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Bernard Zekri aux «Inrockuptibles»

Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts

Selon nos informations, Bernard Zekri, ancien directeur de la rédaction d’i-télé et actuellement à la tête de Flab, la filiale de production interne de Canal+ (l’Edition spéciale, Canal Football Club) va rejoindre les Inrockuptibles à la tête de la rédaction, même si Christian Fevret, actuel directeur de la publication et de la rédaction restera à son poste. Pour l’heure, rien n’est encore signé, mais l’affaire devrait être conclue rapidement.

D’ici là, le rachat des Inrockuptibles par Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et vice-président de Lazard Europe, devrait être également bouclé. Il est actuellement en voie de finalisation, et le projet a été présenté, selon la lettre professionnelle Presse News, ces derniers jours aux délégués du personnel, en attendant d’être soumis prochainement pour avis au comité d’entreprise.

Créé en 1986 et édité par les Editions indépendantes, l’hebdomadaire a été vendu à 39112 exemplaires en 2008 (chiffres OJD), en baisse de 1,98% par rapport à 2007.

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A Cannes, un an après "Entre les murs", le 7e Art français se porte bien

L'actrice Charlotte Gainsbourg a reçu le Prix d'interprétation avec le dérangeant "Antichrist", du Danois Lars von Trier. (© AFP Anne-Christine Poujoulat)

CANNES (AFP) - Avec les trois prix cannois remportés par Charlotte Gainsbourg, Alain Resnais et Jacques Audiard, un an après la Palme d'or à "Entre les murs", le 7e Art français jouit d'une belle reconnaissance artistique, qui s'ajoute à une fréquentation et une production soutenues.

Si la Palme était autrichienne, les Français ont fait la fête dimanche soir.

Alain Resnais, 87 ans début juin, a reçu un Prix spécial saluant un demi-siècle de créativité de ce vétéran de la Nouvelle vague, qui avait fait sensation avec le novateur "Hiroshima mon amour" sur la Croisette en 1959.

De son côté l'actrice Charlotte Gainsbourg a reçu le Prix d'interprétation avec le dérangeant "Antichrist", du Danois Lars von Trier.

Grand favori des critiques, Jacques Audiard est reparti avec le Grand prix pour "Un prophète". Il a souhaité que ce prix permette de faire "bouger les lignes" en faveur d'une nouvelle génération d'acteurs. "J'ai envie de fabriquer de nouvelles icônes!" a déclaré Audiard, dont le film a fait découvrir le prometteur Tahar Rahim, 27 ans.

Dans le reste de la sélection, la jeune Mia Hansen-Love a remporté un Prix spécial Un Certain Regard, avec "Le père de mes enfants", ex-aequo avec l'Iranien Bahman Ghobadi.

Et à la Semaine de la critique, sélection parallèle du festival, "Adieu Gary" de Nassim Amaouche a remporté le Grand Prix dès vendredi soir.

Au delà des palmarès, les Français étaient nombreux dans cette édition: l'actrice Mélanie Laurent, héroïne d'"Inglourious basterds" de l'Américain Quentin Tarantino, le rocker Johnny Hallyday, tueur à gages dans "Vengeance" du Hongkongais Johnnie To, ou le footballeur Eric Cantona chez le Britannique Ken Loach. Quant au casting de "Visage" du Taïwanais Tsai Ming-liang, co-produit par le musée du Louvre, il réunissait Laetitia Casta, Jean-Pierre Léaud et Fanny Ardant.

En outre, nombre des films en sélection ont fait appel à des producteurs et des techniciens français, dont les directeurs de la photo Eric Gautier ("Taking Woodstock" du Taïwanais Ang Lee), Jean-Claude Larrieu ("Carte des bruits de Tokyo" de l'Espagnole Isabel Coixet) ou Marc-André Batigne ("The time that remains" du Palestinien Elia Suleiman, monté par Véronique Lange).

Cette vitalité transparaît plus généralement dans les chiffres de la production cinématographique, où l'an dernier les investissements ont progressé de 24% pour atteindre près de 1,5 milliard d'euros.

Côté fréquentation aussi les curseurs sont au vert. Les salles de cinéma ont engrangé 189,7 millions d'entrées en 2008 (+6,7% sur un an), la production hexagonale s'octroyant 45,2% du marché soit 86,14 M d'entrées, un record depuis 25 ans.

Car les Français sont les plus gros consommateurs de cinéma d'Europe, avec 3,2 entrées en moyenne par habitant et par an contre 2,7 pour les Britanniques ou 2,4 pour les Espagnols.

