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Affaire de l’accident de scooter: Jean Sarkozy est relaxé

Jean Sarkozy, soupçonné d'avoir provoqué un accident à scooter, vient d’être relaxé. L’automobiliste, partie civile dans le procès, a dû verser 2000 euros pour «procédure abusive».

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Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters).

Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters). (REUTERS)

Accusé d'avoir percuté un automobiliste alors qu'il roulait à scooter, le fils cadet du président de la République et conseiller général des Hauts-de-Seine (UMP), Jean Sarkozy, a été relaxé ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris.

Les magistrats ont déclaré «Jean Sarkozy non coupable des faits qui lui sont reprochés» et condamné l’automobiliste, partie civile dans le procès, à lui verser 2.000 euros pour «procédure abusive».

Depuis trois ans, M’Hamed Bellouti, 37 ans, accuse Jean Sarkozy d’avoir percuté l’arrière de sa BMW avec son scooter le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, puis d’avoir pris la fuite.

Lors de l’audience du 25 juin, M’Hamed Bellouti et son passager avaient raconté avoir relevé le numéro du deux-roues à l’aide d’un téléphone portable, tout en reconnaissant ne pas avoir été en mesure de reconnaître son conducteur, «un jeune», «imberbe», coiffé d’un casque.

Après plusieurs tentatives vaines de son assureur pour obtenir de la partie fautive le paiement des réparations, l’automobiliste avait finalement décidé de porter plainte, en février 2006. C’est seulement alors qu’il aurait découvert l’identité du propriétaire du scooter.

Deux expertises et un procès plus tard, la justice a finalement donné raison à Jean Sarkozy. Les deux expertises concluaient qu’au vu des dégâts constatés sur les deux véhicules, le choc n’avait pu avoir lieu, du moins tel que décrit par l’automobiliste.

Source AFP

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Rebonds
Pour des «Cahiers» de plaisir et de combat
Rédacteurs actuels : Pierre Alferi, Hervé Aubron, Christophe Beney, Stéphane Bouquet, Nicole Brenez, Jean Douchet, Charlotte Garson, Laurence Giavarini, Gilles Grand, Bill Krohn, Ludovic Lamant, Elisabeth Lequeret, Arnaud Macé, Philippe Mangeot, Thierry Méranger, Cyril Neyrat, Jean-Pierre Rehm, Eugenio Renzi, Antoine Thirion, Axel Zeppenfeld. Rédacteurs anciens : Cédric Anger, Jacques Aumont, François Bégaudeau, Jacques Bontemps, Claude Chabrol, Marc Chevrie, Jean-Louis Comolli, Sylvain Coumoul, Michel Delahaye, Bernard Eisenschitz, Jean-Paul Fargier, Jean-André Fieschi, Pascal Kané, André S. Labarthe, Jean-Louis Leutrat, Suzanne Liandrat-Guigues, Luc Moullet, Jean Narboni, Sylvie Pierre, Jacques Rancière, Fabrice Revault (d’Allonnes), Jean Louis Schefer, Barbet Schroeder, Louis Skorecki, Xavier Tresvaux, Dominique Villain.
QUOTIDIEN : jeudi 17 juillet 2008

Nous sommes des rédacteurs actuels et anciens des Cahiers du cinéma. Nous avons fait les Cahiers hier et nous les faisons aujourd’hui. Nous sommes critiques de cinéma. Nous sommes aussi cinéastes, scénaristes, journalistes, enseignants, philosophes, écrivains… Nous incarnons l’unité et la diversité des Cahiers. Nous sommes attachés à leur passé et nous croyons en leur avenir. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre la parole, au moment crucial où ils sont mis en vente par Le Monde et doivent se réinventer.

Les Cahiers doivent prendre la mesure des nouveaux enjeux du cinéma. A l’heure de la révolution numérique - où c’est le mode même de production, de réalisation et de diffusion qui se trouve bouleversé -, les films ne se font plus et ne sont plus vus de la même manière. Le cinéma n’est d’ailleurs plus seulement dans les films, et il n’est plus seulement dans les salles. S’ils veulent retrouver l’impulsion combative de leurs débuts et se porter à la pointe de ce qu’est aujourd’hui le cinéma, les Cahiers doivent donc accomplir une révolution à la fois éditoriale et économique. Thierry Lounas et Emmanuel Burdeau (actuel rédacteur en chef) ont élaboré un projet de reprise et de relance pour les Cahiers. Leur initiative, soutenue par la majeure partie de la rédaction, est logique, en cela qu’elle émane de la revue et procède d’une longue réflexion sur son histoire et sur sa mission. C’est un projet éditorial, mais c’est aussi un projet d’entreprise. Indissociablement.

Il est clair en effet que les nouveaux enjeux critiques sont inséparables de nouvelles pistes de développement.

Les Cahiers doivent rester ce qu’ils furent toujours, d’abord et avant tout : une revue mensuelle d’actualité et de pensée du cinéma, accompagnant ses aventures, ses promesses et ses risques, vendue en kiosque et attachée à l’éthique du «bien dire» et du «bien décrire».

Mais s’ils veulent élargir leur champ aux supports et aux lieux qui accueillent et transforment le cinéma - DVD, séries télé, art contemporain, littérature, Internet… -, les Cahiers doivent eux-mêmes se diversifier et développer une complémentarité nouvelle entre une revue, un site Internet et un éditeur liés par une vision et des objectifs communs.

S’ils veulent rendre compte de la manière dont Internet modifie en même temps les outils du cinéma et ceux de la critique, la fabrication et la réception des films, ils doivent mettre en ligne des productions sonores et visuelles spécifiques, mais aussi développer sur leur site de nouvelles approches critiques et journalistiques (chroniques en direct, analyses d’images en mouvement, journaux tenus par un cinéaste ou un chef opérateur…).

S’ils veulent jouer un rôle réellement militant à l’égard des films qu’ils défendent - dont beaucoup trouvent de moins en moins accès aux salles -, ils doivent acquérir un nouveau métier et devenir un acteur à part entière de la diffusion, sur Internet, en DVD et en salle.

S’ils veulent affirmer et surtout transmettre leur histoire - et celle du cinéma - à une nouvelle génération de spectateurs, ils doivent valoriser le trésor de leurs archives numériques en France et à l’étranger, éditer des ouvrages anthologiques et publier un dictionnaire du cinéma qui fasse référence.

S’ils veulent étendre leur rayonnement international et en faire bénéficier leurs lecteurs, ils doivent développer leurs éditions en langue étrangère et nouer des collaborations avec des revues du monde entier afin d’écrire - sur le papier et en ligne, en articles et en images - la carte de demain, celle d’un cinéma à nouveau «voyagé».

Le projet de Thierry Lounas et Emmanuel Burdeau entend donc faire des Cahiers un objet unique, mais présent en plusieurs lieux et sur plusieurs supports avec la même force. Des Cahiers voués au plaisir et au combat critique, au cinéma en train de se faire, à ceux qui le font et aux nouvelles générations qui le découvrent. Des Cahiers directement impliqués dans les défis que pose l’évolution des modes d’accès aux œuvres, établissant un nouveau type de relations et d’échanges avec leurs lecteurs et abonnés.

Bref, des Cahiers contemporains, dans leurs moyens comme dans leurs buts, participant à leur manière à la réinvention du cinéma. Aujourd’hui, nous voulons dire que ce projet est également le nôtre


http://www.liberation.fr/rebonds/339528.FR.php
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Agnès b., cinéaste
LE MONDE | 23.05.08 | 12h43

'est en lisant, il y a une quinzaine d'années, un fait divers – un prévenu qui se suicide en s'enfonçant un coupe-papier dans le cœur dans le bureau d'un juge d'instruction, Quai des Orfèvres à Paris – qu'Agnès b. a eu envie d'écrire un scénario. Sur la culpabilité, l'inceste, la peur enfouie dans le cœur d'une enfant. "J'ai écrit l'histoire d'une traite, en deux jours, sur un petit bloc Rhodia. Le français, c'était ma "bonne matière" à l'école", dit-elle. Cela donnera Je m'appelle Hmmm..., son premier long métrage, qui devrait être tourné en mars 2009. Avec deux acteurs qu'elle chérit, Sylvie Testud et Jacques Bonnaffé.

"C'est un handicap d'être styliste de mode quand on veut faire un film. C'était déjà la même chose quand j'ai lancé une galerie d'art. Comme au début du siècle dernier, on n'invitait pas les actrices à sa table", s'amuse-t-elle. Agnès b., qui est redevenue Agnès Troublé – son nom de jeune fille – pour signer ce film, connaît bien caméras et cinéma. Elle a longtemps filmé ses collections en guise de défilé projeté sur grand écran. Et a créé une société de production, Love Streams Productions, en 1997. En s'en tenant à des choix esthétiques qui mêlent arts plastiques et cinéma, elle y produit des films de Gaspard Noé, du musicien et cinéaste F. G. Ossang, du photographe Emmanuel Bovet ou d'Harmony Korine, son partenaire dans le collectif pour une nouvelle génération d'artistes, O'Salvation, basé à Londres et à Nashville (Tennessee, Etats-Unis). Agnès b. distribue aussi l'œuvre cinématographique de Guy Debord dans le monde entier.

