de la Bourse par les sans papiers motivée par des considérations peu crédibles», dénonce néanmoins la méthode, «expéditive».

Super crevure, (ou laval et moi),

 Bockel appelle la gauche à voter UMP

AFP
03/06/2009 | Mise à jour : 20:01
| Commentaires 16 | Ajouter à ma sélection

Le secrétaire d'Etat à la Défense et aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel, a lancé un appel aujourd'hui à Mulhouse aux électeurs de gauche à voter pour les listes de la majorité.

"Je me sens d'autant plus à l'aise pour dire cela, pour appeler les femmes et les hommes de gauche de notre pays à voter pour les listes de la majorité que je sais qu'à Strasbourg ces idées sont entendues", a dit le maire ex-PS de Mulhouse, dans un discours prononcé au titre de ses fonctions de président de son jeune parti La Gauche moderne.

Ces idées "rencontrent le soutien des femmes et des hommes de gauche européens, qui savent où ils habitent, qui ne confondent pas l'intérêt du pays, l'intérêt de nos concitoyens et des européens, et une campagne de dénigrement sans fin du président de la République", a-t-il ajouté.

M. Bockel a fustigé "le Parti socialiste et ses dirigeants, qui ne savent plus où ils en sont, ni où ils vont, ni où ils mèneraient les Français s'ils étaient aux responsabilités".

Il a également décoché des critiques à l'égard de François Bayrou "qui s'évertue à vouloir faire de cette élection une répétition de 2012, jusqu'à en oublier l'Europe elle-même".
"L'Europe est un sujet trop grave, une ambition trop noble pour être exploitée, par les uns à des fins personnelles et par les autres comme un outil de revanche qui, aujourd'hui, n'a ni lieu, ni raison d'être".

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////:

Claude Allègre se verrait bien ministre de Sarkozy
LEMONDE.FR avec AFP | 09.05.09 | 15h44


72 ans, Claude Allègre se verrait bien de nouveau au gouvernement. L'ancien ministre socialiste a indiqué, dans une interview publiée samedi 9 mai dans Le Journal du dimanche, qu'il ne dirait pas non si Nicolas Sarkozy lui proposait un ministère.

"Si je redeviens ministre, ce sera dans un domaine précis. Un Miti français [ministère du commerce international et de l'industrie au Japon], c'est le genre de chose qui m'intéresse et qui intéresse le président de la République", a déclaré. "Mais je ne serai jamais plus ministre de l'éducation nationale ! C'est un poste difficile, peut-être le plus dur. J'ai eu des manifs contre moi (...) Ministre, c'est passionnant et difficile à la fois. Chaque fois que vous avez une idée, votre administration vous dit que ce n'est pas possible !", a ajouté celui a occupé ce ministère entre 1997 et 2000, sous Lionel Jospin. Depuis janvier 2008, Claude Allègre n'a plus de carte du PS.

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Hésitant, Kouchner votera finalement UMP le 7 juin

Samuel Potier (lefigaro.fr)
11/05/2009 | Mise à jour : 14:45
| Commentaires 15 | Ajouter à ma sélection
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. (Sébastien Soriano / Le Figaro)
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. (Sébastien Soriano / Le Figaro)

Le ministre des Affaires étrangères avait d'abord avoué samedi ne pas savoir quelle liste soutenir aux européennes. Alors que le PS se moquait d'«un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend», Kouchner a tranché lundi : il votera pour Michel Barnier.

Bernard Kouchner veut éteindre la polémique. Domicilié en Ile-de-France, il votera pour la tête de liste UMP de cette circonscription aux élections européennes du 7 juin. Le patron de la diplomatie française a confirmé ce choix dans un communiqué lundi, alors qu'il se rendait à New York pour une session ministérielle du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient, avant un déplacement à Washington pour des entretiens sur l'Afghanistan et le Pakistan.

Ses oreilles avaient dû siffler dans l'avion, la polémique ayant enflé en France après qu'il a avoué ne pas savoir pour quelle liste il votera au scrutin européen du 7 juin. «J'attends de voir les programmes !», avait en effet répondu l'intéressé dans Le Parisien de samedi.