Et le 7e Art français s'exporte mieux, enregistrant presque autant d'entrées à l'étranger que sur le territoire national, avec des films majoritairement en français (84,5%). Mais ce sont des productions en anglais telles que "Babylon A.D.", "Taken" et "Le Transporteur 3" qui récoltent les plus gros succès au box-office à l'étranger.

Toutefois, la crise qui touche les principaux bailleurs de fonds du cinéma, les chaînes de télévision dont les recettes publicitaires fondent, pourrait affecter la production et les ventes à l'étranger en 2009 et 2010.

C'est ce qu'a rappelé la directrice générale du CNC Véronique Cayla ces derniers jours, estimant la période actuelle pleine "d'incertitudes".

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Culture 7 oct. 6h51
Bobigny : un mariage qui ne passe pas

Polémique. Organisée par le ministère de la Culture pour acter le rapprochement entre la Comédie-Française et la MC 93, la conférence de presse d’hier n’a pas dissipé les malentendus.

2 réactions

René Solis

Le ministère de la Culture avait bien fait les choses. D’abord en affrétant un bus pour les journalistes. La ligne 5 du métro mène pourtant à la mairie de Bobigny, mais les services de Christine Albanel avaient sans doute estimé qu’on n’est jamais trop prudent quand on doit franchir le périphérique. Ensuite en distribuant un dossier intitulé : «Présentation des futurs projets de collaboration entre la Comédie-Française et la MC 93 de Bobigny.» On allait voir ce qu’on allait voir : après une semaine de «désinformation», la conférence de presse, organisée hier à 15 heures à l’hôtel de ville de Bobigny, allait tordre le cou aux «rumeurs».

Face à la presse donc, Catherine Peyge, maire (PC) de la ville, Claude Bartolone, président (PS) du conseil général, et Christine Albanel, flanquée de Georges-François Hirsch, directeur de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles au ministère. Dans la salle : Muriel Mayette, administrateur du Français et Patrick Sommier, directeur de la MC 93.

«Fierté». But de la réunion : annoncer officiellement «l’installation de la Comédie-Française dans l’actuelle MC 93 de Bobigny», selon la formule du dossier de presse. Un projet lancé par Muriel Mayette, le ministère et les élus locaux, sans que la MC 93 en ait été informé. D’où une certaine émotion du monde du spectacle, s’inquiétant du sort d’un des plus importants théâtres de création en Europe.

Si le ministère pensait, via cette conférence de presse, mettre un terme à la confusion, c’est raté. Première à parler, la maire, Catherine Peyge, s’est montrée la plus convaincue. Rappelant que Muriel Mayette habitait sa commune, elle a dit sa «fierté» d’accueillir, avec la Comédie-Française, « le plus beau théâtre du monde». «Quel maire refuserait la tour Eiffel, les Arènes de Nîmes, le Stade de France ?», a-t-elle lancé. Un enthousiasme peu partagé par Claude Bartolone. Le président du conseil général, qui finance 55 % du budget de la MC 93, a semblé freiner des quatre fers. «Si le projet devait être ressenti comme une humiliation pour la MC 93, […] ce serait la pire des choses», a-t-il dit en soulignant que rien n’était «arrêté».

Christine Albanel a, quant à elle, vanté, sans rire, la «transparence» de la démarche suivie. Et est restée plutôt vague : «Nous sommes au début d’une séquence à écrire […] Nous voulons conjuguer le meilleur des deux institutions.»

Des propos bien plus soft que la version écrite de son discours, incluse dans le dossier de presse, où elle estime notamment que «l’image de la MC 93 en France comme à l’étranger, pâlit». Pourquoi pareil décalage entre l’écrit et l’oral ? La ministre de la Culture avait-elle été échaudée par la publication, hier à midi, d’un communiqué très vif du Syndeac, le syndicat des directeurs de théâtres publics, dénonçant «la pratique nouvelle et brutale» du ministère ?

Dialogue. Restait enfin aux deux principaux intéressés, à s’expliquer. Brièvement pour Muriel Mayette, qui regrettait : «L’information est partie tellement vite que nous n’avons pas eu le temps de travailler.» Longuement pour Patrick Sommier, qui défendait son bilan et dénonçait la méthode, sans fermer la porte à un dialogue avec Muriel Mayette. Un dialogue que Georges-François Hirsch disait appeler de ses vœux. «Ce projet doit être celui des artistes, pas des élus ni des fonctionnaires du ministère [mais] si ce projet ne se développe pas, il faudra constater l’échec», notait-il.

