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Affaire de l’accident de scooter: Jean Sarkozy est relaxé

Jean Sarkozy, soupçonné d'avoir provoqué un accident à scooter, vient d’être relaxé. L’automobiliste, partie civile dans le procès, a dû verser 2000 euros pour «procédure abusive».

9 Réactions

Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters).

Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters). (REUTERS)

Accusé d'avoir percuté un automobiliste alors qu'il roulait à scooter, le fils cadet du président de la République et conseiller général des Hauts-de-Seine (UMP), Jean Sarkozy, a été relaxé ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris.

Les magistrats ont déclaré «Jean Sarkozy non coupable des faits qui lui sont reprochés» et condamné l’automobiliste, partie civile dans le procès, à lui verser 2.000 euros pour «procédure abusive».

Depuis trois ans, M’Hamed Bellouti, 37 ans, accuse Jean Sarkozy d’avoir percuté l’arrière de sa BMW avec son scooter le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, puis d’avoir pris la fuite.

Lors de l’audience du 25 juin, M’Hamed Bellouti et son passager avaient raconté avoir relevé le numéro du deux-roues à l’aide d’un téléphone portable, tout en reconnaissant ne pas avoir été en mesure de reconnaître son conducteur, «un jeune», «imberbe», coiffé d’un casque.

Après plusieurs tentatives vaines de son assureur pour obtenir de la partie fautive le paiement des réparations, l’automobiliste avait finalement décidé de porter plainte, en février 2006. C’est seulement alors qu’il aurait découvert l’identité du propriétaire du scooter.

Deux expertises et un procès plus tard, la justice a finalement donné raison à Jean Sarkozy. Les deux expertises concluaient qu’au vu des dégâts constatés sur les deux véhicules, le choc n’avait pu avoir lieu, du moins tel que décrit par l’automobiliste.

Source AFP

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Les nouveaux "droits et devoirs" des chômeurs adoptés à l'Assemblée
LEMONDE.FR avec AFP | 18.07.08 | 05h07 • Mis à jour le 18.07.08 | 11h25

es députés ont adopté, dans la nuit de jeudi 17 à vendredi 18 juillet, le projet de loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi". Le texte institue la notion de "projet personnel d'accès à l'emploi" et "d'offres raisonnables d'emploi". Un chômeur sera radié des listes du service public de l'emploi s'il refuse deux "offres raisonnables". Dès le 4e mois de chômage, les demandeurs d'emploi devront accepter un emploi rémunéré à au moins 95 % de leur salaire antérieur, 85 % au bout de six mois, et du montant de l'allocation qu'ils perçoivent au bout d'un an. Les députés ont adopté un amendement indiquant que ces durées "sont prorogées du temps de formation", pour "encourager et non pénaliser les demandeurs d'emploi qui suivent une formation".

L'UMP et le Nouveau Centre ont voté pour ce texte, déjà adopté par le Sénat, l'opposition (PS, Verts, PCF) a voté contre. "La philosophie était de mieux accompagner [les demandeurs d'emploi] avec du sur-mesure et, d'autre part, de mieux contrôler les abus", a résumé le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez. Le député PS Michel Issindou a dénoncé un "texte humiliant pour les demandeurs d'emploi" et le PCF Maxime Gremetz a parlé d'une "régression du code du travail".
"ABSENCE TOTALE DE GARANTIES APPORTÉES POUR LES SENIORS"

L'Assemblée a aussi voté la suppression progressive, d'ici à 2012, de la dispense de recherche d'emploi dont pouvaient bénéficier les chômeurs âgés de plus de 57 ans et demi. "On ne peut pas continuer avec cette espèce d'hypocrisie à trois acteurs : le gouvernement et les politiques, qui ont expulsé les seniors en dehors du marché de l'emploi pour gérer les statistiques, les employeurs, qui l'ont utilisé comme un instrument commode de gestion des ressources humaines, et aussi les partenaires sociaux, qui s'en sont parfois servi dans des procédures de licenciement collectif", a développé M. Wauquiez.

Marisol Touraine (PS) et Martine Billard (Verts) se sont inquiétées de "l'absence totale de garanties apportées pour les seniors à ce stade".

Enfin, l'Assemblée a voté, à la demande du gouvernement, la création d'un "médiateur du service public de l'emploi", conçu comme voie de recours en faveur des chômeurs dans leurs relations avec l'ANPE. Le service public de l'emploi doit naître de la fusion ANPE-Unedic, qui doit être effective dans les prochains mois.

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Une assistante sociale dénonce un Sénégalais sans papiers à la police
LE MONDE | 27.06.08 | 12h19 • Mis à jour le 27.06.08 | 17h37


lle se nomme B. H. et elle s'est rendue, le 10 juin, à 11 h 15, au poste de police, établir un "PV de dénonciation" : "Je suis venue vous dénoncer la situation administrative clandestine d'un ressortissant sénégalais qui vit à Besançon", a-t-elle annoncé au brigadier chef, qui a consigné ses propos.


B. H. est assistante sociale. Dans le cadre de son travail, elle dit avoir rencontré "par hasard", chez une dame dont les quatre enfants bénéficient d'une mesure de protection éducative du juge des enfants, "un individu inconnu". Elle a informé l'homme "qu'il ne pouvait rester à cette adresse, Madame B. vivant dans une situation financière et familiale fragile". Au policier, elle a précisé : "J'ai appris au hasard des discussions qu'il n'avait pas de titre de séjour et vivait de façon clandestine en France, et à la charge de Madame B." Puis elle a dressé un portrait : "C'est un individu de 22 ans, mesurant 1,80 m, portant des lunettes de vue rondes en métal, cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié. Il dort le matin jusqu'à 12 heures au moins et sort peu de peur d'être contrôlé par la police. Il arriverait d'Italie." A 11 h 35, B. H. n'avait "rien d'autre à ajouter" ; elle a cosigné le procès-verbal et a quitté le poste de police.

Ce PV, recopié mot à mot (seuls les noms ont été anonymisés), a été publié, mardi 24 juin, sur l'un des blogs les plus lus dans le monde judiciaire, celui de maître Eolas, un avocat qui, pour cet exercice, conserve l'anonymat (Maitre-eolas.fr).

VIOLATION DU SECRET PROFESSIONNEL

Lundi 23 juin, le Sénégalais qui partageait l'appartement de madame B., en réalité son demi-frère, a comparu devant le juge des libertés du tribunal de Besançon, à la demande du préfet qui souhaitait prolonger de quinze jours son placement en centre de rétention. L'homme avait été interpellé après la dénonciation de B. H. Il est de nouveau libre aujourd'hui.

L'histoire a suscité 150 commentaires sur le blog dans la seule après-midi qui a suivi sa mise en ligne. Au coeur de l'affaire : la violation de son secret professionnel par B. H. Plusieurs internautes se sont interrogés. Le séjour irrégulier étant un délit, cette fonctionnaire n'avait-elle pas l'obligation de le dénoncer ? Elle n'avait aucune obligation à agir comme elle l'a fait, et n'encourait aucune sanction, a répondu l'avocat.

Le code de l'action sociale prévoit les cas dans lesquels un professionnel est dispensé de son secret. "La dénonciation d'un sans-papiers ne figure pas parmi ces cas", précise Me Eolas. Par ailleurs, l'article 40 du code de procédure pénale impose aux fonctionnaires de "donner avis sans délai", au procureur de la République - et non à la police -, des crimes ou des délits dont ils auraient connaissance. Mais il écarte les faits connus dans le cadre du secret professionnel. "La raison en est simple, rappelle l'avocat : faites des assistants sociaux des auxiliaires de police, et les familles refuseront de les recevoir ou leur cacheront des informations essentielles."

Me Eolas a cherché en vain d'autres cas de dénonciation spontanée. Jusqu'à présent, c'est l'inverse qui s'est produit : des assistantes sociales ont été poursuivies pour non-dénonciation. À Belfort, en septembre 2007, l'une d'elles fut gardée à vue pendant deux heures parce qu'elle refusait de dénoncer un étranger en situation irrégulière. Le procureur avait classé l'affaire sans suite.


Nathalie Guibert
Article paru dans l'édition du 28.06.08

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La détention provisoire du cinéaste Jean-Claude Brisseau requise en appel
AFP 10.01.08 | 14h22

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Le parquet général a requis jeudi en appel la mise en examen et l'incarcération du cinéaste Jean-Claude Brisseau qui avait été entendu fin décembre par un juge comme témoin assisté et laissé en liberté dans une affaire de viols présumés, a annoncé à l'AFP une source judiciaire.

Les avocats de M. Brisseau, Mes Carole Foissy et Christian Saint-Palais, ont pour leur part demandé à la cour d'appel de laisser leur client en liberté en confirmant son statut de témoin assisté (intermédiaire entre le témoin et le mis en examen). L'arrêt a été mis en délibéré au 14 février.

Le cinéaste, hospitalisé depuis lundi dans le Sud de la France, n'était pas présent à l'audience de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris appelé à se prononcer sur son statut judiciaire.

L'auteur de "Noces blanches" (premier film de Vanessa Paradis en 1989) est mis en cause par deux comédiennes débutantes de 21 et 29 ans qui ont porté plainte contre lui le 31 octobre pour agressions sexuelles et harcèlement.

A l'issue de cette garde à vue, le parquet de Paris a ouvert le 22 décembre une information judiciaire pour "viols, agressions sexuelles par personne ayant autorité et harcèlement sexuel en état de récidive légale" et requis le placement du cinéaste en détention provisoire.

Mais au vu du dossier, la juge de permanence, Carole Vujasinovic, a choisi d'entendre M. Brisseau sous le simple statut de témoin assisté (intermédiaire entre le mis en examen et le simple témoin) et l'a laissé en liberté.

Le parquet a alors fait appel de la décision du juge devant la chambre de l'instruction qui contrôle le travail des magistrats instructeurs.

Le dossier a depuis été confié à une autre magistrate, la juge Emmanuelle Ducos.

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Société
Pour le mariage, le maire a vu blanc
En banlieue lyonnaise, le zèle d’une municipalité à traquer les fausses unions a mené à l’expulsion d’un Algérien.
De notre correspondant à Lyon OLIVIER BERTRAND
QUOTIDIEN : vendredi 4 janvier 2008

Il était une fois un couple qui vivait en France et voulait se marier à Décines, petite ville de la banlieue de Lyon. Nacéra avait 46 ans ; Salah, 43. Ils étaient tous deux algériens, lui en situation irrégulière - ce qui n’empêche pas de s’unir, a précisé le Conseil constitutionnel en 2003. Ils ont déposé leur demande, mais le maire a voulu les recevoir avant de publier les bans. Et les a soumis à un véritable interrogatoire. Il voulait vérifier si leur union était sincère. Jugeant que non, il les a dénoncés au procureur, et la demande de mariage s’est transformée en piège, jusqu’à l’expulsion du prétendant. Salah était arrivé en France en 2001 avec un visa de touriste. Il s’y est maintenu illégalement et a rencontré en 2006, Nacéra, une Algérienne arrivée bébé en 1965. Un imam les a mariés en juin 2007, puis ils ont déposé une demande de mariage civil en septembre à Décines. Un rendez-vous leur a été donné pour le 26 octobre. Le maire socialiste, Pierre Crédoz, voulait les voir.