Elus de droite et de gauche n'avaient eux pas attendu pour soutenir ou brocarder Bernard Kouchner. Ce sont d'abord les ex-camarades socialistes du ministre des Affaires étrangères qui ironisent sur «un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend». Selon l'eurodéputé Harlem Désir, tête de liste PS en Ile-de-France aux Européennes , le «doute» qu'il exprime est «un cinglant désaveu pour la politique européenne de Nicolas Sarkozy et de l'UMP». «C'est assez emblématique de voir que le ministre des Affaires étrangères, qui doit avoir quand même un droit de regard sur la politique européenne, n'a pas même envie de voter pour le programme de M. Barnier et de Mme Dati», a renchéri lundi le porte-parole du PS Benoît Hamon.

Lefebvre : «Les doutes de Kouchner, un cinglant désaveu du PS»

Réplique ferme et immédiate de son homologue de l'UMP, Frédéric Lefebvre : «Les doutes de Bernard Kouchner sont au contraire un cinglant désaveu du Parti socialiste de la part d'un homme qui n'a voté Sarkozy ni au premier ni au deuxième tour de l'élection présidentielle». Pour le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, l'ancien socialiste, symbole de l'ouverture sarkozienne, «n'hésitera certainement pas» à accorder sa voix au parti majoritaire. Chose faite ce lundi donc.

«Je ne crois pas que le cœur de Bernard Kouchner balance», avait assuré quant à lui Michel Barnier, «puisqu'il a choisi depuis deux ans». «Je lui ai fait porter il y a près de trois jours le projet de la majorité présidentielle. Il retrouve beaucoup d'idées qui sont les siennes», a-t-il affirmé lundi sur Europe 1. «Je m'étonne qu'on s'étonne sur l'effet d'ouverture, c'est bien pour avoir des personnes qui pensent par elles-mêmes qui ne sont pas des béni-oui-oui», a enfin ajouté Xavier Darcos sur RTL. «On ne leur a pas demandé de se renier complètement».

A l'UMP, certains élus avaient mis en garde le patron du Quai d'Orsay. Alain Juppé avait par exemple estimé dimanche au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI que le ministre des Affaires étrangères devait voter UMP le 7 juin, compte tenu du principe fondamental» de «solidarité gouvernementale» qui incombe, selon lui, à chaque membre du gouvernement.

Soutien à Nicolas Sarkozy depuis deux ans

En route pour les Etats-Unis, Bernard Kouchner avait également publier lundi un premier communiqué dans lequel il rappellait son soutien à Nicolas Sarkozy depuis maintenant plus de deux ans, répondant ainsi indirectement à l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, qui juge que Bernard Kouchner est «pris au piège» et «dit n'importe quoi sur ce genre de choses», rappelant qu'en 1994, le ministre avait voté pour la liste Tapie alors qu'il figurait sur celle de Rocard.

Le ministre des Affaires étrangères affirme au contraire que «les propositions» du gouvernement «naturellement (l')inspireront». Samedi il s'en était pris à ses «amis de la gauche» en regrettant «qu'ils n'aient pas de réflexe d'unité nationale et qu'ils profitent de chaque occasion pour affirmer qu'avec eux, ce serait obligatoirement mieux. C'est le jeu politique réduit à l'élémentaire, presque enfantin et cela me navre».

/////////////////////////////////////////////////////////////////

Des professionnels du cinéma et de la musique "en colère" contre le PS


 
 
| Réagir
27.04.2009, 17h38
Quelque 180 organisations, artistes et professionnels du cinéma et de la musique ont demandé lundi dans une lettre ouverte à rencontrer Martine Aubry, estimant que le PS "tournait le dos au monde de la création" en combattant le texte contre le téléchargement illégal.
"Nous sommes atterrés par les positions défendues par le Parti socialiste et voulons exprimer publiquement notre colère", écrivent à la Première secrétaire du PS les signataires de ce texte à l'initiative de l'Association des Producteurs de Cinéma (APC) et l'UPFI (Union des producteurs de phonogrammes français indépendants).
"Nous avons le sentiment d?être les otages d?une bataille politique menée par les députés socialistes contre le projet de loi Création et internet", qui doit être soumis à nouveau aux députés mercredi après son rejet surprise le 9 avril, poursuivent ces professionnels.
L'humoriste Guy Bedos, les acteurs Jean Rochefort, Gérard Jugnot, Sarah Biasini ou Bruno Putzulu, des réalisateurs comme Coline Serreau, Philippe Lioret, Nadine Trintignant ou Jean-Paul Rappeneau font partie des signataires. On trouve aussi des producteurs indépendants de cinéma et de musique, des distributeurs, exploitants de salles, des techniciens, des agents artistiques et leurs organisations professionnelles.
Le "coup de théâtre" du 9 avril "pourrait engendrer de graves conséquences dans les relations entre le monde de la Culture et le Parti socialiste", affirment ces professionnels. "Cet acte a été accompli au mépris de la défense de la création, des droits d?auteur, de notre diversité culturelle", considèrent les signataires.
"Nous avons le sentiment que le PS, celui-là même qui était porteur de la loi Lang de juillet 1985 sur les droits d?auteur et les droits voisins, a décidé de tourner le dos au monde de la création et des industries culturelles", considèrent-ils.