PETIT VERRE DE VODKA

Mécène de multiples causes humanitaires, écologiques ou artistiques, elle a longtemps donné, de manière discrète, un petit coup de pouce financier pour permettre à un film de voir le jour. Celle qui souhaite créer sa propre fondation de mécénat adopte désormais une politique un peu différente. Et cite volontiers le conseil que lui a donné Marin Karmitz quand elle s'est lancée dans la production : "Ne fais jamais de films avec ton argent." "Pour produire, on cherche des partenaires avec qui on ne parle pas que business, mais des gens qui défendent des projets courageux", explique-t-elle.

Pour son propre film ou pour celui de sa fille Ariane Michel – Les Hommes –, Agnès b. jugeait hors de propos de les financer à compte d'auteur. Avant de passer devant le jury du Centre national de la cinématographie pour obtenir les aides au développement de son scénario, elle confesse avoir pris un petit verre de vodka à midi pour se donner du cœur à l'ouvrage. "J'ai obtenu cette aide, ce qui m'a énormément encouragée."

Nicole Vulser

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Les films de la quinzaine
Courts doubles
Le Genou d'Artémide. Photo: DR
Encore. Deux films de Straub et Huillet.
OLIVIER SÉGURET
QUOTIDIEN : mardi 20 mai 2008
Quinzaine des réalisateurs Le Genou d’Artémide de Jean-Marie Straub, 26 mn. Itinéraire de Jean Bricard de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, 40 mn.

La manie des «séances spéciales» n’est pas l’exclusivité de la Sélection officielle, qui y range un peu n’importe comment ses objets les plus insaissable. La Quinzaine s’y adonne aussi, qui proposait hier une séance encore plus «spéciale» que les autres, puisqu’elle présentait à la fois le dernier film cosigné par Jean-Marie Straub et la défunte Danièle Huillet et le premier que Straub signe seul depuis cette inconsolable disparition. C’est d’ailleurs à la cinéaste disparue qu’Olivier Père, sélectionneur en chef de la manifestation, a tenu a dédier l’ensemble de la Quinzaine cette année.

Théâtres antiques. Curiosité encore inexplicable, le Genou d’Artémide, court métrage (en) italien qui ressemble tant à leurs derniers films communs, est signé de Straub seul et le documentaire Itinéraire de Jean Bricard, tourné en France par Straub, est doublement signé.

Ce Genou prolonge en effet les dispositifs typiques du cinéma des Straub de ces dernières années, notamment Ces Rencontres avec eux et Ouvriers, paysans. Adapté du texte la Bête sauvage, lui-même extrait des Dialogues avec Leuco, de Cesare Pavese, le film est l’occasion de redresser une nouvelle fois les tréteaux du petit Teatro communale de Buti, troupe provinciale d’acteurs italiens improprement qualifiée d’amateurs. Ce théâtre est déterritorialisé : les sous-bois font office de scène comme les grands arbres de cintres, ce qui se révèle éminemment propice à faire flotter un esprit fidèle à celui des théâtres antiques, construits eux aussi en plein air et souvent cernés de nature. Le film est d’ailleurs l’enregistrement d’une scène répondant aux règles des dialogues classiques : deux étrangers s’apostrophent sur le chemin du mont Latmos, échangeant une leçon réciproque de vie, de sagesse et d’amour. Notons à ce propos que si le cinéma de Straub reste toujours aussi chaste à l’image, la langue est ici le réceptacle et le vecteur d’une haute incarnation sexuelle, sans doute unique dans sa filmographie. Il faut dire que la créature évoquée par le dialogue est des plus troublantes…

Envoûtante. Avec Itinéraire de Jean Bricard, aussi mouvant que le précédent est statique, on change à la fois de registre (c’est un document), d’image (on passe au noir et blanc) et de pays (la France, et plus précisément la Loire, au fil de laquelle on ne cessera de glisser). Une voix off nous parle de la vie sur l’île Coton, bande de terre sableuse typique de celles qui émaillent le fleuve dans son cours le plus large et qui ont connu une activité humaine importante avant leur abandon progressif. C’est une évocation extrêmement sobre, ténue, et par là même envoûtante, un morceau de temps passé filmé au présent.

Des travellings intemporels tracent la topographie du paysage comme un trait de cadastre enfin poétique. Ce petit bout du monde a un goût d’infini : on sort de là en se disant que cette île Coton, dont on n’avait jamais entendu parler, on la connaît désormais dans notre chair. Il n’y a pas cinquante manières de le dire : c’est très beau. Et c’est un sacré cadeau.


http://www.liberation.fr/culture/cinema/festival_cannes_2008/les_films_quinzaine/327124.FR.php
© Libération

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Agnès B.

Productrice

Vous êtes à Cannes avec votre société Love Streams. Qui la dirige ?
Moi, en étroite collaboration avec Charles-Marie Anthonioz et François-Xavier Sanz. Nous sommes tous trois producteurs.

Quels sont vos projets ?
On souhaite produire les prochains F.J. Ossang et Eva Ionesco, et on devrait soutenir le prochain Patrice Chéreau. Il y a aussi le film que je vais réaliser, Je m’appelle hmm… Le tournage est prévu pour mars 2009. J’ai déjà fait les repérages. Jacques Bonnafé, Sylvie Testud et le philosophe italien Toni Negri, qui tient son propre rôle, font partie de l’aventure. Jonas Mekas et Harmony Korine, des amis très proches, tourneront deux scènes avec moi. Une autre sera tournée avec Gaspar Noé. Je trouvais intéressant, en tant que novice, de leur demander de bien vouloir mêler leur caméra à la mienne.

Ca fait longtemps que vous avec ce projet en tête ?
Ca fait 15 ans et je viens de le fignoler avec Jean-Pol Fargeau, le scénariste de Claire Denis, qui a écrit de nombreuses pièces. J’ai reçu l’aide à l’écriture du CNC, ce qui m’a vraiment encouragée, et nous cherchons de l’argent et des partenaires financiers.

Beaucoup d’acteurs à Cannes sont en contrat avec des marques qui les habillent…
On ne procède pas vraiment de cette manière : on prête ou on donne des vêtements, ça se sait ou pas. J’adore faire mon travail, le reste de nos activités, c’est plutôt le reste de ma vie. L’année dernière, j’avais fait un “western tuxedo” pour Jarmusch, je lui avais envoyé le dessin à New York. J’ai aussi fait deux costumes pour Gilles Jacob et Thierry Frémaux.

Propos recueillis par A.-L. B.

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Pour l’avenir des « Cahiers du cinéma »

Dans une tribune publiée par Libération le jeudi 24 avril, « Les Amis des Cahiers du cinéma » ont marqué leur attachement à la préservation de l'identité des Cahiers du cinéma, après l'annonce brutale de leur mise en vente par Le Monde. Comme l'ensemble de la presse, les Cahiers se trouvent aujourd'hui à un tournant de leur histoire. C'est un moment délicat, mais qui peut être porteur de promesse et de renouveau. Dans toutes leurs composantes, revue, éditions, photothèque, site Internet, les Editions de l’Etoile / Cahiers du cinéma doivent demeurer un acteur central de la vie culturelle française.
 
Nous partageons à cet égard une conviction : le meilleur moyen pour les Cahiers de garantir leur identité est de se tourner vers l'avenir. Ils doivent aujourd’hui être en mesure d'affronter de nouveaux enjeux critiques. Le cinéma, en effet, n'est plus le même qu'à l'heure de leur création. Autrefois dernier né des arts, il est aujourd'hui l’un des premiers. Il ne cesse de stimuler la littérature, l'art contemporain, la musique, la fiction télévisuelle, Internet... Sa diffusion ne se limite plus à la salle obscure : les films sont sur DVD, sur les sites web, dans les livres, au musée....
 
Autant dire que le cinéma nous concerne désormais tous au premier chef : artistes, philosophes, écrivains, cinéastes, critiques, acteurs, directeurs de festivals…

Les mutations de l’époque rendent les Cahiers plus indispensables que jamais, en réclamant l'invention d'un type d'intervention critique apte à répondre à la nouvelle place du cinéma dans le concert des arts et des images. Si le cinéma est désormais au centre, les Cahiers peuvent l'être également, puisqu'ils sont présents sur le papier et sur Internet, et que leur aura demeure un atout majeur. Seront-ils alors contraints d'oublier leur histoire ou de dévoyer leur identité ? Nullement. Ils garderont au contraire intactes la vigueur et la nécessité de leurs débuts, lorsqu'André Bazin et la jeune garde des futurs cinéastes de la Nouvelle Vague se tournèrent vers ce qu'il y a d'impur dans le cinéma ou lorsque, quelques années plus tard, la revue s'ouvrit aux sciences humaines et à la philosophie. C'est, à plus large échelle encore, un moment similaire que nous traversons aujourd'hui.
 
Emmanuel Burdeau et Thierry Lounas, respectivement rédacteur en chef et membre du comité de rédaction, ont fait part de leur volonté de relever ces défis en élaborant un nouveau projet éditorial et économique pour les Cahiers. Ce projet a la confiance de la rédaction et du conseil éditorial. Il entend assurer la pérennité de l'entreprise dans toutes ses composantes, tout en l'adaptant aux enjeux présents et futurs. Une telle décision nous semble à la fois naturelle et réjouissante. Elle ouvre la perspective de Cahiers renouvelés et fidèles à eux-mêmes.
 