Détails. «J’y suis allée avec mon futur époux, raconte Nacéra, et on est restés vingt minutes dans la salle d’attente. Il y avait un couple avant nous. C’était une black qui se mariait avec un Blanc. Le maire est venu ensuite et a dit qu’il voulait me voir toute seule d’abord. J’y suis allée. Il a commencé par me demander si c’était vraiment sérieux comme mariage, puis les questions ont commencé.» Trente-cinq au total. Quand se sont-ils rencontrés, dans quelles circonstances ? Par quel intermédiaire ? Qui a formulé la demande en premier ? Combien de temps après leur rencontre ? Nacéra doit aussi donner des détails sur son futur époux, sa date de naissance, les prénoms de ses frères et sœurs, leur profession, celle des parents et leur adresse. Où vont-ils habiter ensuite, quels sont leurs projets ? Elle répond qu’elle veut se marier et avoir des enfants, s’énerve plusieurs fois.

On l’interroge aussi sur sa propre famille afin de comparer avec les réponses que donnera Salah. «Un véritable interrogatoire qui va bien au-delà des prescriptions légales, relève Gilles Devers, avocat du couple. Cela constitue une atteinte à l’intimité de la vie privée.» Une fonctionnaire demande à Nacéra pourquoi elle n’a pas pris la nationalité française. «Je lui ai répondu que j’étais fière d’être algérienne», dit Nacéra. Après un quart d’heure, Salah est appelé et subit les mêmes questions. «Le but, c’est d’éviter les mariages de complaisance, explique le directeur général des services de Décines. Il ne faut pas être naïf. Les mariages blancs font courir un risque important. Mes services ont établi ce questionnaire. Je suis un fonctionnaire qui applique la loi.» Et de livrer le nom d’une maire socialiste voisine qui aurait les mêmes pratiques.

Sincérité. Après l’entretien, Pierre Crédoz écrit au procureur. Il l’informe avoir mené des entretiens qui n’ont «pas vraiment permis d’établir que l’intention matrimoniale était sincère». Et affirme qu’au dépôt de la demande Nacéra ne connaissait pas le nom de famille de son futur époux. Elle s’indigne : «C’est totalement faux, je me suis seulement trompée dans l’orthographe, c’est très différent.» Le parquet sursoit au mariage, et demande au commissariat de police de Décines de vérifier si ces deux-là vivent ensemble. Il transmet tout le dossier, donc les agents connaissent la situation illégale de Salah. Ils convoquent le couple par téléphone pour le 23 novembre. Simple formalité pour le mariage, laissent-ils entendre. Mais à leur arrivée les policiers demandent à Salah de les suivre. Ils lui demandent ses papiers, et comme il n’en a pas, ils redescendent et disent à Nacéra qu’elle peut disposer : ils sont obligés d’appeler la police aux frontières. Un arrêté de reconduite à la frontière est signé le lendemain, et Salah expulsé le 12 décembre. Entre-temps, Nacéra est entendue par les policiers, et la sincérité du mariage est établie. Le parquet signe donc, le 5 décembre, un courrier signalant au maire que l’union peut être célébrée. Mais la lettre n’est postée que le 11 décembre. Elle arrive à Décines le 12, jour du départ de Salah pour l’Algérie.

Le couple a déposé un recours devant le tribunal administratif pour faire annuler l’arrêté de reconduite à la frontière en s’appuyant sur la déloyauté de l’arrestation. L’ensemble de la procédure serait alors annulé. Un recours va également être déposé contre la commune. L’avocat a déjà écrit au maire pour demander réparation et lui rappeler que «la saisine du procureur de la République est limitée au cas où le mariage est susceptible d’être annulé», et que «le caractère irrégulier du séjour d’un étranger ne peut faire obstacle par lui-même au mariage». Pierre Crédoz assure qu’il n’est pas informé de la procédure. «Où est le problème ? demande-t-il. Je ne suis pas responsable de l’expulsion. J’applique les lois Sarkozy, qui nous mettent la pression. Pour moi, c’est plutôt une charge de recevoir ces gens. Je m’en passerais bien.» Salah et Nacéra aussi.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/301688.FR.php
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Lille : l'UMP recrute une nièce de Pierre Mauroy
NOUVELOBS.COM | 03.01.2008 | 10:12
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Brigitte Mauroy, qui s'en prend au bilan de la maire sortante, rejoint la liste du député UMP Sébastien Huyghe. Elle devrait figurer en deuxième position.

Martine Aubry (Sipa)

Martine Aubry (Sipa)
Brigitte Mauroy, nièce de l'ancien maire socialiste de Lille Pierre Mauroy, est candidate sur la liste UMP pour les prochaines municipales lilloise, face à Martine Aubry, a-t-elle indiqué jeudi 3 janvier sur France Inter.
Elle a motivé sa décision par sa volonté qu'on puisse "bien vivre à Lille, comme quand Pierre Mauroy était maire de la ville", et s'en est pris au bilan de la maire sortante.
Brigitte Mauroy devrait figurer en deuxième place de la liste conduite par le député UMP Sébastien Huyghe.

0,98%

Professeur d'anatomie à la faculté de médecine de Lille, Brigitte Mauroy, était suppléante du PRG Jacques Mutez lors de l'élection législative partielle dans la 4e circonscription du Nord, remportée en septembre 2005 par l'UMP Philippe Daubresse. Le candidat radical avait réuni au premier tour 0,98% des suffrages (208 voix).
Sébastien Huyghe affirme que sa liste sera "une liste d'ouverture" comprenant "des gens de différents bords politiques". Il cite notamment le nom de l'ex-Modem Thierry Pauchet.

Tombeur de Martine Aubry

Agé de 38 ans, Sébastien Huyghe avait créé la surprise lors des législatives de 2002, en battant Martine Aubry dans la 5e circonscription du Nord, dans laquelle il a été réélu le 17 juin dernier.
Martine Aubry est cependant favorite pour conserver son fauteuil de maire, les sondages semblant montrer qu'une grande majorité des Lillois sont satisfaits de son action.

je suis partout


Le cinéaste Jean-Claude Brisseau soupçonné de viols
Reuters 22.12.07 | 12h25

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PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert samedi une information judiciaire pour "viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel par personne ayant autorité" contre le cinéaste Jean-Claude Brisseau, visé par les plaintes de deux comédiennes, apprend-on de source judiciaire.

Le metteur en scène français de 63 ans a été interrogé pendant deux jours sous le régime de la garde à vue à la police judiciaire de Paris. Il devait être présenté samedi après-midi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen.

Un placement en détention provisoire est requis contre lui par le parquet, point qui devra être tranché par un juge des libertés. Il risque la cour d'assises à l'issue de la procédure.

Deux actrices pressenties pour un film de Jean-Claude Brisseau, puis écartées, ont déclaré avoir eu avec lui des rapports sexuels sous la contrainte. Elles ont déposé plainte en octobre. Le cinéaste a nié les faits durant sa garde à vue, parlant de relations sexuelles consenties.

Le cinéaste a été transféré plusieurs fois pendant son séjour à la police aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu en raison de supposés problèmes cardiaques.

Les faits allégués par les plaignantes se seraient déroulés ces deux dernières années, notamment pendant les préparatifs et le tournage du film "Les anges exterminateurs".

Ce film, sorti en septembre 2006, raconte une précédente affaire qui a valu à Jean-Claude Brisseau une condamnation le 15 décembre 2005 à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour harcèlement sexuel.

Il avait été reconnu coupable d'avoir demandé à deux candidates à un rôle dans ses films de tourner ce qu'il a appelé des "essais érotiques" entre 1999 et 2001. Ces derniers consistaient pour les jeunes femmes à se masturber dans des lieux privés ou publics ou à se livrer à des caresses sexuelles réciproques.

Les comédiennes n'avaient déposé plainte qu'après avoir appris qu'elles n'obtiendraient pas de rôle et le tribunal avait à l'époque écarté les accusations d'agressions sexuelles.

Pour les faits de harcèlement sexuel, Jean-Claude Brisseau sera en état de récidive légale si le dossier est renvoyé devant une juridiction de jugement, si bien qu'il y encourra une peine-plancher au moins pour cette partie des accusations.

Le metteur en scène, dont l'oeuvre tourne autour de la sexualité féminine, bénéficie d'une réputation internationale depuis le film "Noces blanches", qui révéla Vanessa Paradis comme actrice en 1989. Le film "Choses secrètes", sorti en 2002, lui a valu un important succès critique.

Il a déclaré lors de son procès de 2005 avoir agi dans le cadre de son métier d'artiste et de ses recherches sur la féminité et l'interdit sexuel, explication qu'il a maintenu ces derniers jours devant la police.

Thierry Lévêque

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GAUCHE
Le Parti socialiste face au "cas" Manuel Valls
LE MONDE | 11.12.07 | 14h53 • Mis à jour le 11.12.07 | 14h53

our un type isolé, avouez que c'est surprenant" : Manuel Valls savoure les résultats du sondage Opinion Way publié dans Le Figaro du 7 décembre. Cette enquête - réalisée les 5 et 6 décembre auprès de 976 personnes - place le député de l'Essonne et maire d'Evry en troisième position parmi les personnalités susceptibles de faire "un bon premier secrétaire du PS" ; derrière Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, mais devant Arnaud Montebourg, Laurent Fabius et François Hollande.

Inutile, en revanche, de lancer une étude d'opinion pour mesurer sa piètre cote de popularité parmi les dirigeants socialistes. Le 20 novembre, lors de la manifestation des fonctionnaires à Paris, le député européen Benoît Hamon a été vivement interpellé par des manifestants... qui l'avaient pris pour M. Valls. Le même jour, à Auch, le député fabiusien du Gers Philippe Martin raconte avoir été "bousculé par des syndicalistes" lui demandant des comptes sur les déclarations du même Valls appelant le PS à se prononcer avec "une plus grande clarté" en faveur de l'alignement des régimes spéciaux de retraite. Parmi les députés socialistes, il arrive que le ton monte. Le 27 novembre, plusieurs d'entre eux ont ostensiblement quitté l'hémicycle lorsque M. Valls a pris la parole pour critiquer - au nom du groupe dont il est l'un des vice-présidents - la politique du gouvernement sur les banlieues.

Partisan de réformer sans complexe les retraites, de changer le nom du parti et "d'en finir une bonne fois pour toutes avec les complexes à l'égard de l'extrême gauche", le député de l'Essonne ne craint pas d'incarner l'aile droite du PS. "Mon propos, dit-il, consiste à rendre les socialistes audibles sur une série de sujets qui ont contribué à notre défaite de 2007". A 45 ans, le maire d'Evry veut représenter la relève. " La responsabilité de ma génération est d'en finir avec l'incantation, le mal profond de la gauche française" insiste-t-il. Pour Gaëtan Gorce, député socialiste "rénovateur" de la Nièvre, "il faut reconnaître à Manuel Valls le mérite de s'exprimer clairement et de poser les problèmes de façon intelligible. Etant donné l'état où se trouve le PS, ce n'est pas inutile".

ABSENCE DE LEADERSHIP

Ses adversaires estiment au contraire que ses prises de positions tranchées font de lui un véritable repoussoir. "Au congrès, quiconque prendrait Manuel Valls sur sa motion sait qu'il perdrait dix points" assène Razzye Hammadi, ex-président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). L'intéressé fait remarquer qu'il reçoit de nombreuses invitations d'élus du PS et, de la part des militants, autant de messages d'encouragement que de critiques. Les crispations autour du "cas Valls" apparaissent d'abord comme un symptôme. Celui de l'absence de leadership et d'une incapacité à faire vivre le débat dans les instances statutaires du PS. " Le problème, ce sont les déclarations de Manuel à l'extérieur de l'Assemblée. Mais il faut dire qu'au PS, nombreux sont ceux qui parlent dans tous les sens", soupire Jean-Marc Ayrault, patron des députés socialistes.