////////////////////////////////////////////////

A Drancy, la préfecture considère que les Roms sont indésirables dans les cérémonies de commémoration du génocide nazi dimanche 26 avril 2009, par Ludo Le 22 avril 2009 à 7h du matin, la police nationale a procédé à Bobigny à l’expulsion de plus de 200 personnes qui occupaient l’ancienne gare de déportation de Drancy. Neuf caravanes qui tardaient à libérer le terrain ont été emmenées à la fourrière et leurs propriétaires physiquement empêchés de récupérer les affaires qu’elles contenaient (médicaments d’une personne sous dialyse, pièces d’identité, dossier médical d’une femme enceinte, argent…). Une ordonnance d’expulsion avait bien été rendue le 1er avril à la demande du propriétaire mais les personnes n’ont reçu ni signification de ce jugement par voie d’huissier, ni commandement de quitter les lieux. Les forces de l’ordre, le jour de l’expulsion, n’étaient d’ailleurs pas en mesure de présenter un document justifiant le cadre légal de leur intervention. Mais si l’on brûle les étapes de la procédure d’expulsion c’est pour une bonne cause, que la sous-préfecture de Bobigny met en avant sans complexe : une cérémonie de commémoration est organisée sur les lieux dans le cadre de la journée nationale de la déportation le samedi 25 avril. La mémoire de la déportation concerne aussi les Roms qui ont connu pendant la période nazie la déportation et le génocide, en France l’internement Associations signataires : Médecins du Monde, MRAP 93, CIMADE, Hors la rue, Echanges, Association de Solidarité avec les Familles Roumaines

////////////////////////////////////////////////////

Besson s'attaque à la «jungle» de Calais

REPORTAGE

Le ministre de l'Immigration Eric Besson, en visite ce jeudi à Calais, a confirmé son intention de fermer «avant la fin de l'année» le campement de fortune qui accueille nombre de migrants.

Dans la zone industrielle des dunes, près du port, entre les grands parkings et les usines, survivent dans des campements de fortune des centaines de migrants sur un espace sablonneux et boisé. C’est «la jungle», comme l’appellent les migrants. Le ministre de l’Immigration est là pour présenter un train de mesures pour Calais.

D’abord, une usine, Tioxide, spécialisée dans le traitement des éfluents. Huit patrons s’installent autour d’une table. Eric Besson veut « écouter » ces entrepreneurs qui se plaignent de l’entrave au développement économique que constituerait la présence des migrants. Tour de table. «Des intrusions », des « comportements agressifs », des branchements dans « les armoires électriques » pour recharger les téléphones portables, les risques que prennent les migrants en se planquant sous les camions pour gagner la Grande-Bretagne, dit le premier. « Les rixes », « le personnel qui a peur », ajoute un autre. « Après tout, on est chez nous », finit par dire un patron exalté. « On est tous en train de perdre nos entreprises. »

L’un d’eux, Guy Portal, invite le ministre à venir voir son entreprise d’autocars. Le ministre accepte le détour imprévu. Deux cent mètres plus loin, on découvre le vaste parking, une clôture et un camp de fortune au-delà. Des hommes, jeunes, se dressent à l’arrivée de l’attroupement. Le ministre ne leur prête pas attention. Les journalistes si. Caméras et appareils photos, « on se croirait à un safari », soupire un photographe. En arrière, le patron raconte qu’on lui pique de l’eau. Et puis, « quelle image ça donne ».

Une image, un poids économique et des contraintes que la ville de Calais ne peut plus supporter explique en substance la maire de Calais, Nathalie Bouchart. « Plutôt que de fermer ces entreprises, nous démantelerons la jungle », lui a répondu le ministre lors d’un discours à la mairie de la ville. Voilà l’objet de cette visite. Plus de six ans après la fermeture de Sangatte, par Nicolas Sarkozy, Eric Besson, veut vider la « jungle », sans créer un « mini-Sangatte ». Comment? « J’ai demandé un plan pour que cela soit fait d’ici fin 2009. » Le ministre avance que les passeurs y font régner « la loi de la jungle », martèle-t-il. Pour les associations « cela ne fera que déplacer le problème ».