A 100 mètres de la mairie, une foule de personnalités du spectacle était à la même heure rassemblée devant la MC 93. Parmi les dizaines de messages de soutien, affichés sur les murs du hall, celui-ci, signé Ariane Mnouchkine : «C’est tellement loufoque qu’il ne peut s’agir que d’un canular.»

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Politiques
«Le financement du RSA ? Une couardise idéologique»
Alain Lambert, sénateur de UMP l'Orne et ancien ministre du Budget. (AFP)
Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne et ancien ministre délégué au Budget, réagit pour Libération.fr au système de financement du Revenu de solidarité active présenté ce matin par Nicolas Sarkozy. Avec lequel il n'est pas vraiment tendre.
recueilli par Philippe Brochen
LIBERATION.FR : jeudi 28 août 2008

Vous vous dites surpris par l'annonce de Nicolas Sarkozy. Est-ce parce que ce dispositif ne vous convainc pas ?
Non. Je suis 100.000 fois pour ce dispositif. Je n'ai pas la moindre hésitation. Du reste, il y a dix ans, j'avais travaillé à la création d'un dispositif similaire, baptisé RMA (Revenu minimum d'activité). Vous voyez qu'on en est pas loin. Non, je trouve juste que Nicolas Sarkozy choisit un mauvais financement pour une bonne idée. Et qu'il va donner une mauvaise image de la bonne idée. C'est-à-dire qu'il va faire payer des gens presqu'aussi pauvres que ceux à laquelle cette mesure se destine. Ces personnes sont mal choisies.
Comment auriez-vous financé le RSA?
Il n'est pas nécessaire de lever un nouvel impôt quand on gaspille l'argent de ceux qui existent déjà. L'argent est disponible: il est dans les comptes de l'Etat, de la Sécu ... 1.000 milliards d'impôts prélevés par an, c'est le montant le plus élevé du monde. Cela montre juste que ceux qui gèrent l'argent public n'ont pas la compétence ou le sérieux pour le faire. Les ministres cherchent à avoir toujours plus de crédits, et la responsabilité est largement partagée.

Est-ce que cette taxation de 1,1% du revenu du capital est réellement catastrophique pour ses «victimes»?
Ce que je pense, c'est que le lien de confiance et d'espoir qui unissait les Français au Président est gravement en danger. Nicolas Sarkozy a été élu, y compris par des gens qui n'avaient jamais voté pour lui, pour rendre la France plus efficace, mais pas pour augmenter les impôts.

Est-ce pour lui une tentative d'estomper les échos négatifs engendrés par la création du bouclier fiscal et de la réforme de l'ISF?
Bien entendu. J'y perçois une forme de couardise idéologique en réponse à la diabolisation de la loi Tepa par la gauche. Et s'en prendre au capital, c'est une façon d'expier ce pêché. Sauf que Sarkozy impose la pénitence à ceux qui n'y sont pour rien: les petits épargnants. Je suis profondément convaincu que la droite n'a pas cherché avec la loi Tepa à favoriser les riches. Elle a tout simplement, naïvement cru qu'elle pouvait acheter la croissance. Ce sont des croyances keynésiennes, des vieilles lunes qui n'ont plus cours depuis trente ans. Sarkozy a distribué de l'argent qui termine en écrans plats qui sont fabriqués en Corée. Là, il essaie de montrer qu'il veut faire payer aussi le capital.

Et en réalité?
C'est l'épargne qu'il sanctionne sans s'en rendre compte. Il en vient à appeler à la contribution des gens qui vivent chichement de leur modeste travail, parce que l'exécutif n'a pas eu le courage de faire le tri dans ces 1.000 milliards.

Et vous, comment auriez-vous agi?
Je n'étais pas favorable à une baisse substentielle des droits de succession.

Nicolas Sarkozy a-t-il changé et s'est-il fait intoxiquer par les ministres socialistes, comme certains l'affirment dans la majorité?
Non, je pense que Martin Hirsch est très malin, très habile et qu'il a convaincu Sarkozy que ce dispositif était facilement finançable. Il a donné quelques exemples au nombre desquels il y avait la Prime pour l'emploi. Et ensuite Sarkozy, face à la suppressuion partielle de la PPE, a eu peur qu'on l'accuse à nouveau de prendre dansd la poche de pauvres pour donner à d'autres pauvres. Face à cette présentation falacieuse, il s'est dégonflé. C'est plus un enchaînement qu'une adhésion idéologique.