Même si cette fonction lui garantit une visibilité dont il sait tirer profit, le maire d'Evry n'entend pas jouer éternellement les trublions. "Je n'ai pas envie de m'installer dans un rôle. Cela n'a qu'un temps", prévient M. Valls qui évoque l'hypothèse de présenter, faute de mieux, une motion avec les "rénovateurs" qui réclament une refonte des statuts et la mise en place d'une direction collégiale. Toutefois, il n'a pas manqué, ces derniers temps, de saluer le retour de Ségolène Royal. Prémices d'un retour dans le rang ?

Jean-Michel Normand

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Politiques
Les syndicats de fonctionnaires gardent la grève sous le coude
Pour ne pas braquer Fillon, qui Alors que François Fillon fait de la réforme de la fonction publique une «urgence nationale», ils ont décidé de ne pas défiler le 18 octobre.
Par François Wenz-Dumas
QUOTIDIEN : mardi 2 octobre 2007
Officiellement, les syndicats de fonctionnaires ne seront pas en grève le 18 octobre, contrairement aux cheminots de la SNCF et aux conducteurs d’autobus ou de métro de la RATP. Mais leurs syndicats envisagent de lancer «une action nationale» commune «à la mi-novembre». Ce qui n’empêche pas ceux qui le souhaiteraient de descendre dans la rue le 18 octobre.
Compromis . Il aura fallu près de trois heures de réunion hier soir à sept des huit fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC mais pas la CFE-CGC) pour parvenir à ce compromis ménageant les susceptibilités des uns et des autres. Elles ont donc «convenu de se revoir le 26 octobre pour décider des modalités d’une action nationale à la mi-novembre, indépendamment des initiatives décidées d’ici là».
Cet appel à géométrie variable permet de masquer les différences d’appréciation entre les syndicats. La CGT, la FSU et Solidaires voulaient en effet appeler à la grève dès le 18 octobre, en profitant de la mobilisation à la SNCF et à la RATP, pour mettre la pression sur le gouvernement. Les cinq autres organisations craignaient qu’une journée d’action trop «fourre-tout» soit le prétexte qu’attend le gouvernement pour présenter les syndicats comme opposés à toute réforme, justifiant alors un passage en force.
Un risque d’autant plus évident que se tenait hier la première conférence sur les «valeurs, les missions et les métiers» du service public, qui a permis à François Fillon d’insister sur sa volonté de réforme de la fonction publique, présentée comme une «urgence nationale». Reprenant les grandes lignes du discours prononcé le 20 septembre à Nantes par Nicolas Sarkozy, le Premier ministre a notamment insisté sur le double statut, public ou privé, pour lequel pourraient opter à l’avenir les salariés de l’Etat.
«La nouvelle fonction publique», a ainsi précisé Fillon, «offrira aux nouveaux agents la liberté de choisir entre le statut de fonctionnaire et un contrat de gré à gré.» Et «dans cette nouvelle fonction publique, on pourra travailler plus pour gagner plus, et chaque agent pourra, s’il le souhaite, effectuer des heures supplémentaires justement rémunérées».
compétence. «Je ne suis pas persuadée qu’il faille prendre systématiquement modèle sur le secteur privé», commentait hier Elisabeth David (Unsa). Et son collègue de FO, Gérard Noguès de renchérir : «La fonction publique, ce sont des principes de neutralité, d’adaptabilité, de compétence, de carrière, mais on a l’impression que pour être moderne, il faut désormais parler de flexibilité, de précarité, de modération salariale.»
Les syndicats craignent aussi qu’en ouvrant cette réflexion sur la rénovation du service public, qui doit déboucher au printemps sur la publication d’un «livre blanc», dont la rédaction a été confiée à un conseiller d’Etat, Jean-Ludovic Silicani, le gouvernement cherche surtout à repousser le moment d’ouvrir de véritables négociations sur l’emploi et la politique salariale dans les trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière). En retenant la mi-novembre pour lancer une action, ils espèrent ne pas passer pour hostiles à toute réforme.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/281977.FR.php
© Libération

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Editorial
Evénement
Réalités
Par Laurent joffrin
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
Ainsi la gauche virerait à droite… Réalisé par LH2, notre sondage paraît d’une clarté limpide : sur des thèmes clés comme la mondialisation, le rôle de l’Etat, la politique de sécurité et quelques autres, une majorité des sympathisants de gauche s’écarte des positions traditionnelles de la gauche et semble donc se rapprocher, par la force des choses, de celles de la droite. Mieux, ou pis (c’est selon), c’est l’évolution des classes moyennes et populaires - électorat de principe du «camp progressiste» - qui fait pencher en ce sens dérangeant le centre de gravité idéologique de la gauche. Diable ! Voilà les coups de canif abondamment pratiqués par Ségolène Royal pendant la campagne ratifiés a posteriori. Les choses bougent, donc.
Droitisation ? L’affaire est sans doute un peu plus compliquée. Le diagnostic qu’on ne manquera pas de formuler, à droite notamment, ou encore dans la gauche radicale, procède en fait de critères eux-mêmes traditionnels. Non pas que la césure droite-gauche tende à disparaître. Bien au contraire, elle structure aujourd’hui la quasi-totalité des grandes démocraties. Mais son contenu, il faudra s’y habituer, n’est plus le même. Il est une manière fort simple de l’exprimer : et si une politique de gauche se jugeait d’abord par ses objectifs et ses résultats, plus que par ses moyens ? Le fétichisme des instruments est l’une des maladies séniles de la gauche. Deux exemples. Une politique qui réduit le chômage - et donc les inégalités - en employant des moyens nouveaux est-elle moins à gauche qu’une autre qui échoue à le faire avec des méthodes classiques ? Une politique qui améliore le fonctionnement de l’école en réformant l’appareil scolaire est-elle plus à droite qu’une autre qui ne l’améliore pas en jouant le statu quo ? Voilà sans doute le vrai sens du message contenu dans cette enquête : il n’y a pas de gauche qui vaille en dehors des réalités. Les choses qui vont sans dire…


http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/editorial/277785.FR.php
© Libération


Politiques
Evénement
La gauche vire-t-elle à droite?
Reuters
Selon notre sondage LH2-Libération, la famille libérale autoritaire fait une percée parmi les sympathisants de gauche.
Par Paul Quinio
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
L'intégralité du sondage au format PDF
C’est un peu le triangle des Bermudes de la gauche. Elle peut y perdre facilement une partie de son âme, mais aussi y trouver une planche de salut électoral… C’est un morceau «so­ciologique» de la gauche, mais qui transgresse ses frontières. C’est un bloc, mais mobile, ­infidèle, zappeur, qui lorgne parfois sur sa droite. C’est à l’arrivée, en ces temps de rénovation idéologique, un gros point d’interrogation straté­gique et identitaire pour la gauche en général et le Parti socialiste en particulier.
Dans la livraison 2007 de son étude sur les familles de la gauche - réalisée pour Libération à l’occasion du forum Vive la politique qui va se tenir à partir de demain et pendant trois jours à Grenoble -, l’institut de sondages LH2 a identifié parmi les sympathisants de gauche qu’il a interrogés un groupe qui n’a pas fini de faire causer. Le nom de cette famille: libérale autoritaire, «numériquement la plus importante, politiquement la plus mobile, électoralement la plus décisive», résume François Miquet-Marty, directeur des études politiques à LH2.
«Bloc puissant». Qui sont-ils? En majorité des ouvriers, des employés, des salariés du secteur privé, qui estiment pour la plupart (67%) que leur «situation au sein de la société s’est détériorée» ou que notre «société va de plus en plus mal» (90%). Economiquement, ils acceptent le système libéral, sont favorables aux baisses d’impôts et à la réduction des dépenses publiques (87%). Ils sont sensibles à la productivité dans les administrations (73%) et aux questions comme la sécurité et l’immigration. Mais se disent «plutôt à gauche» pour 51% d’entre d’eux. Au premier tour de la présidentielle, ils ont privilégié le vote Royal (à 56%), mais ont aussi voté Bayrou (10%), Sarkozy (7%), ou Besancenot (6%).
Combien sont-ils ? 35% des sympathisants. Ce qui en fait la famille de gauche la plus nombreuse. Devant la famille sociale-libérale (26%), étatiste (24%) ou antilibérale (15%). «Au cœur de l’ensemble de l’échiquier politique s’est installé un bloc puissant qui se réclame de la gauche mais qui affiche des valeurs libérales et autoritaires et qui est à même de briser la cohérence de la gauche au profit de la droite, et de nourrir la popularité de Nicolas Sarkozy», analyse le directeur de LH2.
Giron. Dans le rétro de la campagne présidentielle, c’est cette famille que Ségolène Royal a tenté de ramener dans le camp de la gauche après la défection massive des ouvriers le 21 avril 2002, avec les conséquences que l’on sait pour le candidat socialiste Lionel Jospin. Les armes de séduction royalistes, son discours sur «l’ordre juste» et son positionnement antisystème, ont permis à la candidate PS d’en ramener une partie dans le giron de la gauche. Mais une partie seulement.
Après la défaite, l’enjeu est désormais de savoir quelle importance accordera le PS à cette famille dans ses débats sur sa rénovation idéologique. «Tout le travail de la gauche consiste à proposer une offre politique qui fédère durablement cette famille libérale et autoritaire, mais sans renier les valeurs en lesquelles se reconnaissent les antilibéraux, les étatistes et les sociolibéraux», explique Miquet-Marty. Pas simple quand on sait que les premiers veulent à 85% s’opposer «radicalement à la mondialisation», aspirent à des renationalisations (61%) et se reconnaissent dans Besancenot (51%). Que les deuxièmes sont opposés à 70% aux baisses d’impôts. Et que les derniers, majoritairement des cadres, trouvent que leur situation s’est globalement améliorée (49%) et se reconnaissent dans Dominique Strauss-Kahn pour porter la croissance économique.
Fermeté. Pas simple en résumé de «vertébrer» un nouveau projet capable de répondre «aux tentations centristes et droitières d’une gauche désarticulée». Travaux pratiques: le débat de ces derniers jours sur la réforme des régimes spéciaux, qui a vu les socialistes, de Jean-Luc Mélenchon à Manuel Valls, décliner une gamme impressionnante de positions. Le prochain débat parlementaire, à l’occasion de l’examen de la nouvelle loi sur l’immigration, devant leur fournir une nouvelle occasion de grand écart.
A l’arrivée, et ces débats recouperont évidemment ceux sur les alliances électorales à nouer (lire ci-dessous), c’est bien à la question de sa droitisation que la gauche devra faire face, puisque prêt de la moitié de ses sympathisants (si on cumule les familles libérale autoritaire et sociale-libérale) est réceptive au discours centriste et de droite en matière économique et au discours de fermeté sur les questions plus sociétales… Comme dans le même temps, les sympathisants de gauche sont plus nombreux qu’il y a deux ans à remettre au goût du jour le clivage gauche-droite, la voie est décidément bien étroite.