Au nom de l'avenir des Cahiers du cinéma, nous assurons ce projet de notre soutien et de notre confiance.

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A Argenteuil, Rama Yade justifie l'emploi de répulsifs contre les SDF
NOUVELOBS.COM | 28.02.2008 | 11:45
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"Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens", a déclaré mardi la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, venue soutenir le maire UMP sortant, Georges Mothron.

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme (Reuters)

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme (Reuters)
Venue soutenir, mardi à Argenteuil, le maire UMP sortant Georges Mothron, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, a estimé qu'il fallait "essayer des choses" en réponse à une question sur l'usage, par la municipalité UMP, d'un répulsif pour chasser les sans-abris. C'est ce que révèle Le Parisien, jeudi 28 février.
"Il faut tout tenter dans une ville", a déclaré Rama Yade. "Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens", a-t-elle poursuivi, selon le quotidien.
En août dernier, le maire d'Argenteuil, Georges Mothron, avait suscité une vive polémique pour avoir autoriser l'usage d'un répulsif nauséabond, le Malodore, afin de chasser les SDF du centre-ville. Il avait finalement fait machine arrière face au tollé provoqué par cette mesure, y compris au sein de la majorité.

"Les hommes ne se traitent pas comme des rats"

A la veille du déplacement de Rama Yade à Argenteuil, Philippe Doucet, candidat PS à la mairie, avait annoncé, dans un communiqué, que son équipe et lui-même espèraient vivement « qu'en tant que Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères chargée des Droits de l'Homme, elle (Rama Yade) profitera de sa visite pour expliquer à Georges Mothron, Philippe Métezeau et à la droite locale que les hommes ne se traitent pas comme des rats, avec des produits toxiques. Les Droits de l'Homme, ce n'est pas qu'à l'étranger qu'il faut se battre pour, c'est aussi dans notre pays au quotidien qu'il faut dénoncer et traquer les actes et comportements d'un autre âge. » Avant de conclure, « Rama Yade (…) ne doit pas oublier les mauvais comportements de ses amis politiques. »

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Elections Municipales 2008
Rama Yade accuse la gauche de s’en prendre à elle «parce qu’(elle est) noire»

Rama Yade accuse la gauche «qui dit défendre les modestes (...) et les immigrés» de l'attaquer pour sa couleur de peau (Reuters).
Le candidat PS de Colombes (Hauts-de-Seine), Philippe Sarre, adversaire de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, dénonce les déclarations de la numéro 3 de la liste UMP.
LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)
LIBERATION.FR : mardi 19 février 2008
ncore des propos de Rama Yade qui font parler. Lors d’une réunion publique, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, présente sur la liste UMP à Colombes (Hauts-de-Seine), évoque «cette gauche (...) qui s'en prend à moi parce que je suis noire». Des propos dénoncés par le candidat PS Philippe Sarre.
Lors de cette réunion tenue samedi à Colombes, dont des extraits sont visibles sur le site internet du Parisien, Rama Yade raconte sa version de sa visite improvisée en septembre dernier à des squatteurs qui avaient monté un campement en plein air à Aubervilliers et qui en avaient expulsés après que le maire a obtenu de la justice qu'ils soient délogés. Cette démarche lui avait valu un rappel à l'ordre du Premier ministre François Fillon.

«Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça était un maire communiste», explique la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme. «Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire», ajoute Rama Yade.

Philippe Sarre dénonce des propos d'une «rare violence» et «trouve désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens». «Il m'a par ailleurs été rapporté par des personnes présentes à cette réunion que Mme Yade s'était plainte du fait que la gauche à Colombes mettait en cause la validité de ses diplômes parce qu'elle était noire et que la gauche n'aimait pas que les noirs réussissent», ajoute encore Philippe Sarre, dans un communiqué.

Et le candidat PS de conclure : «En l'absence d'excuses publiques, nous nous réservons la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants et souhaitons que chacun et chacune revienne à une attitude digne et responsable.»


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/municipales2008/actu/310977.FR.php
© Libération

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'Assedic vole au secours de Gérard Gaudron
NOUVELOBS.COM | 20.02.2008 | 16:14
139 réactions
Le député-maire UMP d'Aulnay-sous-Bois, qui a cumulé pendant plusieurs mois le chômage et ses indemnités de parlementaire, "n'est pas suspect de fraude aux yeux de l'assurance-chômage", a indiqué mercredi l'Assedic.


Gérard Gaudron (Sipa)

Le député-maire UMP d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Gérard Gaudron "n'est pas suspect de fraude aux yeux de l'assurance-chômage", a indiqué mercredi l'Assedic d'Aulnay-sous-Bois, dans un communiqué transmis par l'Unedic.
"Aux yeux de l'Assurance chômage, M. Gaudron n'est pas suspect de fraude et son cas a fait l'objet de l'établissement d'un 'trop perçu' qui donnera lieu à un remboursement des sommes concernées comme l'allocataire s'y est de lui-même engagé", a indiqué l'Assedic.
Elle rappelle que "le maire d'une commune de moins de 100.000 habitants (comme Aulnay-sous-Bois) peut cumuler son indemnité d'élu municipal avec une allocation chômage", ce qui est "en revanche interdit" pour un parlementaire.
Gérard Gaudron a été "élu en juin 2007 et celui-ci a signalé sa situation en septembre 2007", par un courrier à la direction départementale du travail, puis, à la demande de celle-ci, par un courrier à l'Assedic.
Selon l'Assedic, "il a renouvelé sa démarche auprès de l'Assedic dès novembre pour demander que son indemnisation cesse et pour rembourser les sommes perçues depuis son élection. Ce courrier n'a pas été immédiatement traité mais une demande de remboursement allait être adressée à M. Gaudron au moment où les faits ont été diffusés publiquement", indique l'Assedic.


"Divulgation condamnable"


De son côté, Gérard Gaudron, a dénoncé, mardi soir, une "manœuvre politique" destinée à le "salir", à trois semaines des élections.
Licencié de son entreprise en 2005, Gérard Gaudron reconnaît, comme l'écrit le Canard Enchaîné paru mercredi, toucher des allocations chômage d'environ 1.500 euros par mois depuis août 2005, avec une interruption en octobre 2007, mais il affirme avoir "fait les démarches nécessaires pour faire cesser les versements et rembourser ce qui (lui) avait été versé", sans effet.
Cette "divulgation condamnable" d'informations "ne peut être fortuite "à trois semaines d'élections municipales auxquelles je me présente" et "vise uniquement à me salir et déstabiliser les électrices et électeurs d'Aulnay-sous-Bois", écrit-il dans un communiqué, y voyant "une basse manœuvre politique".

"Je suis honnête"

"Ceux qui me connaissent ne douteront pas un instant de mon honnêteté", poursuit-il.
Le parlementaire affirme avoir écrit deux fois aux services concernés pour les informer de sa nouvelle situation de parlementaire (le 12 septembre 2007) et "demander les modalités de remboursement" du trop-perçu (26 novembre 2007), ce qu'attestent des copies de ces courriers transmises à l'AFP.
"Je ne suis ni un voyou ni quelqu'un qui profite du système. Je suis honnête. J'ai demandé de rembourser, je vais le faire", a encore déclaré Gérard Gaudron, qui a précisé avoir contacté mardi les Assedic en ce sens.
Gérard Gaudron, qui aura 58 ans en mai, est indemnisé par les Assedic après avoir accompli l'ensemble de sa carrière comme ingénieur hydrologue chez Géotherma, une société spécialisée dans l'installation de chauffages à énergies renouvelables et la géothermie. Il a été licencié dans le cadre d'un plan social en 2005.

12.500 euros brut par mois

Depuis qu'il est député de la 10ème circonscription de Seine-Saint-Denis, Gérard Gaudron cumule chaque mois ses indemnités de maire et de parlementaire et ses allocations chômage, soit au total "environ 12.500 euros brut", selon le calcul du Canard Enchaîné.
"Ses indemnités de maire et député n'excèdent pas 7.200 euros mensuels, conformément aux plafonds régissant le cumul des mandats de maire et député", a affirmé son entourage à l'AFP.
Le porte-parole de l'UMP a qualifié sur Europe 1 cette affaire de "choquante".
"Ca me semble choquant que quelqu'un qui est parlementaire et qui, par nature, a des indemnités, ne mette pas fin à ce qu'il perçoit de façon indue", a déclaré ce porte-parole.
"Je crois, a-t-il souligné, qu'il y a là une affaire à tirer au clair et que ça donne une assez mauvaise image des parlementaires". (avec AFP)

Villiers-le-Bel : un frère de l'un des jeunes morts en novembre a été interpellé
LEMONDE.FR | 18.02.08 | 16h42 • Mis à jour le 18.02.08 | 18h40


n facteur de tension supplémentaire s'est ajouté à Villiers-le-Bel, lundi 18 février en début d'après-midi, avec l'interpellation d'un frère de Larami Samoura, un des deux adolescents morts le 25 novembre 2007 lors d'une collision entre leur mini-moto et une voiture de police.
Les juges d'instruction ne l'avaient pas mis dans la liste des personnes visées par les arrestations du matin et, aux alentours de 12 h 30, soit six heures après l'opération à laquelle la police a procédée lundi, une trentaine de policiers, selon la famille, sont intervenus dans l'appartement familial provoquant de légers dégâts matériels.