Vos collègues de la majorité sont-ils dans le même état d'esprit que vous?
Ils sont tous très furieux. Après, c'est toujours pareil: il y a ceux qui ont le courage de parler et les autres... Nous avons parlé entre spécialistes de fiscalité, et nous sommes inquiets de la manière dont nous allons pouvoir écrire ce nouvel impôt. Il va falloir mettre des planchers et des plafonds qui vont rendre ce dispositif fiscal très compliqué. Et qui vont en faire une nouvelle usine à gaz. On n'en avait pas besoin...


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/348140.FR.php
© Libération

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Rebonds
Pour des «Cahiers» de plaisir et de combat
Rédacteurs actuels : Pierre Alferi, Hervé Aubron, Christophe Beney, Stéphane Bouquet, Nicole Brenez, Jean Douchet, Charlotte Garson, Laurence Giavarini, Gilles Grand, Bill Krohn, Ludovic Lamant, Elisabeth Lequeret, Arnaud Macé, Philippe Mangeot, Thierry Méranger, Cyril Neyrat, Jean-Pierre Rehm, Eugenio Renzi, Antoine Thirion, Axel Zeppenfeld. Rédacteurs anciens : Cédric Anger, Jacques Aumont, François Bégaudeau, Jacques Bontemps, Claude Chabrol, Marc Chevrie, Jean-Louis Comolli, Sylvain Coumoul, Michel Delahaye, Bernard Eisenschitz, Jean-Paul Fargier, Jean-André Fieschi, Pascal Kané, André S. Labarthe, Jean-Louis Leutrat, Suzanne Liandrat-Guigues, Luc Moullet, Jean Narboni, Sylvie Pierre, Jacques Rancière, Fabrice Revault (d’Allonnes), Jean Louis Schefer, Barbet Schroeder, Louis Skorecki, Xavier Tresvaux, Dominique Villain.
QUOTIDIEN : jeudi 17 juillet 2008

Nous sommes des rédacteurs actuels et anciens des Cahiers du cinéma. Nous avons fait les Cahiers hier et nous les faisons aujourd’hui. Nous sommes critiques de cinéma. Nous sommes aussi cinéastes, scénaristes, journalistes, enseignants, philosophes, écrivains… Nous incarnons l’unité et la diversité des Cahiers. Nous sommes attachés à leur passé et nous croyons en leur avenir. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre la parole, au moment crucial où ils sont mis en vente par Le Monde et doivent se réinventer.

Les Cahiers doivent prendre la mesure des nouveaux enjeux du cinéma. A l’heure de la révolution numérique - où c’est le mode même de production, de réalisation et de diffusion qui se trouve bouleversé -, les films ne se font plus et ne sont plus vus de la même manière. Le cinéma n’est d’ailleurs plus seulement dans les films, et il n’est plus seulement dans les salles. S’ils veulent retrouver l’impulsion combative de leurs débuts et se porter à la pointe de ce qu’est aujourd’hui le cinéma, les Cahiers doivent donc accomplir une révolution à la fois éditoriale et économique. Thierry Lounas et Emmanuel Burdeau (actuel rédacteur en chef) ont élaboré un projet de reprise et de relance pour les Cahiers. Leur initiative, soutenue par la majeure partie de la rédaction, est logique, en cela qu’elle émane de la revue et procède d’une longue réflexion sur son histoire et sur sa mission. C’est un projet éditorial, mais c’est aussi un projet d’entreprise. Indissociablement.

Il est clair en effet que les nouveaux enjeux critiques sont inséparables de nouvelles pistes de développement.

Les Cahiers doivent rester ce qu’ils furent toujours, d’abord et avant tout : une revue mensuelle d’actualité et de pensée du cinéma, accompagnant ses aventures, ses promesses et ses risques, vendue en kiosque et attachée à l’éthique du «bien dire» et du «bien décrire».

Mais s’ils veulent élargir leur champ aux supports et aux lieux qui accueillent et transforment le cinéma - DVD, séries télé, art contemporain, littérature, Internet… -, les Cahiers doivent eux-mêmes se diversifier et développer une complémentarité nouvelle entre une revue, un site Internet et un éditeur liés par une vision et des objectifs communs.