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Politiques
Evénement
La gauche tremble sur ses fondamentaux
Au premier rang des remises en cause : l’économie.
Par David Revault d’Allonnes
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
Y aurait-il aujourd’hui, à gauche, une frac­ture? C’est le premier des enseignements du sondage LH2- ­Libération consacré à «l’identité de la gauche» : 88 % des sympathisants estiment que trop de divisions la traversent. L’appréciation n’est pas nouvelle, mais prend aujourd’hui une acuité particulière, puisqu’ils n’étaient que 82% en 2003. Trop de divisions, donc, qui, loin de se limiter au choc des ambitions, recouvrent éga­lement des oppositions idéo­logiques difficilement conciliables. Le récent flottement du PS sur les régimes spéciaux le démontre, qui a vu s’affronter Manuel Valls, «rénovateur», à la gauche du parti, puis à sa direction.
Clivages. Voilà qui n’incite guère à rêver à des lendemains électoraux qui chantent : 57 % des personnes interrogées pensent que la gauche a «de fortes chances de revenir au pouvoir». Ils étaient 65 % en 2003. Les tenants de l’effacement des frontières politiques en seront néanmoins pour leurs frais: si 52 % des sondés jugent «dépassées» les notions de gauche et de droite, ils sont 47 % à estimer qu’elles sont «toujours valables», contre 36 % il y a deux ans.
Valeurs et clivages reprendraient-ils quelque vigueur ? Paradoxe : dans le détail, ceux-ci ont, doucement mais sûrement, glissé. Alors que les socialistes n’ont que le mot de «rénovation» à la bouche, sans toutefois s’accorder sur les moyens de celle-ci, les Français de gauche, eux, semblent avoir déjà, en partie du moins, révisé leurs positions.
S’habituer. C’est sur les questions économique que le glissement est le plus flagrant. Au moment où les socialistes clament que la question de l’acceptation du marché n’en est plus une, les sympathisants de gauche semblent ne plus combattre l’ordre économique avec la même vigueur. C’est le cas pour la mondialisation, à laquelle 39 % des sondés es­timent qu’il faut s’opposer nettement. Il y a deux ans, ils étaient 44 %.
Le devoir de contester s’ef­frite. Alors qu’ils étaient 80 % à juger, en 2003, que les altermondialistes exprimaient des critiques justifiées contre la mondialisation, ils ne sont plus, aujourd’hui, que 68%. De même pour la structure de ­notre capitalisme national et le partage entre public et privé auquel, de plus en plus, ils semblent s’habituer. 52 % des sympathisants de gauche considèrent aujourd’hui qu’il y a, «juste ce qu’il faut d’entreprises nationales et privées», 7 points de plus qu’en 2005. Et sur le rôle de la puissance publique, 59 % d’estimer que «l’Etat joue un rôle trop important dans la société française».
La pilule du libéralisme serait-elle désormais moins amère à avaler ? Certes, pour beaucoup à gauche, l’urgence demeure sociale - 49 % consi­dèrent la lutte contre le chômage comme la priorité, devant la précarité (37 %), l’éducation (32 %), les salaires (27 %), la santé (24 %) et l’égalité des chances à 23 % -, mais l’individualisme gagne du terrain. Et il investit l’école (77 % des sondés s’affirment favorables au libre choix de l’établissement scolaire par les parents), la protection sociale (61 % approuvent le développement d’organismes privés), la fiscalité (62 % approuvent l’idée de baisses d’impôt permettant de réduire les dépenses publiques).
Productivité. Même les fonctionnaires n’échappent pas à cette dernière injonction, 61 % des sondés se disant favorables au développement de la productivité dans l’administration…
Un peu moins ferme sur ses fondamentaux, l’opinion de gauche semble l’être toujours envers les partis. Ainsi, 81% des sondés considèrent qu’ «ils ne s’intéressent qu’au pouvoir et pas aux citoyens». Une opinion que ne manqueront pas de méditer les dirigeants socialistes.

Politiques
Evénement
Des alliances à nouer rapidement
Du Parti socialiste à la LCR, les partis sont en pleine réflexion sur leur stratégie d’unions.
Par éCOIFFIER MATTHIEU
QUOTIDIEN : mercredi 12 septembre 2007
Rester fermement ancré à gauche ? Ou dériver au centre ? Après l’échec de la gauche plurielle en 2002, et une «gauche durable» introuvable à la dernière présidentielle, quelle stratégie d’alliances ?
La question taraude le peuple de gauche comme les dirigeants de partis en plein chantier de rénovation. Les sympathisants sondés par LH2 entrevoient une dynamique possible tant du côté de la gauche antilibérale que du centre (lire ci-dessous). Difficile de faire plus sioux, alors que les états-majors du PS, des Verts et du PCF naviguent à vue, enfumés par les débauchages d’un Sarkozy autoproclamé «DRH» du PS et le refus du Modem de choisir entre la droite et la gauche. Un flou sur lequel surfe à loisir Olivier Besancenot pour propulser son futur parti sur une ligne clairement anticapitaliste, antisarkozyste et indépendante du PS, taxé de formation social libérale.
«Ça reclive !». Hier, Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, et Olivier Dartigolles porte-parole du PCF, réagissaient positivement face à un autre résultat du son­dage LH2 : «Ça reclive!» se félicitent-ils en notant que le clivage droite-gauche reprend du poil de la bête. Pas sûr pourtant que cela suffise à remettre l’ex-trio PS-PC-Verts au goût du jour. Ni que l’opposition à la politique de Sarkozy permette d’unifier la gauche.
A preuve, les divergences des ténors socialistes sur la ré­forme des régimes spéciaux, qui alimentent le procès en «droitisation» du PS chez ses alliés de gauche. Ou du moins l’idée d’un positionnement «social-démocrate». «Beaucoup, au PS, rêvent d’une alliance à l’italienne, allant des communistes au centre, avec un PS hégémonique», analyse Clémentine Autain, figure parisienne des antilibéraux.
Pas sûr que le rendez-vous des municipales de mars 2008, avec ses enjeux locaux et souvent personnalisés apporte la clarification attendue. Au PS, la ligne est ­ «claire», a martelé Hollande à La Ro­chelle : «Rassemblement de la gauche» au premier tour, à l’exception des troupes «guévaristes» de Besancenot qui «refuse toute relation avec nous». Et, au second tour, attirer sur son projet - voire intégrer sur ses listes - les électeurs et les candidats du Modem. «La question du centre n’est pas posée à la gauche mais au centre. S’il ne choisit pas son camp, il sera nulle part, explique le Foll. Une maturation va se faire à gauche en fonction de la politique de Sarkozy. A nous de l’organiser, sans renier les cultures de chacun. Il y a des équi­libres différents à trouver», poursuit-il.
De quoi inquiéter communistes et Verts douchés à la présidentielle, notamment par le vote utile en faveur de Royal: «Le PS est tenté par des alliances à la carte : bien disposé là où on est intéressants. Et appelant à la recomposition ailleurs», dénonce Dartigolles, rétif à une «gauche à géométrie variable» avec un PS qui serait orienté au centre. Et le PCF de demander une «stratégie claire et cohérente» au Parti socialiste pour les municipales.
Travaux pratiques. Pour se tester entre ex-partenaires, les Verts leur ont proposé des travaux pratiques, en commençant par le Grenelle de l’environnement. «Ce qui est jouable à ce stade, à un moment où chacun se cherche, entre un centre introuvable et une gauche en difficulté de projet et de leadership, c’est de travailler sur les priorités», note Dominique Voynet. François Hollande a opiné, proposant à la gauche un «comité de liaison» en préambule à des «assises». En attendant, le premier secrétaire du PS doit participer, samedi à la fête de l’Humanité à une table ronde «des leaders de la gauche» aux côtés de Marie-George Buffet, Cécile Duflot et… d’Olivier Besancenot.

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écilia Sarkozy s'explique sur la libération des infirmières bulgares
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.09.07 | 08h10 • Mis à jour le 04.09.07 | 12h58


Pressée par la gauche de témoigner devant la future commission d'enquête sur les conditions de la libération des infirmières bulgares par la Libye, Cécilia Sarkozy confirme qu'elle s'y refuse – je crois que ce n'est pas ma place" –, mais entend "faire la lumière" sur son rôle dans cette affaire, dans un entretien au quotidien régional L'Est républicain, publié mardi 4 septembre.

Alors qu'une polémique s'est fait jour sur les contreparties accordées par la France au régime libyen, notamment sur le nucléaire, l'épouse du président de la République explique qu'"à [son] niveau", seules des"contreparties d'ordre médical" ont été proposées. "J'ai offert à l'hôpital de Benghazi des médecins chargés de former leurs homologues palestiniens, des équipements, des traitements contre le sida et des visas rapides pour que ces cas urgents puissent venir se faire traiter en France", précise-t-elle, ajoutant qu'elle "[suit] l'évolution de tous les enfants contaminés".

"PAS DE RÔLE PARTICULIER"

Mme Sarkozy explique la réussite de son intervention par le fait qu'elle est arrivée sur place "en tant que femme, en tant que mère, sans forcément [s']attarder sur la complexité des relations internationales, mais avec la ferme intention de sauver des vies", et en se concentrant "sur la libération des infirmières et sur ces enfants qui vivent un enfer depuis huit ans". Les discussions avec le colonel Khadafi ont eu lieu "en anglais et en tête-à-tête, sans interprète". "Je pense qu'il a compris qu'avec moi, il pouvait faire un geste humain susceptible d'améliorer son image", explique-t-elle, ajoutant avoir négocié avec d'autres dirigeants libyens.

Cécilia Sarkozy, qui n'exclut pas de retourner en Libye prochainement "si cela est nécessaire", dit "ne pas avoir de rôle particulier" dans la République, alors que ses deux voyages dans ce pays, en tant qu'"émissaire personnelle" du chef de l'Etat selon l'Elysée, avaient fait débat. "Chacun a le devoir de s'engager quand il le juge nécessaire. Là, je l'ai fait avec mon cœur et ma détermination", lance-t-elle, avant de prévenir : "On ne m'empêchera jamais d'essayer d'aider ou de soulager la misère du monde, dans quelque pays que ce soit."

71%

François Fillon pose ses conditions à un effort sur la paye des fonctionnaires
LE MONDE | 27.08.07 | 16h05 • Mis à jour le 27.08.07 | 16h05

e premier ministre n'écarte pas la possibilité de "faire des efforts" pour les fonctionnaires à condition qu'ils "acceptent la diminution des effectifs". Il l'a déclaré, dimanche 26 août, au journal de 20 heures de TF1, à la veille d'une semaine qui doit être marquée, jeudi, par les annonces du chef de l'Etat sur la "deuxième phase" de ses réformes économiques, à l'université d'été du Medef. François Fillon, qui maintient ses objectifs de croissance (2,25 % en 2007, 2,5 % en 2008), a aussi déclaré qu'il ne croyait "pas du tout", malgré l'augmentation du prix du pain, à une hausse prochaine de l'inflation.

Evoquant les trois premiers mois de la présidence Sarkozy, M. Fillon, qui "ne croit ni à l'état de grâce ni aux 100 jours", s'est déclaré "persuadé" du soutien des Français "tant qu'on agit, qu'on est au travail". A en juger par un sondage TNS-Sofres pour Le Figaro et LCI, réalisé les 22 et 23 août auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française adulte, l'état de grâce semble pourtant bel et bien exister. L'action de Nicolas Sarkozy et du gouvernement recueille 71 % d'opinions positives (71 % sur la rénovation de la vie politique et de la politique étrangère, 68 % sur la sécurité, 52 % sur la politique fiscale). Le seul domaine dans lequel l'action de l'exécutif est désapprouvée est le pouvoir d'achat (28 % d'opinions positives, 68 % de négatives), malgré la récente promulgation de la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA).