"Mamadou n'était pas caché. On leur a demandé pourquoi ils l'arrêtaient, ils n'ont pas répondu", indique le père. La famille fait état d'une bousculade lors de cette arrestation, ayant notamment provoqué la chute d'un jeune enfant."Il y a en a marre maintenant. Ils m'ont déjà tué mon fils", a ajouté le père.

De source judiciaire, on confirme l'interpellation et le fait qu'elle se soit mal passée. Une machette aurait été levée en direction des policiers. Le parquet fait état de femmes "hystériques" dans l'appartement.

De même source, on indique que le jeune homme (22 ans) serait poursuivi pour le vol d'un véhicule ayant appartenu au commissaire qui avait été violemment frappé après l'accident des deux adolescents. Le véhicule avait été ensuite incendié. "On tiendra bien sûr compte du fait qu'il est le frère de Samoura Lamari", tempère Marie-Thérèse de Givry, procureur du parquet de Pontoise.

Des sources dans le quartier s'inquétaient, lundi en début d'après-midi, des conséquences de cette interpellation sur les jeunes. "Cela intervient lorsque la famille est en deuil. Ils savent que cela va faire monter la tension", notait Ali Soumaré, porte-parole des familles des victimes.

Dans Villiers-le-Bel, en début d'après-midi, de nombreux véhicules des forces de l'ordre continuaient de patrouiller.

Luc Bronner et Isabelle Mandraud

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La fille de Jean Zay se dit "écœurée" par les propos de Roger Karoutchi
NOUVELOBS.COM | 18.02.2008 | 13:27
Le secrétaire d'État UMP Roger Karoutchi avait comparé, samedi 16 février dans une réunion publique les "attaques" contre Nicolas Sarkozy [la publication du SMS de Nicolas Sarkozy à Cécilia Ciganer, NDLR] à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. Lire l'article.
Hélène Mouchard-Zay, la fille de Jean Zay lui répond.

"Fille de Jean Zay, née en 1940, je n’ai connu mon père que dans la prison de Riom où l’avait jeté le régime de Vichy jusqu’à son assassinat par des miliciens en 1944.
Un journaliste du Nouvel Observateur nous apprend que Roger Karoutchi « n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif mi protestant" cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. »
Et M. Karoutchi aurait même ajouté : "Ceci a contribué au fait qu’il soit assassiné. "
Je ne peux taire mon écœurement devant cette assimilation entre, d’un côté, les mises en cause du comportement politique de M. Sarkozy et, de l’autre, les attaques antisémites et les appels au meurtre dont Jean Zay fut la cible dès les années 30 et qui, se poursuivant sous Vichy alors qu’il était emprisonné, le désignèrent aux coups de ses assassins.
Que M. Karoutchi s’abandonne à un total confusionnisme politique et historique, c’est son affaire, et chacun pourra en penser ce qu’il voudra. Mais je refuse à ce Monsieur le droit d’instrumentaliser l’histoire tragique et la mémoire de mon père.

Hélène Mouchard-Zay"

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Roger Karoutchi et "le fascisme rampant"
NOUVELOBS.COM | 17.02.2008 | 15:52
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Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay, "mi juif, mi protestant", cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. Il dénonce aussi l'appel du 14 février "pour une vigilance républicaine".

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine (Sipa)

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine (Sipa)
Dans la défense du soldat Sarkozy malmené dans les sondages, ses partisans osent tous les rapprochements avec les pires périodes de l'histoire française. Tant lorsqu'il s'agit de dénoncer les "agissements" de la presse que ceux des politiques. Samedi 16 février, lors d'une réunion politique dans le IVème arrondissement de Paris où il était venu soutenir Vincent Roger, candidat UMP, Roger Karoutchi a comparé l'attitude des journalistes d'aujourd'hui à celle de la "presse des années 30". Se référant au SMS de Sarkozy à Cécilia, publié sur le site du Nouvel Observateur, et plus largement au "déballage médiatique" de ces "journalistes qui passent derrière vous dans les chambres", il a dit : "On a l'impression d'un vent de folie qui respire les années 30 avec ce que cela a de plus nauséabond".

Référence à Jean Zay

Devant une assistance imperturbable, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. "Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné", a-t-il même tenu à préciser. Dans son élan, Roger Karoutchi s’en est ensuite pris à la pétition dans laquelle 17 personnalités dénoncent les "dérives de pouvoir personnel" du président de la République. "Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie"…et "du fascisme rampant". Ni plus ni moins.

Nicole Pénicaut,
journaliste au Nouvel Observateur

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Société
Christine Lagarde invente la discrimination par l’épargne
TONINO SERAFINI
QUOTIDIEN : mardi 12 février 2008

On n’arrête pas le progrès. Le gouvernement a l’intention de créer un Livret A spécial pour les pauvres, appelé «Livret d’accessibilité bancaire» distribué à l’avenir par la seule Banque postale. Cette idée avant-gardiste a germé à Bercy. Christine Lagarde l’a annoncée mercredi dernier, lors de son audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. La création d’un tel dispositif interviendrait dans le cadre d’une réforme de la distribution de l’actuel Livret A. Si cette idée devait prospérer, ce serait une véritable rupture avec le système d’épargne populaire actuel.

Stigmatisant. Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le Livret A, détenu par 45 millions de personnes, n’opère aucune distinction : riches ou pauvres ont accès au même produit d’épargne. C’est dire que l’annonce d’un «livret spécial» très stigmatisant est considérée comme un recul dans les milieux associatifs engagés dans la lutte contre la pauvreté. «Le fondement de toute politique publique de lutte contre les exclusions commence par l’accès de tous les citoyens aux mêmes droits, pointe Pierre Saglio président d’ATD Quart Monde. Toute mesure consistant à créer un livret spécial pour les pauvres serait totalement inacceptable.» Même propos à la Fondation Abbé-Pierre. «Le cachet "pauvre", figurera-t-il au recto ou au verso de ce livret ?» ironise son délégué général Patrick Doutreligne.

La Fondation Abbé-Pierre et ATD Quart Monde ont été auditionnés, il y a quelques mois, par Michel Camdessus, ancien président du FMI et auteur d’un rapport sur la «modernisation de la distribution» du Livret A. Lors de ces auditions, «il n’a jamais été question de créer un tel livret pour les pauvres. On nous a toujours dit, que le Livret A continuerait à être accessible à tous», témoignent aujourd’hui Patrick Doutreligne et Pierre Saglio.

Alors, comment Bercy en est-il arrivé à envisager la création de ce qu’il est convenu d’appeler un «livret spécial» ?
Tout commence en mai dernier, lorsque la Commission européenne met en demeure la France d’élargir la distribution du Livret A à tous les établissements bancaires, au nom de la libre concurrence. Cette décision de Bruxelles fait suite à un recours des banques françaises qui contestaient le monopole en la matière des Caisses d’épargne et de la Banque postale. L’enjeu, c’est 45 millions de livrets, représentant un encours de 140 milliards d’euros. Cette jolie cagnotte leur échappait. Il leur fallait mettre la main dessus.

Petit problème : une partie des détenteurs du Livret A sont des personnes de condition très modeste, victimes de l’exclusion bancaire. On estime leur nombre à 400 000. Leur Livret A fait donc office de compte courant. Elles se rendent fréquemment aux guichets pour retirer au coup par coup des petites sommes indispensables à la vie quotidienne. Une tracasserie dont veulent s’affranchir les banques commerciales.

C’est là qu’entrent en scène les services de la ministre de l’Economie et des Finances. On aurait pu imaginer que l’Etat oblige les banques à assumer les conséquences de l’élargissement de la distribution du Livret A qu’elles ont réclamé en déployant un lobbying constant à Bruxelles. Mais ce n’est pas cette option qui semble avoir été retenue avec la création de ce «livret spécial» pour les pauvres confiné à la seule Banque postale.

A Bercy, on affirme pourtant que les choix opérés n’ont pas pour objectif de faire plaisir aux banques mais «de réduire le coût du financement du logement social». En effet, la collecte du Livret A est centralisée à la Caisse des dépôts. Cet argent est ensuite prêté aux organismes de HLM pour la construction de logements sociaux (lire encadré ci-dessous).

Milliard. Le raisonnement de Bercy est le suivant : si le Livret A cesse d’avoir sa mission d’accessibilité bancaire pour les personnes très modestes, il sera alors possible de rémunérer les banques à un taux très bas (0,4 %) au titre de leur collecte (contre 1,12 % actuellement en moyenne). Ce qui ferait gagner, 1 milliard d’euros a indiqué Christine Lagarde devant la Commission des finances de l’Assemblée. Autrement dit, si on élimine les pauvres du paysage du Livret A, on finance plus les HLM. Il fallait y penser !