S’ils veulent rendre compte de la manière dont Internet modifie en même temps les outils du cinéma et ceux de la critique, la fabrication et la réception des films, ils doivent mettre en ligne des productions sonores et visuelles spécifiques, mais aussi développer sur leur site de nouvelles approches critiques et journalistiques (chroniques en direct, analyses d’images en mouvement, journaux tenus par un cinéaste ou un chef opérateur…).

S’ils veulent jouer un rôle réellement militant à l’égard des films qu’ils défendent - dont beaucoup trouvent de moins en moins accès aux salles -, ils doivent acquérir un nouveau métier et devenir un acteur à part entière de la diffusion, sur Internet, en DVD et en salle.

S’ils veulent affirmer et surtout transmettre leur histoire - et celle du cinéma - à une nouvelle génération de spectateurs, ils doivent valoriser le trésor de leurs archives numériques en France et à l’étranger, éditer des ouvrages anthologiques et publier un dictionnaire du cinéma qui fasse référence.

S’ils veulent étendre leur rayonnement international et en faire bénéficier leurs lecteurs, ils doivent développer leurs éditions en langue étrangère et nouer des collaborations avec des revues du monde entier afin d’écrire - sur le papier et en ligne, en articles et en images - la carte de demain, celle d’un cinéma à nouveau «voyagé».

Le projet de Thierry Lounas et Emmanuel Burdeau entend donc faire des Cahiers un objet unique, mais présent en plusieurs lieux et sur plusieurs supports avec la même force. Des Cahiers voués au plaisir et au combat critique, au cinéma en train de se faire, à ceux qui le font et aux nouvelles générations qui le découvrent. Des Cahiers directement impliqués dans les défis que pose l’évolution des modes d’accès aux œuvres, établissant un nouveau type de relations et d’échanges avec leurs lecteurs et abonnés.

Bref, des Cahiers contemporains, dans leurs moyens comme dans leurs buts, participant à leur manière à la réinvention du cinéma. Aujourd’hui, nous voulons dire que ce projet est également le nôtre


http://www.liberation.fr/rebonds/339528.FR.php
© Libération

chauvinisme minable et anti-américanisme primaire,

Les Ch'tis ne devraient pas battre "Titanic"
LE MONDE | 03.07.08 | 16h40 • Mis à jour le 03.07.08 | 16h40

'est une cause nationale depuis quelques jours, si l'on en croit la ministre de la culture, Christine Albanel : que le film de Dany Boon, Bienvenue chez les Ch'tis, dépasse en audience le Titanic de James Cameron (1998), lequel détient le record historique de fréquentation en France avec 20,7 millions de spectateurs.

Le 26 juin, dans les locaux du ministère de la culture, Christine Albanel remettait à Dany Boon les insignes d'officier dans l'ordre des Arts et des Lettres, le jour des 42 ans du réalisateur. Elle en a profité pour évoquer le raz-de-marée "Ch'tis". "J'invite le public à se mobiliser pour dépasser le record !, a lancé la ministre. Vous avez ravivé l'amour des Français pour les salles obscures et rien que pour cela, cher Dany Boon, nous vous sommes infiniment reconnaissants."

Avec plus de 20 millions d'entrées juste avant l'été, Dany Boon et Pathé, producteur et distributeur d'un film sorti en salles le 27 février, pouvaient rêver. Mais la comédie nordiste avait déjà montré des signes d'essoufflement. Durant la semaine du mercredi 18 au mardi 24 juin, le film a totalisé "seulement" 15 748 entrées.

La perspective de la Fête du cinéma, du 29 juin au 1er juillet, avec des tickets d'entrée à prix réduit, a donné des idées à l'équipe de Pathé : du 25 juin au 2 juillet, le nombre de copies du film a été multiplié par deux, passant de 254 à 498, avec pour principale motivation de battre le record. Un peu partout en France, des salles de cinéma ont été sollicitées pour réintégrer Bienvenue chez les Ch'tis sur leurs écrans. Au détriment d'autres films, forcément. "Nous avons demandé un renvoi d'ascenseur pour toutes les recettes que le film a généré dans les salles", souligne Jean-Claude Bordes, de Pathé Distribution.

Las, les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes. Mardi 2 juillet au soir, après la Fête du cinéma, le compteur s'arrêtait au chiffre de 20 260 975 spectateurs. Presque 500 000 de moins que pour le film de Cameron. "Le retard semble assez difficile à rattraper", pronostique-t-on chez Ecran Total, qui réalise un box office du cinéma en France. Mais on ne pourra pas dire que tout n'a pas été tenté.