Par ailleurs, des discussions avec les Britanniques doivent débuter «dans les semaines qui viennent. » « Nos amis britanniques doivent prendre une part dans le contrôle de leur frontière avec l’espace Schengen. »

Devant la mairie où le ministre doit faire son allocution, quelques manifestants. Suzanne, militante à l’association Salam s’interroge: « Mes chiens sont mieux traités que ces jeunes migrants. Qu’est-ce qu’on en fait? » Elle rit, amère. « Ca fait six ans que je répète la même chose. Quand ils ont fermé Sangatte, il y avait peut-être 200 migrants. Maintenant, ils sont 800. Ca n’a strictement rien changé. »

Pour remédier à la situation humanitaire désastreuse, le ministre a prévu un plan en six points pour Calais. « Un point de recueil des demandes d’asile à la sous-préfecture, une agence pour suivre les droits des migrants, un point de distribution des repas mieux adapté, une permanence d’accès aux soins, un point sanitaire et un nouveau point d’accueil de jour. » « Des avancées hummanitaires réelles », estime Jean-Claude Lenoir, cofondateur de l’association humanitaire Salam.

Et les 200 personnes arrêtées puis relâchées, c’était pour quoi? « Signifier aux passeurs qu’ils ne font pas ce qu’ils veulent », dit le ministre. « Complètement inutile », répond Suzanne. « De la dissuasion » déclare le patron de la police aux frontières, présent aux côtés de Besson. « Ce n’est pas parce que ce n’est pas suffisant qu’il ne faut rien faire. Nous devons remettre de l’ordre.» Une opération intervenue le jour-même de la présentation par Nicolas Sarkozy de ses projets sur la sécurité.

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

200 clandestins arrêtés avant la visite ministérielle

A deux jours de la venue du ministre de l’Immigration à Calais, la police a interpellé hier de nombreux migrants. Enquête sur ces clandestins qui rêvent de l’eldorado anglais.


 
 
| Réagir
Pascale Égré | 22.04.2009, 07h00

Des campements de fortune cernés par des centaines d’uniformes. Près de deux cents migrants interpellés et placés en garde à vue. Plusieurs opérations coups de poing ont été menées hier à Calais (Pas-de-Calais) et sur des aires d’autoroute de la région, où affluent en permanence des centaines d’exilés qui cherchent à passer en Grande-Bretagne. Conduites sur réquisition judiciaire, mais à l’avant-veille d’une visite du ministre de l’Immigration sur place, ces vagues d’arrestations ont suscité une volée de critiques. « Un coup de communication qui ne répond pas au besoin de protection de ces gens, dont la plupart viennent d’Afghanistan et d’Irak », jauge Pierre Henry, de France Terre d’asile. « Est-ce courir après les passeurs que de rafler ces réfugiés qui dormaient ? » interroge l’abbé Boutoile, du collectif calaisien C’Sur.

« La guerre aux passeurs »

« Il fallait réaffirmer, face à la dégradation de la situation, que force doit rester à la loi ! » rétorque Eric Besson, qui se défend de toute corrélation avec sa visite. Le ministre, qui a fait du dossier « Calais » une priorité, doit annoncer demain une première série de mesures. « Rétablir l’Etat de droit dans cette ville, là est la question de fond, que ce soit deux jours avant ou trois après ma venue », insiste le ministre, pour qui l’objectif est d’engager « la guerre aux passeurs ». « Ce type d’opération est nécessaire. Notre ville est prise en otage ! Il y a en ce moment huit cents migrants à Calais », souligne la maire (UMP) de la ville, Natacha Bouchart, qui s’emporte contre les Britanniques, non signataires des accords de Schengen, et dont les conditions d’accueil pour les étrangers, estime-t-elle, demeurent « trop attrayantes ».
Depuis la fin des années 1990, à l’unisson de l’Union européenne, la Grande-Bretagne a pourtant fermé ses portes de façon drastique : enfermement illimité des demandeurs d’asile dans des centres de rétention prisons, établissement de contrôles d’identité pour les étrangers et expulsions massives… Dans les réseaux qui leur font franchir les frontières, et qui vendent désormais le mirage des pays scandinaves, le bouche-à-oreille l’a depuis longtemps diffusé : hormis pour quelques « chanceux », l’eldorado anglais n’est plus le rêve espéré. Auparavant transitoire, le passage par Paris s’inscrit de plus en plus dans le temps. Ainsi de ce jeune Afghan, tué le 5 avril dernier square Villemin, en France depuis plusieurs mois. Et ceux qui parviennent encore à traverser la Manche n’ont désormais pour seule issue, lorsqu’ils s’extirpent des camions, que de se fondre dans la clandestinité.