Sauf que ce raisonnement ne tient pas la route. Car, si tous les pauvres sont aiguillés sur un «livret spécial» dont la Banque postale aura la gestion, il faudra bien rémunérer la Poste à hauteur des coûts de fonctionnement de ce dispositif. Et qui paiera ? Combien cela coûtera-t-il ? Dès lors, le milliard d’économies est-il réel? En Commission des finances, la ministre a passé sous silence cet élément décisif du débat.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/309514.FR.php
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Politiques
Estrosi + un jet Dassault = un pot à 138.000 euros
Reuters
Pour assister à un «pot» à l'Elysée, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a changé au dernier moment l'organisation d'un déplacement à Washington et loué un avion privé. Coût de l'opération: 138.000 euros. Aujourd'hui, il présente ses excuses.
Liberation.fr (avec source AFP)
LIBERATION.FR : mercredi 6 février 2008
Le jet Bolloré de Sarkozy a à peine quitté les colonnes des journaux qu'un autre jet, propriété de Dassault celui-là, revient empoisonner la vie du gouvernement. Plus précisément celle du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Christian Estrosi.
C'est le Canard Enchaîné qui révèle l'histoire mercredi. Le 23 janvier, Christian Estrosi devait s'envoler pour Washington à l'occasion de l'inscription au patrimoine de l'Unesco du lagon de Nouvelle-Calédonie. Les services du ministère avaient donc réservé douze places pour la délégation à bord d'un vol Air France dans l'après-midi. «Seulement voilà, écrit l'hebdomadaire, dans la matinée, Estrosi est informé qu'une petite sauterie présidentielle se prépare pour le soir même. Sarkozy a décidé de réunir à l'Elysée, autour d'une coupe de champagne, ses plus fidèles lieutenants.»

Pour ne pas manquer l'événement, le secrétaire d'Etat demande qu'on décale le départ pour Washington. La Nouvelle-Calédonie peut bien attendre. Problème: aucun vol Air France n'est prévu dans la soirée. Qu'à cela ne tienne, le cabinet loue un Falcon 900 à Dassault. Coût de l'opération, selon le Canard Enchaîné: 138.000 euros.

A l'heure où le Président répète que les caisses sont vides, le caprice du secrétaire d'Etat passe mal. Au point qu'il a dû présenter ses excuses mercredi à la sortie du Conseil des ministres. «Bien évidemment, si on m'avait soumis ce devis, je ne l'aurais pas accepté, je souhaite présenter toutes mes excuses parce que ça ne fait pas partie de mes pratiques. J'avais un calendrier très contraint, après on ne m'a pas soumis le montant pour déplacer (...) les parlementaires et les acteurs importants qui m'accompagnaient, s'est-t-il justifié. «Je ne regrette pas ce déplacement mais je regrette les conditions dans lesquelles il a été organisé, on aurait pu sans doute faire autrement.» Le contribuable aurait «sans doute» préféré.


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bruno chaouat

Rebonds
Chiens, rats, anticommunistes…
Bruno Chaouat professeur de littérature française à l’université du Minnesota.
QUOTIDIEN : jeudi 10 janvier 2008

«Tout anticommuniste est un chien.»
Alain Badiou propose une glose subtile du célèbre verdict sartrien. Un chien, l’anticommuniste ? Il faut donc l’éliminer, ou construire des fourrières. Badiou l’incorruptible est favorable à l’épuration des appareils «capitalo-parlementaires». Comment en finir avec la corruption et le règne des intérêts privés, c’est-à-dire avec les démocraties occidentales ? Le philosophe ne le dit pas, le lecteur est invité à faire preuve d’imagination. La terreur révolutionnaire n’a jamais été à court d’idées pour imposer la vertu. Parole de praxis plus que de théorie, ce nouveau brûlot appartient à la série «Circonstances».

C’est de l’agit-prop chic, Badiou y donne des références de sites Internet militants, esquisse les grandes lignes d’une organisation future du mouvement ouvrier élargi aux sans-papiers, aux étrangers, eux-mêmes assimilés aux Juifs d’hier, ce qui permet de ne guère se soucier du sort des Juifs d’aujourd’hui, en France et en Europe. Car dans l’algèbre de Badiou, tout pauvre est un Juif, tout immigré un pauvre, tout Juif un immigré, ou un Juif qui trahit le Nom.

Le livre a été dénoncé, notamment par Pierre Assouline, pour sa rhétorique pamphlétaire qui bestialise les électeurs et supporteurs de Sarkozy, les «nouveaux philosophes», les anciens communistes passés à l’ennemi, que Badiou appelle «les rats», et Sarkozy lui-même, par hommage perfide à Freud, «l’homme aux rats». Suivant le précédent sartrien, Badiou aurait pu appeler tous ces social-traîtres des «chiens». Mais «rat», c’est plus virulent, plus excrémentiel, et surtout l’un des sens du mot est «radin, avare», et rappelle la rhétorique de l’antisémitisme de gauche associé à l’anticapitalisme.

Un lacanien comme Badiou ne peut être insensible à la connotation et à l’inconscient de la langue. Nul besoin de revenir sur les effets, sinon les intentions, antisémites de la pensée de Badiou, depuis au moins son livre sur saint Paul et l’universalisme, effets pervers de son philosémitisme analysés par Eric Marty dans son dernier livre. La rhétorique des «Circonstances» est militante, violente jusque dans le cabotinage. C’est la règle du jeu : il s’agit d’utiliser les mots, comme le voulait Sartre, comme des armes. Badiou croit dans le communisme qui vient. Son mantra : «Il n’y a qu’un monde.» Pour étayer sa foi dans l’indivisible unité du monde, il rappelle la formule de Marx, «un spectre hante l’Europe». Mais l’opuscule de Badiou est hanté par deux spectres.

Le bon spectre du communisme, dont le philosophe se veut le médium, et le mauvais spectre du pétainisme. Résistance d’un côté, collaboration de l’autre. Si Mai 68, ultime avatar du mouvement ouvrier et de l’idée communiste en Europe, après la Révolution, la Commune et le Front populaire, hante la France de Sarkozy, spectre que le nouveau président cherche à exorciser, un autre spectre hante Alain Badiou, celui du pétainisme. La hantise du pétainisme et de l’Occupation est à son comble lorsque l’auteur évoque un «pétainisme transcendantal», ou, dans son jargon, le pétainisme comme «transcendantal des abjections possibles de notre pays», comme si le pétainisme était un marqueur de l’identité française depuis, nous dit Badiou, et là il convient de se frotter les yeux… 1815, le retour d’exil des émigrés, et la Restauration.

Jamais on n’était allé aussi loin dans la hantise des années noires, jamais on n’avait fait du pétainisme et de la capitulation un moment historial constitutif de l’identité française, identité dès lors construite comme une essence démoniaque, ontologiquement capitularde devant les forces du Mal (que ces forces aient pour noms l’Ancien Régime, le nazisme, et, aujourd’hui, le «capitalo-parlementarisme», le bushisme ou le blairisme).

S’il est naïf de prétendre exorciser le spectre de Mai 68, n’est-il pas temps de se demander si l’on ne pourrait pas en finir avec celui du «pétainisme», de Vichy, et des ondes mémorielles que ces noms répercutent : rafles, listes de noms, camps, génocide. Ne pourrait-on enfin cesser, au nom de la nostalgie pour une Résistance dont on a manqué les fastes pour être né trop tard, de vider la spécificité de l’Occupation, du nazisme, de la Shoah, du pétainisme de tout contenu empirique pour nous servir ces événements historiques à la sauce métaphysique ?

Ce dont Alain Badiou, pour l’heure, est le nom, c’est de cet esprit de système déjà dénoncé par le pétainiste transcendantal, l’émigré légitimiste Chateaubriand, qui connaissait assez bien ceux qu’il avait baptisés les «théoristes de Terreur».

Auteur de Je meurs par morceaux. Chateaubriand, Presses universitaires du Septentrion, 1999, et de Lire, écrire la honte, Actes du colloque de Cerisy, Presses universitaires de Lyon, 2007.


http://www.liberation.fr/rebonds/302838.FR.php
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je suis partout


Le cinéaste Jean-Claude Brisseau soupçonné de viols
Reuters 22.12.07 | 12h25

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PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert samedi une information judiciaire pour "viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel par personne ayant autorité" contre le cinéaste Jean-Claude Brisseau, visé par les plaintes de deux comédiennes, apprend-on de source judiciaire.

Le metteur en scène français de 63 ans a été interrogé pendant deux jours sous le régime de la garde à vue à la police judiciaire de Paris. Il devait être présenté samedi après-midi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen.

Un placement en détention provisoire est requis contre lui par le parquet, point qui devra être tranché par un juge des libertés. Il risque la cour d'assises à l'issue de la procédure.

Deux actrices pressenties pour un film de Jean-Claude Brisseau, puis écartées, ont déclaré avoir eu avec lui des rapports sexuels sous la contrainte. Elles ont déposé plainte en octobre. Le cinéaste a nié les faits durant sa garde à vue, parlant de relations sexuelles consenties.

Le cinéaste a été transféré plusieurs fois pendant son séjour à la police aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu en raison de supposés problèmes cardiaques.

Les faits allégués par les plaignantes se seraient déroulés ces deux dernières années, notamment pendant les préparatifs et le tournage du film "Les anges exterminateurs".