Après les vives critiques formulées en commun par les syndicats de la fonction publique, qui ont dénoncé "les sarcasmes, approximations et (le) mépris" du gouvernement et "la logique exclusivement comptable" prévalant en matière d'emploi, M. Fillon a admis qu'il y avait "incontestablement un problème". "Il faut que les fonctionnaires acceptent la diminution des effectifs, qu'ils acceptent la modernisation de leurs conditions de travail et en même temps, nous, il faut que nous fassions des efforts", a-t-il dit sans toutefois s'engager sur l'ouverture de négociations salariales globales. Il a souhaité par ailleurs "améliorer les conditions de la concurrence", via notamment la réforme de la loi Galland sur la grande distribution, et "lutter contre un certain nombre d'abus", dont ceux des opérateurs téléphoniques sur les hotlines.

Claire Guélaud

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Société
Le maire d'Argenteuil chasse le SDF au répulsif
Georges Mothron, député-maire UMP d'Argenteuil. (AFP)
La ville s'est procuré un produit chimique maladorant pour tenter d'écarter les sans-abris de certaines zones. L'un de ses arrêtés anti-mendicité, en 2005, évoquait la «gêne olfactive» liée à la présence de SDF...
Par AFP
LIBERATION.FR : vendredi 24 août 2007

Dans le but de déloger les SDF de son centre-ville, la mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise) a acheté cet été des répulsifs nauséabonds appelés «Malodore», «une solution triste» mais nécessaire selon la mairie que dénonce le PS qui condamne «une chasse aux pauvres».

Depuis trois ans, le maire Georges Mothron (UMP) prend chaque été un arrêté pour interdire le centre d’Argenteuil aux SDF. Cette année, pour la première fois, la mairie a reconnu vendredi s’être procuré du «Malodore» pour éloigner les SDF vivant notamment aux abords du centre commercial du coeur de ville.

«La mairie utilisera ce produit si elle ne trouve aucune autre solution, notamment sociale, pour éloigner des SDF occupant une sortie de secours du centre commercial. Ils posent des problèmes de sécurité et gênent les riverains. C’est une solution triste dont on espère se passer», a expliqué à l’AFP Philippe Metezeau, premier adjoint au maire.

Selon plusieurs sources, la mairie a demandé en juillet à ses agents de la voirie d’asperger de répulsif les lieux de prédilection des SDF dans le centre-ville. Mais elle a essuyé un refus net des employés municipaux.

«Le carton de Malodore précisait que le produit était toxique et irritant, et qu’il ne fallait pas le respirer, alors, les agents ont décidé de ne pas le diffuser, car ils veulent bien +chasser des rats mais pas des SDF+», raconte un agent de la mairie sous couvert d’anonymat.

Suite à ce refus, une partie du répulsif a été donné à des agents d’entretien de la galerie marchande «Côté Seine», ce que reconnaît la mairie. La direction de «Côté Seine» a précisé à l’AFP que ses employés avaient bien diffusé le répulsif au niveau des sorties de secours du centre commercial où les SDF ont leur habitudes.

Livré sous forme de concentré à diluer et à pulvériser, «Malodore» est une exclusivité de la société Firchim, spécialisée en produits d’entretien.

«C’est un produit pas dangereux qui laisse une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines. On l’utilise normalement pour éviter que des gens en état d’ébriété ne stationnent près d’endroits dangereux, sous les ponts ou près des routes», a expliqué à l’AFP le responsable de Firchim, Pierre Pasturel. Selon lui, d’autres collectivités utilisent «Malodore» à cet effet.

Secrétaire nationale à l’égalité des chances du PS et candidat aux législatives à Argenteuil en juin, Faouzi Lamdaoui a dénoncé à l’AFP la «scandaleuse chasse aux pauvres» du maire et «des moyens contraires à la dignité humaine».

En 2005, l’un des arrêtés anti-mendicité de M. Mothron, évoquant une «gêne olfactive anormale» liée à la présence des SDF, avait été annulé par la préfecture.

L’arrêté pris le 6 août et qui court jusqu’en 2012, fait l’objet d’une requête en annulation déposé à la préfecture par Valentin Texeira, militant Verts.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/274067.FR.php
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Politiques
Evénement
Le Parti socialiste cherche sa tête
DR
Selon le sondage LH2-«Libération», les Français préfèrent Dominique Strauss-Kahn à Ségolène Royal pour moderniser la gauche. Et la relève tarde à prendre le relais.
Par DÉLY RENAUD
QUOTIDIEN : mercredi 22 août 2007
Gauche, année zéro. Une opposition sans tête, sans projet, et, pour l’heure, sans relève apparente : tel est le triste état de la gauche cent jours après l’élection de Nicolas Sarkozy selon notre Observatoire de l’opinion LH2- Libération (1).
Alors que Ségolène Royal s’apprête à faire sa rentrée politique samedi, à Melle (Deux-Sèvres), la présidente de la région Poitou-Charentes enregistre une chute sévère : seuls 15 % des Français considèrent qu’elle serait le meilleur leader de la gauche pour les années qui viennent, soit six points de moins qu’en juin. L’ex-candidate paye là les hésitations stratégiques, notamment quant à la prise du PS, et les erreurs qu’elle a accumulées après sa défaite à la présidentielle, par exemple lorsqu’elle a reconnu qu’elle avait défendu des promesses sur les 35 heures ou le Smic, auxquelles elle ne croyait pas elle-même.
Poulain. Résultat, Ségolène Royal est désormais nettement devancée par Dominique Strauss-Kahn, 30 % des Français le jugeant comme le «meilleur leader» d’avenir pour la gauche. DSK se contente toutefois de faire jeu égal parmi les électeurs de gauche, et il est toujours devancé par Royal chez les sympathisants socialistes. L’ancien ministre de l’Economie n’enregistre un total flatteur que grâce aux électeurs de… droite. Strauss-Kahn encaisse là les bénéfices du «baiser empoisonné» de Nicolas Sarkozy, qui ne tarit pas d’éloges pour celui dont il a fait son poulain pour la direction du FMI. Pour le PS orphelin de leader, la performance de DSK est d’autant plus vaine que l’intéressé choisit de prendre du recul par rapport au combat politique national. De Bertrand Delanoë à François Hollande, ou Laurent Fabius, les autres éléphants socialistes demeurent englués à des niveaux ridiculement bas tandis que le «jeune lion» Arnaud Montebourg ne perce pas. Razzye Hammadi, leader du MJS, déboule en tête du test de notoriété que l’institut LH2 a fait passer aux jeunes pousses qui prétendent incarner la relève. Il bénéficie sans doute de son exposition aux côtés de François Hollande samedi dernier à Toulon.
Emergence. Mais, de Vincent Peillon à Manuel Valls ou Benoît Hamon, ces jeunes ambitieux ont encore quelques efforts à faire pour se faire connaître. Et reconnaître. Ils seront encouragés en constatant que l’émergence d’une nouvelle génération fait justement partie des priorités que les Français imputent à la gauche, tout juste derrière l’élaboration de «programmes clairs», et devant la nécessité d’être plus proche des gens. Un long labeur de rénovation pour lequel les socialistes peuvent se réjouir de disposer de cinq ans. Au minimum.
(1) Réalisé les 17 et 18 août auprès de 1 007 personnes.

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Accéder au forum "La refondation de la gauche, vos idées..."

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/273532.FR.php
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UN SONDAGE EXCLUSIF SOFRES-"NOUVEL OBSERVATEUR"-LES GRACQUES
Gauche : les électeurs face aux doutes du PS
NOUVELOBS.COM | 22.08.2007 | 18:24
Réagissez à l'article67 réactions
Très durs les électeurs de gauche avec le PS. C'est l'un des enseignements d'un sondage Sofres-Nouvel Obs-Les Gracques.

Ségolène Royal, le 23 juin 2007 à Angles-sur-l'Anglin

Ségolène Royal, le 23 juin 2007 à Angles-sur-l'Anglin (AFP)
Les électeurs de gauche sont plus iconoclastes que le PS : c’est un des principaux enseignements du sondage exclusif SOFRES-Le Nouvel Observateur- Les Gracques, publié cette semaine dans le Nouvel Obs. C’est ainsi que 51 % des sympathisants de gauche jugent le programme socialiste "pas réaliste", 63 % "pas vraiment innovant" et 49 % "en décalage avec les aspirations des Français". Telles sont quelques unes des révélations de ce sondage qui revient sur les vraies raisons de la défaite de l’opposition à l’élection présidentielle, tout en montrant comment les Français entrevoient l’avenir de la gauche au moment où s’engage la rentrée politique.