Les promoteurs des "Ch'tis" pensent déjà à l'avenir. Le film, qui cumulait 121 millions d'euros de recettes fin mai, va faire l'objet d'un remake italien, tandis qu'une version américaine serait coproduite et interprétée par Bruce Willis.

Clarisse Fabre
Article paru dans l'édition du 04.07.08

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++ Laurent Laborie : Bonjour

++ Les Cahiers : Début du chat à 17h

bonjour, le chat va débuter dans quelques instants, désolé pour le retard... un problème technique.


-- Ludovic : Un peu de retard ?

++ admin : EB : Oui, un peu de retard. Sont là HA, CN, ER, les meilleurs.

EB : Léos Carax sera peut-être là dimanche ; il est question de son film dans le journal d'hier, en ligne dans une heure. Désolé de cet autre retard.

++ admin : EB : Demandons à CN ce qu'il a pensé de Merde.

++ admin : CN : c'est de loin le meilleur des trois films réunis dans Tokyo ! Un film enragé, presque haineux, d'une mysanthropie sans concession au bon goût ou à un quelconque humanisme.

++ admin : CN : Le contrepoint de la rage, c'est une joie évidente à jouer avec des images de texture différente, avec le numérique.

-- louis blanchot : Pour ceux d'entre vous qui avaient eu la chance d'être un mâle d'une vingtaine d'années pendant les 80's, quels rapports entretenez-vous avec leos carax et son cinéma?

++ admin : EB : Un peu jeune à l'époque de Boy Meets Girl et Mauvais sang ; vu à sa sortie Les Amants du Pont Neuf, sans être sûr de l'avoir compris. Un peu la même impression avec Pola X, qu'il faudrait revoir. Grand souvenir en revanche des quelques notules publiées par Carax dans les Cahiers, dont une sur La Taverne de l'enfer, plus au moins un beau, déjà très rageur compte-rendu de festival.

++ admin : EB : Carax a quand même été, pendant deux ou trois

++ admin : EB : ans, le nouveau Godard, ce qui semblait alors irréalisable, et l'est toujours.

HA : Rapport assez douloureux avec Carax. Bien aimé, adolescent, Mauvais Sang. Ensuite... plus compliqué avec Les Amants du Pont Neuf. Un Beineix qui aurait des lettres ? aurait lu Dostoievski ?

++ admin : VM : Il est culte en Corée. Lavant était à Jeon-Ju : superstar ! Une hystérie...

-- sebthecat : avec le recul que diriez-vous aujourd'hui des Amants du pont neuf?

++ admin : EB : Le numéro spécial des Cahiers, Lavant courant sur la plage le sexe dressé, la compresse sur l'oeil de Binoche...

++ admin : HA : Paris en parc d'attraction.

-- Flavien : Bonjour à tous,
L'analogie qu'Emmanuel Burdeau fait entre Carax et Godard me semble juste mais elle mérite, peut-être, que nous nous arrêtions dessus, quitte à voir ce qu'il y a encore dans "Merde" de cette filiation avec Godard.

-- Greg : J'aime Carax depuis mes 14 ans et ma vision de Mauvais Sang. J'ai beaucoup de mal à le comparer à Godard, Carax me semble être un grand créateur de forme. Comment vous placeriez Merde dans la continuité de son oeuvre ?

++ admin : CN: rapport évident entre Merde et Les Amants du Pont neuf. Une grande ville devenue terrain de jeu pour un marginal débridé, une pure énergie lancée dans la ville, contre le bon goût et la mesure. Le feu d'artifices des Amants devient lancé de grenades et massacre au coeur de Tokyo. Même mélange de monstruosité et de grâce chorégraphique (du personnage et du film).

-- louis blanchot : "Pola X" était un film très grave et très borné, il y avaitune sorte de dégout de cinéma assez fascinant. Je n'ai vu que qu'une image de "Merde" (celle de Lavant sortant des égouts) et elle est terrifiante de beauté : Lavant a un côté Grenouille séquestré pendant 3 siècles et n'ayant gardé du mythe que la mépris du monde. Carax a-t-il retrouvé un appétit de l'image?

++ admin : CN: Oui, le film est d'une grande beauté, pas du tout au sens d'une belle image. Au contraire : la merde la crasse ne sont pas du tout enjolivées, mais récupérées en matière picturale par la texture numérique. Vision devenue commune de la grande ville prise dans une régression, une involution, revanche des bas-fonds et des égouts. Mais Carax va plus loin en traitant frontalement les peurs contemporaines, la xénophobie.