Ce film, sorti en septembre 2006, raconte une précédente affaire qui a valu à Jean-Claude Brisseau une condamnation le 15 décembre 2005 à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour harcèlement sexuel.

Il avait été reconnu coupable d'avoir demandé à deux candidates à un rôle dans ses films de tourner ce qu'il a appelé des "essais érotiques" entre 1999 et 2001. Ces derniers consistaient pour les jeunes femmes à se masturber dans des lieux privés ou publics ou à se livrer à des caresses sexuelles réciproques.

Les comédiennes n'avaient déposé plainte qu'après avoir appris qu'elles n'obtiendraient pas de rôle et le tribunal avait à l'époque écarté les accusations d'agressions sexuelles.

Pour les faits de harcèlement sexuel, Jean-Claude Brisseau sera en état de récidive légale si le dossier est renvoyé devant une juridiction de jugement, si bien qu'il y encourra une peine-plancher au moins pour cette partie des accusations.

Le metteur en scène, dont l'oeuvre tourne autour de la sexualité féminine, bénéficie d'une réputation internationale depuis le film "Noces blanches", qui révéla Vanessa Paradis comme actrice en 1989. Le film "Choses secrètes", sorti en 2002, lui a valu un important succès critique.

Il a déclaré lors de son procès de 2005 avoir agi dans le cadre de son métier d'artiste et de ses recherches sur la féminité et l'interdit sexuel, explication qu'il a maintenu ces derniers jours devant la police.

Thierry Lévêque

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Société
La police, pare-chocs de Jean Sarkozy
Le fils du Président doit comparaître aujourd’hui pour délit de fuite, deux ans après les faits.
Renaud Lecadre
QUOTIDIEN : mardi 11 septembre 2007
Le fils cadet de Nicolas Sarkozy est cité à comparaître ce matin en correctionnelle pour délit de fuite (une simple audience de procédure, destinée à fixer la date du procès et le montant d’une éventuelle caution). Le plaignant, M’Hamed Bellouti, n’envisageait pas d’en venir à une telle extrémité, s’agissant d’un accident de la circulation d’une affligeante banalité. Mais après deux ans de vaines tentatives pour se faire rembourser 260 euros de dégâts, il ne supporte pas que «certains se croient au-dessus des lois».
Le 10 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, haut lieu de densité automobile, M’Hamed freine au volant de la BMW de son père. Derrière, un scooter n’a pas le temps de s’arrêter et emboutit le pare-chocs de la voiture. Puis prend aussitôt la tangente «en faisant un geste offensant de la main» . Un passager de la BMW a le temps de noter l’immatriculation du scooter.
M’Hamed contacte son assureur, qui écrit au propriétaire du deux-roues en janvier 2006. Pas de réponse. Un mois plus tard, M’Hamed, muni d’une expertise qui fixe à 260 euros les réparations, porte plainte au commissariat du XVIe arrondissement pour délit de fuite. Il ne connaît pas encore l’identité du conducteur du scooter, même si il a vu son visage. «Les policiers m’ont dit : Pas de problème, il y aura une confrontation. »
Illustre. En mars, M’Hamed rappelle le commissariat : plus de trace de sa plainte… Egarée. L’été arrive, la police n’a toujours pas pisté le propriétaire du scooter. Mais l’assureur, si : Jean Sarkozy de Nagy-Bocsa, domicilié à Neuilly. «C’est quand même bizarre que l’assureur l’a retrouvé et pas la police», note M’Hamed, qui n’apprend le nom de son illustre «percuteur» qu’en septembre 2006, en obtenant copie des trois courriers envoyés en vain par la Maaf : «On me dit d’être prudent en période électorale. Alors j’attends.»
Le 7 janvier 2007, nouveau fait divers sur deux-roues. Le scooter de Sarkozy fils est dérobé à Neuilly. Avec une célérité remarquable et au moyen d’un pistage ADN, la police retrouve l’engin en dix jours. Pour M’Hamed, c’en est trop : «On me prend pour un con.» Son père et son frère militent à l’UMP, ils lui suggèrent de tenter un ultime arrangement amiable. Le second se rend au QG de campagne de Nicolas Sarkozy, est reçu par une secrétaire. Toujours rien.
«Principe». M’Hamed Bellouti se décide à porter l’affaire au pénal. Son avocat, M e Christophe Launay, rédige une citation directe en août pour destruction de bien et délit de fuite. «Je ne lâche pas le morceau, par principe. N’importe quel citoyen qui tape une voiture avec délit de fuite est convoqué. Pourquoi cette justice à deux vitesses ? Quand on lui vole son scooter, y a du zèle ; quand il percute ma voiture, y a plus de zèle.» En plus des 260 euros (pour un pare-chocs enfoncé), M’Hamed en demande 4 000 pour préjudice moral : «Pour l’attente, et parce je crois encore à la démocratie.»


http://www.liberation.fr/actualite/societe/277529.FR.php
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Société
Le fils Sarkozy au tribunal... express
Jean Sarkozy et son avocat arrivent au Palais de justice de Paris. Photo AFP.
Jean Sarkozy était convoqué ce mardi par la 10ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour délit de fuite et dégradation légère de véhicule. Les juges ont réclamé une expertise complémentaire. Explications.
Alexis DANJON
QUOTIDIEN : mardi 4 décembre 2007

«Ce qui importe, c’est que Jean Sarkozy soit jugé comme n’importe quel prévenu.» Vœu pieu de son avocat, Me Thierry Herzog, vu le nombre de caméras et d’appareils photo qui ont accueilli le fils du Président à la 10ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Sarkozy junior est convoqué pour délit de fuite et dégradation légère de véhicule.
Une affaire qui date du 14 octobre 2005. Avec son scooter, il aurait abîmé le pare-choc arrière de la voiture de M’Hamed Bellouti . Et, selon ce dernier, il ne se serait pas arrêté et lui aurait adressé un «geste offensant». Il réclame 260 euros pour frais de réparation de la voiture, qui venait d'être achetée, et 4.000 euros de dommages et intérêts. Sarkozy fils réfute ces accusations : «Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés.»

L’audience commence. Le tribunal estime qu’une expertise technique contradictoire s’impose pour faire la lumière sur cette affaire. Problème: M'Hamed Bellouti a revendu sa voiture. L’avocat du fils Sarkozy prend alors la parole. Il lui est apparu à lui aussi qu’une expertise technique est devenue nécessaire au vu des pièces qui lui ont été communiquées. Quelle pièce? «La numéro 3, intitulée procès verbal d’expertise datant du 31 janvier 2006, de deux pages.» En fait, il s’agit de deux rapports d’expertises différents. Le premier concerne cette affaire. Mais le deuxième date du 26 janvier 2006. M'Hamed Bellouti a donc eu un deuxième accident avec la même voiture. La plainte date, elle, de février 2006 – mais après plusieurs tentatives vaines de son assureur pour présenter à la partie fautive la facture des réparations.

La défense sort alors un argument de sa poche: sa propre expertise. Qui dit ceci: «Il n’est pas possible que la roue avant du scooter ait endommagée le pare choc arrière […] Il n’aurait donc pas été possible de connaître, au lendemain du deuxième accident, les conséquences exactes de chaque accident.» Pour l'avocat de M'Hamed Bellouti, ce rapport est «grotesque». Mais il jette le trouble parmi les juges. Ils décident de se retirer pour délibérer. Une demi-heure d’attente, le temps pour trois femmes de se demander «d’où venait la beauté du jeune Sarkozy». «Ça doit venir de sa mère, c’est sûr.»

L’audience reprend. Le tribunal ordonne un complément d’information. Il commande un rapport d’expertise à remettre avant le 15 mai 2008, qui «aura comme mission de prendre connaissance des circonstances exactes de l’accident.» Et décide de reporter l’affaire, pour la deuxième fois. A la sortie de l’audience, un des deux avocats de M'Hamed Bellouti pose cette question: «Pourquoi Jean Sarkozy n’a pas répondu aux courriers des assurances?» Réponse le 25 juin 2008, pour la prochaine audience.


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Quand l'Elysée arrange les affaires du fils Tapie
NOUVELOBS.COM | 14.11.2007 | 10:12
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Il avait accumulé 88.853 euros de loyers impayés. Après l'intervention de Claude Guéant, il voit sa dette allégée et son expulsion annulée.

'Elysée est intervenu, à la demande de Bernard Tapie, pour régler les problèmes de loyers impayés de son fils Stéphane, afin que ce dernier ne soit pas expulsé et voit sa dette révisée, apprend-on dans Le Canard enchaîné de mercredi 14 novembre.
Selon l'hebdomadaire, Stéphane Tapie, qui vit à Neuilly dans un appartement de 220 m² appartenant à la Caisse des dépôts, avait accumulé 88.853 euros d'impayés, soit près de deux ans de loyers. Après plusieurs décision de justice, "le préfet des Hauts-de-Seine signe, dans les premiers jours d'octobre, un arrêt d'expulsion. Miracle: il n'a pas besoin de faire donner la troupe", affirme Le Canard enchaîné.