Gauche : la tentation centriste
par Claude Askolovitch

L'AVANTAGE du désastre, c’est qu’il ne laisse pas de place au doute. Le PS doit changer, profondément, ou bien se résigner à végéter, cadenassé par un corpus idéologique lesté des évidences des années 70. Devenir moderne, recoller à la réalité et à l’opinion, ou bien péricliter, loin de son époque et d’un pays qui a bien changé… Le sondage SOFRES exclusif que nous publions, préparé par le Nouvel Observateur avec le groupe des Gracques, ces contestataires modernistes de la gauche révélés pendant la présidentielle, envoie aux dirigeants socialistes un message cruel : ils avaient faux, et sur toute la ligne. Le programme du PS, fruit de tant de patients compromis entre chapelles socialistes? Un projet ringard, impraticable et tue-l’amour ! Les chiffres sont accablants: 68% des sondés jugent le programme socialiste "pas réaliste", 74 % "pas vraiment innovant", 62% "en décalage avec les aspirations des français"! Les sympathisants de gauche eux-mêmes n’arrivent pas à donner quitus à leurs favoris: ils sont ainsi 63% à acter le manque d’innovation, 51% à constater le manque de réalisme, et 49% à admettre le décalage avec l’opinion. Les électeurs socialistes sont bons enfants, qui ont voté pour leurs champions en dépit de ce qu’ils proposaient! Ce jugement seul suffirait à justifier une révolution interne. Mais quand on entre dans les détails, le tableau se durcit. Méthodiquement, des totems de la gauche sont renversés par les Français. L’axe stratégique majeur, l’incontournable union de la gauche, tabou du PS depuis le congrès d’Epinay de 1971? Une vieille lune, répondent les sondés, qui lui préfèrent une alliance socialo-écolo-centriste! La recherche d’un pacte PS-Verts-Modem a les faveurs de 44% des Français et surtout, réponse saisisante, de 43% des sympathisants de gauche… En face, 29% seulement des sympathisants de gauche prônent un «renforcement des liens" du PS avec le PC et l’extrême-gauche! La diminution de la durée du travail, mesure emblématique de la gauche depuis les années 70 ? Une incongruité, rejetée par 68% des sondés et 58% des sympathisants de gauche! Pire encore ? Des mesures engagées par le gouvernement Sarkozy, combattues par la gauche sur le mode de l’anathème, sont largement approuvées. Ainsi, l’alourdisement des peines contre les mineurs récidivistes, ou le service minimum dans les transports publics… Quant à la régularisation des sans-papiers, elle est rejetée par 56% des sondés. De quoi sabrer le moral des patrons du PS, au moment où s’engage la rentrée politique? Ou au contraire, de quoi -en fin- réveiller les éléphants. Car le sondage éclaire la claque électorale du printemps. L’inadéquation de la pensée et du discours de gauche n’était pas affaire de circonstances. Si la gauche veut revenir au pouvoir, il devient absurde, face à une opinion ouverte à des solutions innovantes, de s’accrocher à des fondamentaux obsolètes. Les Français préfèrent la flexibilité du travail à la protection des salariés (49% contre 39%) pour combattre le chômage. Ils ne croient plus à la relance économique par les déficits ou les ristournes fiscales (le sarkozysme, ici, est jugé aussi daté que le socialisme) et préfèrent réduire la dette pour protéger les générations futures. Les voici raisonnables et adaptés. Epinay est enterré, Keynes est fatigué. Quant à Marx, qui est-ce? L’économie de marché, acceptée non sans mal par un PS perclus de mauvaise conscience antilibérale, est acceptée comme étant le «moins mauvais système", par 65% des sondés et 63% des sympathisants de gauche! En même temps, tout n’est pas si simple. Les sondés, excédés par le PS tel qu’il est, ne définissent pas nettement le PS tel qu’il devrait être. Leurs réponses sont contradictoires. Ainsi, les mêmes qui fustigent l’inanité du programme socialiste expliquent que ce programme n’a pas joué de rôle majeur dans la défaite (27% des sondés, 23% des sympathisants de gauche) bien moins en tous cas que «les rivalités internes au PS" (46% des sondés, 57% des sympathisants de gauche)! On pouvait donc l’emporter avec un mauvais programme, à condition de soigner les apparences ? Etrange conception de l’action politique, réduite aux ententes au sommet, fussent-elles factices… Autres contradictions: les sondés, qui fustigent l’absence d’innovation du PS, sont parfois très «traditionnalistes" dans leurs apprécations. Ils continuent de trouver «adaptée" l’augmentation du SMIC à 1500 euros (52% des sondés, 67% des sympathisants de gauche) que même Ségolène Royal portait sans y croire. Ils plébiscitent la retraite à 60 ans (65% des sondés, 69% des sympathisants de gauche) que les socialistes n’oseront jamais rétablir. Et ils rejettent la diminution du nombre de fonctionnaires (55% des sondés, 75% des sympathisants de gauche)! Tout en adoubant l’économie de marché, les sondés persistent à rejeter la mondialisation: 74% la jugent négative pour les salariés, 48% pour les entreprises. L’exception française est une sérieuse contingence pour les modernistes: les tabous du SMIC, de la retraite et des fonctionnaires, sont revendiqués à droite comme à gauche. En revanche, d’autres sujets sont clivants et montrent, encore, une opinion de gauche campée sur ses bases traditionnelles. Le renforcement de la sélection à l’université, admis par l’ensemble des sondés (43% pour, 43 contre), est nettement rejeté à gauche (55% contre, 35 pour). De même, la flexibilité du marché du travail, admise par 49% des sondés (50% au centre et 64% à droite) est rejetée (51% contre 39%) par l’opinion de gauche. La demande de réalisme, parfois, reste théorique. Et les pistes scandinaves (la flex-sécurité) ou anglo-saxonnes restent malaisées à explorer. “Le sondage montre que l’opinion est fluide et qu’il y a de la place pour un travail de conviction”, estime Bernard Spitz, un des animateurs des Gracques Le choix de l’alliance au centre mérite donc d’être considéré attentivement. Il peut montrer une véritable aspiration au changement et à l’innovation ou n’être qu’un simple accomodement tactique avec la réalité électorale. En 2002, les 10% obtenus par les candidats trotskistes et les 5% de Noel Mamère, écologiste gaucho-libertaire, avaient traumatisé un PS réduit aux 16% de Lionel Jospin... L’anti-libéralisme était maître de l’heure, et la social-démocratie sous surveillance. Le référendum européen aura marqué l’apogée et la fin de cette période. En 2007, l’extrême-gauche a reflué. Le PS a encore perdu, mais c’est la tentation centriste qui l’a ébranlé, et les 17% de Bayrou, qui, désormais, inquiètent et séduisent l’opinion socialiste. Mais, dans les détails, la belle construction intellectuelle d’un pacte PS-Verts-Modem détonne. Dans leurs réponses, les -rares- électeurs verts sont plus gauchistes que centristes. Et les sympathisants de Bayrou, sur les fonctionnaires, la flexibilité ou la sélection à l’université, sont plus proches des sondés de droite, que de leurs supposés futurs alliés socialistes. “ La situation du PS rappelle celle des travaillistes anglais avant les réformes d’Anthony Giddens, de Blair et de la troisième voie, analyse Bernard Spitz. Son incapacité à changer a dégagé un espace au centre, et le Modem concurrence le vieux PS comme les libéraux-démocrates menaçaient le vieux Labour. Un rapprochement peut hâter l’évolution. Mais si les socialistes se réforment, et proposent un projet moderne, cohérent et audacieux, ils reprendront leur espace naturel.” Nouvelle gauche, année zéro? CA

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L'IFOP piste les électeurs gaucho-sarkozystes
L'Institut de sondage Ifop a tenté de créer l'événement en diffusant une enquête sur les sympathisants du PS ou d'extrême-gauche séduits par le nouveau président. Raté : les médias ont boudé ce sondage hybride. Mais la question des électeurs tentés par l'ouverture reste posée.


« Quand Nicolas Sarkozy séduit aussi à gauche » : avec un titre pareil, l'institut de sondages Ifop espérait faire mouche. Raté. Envoyée à toutes les rédactions, cette troublante enquête n'a été reprise que dans une petite brève par le quotidien gratuit Métro. Est-ce parce que les journalistes politiques étaient en vacances ? Ou bien encore par souci de ne pas mettre à terre une gauche en pleine recomposition ? Car à en croire le sondage, dans l'ombre d'un Bernard Kouchner ou d'un Pierre Jouyet, une armée d'électeurs lambda aurait suivi le sillage des personnalités de gauche séduites par « l'ouverture »...

« 27% des sympathisants communistes et 29% des proches du PS se déclarent satisfaits de Nicolas Sarkozy », annonce le paragraphe d'introduction. L'Ifop leur a demandé de motiver leur sentiment. Premier motif de satisfaction, le « style » Sarkozy et son « dynamisme ». Vient ensuite sa « jeunesse », et enfin l'ouverture du gouvernement à gauche, qui n'arrive qu'en troisième position. Mais cette analyse est à prendre avec des pincettes. Pour sortir son scoop, l'Ifop a utilisé les « restes » d'une enquête effectuée mensuellement pour le JDD, qui vise à mesurer la popularité de l'exécutif. Au risque de fournir des données bien fragiles.

Décryptage. Sur 1900 personnes interrogées, 570 se sont déclarés « proches du PS ». Parmi elles, 29% se sont donc déclarées « satisfaites de Nicolas Sarkozy », soit à peine plus de 170 personnes. Et, histoire de compliquer un peu plus l'analyse, certaines ont en même temps déclaré avoir voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour. « Ce sont des gens familialement ou traditionnellement proches du PS ayant évolué », explique Jérôme Fourquet, qui a supervisé l'enquête. Sont-ils encore « de gauche » ? Vaste question… Quant aux sondés « communistes », leur nombre est encore plus réduit. Sur les 1900 sondés de départ, seuls 3% se disent « proches du PC ». Aussi, lorsque l'Ifop annonce que 27% sont satisfaites du président, il ne s'agit que de… 15 personnes. On est loin des échantillons « représentatifs » sélectionnés d'ordinaire par les instituts de sondage. En tout et pour tout, l'étude sur les « gaucho-sarkozystes » concerne donc moins de 200 personnes. Dommage. Car la problématique de départ ne manquait pas de piquant. Et il ne serait pas étonnant que la « sarkozysation » des électeurs de gauche fasse partie des questions politiques de la rentrée. Elle demeure, en tout cas, l'une des hantises principales des dirigeants de la gauche. (in Marianne).

Lundi 20 Août 2007 - 19:44
AB

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L'action de Nicolas Sarkozy est fortement soutenue, selon un sondage
LEMONDE.FR Avec AFP | 11.08.07 | 17h57

rois mois après son élection à la présidence et quelques jours après la fin de la session extraordinaire du Parlement, une large majorité de Français approuve les mesures et initiatives prises par le président Nicolas Sarkozy depuis son élection, de même que sa façon de gouverner, selon un sondage IFOP pour "le Journal du dimanche" du 12 août.

Seule l'annonce du non-remplacement de plus de 22 000 fonctionnaires partant à la retraite suscite le désaccord d'une majorité des personnes interrogées (61 % de "plutôt pas satisfaites" contre 38 % d'avis positifs).

Les Français se déclarent massivement "plutôt satisfaits" de la déductibilité des impôts d'une partie des intérêts d'emprunts immobiliers (87 %, contre 12 % de "plutôt pas satisfaits").

Sont aussi plébiscitées l'instauration de peines-plancher pour les multi-récidivistes (84 % contre 15 %), la libération des infirmières bulgares détenues en Libye (80 % contre 19 %) et la loi sur le service minimum dans les transports publics (72 % contre 27 %).

La détaxation des heures supplémentaires (66 % contre 33 %), l'instauration d'un "bouclier fiscal" limitant l'imposition à 50% des revenus (64 % contre 35 %), l'accord sur un mini-traité européen (61% contre 35 %) et la loi sur l'autonomie des universités (58 % contre 34 %) sont aussi portés au crédit du chef de l'Etat.

Aux neuf questions posées, ils ne sont que 1 % à ne pas avoir d'opinion, sauf pour le traité européen (4 %) et les universités (8 %).

D'autre part, interrogés pour savoir ce qu'ils pensent de la façon de gouverner de Nicolas Sarkozy en étant "en première ligne sur la plupart des dossiers", 64 % des Français se déclarent "plutôt satisfaits" et 36 % "plutôt pas satisfaits".

Le clivage droite-gauche est très net sur ce point : 93 % des sympathisants UMP approuvent cette méthode de gouvernement (contre 7 %) alors que les sympathisants PS sont plus nombreux à se dire "plutôt pas satisfaits" que "plutôt satisfaits" (53 % contre 47 % respectivement).

Sondage réalisé par téléphone les 9 et 10 août auprès d'un échantillon représentatif de 955 personnes de 18 ans et plus, et sélectionné selon la méthode des quotas.

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Société
«On vient voir ceux qui viennent, pas la cérémonie»
Les funérailles de Michel Serrault ont réuni anonymes et célébrités hier à Honfleur.