-- Greg : Un dégoût du cinéma mais une insistance magnifique à vouloir le faire aller de l'avant, à créer, à proposer des choses nouvelles. Ce que dit CN me met en appétit, c'est le moins que l'on puisse dire

++ admin : CN : je ne vois pas de dégout du cinéma dans ce film, au contraire. Un dégout du monbde contemporain, une rage antisociale. Je ne vois aucun ciinéaste français qui manifeste un telle liberté à l'égard de l'image, de son imaginaire. Rien que cette énergie émeut beaucoup.

-- guillaume massart : Ca veut dire quoi "récupérées en matière picturale par la texture numérique"?

++ admin : CN : ça veut dire que Carax fait de la peinture, ce qui n'est pas nouveau, mais la proximité du numérique avec la matière, la matérialité des choses, la manière dont il les rend, produite une pâte nouvelle, moins lisse, plus rugueuse.

CN: on pourrait aussi parler d'autres films, dont le très beau et passionnant Waltz with Bashir.

ER : pour l'instant, de tous les films que j'ai vus ici à cannes, waltz est celui qui m'a le plus touché

-- Marco Materazzi : Un conte de Noël? Le voyage aux Pyrénées? De la guerre?

++ admin : ER de la guerre c'est pour demain. un conte de noël est un film troublant.

++ admin : je ne pense pas que ce soit le plus beau desplechin, certes c'est le film par lequel ce cinéaste s'approche le plus d'un certain cinéma américain

++ admin : le cinéma de shyamalan notamment

-- Flavien : Le Monde parle de Bergman pour ce Desplechin.

++ admin : er oui, le monde a raison. mais c'est une évidence. laissons bergman un peu tranquille

++ admin : er : c'est un film sur les petites patries de sang. c'est mon avis

-- Greg : Enfin quelqu'un qui rend la texture numérique profonde. Vous feriez donc un rapprochement avec une actualité des formes cinématographiques ? Il s'inscrit bel et bien et ne se contente pas de faire du Carax d'il y a presque 10 ans ? Encore une bonne nouvelle... D'autres films actuels vous sont venu à l'esprit durant la vision de Merde ?

-- l. blanchot : IL y des accointances fortes entre Shyamalan et Desplechin, non?

-- Flavien : Les petites parties de sang ? C

-- Greg : De la guerre n'est pas encore passé je crois. Je suis curieux d'avoir les premiers échos.

EB : On parlera peut-etre demain du film de Bertrand Bonello. En attendant, merci à tous. Et à très vite. Bonsoir.

-- Henri Langlois : Très bel article des Cahiers sur Un Conte de Noël!

-- Flavien : Les petites parties de sang ? Comme chez Ozu, cette nécessaire accointance qui nous relie aux êtres familiaux et auxquels nous somment soumis ?

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Pour l’avenir des « Cahiers du cinéma »

Dans une tribune publiée par Libération le jeudi 24 avril, « Les Amis des Cahiers du cinéma » ont marqué leur attachement à la préservation de l'identité des Cahiers du cinéma, après l'annonce brutale de leur mise en vente par Le Monde. Comme l'ensemble de la presse, les Cahiers se trouvent aujourd'hui à un tournant de leur histoire. C'est un moment délicat, mais qui peut être porteur de promesse et de renouveau. Dans toutes leurs composantes, revue, éditions, photothèque, site Internet, les Editions de l’Etoile / Cahiers du cinéma doivent demeurer un acteur central de la vie culturelle française.
 
Nous partageons à cet égard une conviction : le meilleur moyen pour les Cahiers de garantir leur identité est de se tourner vers l'avenir. Ils doivent aujourd’hui être en mesure d'affronter de nouveaux enjeux critiques. Le cinéma, en effet, n'est plus le même qu'à l'heure de leur création. Autrefois dernier né des arts, il est aujourd'hui l’un des premiers. Il ne cesse de stimuler la littérature, l'art contemporain, la musique, la fiction télévisuelle, Internet... Sa diffusion ne se limite plus à la salle obscure : les films sont sur DVD, sur les sites web, dans les livres, au musée....
 