Claude Guéant

"Car à point nommé papa Nanard fait appel à ses relations", relate l'hebdomadaire qui précise que "c'est Claude Guéant, secrétaire général de la présidence qui s'acquitte de la noble tâche". Quelques jours plus tard, la dette, amputée de 15.000 euros, est échelonnée sur six mois. "L'ancien député des Bouches-du-Rhône a ainsi contracté une dette… morale vis-à-vis de Sarko", note Le Canard qui note que "Tapie père joue les entremetteurs entre radicaux de gauche et radicaux valoisiens".

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«Cher Guy Môquet, je t’écris...»
Réaction à la lecture de ta lettre dans un vestiaire du Stade de France avant le match de rugby
Par Antoine Vitkine, écrivain et réalisateur de documentaires.
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
je t’écris pour te demander pardon. Il y a quelques jours, on a lu la lettre que tu as envoyée à tes parents, il y a soixante-six ans, juste avant de mourir assassiné par les nazis auxquels, au risque de ta vie, tu avais décidé de résister, à 17 ans seulement. Ta lettre, on l’a lue dans les vestiaires d’un stade, aux joueurs d’une équipe française de rugby, avant un match très médiatisé qui les opposait à une autre équipe, l’Argentine.
Tu es surpris ? Quel rapport entre cette lettre, que tu as rédigée l’âme déchirée dans la crasse d’une geôle nazie, et le match d’ouverture d’une Coupe du monde de rugby ? S’agissait-il d’appeler les joueurs à se sacrifier pour leur patrie, comme toi tu étais supposé l’avoir fait, toi qui pourtant t’es moins sacrifié pour la patrie que pour la liberté et la dignité de tous les hommes ?
Le rugby, ce sport que l’on pratiquait à ton époque, s’est-il changé en un demi-siècle en lutte contre la barbarie ?
Non, bien sûr. La vraie raison, je vais te l’expliquer. Un président nouvellement élu, en quête de nouvelles références pour l’identité nationale, amateur de symboles forts plutôt que de la force du sens, s’est mis en tête de faire de ta lettre un symbole. Un symbole qu’il entend même faire lire dans les collèges et les lycées de France, et dont un entraîneur s’est saisi, pensant bien faire.
Je te le dis, bien qu’au fond ça n’ait aucune importance : les joueurs français ont perdu. Trop d’émotion, ont dit les commentateurs sportifs ( «On a chargé la barque émotionnelle jusqu’au trop-plein»), trop de pression, certains joueurs ont pleuré, lire la lettre fut une erreur. Une erreur. Si l’équipe avait gagné, aurait-on, au contraire, lu ta lettre avant chacun de ses matchs, comme un talisman, un gri-gri, une mascotte ? Et puis après, lors de chaque compétition d’importance ? Ta lettre, forte et triste, aurait-elle finie imprimée sur des maillots, le jour de la victoire, sur les Champs-Elysées, au milieu des cotillons, des fanions et des canettes de bière ? Heureusement, cher Guy Môquet, ils ont perdu. Trop d’émotion, a-t-on donc dit pour expliquer la défaite et pour souligner l’inà-propos de cette lecture.
Que ta lettre soit émouvante importe peu, tu le sais bien, toi qui, à l’époque, te fichais bien d’écrire une lettre émouvante. Et pour nous, aujourd’hui, ta lettre devrait représenter autre chose que de l’émotion ; elle est un morceau d’Histoire, un témoignage de l’infamie nazie et de l’abnégation de ceux qui lui résistèrent.
Or, cher Guy Môquet, ta lettre et ta mémoire sont devenues les instruments d’une compétition sportive, parce que quelques-uns ont voulu en faire un ingrédient d’un chauvinisme sportif nouveau, plaçant leurs drops bleu-blanc-rouge sous la protection de tes mânes.
Par-delà ce match, ta lettre est devenue l’instrument de la communication d’un homme politique, qui a bien compris qu’elle est chargée d’émotions collectives et de valeurs fédératrices, un symbole de la lutte du bien contre le mal, d’une citoyenneté renouvelée et fière d’être française. Un symbole national de plus, après Jeanne d’Arc et le Soldat inconnu, mais avec un surcroît d’âme et d’émotion.Un peu d’émotion dans le moteur de l’identité nationale, voilà ce que représente ta lettre, aux yeux du Président, à une époque où l’émotion, en politique comme en toute chose, est portée aux nues.
«Je n’ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans être profondément bouleversé», a déclaré ce président le 17 mai 2007, pour justifier sa première décision de nouvel élu, faire lire ta lettre dans les écoles, «bouleversé». Tout était dit. Au moins honorons-nous ta mémoire. Mais pour le faire vraiment, pour que cela ait du sens, il faudrait rappeler pourquoi tu es mort, enseigner l’Histoire plutôt que sacraliser ta lettre qui, à elle seule, ne dit pas grand-chose. Il faudrait enseigner une histoire plutôt que bâtir des piédestaux à des héros, à des martyrs, à des saints…
Tu n’es pas un martyr, nous n’avons pas de martyr en République. Tu n’es pas un saint, ni le saint patron des rugbymen et des lycéens. Tu es l’un des dizaines de milliers de résistants qui ont donné leur vie en combattant. Une victime parmi des millions d’autres victimes du nazisme aussi, en Europe et en France.
Au hasard : ton alter ego, Maurice Abadie, arrêté à 17 ans par la police française, gazé à Auschwitz par les nazis. Ou encore, Renée Alfandari, Henri Alixant et tant d’autres.
Le plus grave, c’est que ce faisant, on raconte aux générations futures une Histoire tronquée, imaginaire, partielle. On galvaude ta lettre, ton exemple et toute la Résistance contre le IIIe Reich. On fait des nazis qui t’ont assassiné de vulgaires croque-mitaines tueurs d’adolescents. Bientôt, cher Guy Môquet, ta lettre sera le symbole de la lutte contre le Mal, en tout temps et en tout lieu. Et les lycéens, saisis d’effroi et d’émotion quand on leur lira ce symbole national que sera devenue ta lettre, oublieux d’une histoire qu’ils connaissent parfois mal, traiteront de sale nazi le premier tueur d’enfant venu. Cela entretiendra la confusion et l’inculture, plutôt que d’y remédier.
Pardon, cher Guy Môquet, de t’exposer les péripéties dérisoires dont ta lettre est l’objet. Pardon de galvauder ta mémoire, de mêler ton souvenir à une compétition sportive que l’on aura vite oubliée.
Contrairement à toi.

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La France pourrait réduire sa contribution au Fonds mondial antisida
LE MONDE | 31.08.07 | 15h09 • Mis à jour le 31.08.07 | 15h09

a France va-t-elle diminuer sa contribution financière au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme ? Mercredi 29 août, une réunion s'est tenue à l'Elysée au cours de laquelle, dans le cadre de la réduction des déficits, le ministre du budget, Eric Woerth, a proposé une réduction de 15 % de l'effort financier, le faisant ainsi passer de 300 millions d'euros en 2007 à 250 millions d'euros en 2008. Des protestations s'élèvent déjà contre une telle décision qui, si elle était prise, aurait de fortes répercussions internationales.

Créé par les Nations unies, à l'initiative de Kofi Annan, le Fonds mondial visait à élever le niveau et à rendre pérennes les ressources mobilisées à l'échelle internationale pour lutter contre des maladies qui, à elles trois, font plus de 10 000 morts par jour, principalement dans les pays en développement. Au cours de ses cinq années de fonctionnement, le Fonds a ainsi déboursé un total de 8 milliards de dollars pour 450 programmes dans 136 pays pauvres. Dirigé depuis cette année par un Français, le professeur Michel Kazatchkine, le Fonds estime "sauver 3 000 vies par jour" grâce aux différentes interventions qu'il finance.

La France peut se targuer d'être le deuxième contributeur à cette structure. En effet, depuis le premier engagement de 150 millions d'euros pour trois ans, pris par le gouvernement de Lionel Jospin, la contribution française a été spectaculairement augmentée sous le quinquennat de Jacques Chirac.

RUPTURE

Le 27 avril 2007, la France et les autres pays donateurs ont annoncé leur accord pour quadrupler les ressources annuelles du Fonds et les porter de 2 à 8 milliards de dollars entre 2007 et 2010, sachant que sur cette période, les besoins réels sont estimés à 23 milliards de dollars.

S'il se voulait le candidat de la rupture au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy affichait néanmoins une continuité dans ce domaine avec Jacques Chirac. Il avait ainsi affirmé, une fois élu, lors du sommet du G8, le 7 juin, que "la France finance 10 % du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n'est pas question de dire cela pour dire : "Cela suffit". Au contraire, nous sommes prêts à faire davantage."

Les associations le prennent au mot et lui demandent de refuser un retour en arrière en maintenant cette proportion de 10 %, soit 400 millions de dollars en 2008.

Ne pas le faire serait un dangereux signal politique, mais pas seulement. Comme l'écrivent dans un communiqué commun Act Up-Paris, Aides, Sidaction et Solidarité Sida, "la baisse de 15 % demandée par Eric Woerth reviendrait à supprimer le traitement sida à 15 000 des 100 000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial".