Par EMMANUÈLE PEYRET
QUOTIDIEN : vendredi 3 août 2007
C’est une petite marée humaine de casquettes, de shorts, de robes à fleurs, de chapeaux de paille, de caméras et d’appareils photos qui déferle dès les 8 heures du matin aux abords de l’église Sainte-Catherine à Honfleur : dans deux heures, le cercueil du regretté Michel Serrault va arriver, sa famille et ses amis people avec, pour une cérémonie religieuse. «Il était très pieux», souffle, recueillie, une robe imprimée orange près des grilles qui cerclent la place.
On s’agglutine, la sécurité fait rentrer le «grand public» par petites dizaines, la mère d’un jeune garçon trisomique très bien habillé pousse tout le monde, «merci de le laisser passer, c’est important pour lui, merci». Ce qu’on fit bien volontiers. «Aaaaaah, voilà Belmondo», s’exclame un quinquagénaire à casquette. Non monsieur, c’est Aznavour, on applaudit. «Ah, attention», dit une dame venue exprès d’Abbeville parce que «Michel était super», «voilà du 75». C’est Pierre Tchernia, «ah tout le monde vieillit», compatit la dame d’Abbeville. Et celui-là, mais qui c’est ? «C’est agaçant, hein, on les reconnaît pas tous, mais leur tête dit quelque chose, vous trouvez pas ?» Si, il semble que ce soit Bertrand Blier qui s’avance.
Lunettes fumées. «Vous avez vu Belmondo ?», demande un grand chauve en short. «Non c’est Pierre Moqué», répond son voisin. Bien vu, c’est tombé pas loin, voilà Jean-Pierre Mocky, lunettes fumées, qui entre dans la somptueuse église où il reste encore des places pour le grand public. «Ça veut dire qu’il n’y a pas tant d’invités que ça», croit savoir un monsieur, l’air entendu de celui qui est dans le secret. La famille venue de Cambrai décide d’y aller, finalement. «Nous, on n’y va pas, explique la dame d’Abbeville, on vient voir ceux qui viennent, pas la cérémonie.» Des rumeurs courent, «Sarkozy va venir, il paraît».
La veille déjà, dans les boutiques du centre de la jolie ville portuaire, ça y allait bon train. Les uns, comme dans cette boutique de fringues, déplorant que cette «cérémonie religieuse se transforme en attraction touristique», les autres s’énervant de ce que le centre-ville soit bouclé, «c’est mauvais pour les affaires, quoi», l’ensemble spéculant sur la venue de Chirac.En fait, c’est le Premier ministre qui remonte la nef (oui, on est rentrée dans l’église - interdite aux journalistes - s’asseoir sur les bancs comme la dernière des midinettes), flanqué de trois ou quatre mâchoires serrées à oreillettes. «C’est Fillon, souffle, observateur, l’un des trois copains sexagénaires sur le banc de devant. François Fillon se dirige vers les bancs de la famille, et la cérémonie, assez solennelle, commence avec le passage du cercueil. Hommage de l’abbé de la Morandais qui reprend ce qu’on a déjà entendu sur toutes les télés : «Je lui ai dit : Fais-les bien rire là-haut , et j’ai recueilli après un dernier râle d’agonie son dernier sourire.» Cinq minutes d’éloge et l’abbé demande comme une petite provocation «qu’on applaudisse». Et tout le monde d’applaudir avec ferveur. Un monsieur âgé sanglote, et faut-il l’avouer, voilà que les yeux s’embuent avec l’alléluia qui s’élève vers le Seigneur.
En tongs. Passons sur la cérémonie religieuse, sobre, forcément émouvante, rappelant à tous la foi de l’acteur. Les gens se signent et chantent, le délicieux Edouard Baer arrive en retard, à la liturgie de l’adieu, la dame en tongs derrière se met à pleurer bruyamment, une ado livide a besoin des pompiers : trop d’émotion. C’est l’heure de la communion, on se tord le cou pour voir la (relativement petite) brochette de personnalités défiler, Pierre Mondy, Caroline Cellier (la veuve de Jean Poiret), l’air fondamentalement triste. Du mouvement derrière, les gens se rapprochent pour «les» voir. «On est bien placés», se félicite une dame. Daniel Prévost, Jackie Berroyer, Charles Berling (le jeune garçon trisomique s’entretient un bref moment avec lui), une vieille dame demande «mais c’est pas William Leymergie ?».
Près du cercueil, l’épouse, la fille et la petite-fille du comédien reçoivent les condoléances. A la sortie, Pierre Tchernia recueille encore des applaudissements, le corbillard aussi : direction le cimetière. «Ah je sais plus qui c’est, celui-là, mais il est très connu, je te dis qu’il a tourné des films», lâche une jeunette, un peu exaltée. «Il en manque, regarde Muriel Robin, elle est pas venue. Faut dire, quand tu meurs en août, hein», dit un chasseur de people en rangeant son appareil photo.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/270456.FR.php
© Libération

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Société
L'enterrement de Michel Serrault: émotion côté cour, pipoles côté jardin
CB
Les obsèques de Michel Serrault, décédé dimanche soir à 79 ans, ont eu lieu ce jeudi matin à Honfleur, où l’acteur possédait une propriété. Plusieurs centaines de personnes — célébrités et anonymes — ont suivi la cérémonie.

Par Cordelia BONAL, envoyée spéciale à Honfleur
LIBERATION.FR : jeudi 2 août 2007
«Une cérémonie très digne, très bien. C’est ce qu’il fallait pour cet homme sincère, dans ses extravagances comme dans ses réserves». Dominique, née à Honfleur il y a une quarantaine d’années, a tenu à arriver tôt ce matin pour suivre à l’intérieur de l’Eglise Sainte-Catherine la messe donnée à 10 heures en hommage à Michel Serrault, décédé dimanche des suites d’un cancer.

Durant une heure et demie, l’église au toit en forme de coque de bateau renversée a accueilli la famille, les proches, quelques personnalités et le grand public (qui a eu plus de places que prévu à l’intérieur).

Une cérémonie sobre, chants et prières, retransmise sur un écran géant placé à gauche de l’Eglise, un silence recueilli et des cris de mouette dehors. Dehors, sous un ciel couvert, ils étaient plusieurs centaines (contenus par des barrières de sécurité et les forces de l’ordre), à avoir envahi la petite place Sainte-Catherine et les rues pavées.

Pour rendre hommage à l’acteur, qui un temps avait voulu s’engager dans les ordres, mais aussi et surtout pour voir les pipoles. Appareils photos à la main, la foule suit les mouvements des caméras de télévision. «Tiens voilà Blier», dit une dame à fleurs, «ah, et celui-là, ça me dit quelque chose, je n’arrive pas à le remettre », s’interroge un monsieur.

Fin de la cérémonie, sur le côté de l’Eglise, la porte s’ouvre dans le silence. En sortent le Premier ministre François Fillon et la ministre de la Culture Christine Albanel, entourés de gardes du corps. Suivent Charles Aznavour, puis Pierre Tchernia, très applaudi, Jean-Pierre Mocky, Daniel Prévost, Charles Berling, Edouard Baer, Caroline Cellier, Bertrand Blier, Jackie Berroyer…

Dans la foule, d’un coup, la parole a repris. Et l’on s’interroge, et l’on commente, et l’on prend des photos: « Et lui, là-bas avec les lunettes, c’est qui déjà? ». «Ah tiens, Edouard Baer c’est drôle je le voyais plus grand…». « Et toi, c’était quoi ton film préféré avec Serrault ? »

Fanfan, qui habite juste dernière l’Eglise et croisait régulièrement le comédien «à la boulangerie ou au terrain de boules», évoque dans un grand sourire un personnage «très sympa, mais un peu cru quand même». Avant de promettre à ses enfants, «trop jeunes pour avoir vu ses films», d’aller voir la grande maison rose et blanche de l’acteur, achetée il y a six ans.

Derrière le corbillard, la voiture où ont pris place sa femme, sa fille et sa petite-fille, le cortège s’ébranle sous les applaudissements et les flashs. Au cimetière, il faut y aller à pied, «on est tous logés à la même enseigne, hein» dit un grand type, tandis qu’un autre, queue de cheval grise, se félicite : il a bien enrichi sa collection de photos.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/270371.FR.php
© Libération

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Nicolas Sarkozy prend un bain
dans un lac

NOUVELOBS.COM | 04.08.2007 | 07:49

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C'est la première image prise du président, en vacances en famille dans une station du nord-est des Etats-Unis. Un porte-parole de l'Elysée a indiqué que Nicolas Sarkozy et son épouse Cécilia étaient "en vacances à l'invitation d'amis".

La maison où séjournaient les Sarkozy à Wolfeboro

La maison où séjournaient les Sarkozy à Wolfeboro

Le président français Nicolas Sarkozy a pris un bain dans le lac Winnipesaukee vendredi 3 août, devant la villa qu'il occupe avec sa famille depuis jeudi soir dans la station estivale de Wolfeboro (New Hampshire, nord-est des Etats-Unis).
Sur des clichés pris par un photographe de l'AFP depuis le lac à Springfield Point, on peut voir le chef de l'Etat français, nageant avec ses lunettes de soleil, s'approcher en souriant d'un jet-ski jaune sur lequel se trouvent deux adultes et un adolescent. Un jeune garçon est dans l'eau près de lui, de dos.
L'immense villa construite récemment dans le style de la Nouvelle-Angleterre, est partiellement cachée par les arbres du parc. Sur un ponton, des chaises longues sont placées devant un garage nautique. "C'est là qu'est le yacht. La maison appartient à un ancien collaborateur de Bill Gates, Mike Appe, qui a été un haut dirigeant chez Microsoft", a assuré à l'AFP un pilote de hors-bord, Charles Dever.

30.000 dollars par semaine


George Hutchinson, le responsable de l'agence immobilière Yankee Pedlar, qui gère la villa, a refusé d'indiquer le tarif de la location et de dire qui accompagnait Nicolas Sarkozy. "Nous respectons la vie privée de nos clients, et nous en avons d'aussi importants que votre chef d'Etat", a-t-il dit.
Un porte-parole de la présidence française a indiqué que Nicolas Sarkozy et son épouse Cécilia étaient "en vacances à l'invitation d'amis" près de Boston, où ils se sont rendus "en famille par vol régulier".
Outre deux bouées oranges placées à une centaine de mètres devant la résidence, une vedette et un caboteur de la marine militaire empêchent les curieux d'approcher.
Wolfeboro se situe à une centaine de kilomètres de Kennebunkport, une résidence d'été appartenant à la famille Bush où, début juillet, le président George W. Bush avait reçu son homologue russe Vladimir Poutine.
En France, le député de l'Aisne René Dosière (app. PS) a demandé "qui" payait les vacances de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, estimant leur coût supérieur à sa rémunération annuelle.
"Officiellement, la rémunération du président, qu'il fixe lui-même, est en gros de 6.000 euros par mois", a rappelé l'élu. Selon une responsable de location de bateaux, la villa avait été mise en location par l'agence pour 30.000 dollars par semaine. (avec AFP)

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Entre Prada et Kadhafi
L'énigme Cécilia
Emissaire du président dans le désert libyen ou icône de papier glacé? Femme de pouvoir ou épouse fragile? Cécilia Sarkozy entretient le mystère, capable de crever l'écran un jour et de disparaître le lendemain. Refus d'assumer la fonction ou nouvelle manière de l'habiter? Quoi qu'il en soit, la première dame de France occupe une place de choix dans le dispositif sarkozyste. Carole Barjon et Sophie des Déserts ont enquêté sur une «first lady» tiraillée entre ses doutes et son désir d'exister

Aéroport de Sofia, mardi 24 juillet. Elle a fait un petit signe de la main, esquissé un sourire discret. On a eu le temps de voir son petit polo blanc, de percevoir son émotion et son air un peu triste, et puis elle a disparu. Comme toujours. Quelques minutes après l'atterrissage de l'avion de la République française, tous les acteurs de la libération des infirmières bulgares sont regroupés pour une courte conférence de presse. Tous sauf Cécilia Sarkozy. La commissaire européenne Benita Ferrero- Waldner parle de la joie qu'elle partage avec l'épouse du président... «Madame Sarkozy?», s'interrompt-elle, ne la voyant plus. Derrière elle, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant cherche aussi du regard, dit un mot à l'un de ses officiers de sécurité. L'homme revient et lui murmure quelques mots à l'oreille. Madame Sarkozy n'apparaîtra pas.