Le Parisien

////////////////////////////////////////////////

La police se déploie autour de Caterpillar

Des salariés ont campé devant le site d'Echirolles, cette nuit. Neuf employés sont convoqués ce jeudi par la justice pour «entrave à la liberté de travailler».

156 réactions

Des policiers se sont déployés jeudi matin devant le site du constructeur américain d’engins de chantiers Caterpillar à Echirolles, près de Grenoble, devant lequel des salariés ont passé la nuit dans des tentes. Il s’agit d’une quinzaine de membres de la section d’intervention de la police de Grenoble, casqués et porteurs de matraque, déployés depuis 7 heures «afin de faciliter l’entrée de l’usine». Un feu a été allumé par la trentaine de salariés présents.

A 10 heures, une manifestation interprofessionnelle devait se tenir devant la préfecture de l’Isère en solidarité avec les entreprises du département touchées par des licenciements.

Neuf salariés, dont deux élus du comité d’entreprise, sont par ailleurs assignés jeudi à 14 heures devant le tribunal de grande instance (TGI) de Grenoble pour «entrave à la liberté de travailler». «Les accès aux entreprises ont été à plusieurs reprises entravés. Il s’agit de faire respecter le droit des salariés à aller travailler», a expliqué la direction, après avoir déposé mercredi un référé devant le TGI de Grenoble.

L’intersyndicale, dans un communiqué, a déploré pour sa part cette décision qui «relève d’une politique patronale d’un autre âge», soulignant «l’attitude arrogante» de la direction du groupe.

Mardi dernier, la direction avait accepté de réduire le nombre de suppressions d’emplois de 733 postes à 600 et d’augmenter l’enveloppe globale du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE, plan social) de 48,5 millions d’euros à 50 millions d’euros, «sous conditions». Ces conditions portaient notamment sur l’organisation et l’aménagement du temps de travail.

(Source AFP)

////////////////////////////////////////////////


Claude Allègre: « Il faut dire non à la Turquie »
 
 

Propos recueillis par Dominique de Montvalon | 12.04.2009, 07h00


Ancien Ministre de l’Education nationale et de la Recherche dans le gouvernement Jospin, Claude Allègre figure parmi les noms les plus cités pour entrer au gouvernement si Nicolas Sarkozy décide, avant ou après les européennes, de le remanier.

Juste après l’élection de Nicolas Sarkozy, vous aviez décliné sa proposition d’entrer au gouvernement. Et s’il vous le proposait de nouveau ?
Claude Allègre. Dans le cas où il me le proposerait, permettez-moi de lui réserver ma réponse.


La sortie de la crise, c’est pour 2010, 2011, 2012 ?
La sortie de la crise sera, pour une bonne partie des Français, beaucoup plus rapide que ne le disent tous les Cassandre. Cela commencera fin 2009, début 2010…

Pourquoi cet optimisme ?
D’abord, la situation en France, avant qu’éclate la crise, était incomparablement meilleure qu’aux Etats-Unis. Il y a aujourd’hui deux secteurs qui souffrent énormément car ce sont deux secteurs où les Français utilisent à plein leur épargne : le logement et la voiture. Les sous-traitants de ces deux secteurs prennent donc la crise de plein fouet. En plus, côté automobile, la crise écologique se surajoute à la crise financière. Seconde observation : la situation des banques françaises, sans être parfaite, était, avant la crise, moins mauvaise que celle des banques américaines. Troisième donnée : la France a une quantité énorme de fonctionnaires trop car, en période de croissance, cela ralentit le dynamisme économique mais, paradoxalement, cela permet, dans les circonstances actuelles, d’amortir la crise. Enfin, les Français en dehors du logement et de l’automobile sont beaucoup moins endettés que les Américains. Ils vivent relativement peu à crédit. Et puis le plan de relance française qui a privilégié, à juste titre, l’investissement est bien ciblé. Atout paradoxal mais atout supplémentaire par rapport à l’Allemagne : le déficit de notre commerce extérieur nous rend beaucoup moins dépendants de ce qui se passe à l’extérieur.

Vous êtes géophysicien. Après le séisme qui vient de meurtrir l’Italie, pensez-vous que la France courre, elle aussi, des dangers ?
Il y a deux régions sismiques en France : les Antilles et la Provence. Mais il faut relativiser. En chiffres ronds, en trois siècles : 30 morts en France, 3 000 en Italie.