Paul Benkimoun

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Politiques
Limite
QUOTIDIEN : vendredi 20 juillet 2007
A sa manière, donc, Libération joue l’ouverture. Pour ce numéro spécial, notre journal a demandé à des plumes brillantes, mais orientées différemment des siennes, de commenter l’actualité d’aujourd’hui. Bien sûr, il s’agit d’un clin d’œil. Un journal n’est pas un parti, et cette escapade est exempte de toute arrière-pensée politique. Libération reste ferme sur ses valeurs et ses engagements.
Ces engagements sont simplement ceux d’un humanisme ouvert : la tolérance et l’attention à la différence en sont les composantes premières.
Il est naturel d’écouter, en République, ceux qui ne pensent pas comme vous. Nicolas Sarkozy pratique avec succès une ouverture politique qui sème le désordre chez ses adversaires.
Il ne s’agit pas seulement d’une tactique. Le Président flatte une ancienne aspiration française, qui fait pendant au traditionnel affrontement droite-gauche : le rêve d’un gouvernement des meilleurs et d’une entente nationale au-delà des clivages partisans. Mieux que la gauche prise de vitesse, Nicolas Sarkozy l’a compris. Pour cette raison, son geste, réitéré et théorisé, est populaire. Mais qu’est-ce au juste que cette ouverture ? C’est là que l’exercice que nous tentons prend son sens. On constatera à la lecture que nos invités, aussi courtois soient-ils - et avec le talent qu’on leur connaît - ne renient rien de leurs idées. Leur défense du libéralisme et leur critique de la gauche sont claires et nettes. Autrement dit, aussi policée soit-elle, la société française reste pluraliste. Droite et gauche se parlent, mais ne se confondent pas. La politique de Nicolas Sarkozy n’est pas celle de ses opposants. A moins qu’il n’abandonne son programme, l’ouverture qu’il a choisie reste donc celle du ralliement des autres à ses idées. Et donc, en un mot, l’ouverture pratiquée par Libération montre la limite de celle de Nicolas Sarkozy. Voilà qui méritait bien un numéro spécial.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/268083.FR.php
© Libération

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Léon Blum a été accueilli par la famille de l'industriel en 1947, et non à son retour de Buchenwald.
Bolloré ou le sens des mots
Par Antoine MALAMOUD
QUOTIDIEN : samedi 12 mai 2007
Antoine Malamoud arrière-petit-fils de Léon Blum.
Pour justifier l'invitation de Nicolas Sarkozy sur son yacht, Vincent Bolloré déclarait, dans un communiqué daté du 9 mai, que sa famille avait pour tradition d'accueillir les hommes politiques. Il citait plus précisément «Léon Blum, au retour de captivité». Ce communiqué a soulevé une polémique sur plusieurs points. La vérité historique, tout d'abord. De retour de Buchenwald, après deux ans de captivité, le 14 mai 1945, Léon Blum retrouve son appartement dévasté. Il est alors hébergé par Félix Gouin, président de l'Assemblée consultative, dans un appartement du palais du Luxembourg. Il peut ensuite, au cours de l'été 1945, s'installer dans la maison de sa femme, à Jouy-en-Josas. Une éventuelle invitation par la famille de Vincent Bolloré, dont ni la famille de Léon Blum ni les historiens n'ont relevé de traces, ne pouvait donc se situer à cette période.
Nous sommes reconnaissants à Vincent Bolloré d'avoir rendu publics les documents dont il disposait. Ces documents établissent que Léon Blum, qui n'occupait alors plus aucune fonction publique, a rendu une visite privée à Gwen-Aël Bolloré, qu'il estimait en raison de sa conduite pendant la guerre, dans sa maison familiale, à l'automne 1947 : en aucun cas il ne s'agissait d'accueillir Léon Blum, de «lui rendre service» en quelque sorte, à son retour de captivité. En publiant ces documents, Vincent Bolloré reconnaît avoir commis une erreur historique dans son communiqué du 9 mai et valide, par là même, le bien-fondé des rectificatifs émis par la famille de Léon Blum.
La vigueur de nos réactions trouve ensuite sa source dans la profonde confusion qui se dégage de ce communiqué. Il nous semble indécent de comparer l'invitation luxueuse, mobilisant de considérables moyens, du président de la République nouvellement élu, afin qu'il se repose des fatigues d'une campagne électorale, à l'accueil (même s'il avait eu lieu...) de Léon Blum, de retour de Buchenwald, où il avait passé deux ans, livré aux nazis par le régime de Vichy. Cette confusion n'est pas anodine. Elle tend à faire accroire que les politiques, tous, et les grandes familles industrielles sont toujours du même monde et que les premiers bénéficient, quoi qu'il advienne, des largesses des seconds. Cette instrumentalisation du nom et de la personne de Léon Blum, au service de la défense des vacances offertes à M. Sarkozy, est injustifiable tant historiquement que moralement.
Homme d'Etat, socialiste, Léon Blum occupe une place particulière parmi les hommes politiques français du xxe siècle. Si sa mémoire n'appartient à personne, contentons-nous de rappeler qu'il fut le Premier ministre du gouvernement du Front populaire, dont les lois servent toujours de socle au consensus social. Qu'il fut toujours combattu, sur les plans politique et personnel, parfois de la façon la plus ordurière, sans que jamais sa probité ni son honnêteté n'aient été prises en défaut.

l'éditorial de Libération, par Jean d'Ormesson.

Politique. Editorial
Fin de partie
Par Jean D'ORMESSON
QUOTIDIEN : jeudi 22 mars 2007
Sarkozy cesse d'être ministre. Il n'est pas encore à l'Elysée. Il n'est déjà plus Place Beauvau. Une histoire s'achève. On la connaît. Une autre commence. Elle est encore incertaine.
Les choses sont moins simples qu'elles ne le paraissent. Pour des raisons opposées, partisans et adversaires poussaient également Sarkozy vers la sortie. Lui a retardé le plus possible, jusqu'à l'arrivée du printemps, jusqu'à un mois du premier tour, le moment de déposer sa casquette de responsable de la sécurité. «Tu as intérêt à partir», lui susurraient ses amis. Il préférait rester et veiller au grain. «Vous n'avez pas honte d'être candidat et ministre ?» lui criaient ses ennemis. Il répondait que Mitterrand était un candidat président et Jospin un candidat Premier ministre.
Sarkozy, en partant, reçoit le soutien de Chirac. Là encore, c'est compliqué. Chirac a dit l'autre jour aux Français combien il les chérissait. De tous les Français tant aimés, celui qu'il aimait le moins était sûrement Nicolas. Et Nicolas, de son côté, avait deux obsessions : que Chirac le soutienne et qu'il ne le soutienne pas trop. C'était un peu le coup de Ségolène avec les éléphants.
Chirac n'a pas eu trop de mal à répondre à ce double voeu. Il a trouvé une bonne formule : il le soutient, «tout naturellement». Ça veut dire à peu près qu'il ne peut pas faire autrement.
Sarkozy, en face de Chirac, a plus de chance que Chaban, que Giscard, que Balladur. Tous étaient des amis que Chirac a flingués, sans la moindre hésitation. Il n'a jamais aimé Sarkozy et il votera pour lui sans état d'âme.
Tout le monde, à droite, est maintenant intérimaire. Chirac : intérimaire en chef. Ollier : intérimaire à la tribune d'une Assemblée fantôme. Baroin : intérimaire à l'Intérieur. Tout le gouvernement : intérimaire. Et Sarkozy : intérimaire. Avec un gros appétit.

Sous les combles de l'Atelier Picasso de Paris

Gilles de Robien veut "redonner du bonheur"
Sous les combles de l'Atelier Picasso de Paris, deux cents adhérents du "nouveau club", Société en mouvement, se pressent ce jeudi 29 juin. Gilles de Robien a tombé la veste pour les accueillir. "En un mois, nous avons déjà réalisé 670 adhésions (...). C'est dire le potentiel d'espérance (...) que nous représentons", s'enthousiasme le ministre de l'éducation.

Et de l'enthousiasme, il en faut, quand on s'est fixé pour objectif de "redonner du bonheur à la vie politique" : "Nous voulons être des ferments d'optimisme", assure le seul ministre UDF du gouvernement.

Mais, ici, l'appartenance à l'UDF ne se porte pas en bandoulière. "J'ai cru quelqu'un qui avait dit que nous étions un parti libre. J'en suis revenu", confesse Tahar Ben Chabanne, venu du Loiret. Le Rémois Guy Blérot estime que "l'UDF est tombée dans l'extrême centre, dans le refus systématique".

Les mauvaises manières faites à "Gilles" de la part des amis de François Bayrou et le vote de la motion de censure contre le gouvernement par une partie des députés du groupe UDF ne sont pas digérés. "J'appartiens à la majorité parlementaire", affirme Nicolas About, sénateur des Yvelines.

Ici, le ministre se sent "en famille". Et celle-ci le lui rend bien. Gisèle Gautier, sénatrice de la Loire-Atlantique, s'enflamme : "Gilles est pragmatique, sincère, compétent. (...) Il est modeste, il ne la ramène pas." Et, d'ajouter : "Nous avons besoin d'un guide. Tu es notre repère. Tu es notre phare."

S'agit-il pour M. de Robien de ménager l'avenir, quand l'UMP a averti M. Bayrou et ses partisans qu'ils auraient à assumer les conséquences de leur manque de loyauté ? L'intéressé dément avoir de telles "préoccupations de politique politicienne".
Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 02.07.06