Scène édifiante. Intuitive et fine, la femme du président de la République a compris. Surtout ne pas en rajouter, ne pas donner prise aux; critiques. Déjà, au lendemain de sa première visite en Libye le 12 juillet, son rôle avait été mis en cause. On s'est interrogé sur son statut. En vain. Elle n'en; a pas. Pas plus que les précédentes épouses de président. La Constitution de 1958 ne prévoit rien. Toutes, à leur manière, ont forgé le leur, imposé leur style. Ces derniers jours, pourtant, on a mis en cause la légitimité de la nouvelle «first lady» en oubliant que dans toutes les affaires délicates, lorsque la diplomatie officielle échoue, il y a des intermédiaires officieux, des intervenants extérieurs. Cécilia Sarkozy a aussi été accusée de court-circuiter les instances européennes. Ce 24 juillet, elle ne cherche donc pas à tirer la couverture à elle. Au contraire. Quel intérêt, du reste? Star, elle l'est déjà. No comment, donc. Cécilia Sarkozy ne commettra pas la faute d'empiéter sur le domaine politique. Elle laisse ce soin à la commissaire européenne, à Claude Guéant et... à son mari.

Envoyée spéciale du président, elle a été sa «facilitatrice», sa médiatrice dans une opération qu'il a montée et dirigée de bout en bout. «Le samedi soir, a confié Sarkozy en petit comité lors de son escale à Tripoli, j'ai dit: «C'est demain qu'il faut y aller.» J'avais confiance. J'ai dit à Cécilia: «Tu vas réussir.» C'est moi qui leur [Guéant et Cécilia] ai conseillé de prendre l'Airbus plutôt que le Falcon 900 au cas où. Dans le 900, on ne peut ramener personne...» Il lui a fait confiance parce qu'il sait de quoi elle est capable. Par le passé, il a maintes fois rendu hommage à son cran, à son jugement et à son intelligence des situations. Il a aussi mesuré à quel point l'imprévisible colonel Kadhafi avait été sensible à la présence de cette émissaire personnelle venue «en tant que mère», mais surtout témoin symbolique de l'implication personnelle du président de la République française. Lors du premier voyage en Libye, le 12 juillet, le Guide de la Révolution n'avait-il pas demandé à la revoir dans la soirée, en tête à tête, alors qu'il l'avait rencontrée une première fois dans la matinée en compagnie de Claude Guéant? Sous les dais jaunes et verts de la célèbre tente présidentielle, sans interprète, Cécilia Sarkozy et lui ont parlé anglais, langue qu'elle maîtrise parfaitement.

Pendant le deuxième round de négociations, alors qu'à Paris, toute la journée et la soirée du lundi, son mari est à la manoeuvre au téléphone avec Kadhafi et l'émir du Qatar, le tempérament espagnol de Cécilia refait surface. Dans la dernière ligne droite, elle a su, raconte un diplomate, «monter aux extrêmes» quand il le fallait: «Elle sait dire qu'il y a un moment où il faut prendre une décision et cesser de tourner autour du pot.» « Monter aux extrêmes »? A 3 heures du matin, en liaison permanente avec son mari au téléphone, secondée à la fois par Guéant et l'ambassadeur de France, elle remonte dans l'avion avec le secrétaire général de l'Elysée et le mari de l'une des infirmières, délivré de son assignation à résidence. Elle annonce alors son départ pour Paris. Après quoi, elle aura encore une heure de discussion au téléphone avec le «Guide» avant qu'il ne donne l'ordre d'aller libérer les détenus. «On lui a fait comprendre que maintenant ça suffisait, confirme Claude Guéant. C'est l'un des éléments qui a permis le dénouement.» Cécilia Sarkozy sera-t-elle l'actrice d'autres opérations du même genre? Son mari, qui a évoqué au cours de son voyage en Afrique le cas d'Ingrid Betancourt - qu'« on ne lâchera pas» -, le laisse entendre. D'origine espagnole, Cécilia Ciganer- Albéniz parle la langue de Cervantes encore bien mieux que l'anglais. Le 5 juin, c'est donc en espagnol qu'elle a conversé avec le président mexicain Calderon et son épouse reçus à l'Elysée pour dîner. Et ce soir-là il a aussi été question d'Ingrid Betancourt.
Tout mettre en oeuvre pour faire oublier le 6 mai? C'est l'objectif à peine dissimulé du président de la République, décidé à protéger sa femme, qui se sent traquée, de toutes les curiosités déplacées - «Mon seul vrai souci», a-t-il confié -, et à lui inventer un rôle à sa mesure. Ce jour du second tour de l'élection présidentielle, la France vote. Pas Cécilia Sarkozy. L'épouse du candidat arrivé en tête au premier tour, électrice numéro 352 à Neuilly, ne s'est pas rendue au bureau de vote 94. Sa signature ne figure pas sur les listes. Malaise? Angoisse? Problème au sein du couple? On a tout entendu, tout imaginé (voir l'article de Sophie des Déserts). Les Sarkozy ont pourtant déjeuné ensemble ce jour-là chez des amis à Neuilly. Mais le soir, Madame n'est présente ni au QG de campagne de la rue d'Enghien pour les premiers résultats, ni Salle Gaveau pour fêter la victoire avec les 2 000 militants de l'UMP Elle ne réapparaîtra que tard dans la soirée au Fouquet's. Au grand soulagement de son mari, qui a tenté de la joindre plusieurs fois.
A-t-elle mesuré, ce 6 mai, la portée de son abstention, de ce geste d'un incivisme inouï? A-t-elle imaginé l'impact qu'il pourrait avoir dans la population française alors qu'elle est l'épouse d'un homme politique qui n'a cessé de plaider pour la réhabilitation de la politique? Sans doute pas. Toute à ses angoisses intérieures, Cécilia Sarkozy a vécu, selon une de ses proches, ces vingt-quatre heures comme l'une des journées les plus éprouvantes de sa vie. Parce que le lendemain elle devait en écrire une nouvelle page, derrière les barreaux d'une prison dorée. Elle sait bien ce que celles qui l'ont précédée ont dit de l'Elysée. «La maison du malheur» pour Claude Pompidou. «Maison sans joie» ou «musée» pour Yvonne de Gaulle. Elle connaît la réponse d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing à qui on demandait: «Maintenant que vous êtes première dame, de quoi avez-vous envie? - De ne plus l'être.» Et elle ne goûte guère la comparaison avec la veuve de John Kennedy: «Vous avez aimé Jackie Kennedy, vous allez adorer Cécilia Sarkozy (1)!», a lancé le nouveau président au cours de la soirée au Fouquet's. Le destin tragique du couple américain ne lui paraît pas si enviable, si l'on en croit la journaliste Christine Clerc (1) Alors elle s'est enfuie avant le grand saut. Mais ce faisant, elle a pris le risque de concentrer sur elle les regards et a relancé les spéculations sur son avenir.

Que veut la première dame de France? Pendant plusieurs semaines avant l'affaire des infirmières bulgares, Cécilia Sarkozy a entretenu le doute. Elle souhaitait «réfléchir», faisait-elle dire. Mais c'était bien cette hésitation qui posait problème. On a noté son retour à Paris, un jour avant la fin du sommet du G8, parce que c'était l'anniversaire de sa fille. On a remarqué sa mine morose, ses absences. Et aussi la gêne du chef de l'Etat interrogé par Patrick Poivre d'Arvor sur le rôle de son épouse. Voilà un bon moment que Cécilia Sarkozy joue les apparitions. Présente un jour, invisible le lendemain. Elle assiste au concert de Barbra Streisand à Bercy, mais elle n'est pas présente le lendemain lorsque le président remet la Légion d'honneur à la chanteuse américaine. Elle veut «être libre». Se «protéger».

Aujourd'hui, cette manière d'habiter la fonction et de conserver son indépendance passe pour une attitude moderne. Mais demain, lorsque l'état de grâce sera terminé, ces mêmes libertés seront-elles considérées comme des caprices? Peu lui importe, pour le moment. «Elle veut qu'on lui foute la paix», dit une de ses proches. Facile à dire. Mais est-ce bien réaliste? Comment tenir les paparazzis à distance quand on est si glamour? Qu'elle le veuille ou non, avec son allure, son mètre soixante-dix-huit, ses tenues chics ou branchées, c'est selon, et ses ballerines Prada, elle est sous les feux de la rampe. «Elle électrise les gens», selon le mot d'un conseiller de l'Elysée. «Une espèce de mythe s'est construit autour de moi, a-t-elle confié à Bertrand de Saint Vincent, rédacteur en chef au «Figaro» (1). Quand j'étais trop exposée, on me tapait; maintenant que je ne me montre plus, c'est pire.»
Elle devra s'y habituer, malgré toutes les rumeurs. Explique-t-elle dans un déjeuner qu'elle aime le pavillon de La Lanterne, en lisière du parc de Versailles, résidence habituelle des Premiers ministres mais annexée dès son arrivée par Nicolas Sarkozy? On lui prête aussitôt l'intention d'en faire sa résidence principale, ou d'y faire construire une piscine. «Hallucinant, soupire son attachée de presse Carina Alfonso-Martin. La piscine, elle existe déjà! Les travaux? Ils étaient programmés bien avant la présidentielle par Dominique de Villepin et le secrétariat général du gouvernement. Il faudrait arrêter de dire n'importe quoi.» Il y a aussi eu cette méchante affaire de carte Bleue qu'elle a rendue aussitôt, exaspérée qu'on puisse la soupçonner de malhonnêteté. «La seule différence avec ce qui se pratiquait, explique Claude Guéant, c'est que auparavant un fonctionnaire accompagnait l'épouse du président et payait lui-même avec cette carte.»

Elle s'y fera. Elle s'y est déjà faite. Parce que la mystérieuse Cécilia Sarkozy est ambivalente. Elle aime tout et son contraire. Elle est à la fois anticonformiste et attachée aux apparences, ultrasensible et impitoyable, tendre et dure, passionnée et calculatrice, éprise de liberté et sensible aux honneurs. Elle a éprouvé la noirceur de la politique, «qui détruit tout», mais elle est aussi une femme de pouvoir. N'a-t-elle pas été à la fois attachée parlementaire et attachée de presse de Nicolas Sarkozy à ses débuts à l'Assemblée nationale en 1988, puis au ministère du Budget en 1993? N'a-t-elle pas envisagé de se présenter elle-même aux élections régionales en 2004 ou aux municipales à Neuilly? Comme son mari, à un degré moindre évidemment, elle a la politique dans le sang. Lorsqu'elle est revenue auprès de lui en 2006 après son escapade aux Etats-Unis, retour officialisé par des photos qui montrent le couple voguant sur une pirogue en Guyane, elle a tout repris en main. Mais dans l'ombre. Pour ne plus se brûler sous le feu des projecteurs.
On l'a ainsi peu vue au QG de campagne. Mais elle avait supervisé le congrès d'intronisation du candidat UMP le 14 janvier. Le subtil mélange de force et de pureté dans le décorum, c'est elle qui l'avait voulu. C'est elle qui a insisté pendant la campagne pour que Nicolas allie visites de proximité et grands meetings. C'est encore elle qui a veillé à la photo de l'affiche de campagne, contestée à mi-voix par beaucoup dans l'entourage de Sarkozy. Pas question en effet de remettre en cause ses choix. Aujourd'hui comme hier, elle inspire à la fois le respect et la crainte. Lorsqu'elle est présente dans l'équipe politique, place Beauvau ou au QG de campagne, maintenant à l'Elysée, les voix baissent, les gestes se figent. On reconnaît ses capacités d'analyse, ses re