Comprenez-vous que Ségolène Royal ait demandé pardon aux Africains pour le discours controversé que Nicolas Sarkozy avait prononcé à Dakar en 2007 ?
C’est scandaleux. Sous quelque gouvernement que ce soit, je considère qu’il y a une solidarité nationale. Non seulement elle n’avait donc pas à s’excuser, mais de quel droit parle-t-elle au nom de la France ?

Vous réjouissiez-vous du début de rapprochement entre la France et la Chine ?
Evidemment !… D’autant que, moi qui ai été responsable de l’exploration géologique Himalaya-Tibet entre 1980 et 1982 et qui connais bien le Tibet de l’intérieur, je sais la vérité du Tibet : un territoire sans écoles, sans scientifiques et soumis à la dictature d’une religion puissamment rétrograde. Mais, bien sûr, il faudra dans le futur lui donner une certaine autonomie.

Il est donc important que la France retrouve le chemin de la Chine ?
Ce n’est pas important : c’est indispensable.

Peut-on sérieusement parler, à propos de la réunion du G 20 à Londres, d’un « succès » ?
Oui. C’est même un immense succès. C’est la première fois que les grandes puissances de la planète décident de réagir ensemble, au lieu de jouer le chacun pour soi. Bien sûr, tout n’est pas réglé, mais ce qui s’est passé est inespéré. Nicolas Sarkozy a su imposer à Bush ce sommet alors que les Etats-Unis ne rêvaient que de continuer à régler seuls les affaires du monde. On lui doit ce G 20. C’est un sujet de fierté pour la France et l’Europe.
 
Y a-t-il un risque que les examens universitaires ne puissent avoir lieu du fait de la persistance et de l’ampleur du mouvement de fronde dans les facs ?
Il y a un problème sérieux, en effet. Les présidents d’université doivent examiner cette question avec beaucoup de soin. Parce que beaucoup d’étudiants ne sont pour rien dans tout cela, et veulent valider leur année. N’oublions pas non plus les étudiants étrangers venus étudier en France. D’un autre côté, il est exclu de brader les examens. C’est donc un problème très délicat mais puisqu’on a une loi d’autonomie des universités, faisons confiance à chaque université pour régler ce dossier au mieux, donc au cas par cas. Les agitateurs sont aujourd’hui une minorité mais les conséquences de ce mouvement qui a trop duré sont, hélas, de grande ampleur.

Le PS n’est-il pas en train de se laisser déborder par l’extrême gauche ?
Martine Aubry fait ce qu’elle peut, et le PS va mieux sous Martine Aubry qu’il n’a été depuis longtemps. Cela étant, tant que le PS restera dans l’opposition systématique, il sera dans l’impasse. Aujourd’hui, je le trouve très divisé et sans idées, et je ne m’en réjouis pas car un pays a toujours besoin d’une opposition forte.

Est-on trop sévère avec Martine Aubry en parlant à son propos de « gauche archéo » ?
Il faut arrêter de tirer sur les gens qui, comme elle, travaillent et se donnent du mal ! Je ne sais pas si elle réussira. La vraie question qu’il faut se poser est la suivante : le PS est toujours dans la configuration imaginée par François Mitterrand en 1971 à Epinay ; est-ce que cela n’a pas fait son temps ? Ne doit-il pas changer de logiciel ? En tout cas, personne ne bâtira une grande formation de gauche uniquement sur l’antisarkosysme. Mitterrand avait réussi à créer une formation qui n’était pas seulement une alternative au gaullisme, mais a su proposer des pistes.

Faut-il dire non à l’adhésion de la Turquie à l’Europe ?
Je suis opposant de toujours à cette adhésion. Et je vais vous faire une confidence : quand j’étais ministre, j’ai eu à ce sujet une altercation assez vive avec le Premier ministre de l’époque (NDLR : Lionel Jospin) en plein conseil interministériel. Le ministre des Affaires étrangères (NDLR : Hubert Védrine), même s’il a par la suite appliqué la politique du gouvernement, partageait alors mon point de vue.

Il faut donc, aujourd’hui, résister aux Américains ?
Bien sûr !… C’est pour pouvoir être totalement libre vis-à-vis d’eux que Nicolas Sarkozy, comme il l’a dit, a fait rentrer la France dans le commandement militaire intégré de l’Otan. Vous imaginez Sarkozy dépendant ?