Autant dire que le cinéma nous concerne désormais tous au premier chef : artistes, philosophes, écrivains, cinéastes, critiques, acteurs, directeurs de festivals…

Les mutations de l’époque rendent les Cahiers plus indispensables que jamais, en réclamant l'invention d'un type d'intervention critique apte à répondre à la nouvelle place du cinéma dans le concert des arts et des images. Si le cinéma est désormais au centre, les Cahiers peuvent l'être également, puisqu'ils sont présents sur le papier et sur Internet, et que leur aura demeure un atout majeur. Seront-ils alors contraints d'oublier leur histoire ou de dévoyer leur identité ? Nullement. Ils garderont au contraire intactes la vigueur et la nécessité de leurs débuts, lorsqu'André Bazin et la jeune garde des futurs cinéastes de la Nouvelle Vague se tournèrent vers ce qu'il y a d'impur dans le cinéma ou lorsque, quelques années plus tard, la revue s'ouvrit aux sciences humaines et à la philosophie. C'est, à plus large échelle encore, un moment similaire que nous traversons aujourd'hui.
 
Emmanuel Burdeau et Thierry Lounas, respectivement rédacteur en chef et membre du comité de rédaction, ont fait part de leur volonté de relever ces défis en élaborant un nouveau projet éditorial et économique pour les Cahiers. Ce projet a la confiance de la rédaction et du conseil éditorial. Il entend assurer la pérennité de l'entreprise dans toutes ses composantes, tout en l'adaptant aux enjeux présents et futurs. Une telle décision nous semble à la fois naturelle et réjouissante. Elle ouvre la perspective de Cahiers renouvelés et fidèles à eux-mêmes.
 
Au nom de l'avenir des Cahiers du cinéma, nous assurons ce projet de notre soutien et de notre confiance.

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Pour une revue de plaisir et de combat »
PAR Christophe Kantcheff
jeudi 8 mai 2008

« Les Cahiers du cinéma » ont été mis en vente par le groupe Le Monde. Emmanuel Burdeau, leur rédacteur en chef, expose les grands axes du plan de reprise soutenu par la rédaction. Au cœur du projet : une vision qui ne dissocie pas la critique de l’économique.

Les Cahiers du cinéma comptent parmi les publications mises en vente par le Monde, dans le contexte de la crise actuelle traversée par le quotidien. Pour les lecteurs de cette revue à la riche histoire, et pour le cinéma lui-même, en particulier pour celui que l’on dit « d’auteur », ou, plus précisément, « de recherche », cette nouvelle a de quoi inquiéter. Car les Cahiers du cinéma sont l’un des lieux, de plus en plus rares dans les médias, où non seulement se maintient une forte activité critique, mais où la nécessité de cette activité est sans cesse pensée et réaffirmée. Or, la persistance d’un débat critique et d’une réflexion sur la critique elle-même est l’une des conditions pour que les spectateurs ne soient pas définitivement transformés en consommateurs, et l’une des voies de résistance contre l’uniformisation. D’où l’importance de la candidature à la reprise des Cahiers par son actuel rédacteur en chef, Emmanuel Burdeau, associé à l’un des rédacteurs de la revue, Thierry Lounas. Une candidature renforcée par le soutien que lui apportent la rédaction ainsi que le conseil éditorial.

La mise en vente des Cahiers du cinéma signifie qu’une menace pèse aujourd’hui sur le travail critique effectué par la revue. Quel bilan tirez-vous de celui-ci et quelle place occupe-t-il dans votre projet de reprise ?

Emmanuel Burdeau : Une menace pèse aujourd’hui sur la pensée critique en général. Mais il y a aussi des signes qui annoncent un redéploiement des énergies. La crise que traverse la presse, celle que traverse de son côté le cinéma – notamment d’auteur – obligent à dresser un double diagnostic, critique et économique. Inséparablement. Pour nous, tout est à repenser ensemble à l’intérieur d’une perspective « politique » globale : le cinéma n’est plus seulement en salle, et il n’est plus seulement dans les films. Ces dernières années, les Cahiers ont tenté quelques percées. Ils se sont passionnés pour le numérique, théoriquement et pratiquement. Ils ont observé les rapports entre le cinéma et Internet, les technologies domestiques… Ils ont accompagné la mutation des pratiques documentaires. Ils ont entamé une réflexion sur la diffusion des œuvres, l’avenir de la salle… Ils ont interrogé leur histoire, celle du discours critique. Ce ne sont que des prémices. Il faut maintenant que les Cahiers affirment des choix : qu’ils soient une revue de plaisir et de combat. Et il faut qu’ils élargissent franchement leur champ critique : Internet, fictions télévisuelles, littérature romanesque, art contemporain…

Votre candidature à la reprise est portée par la rédaction des Cahiers et par son conseil éditorial. Que signifient ces soutiens ?

Il y a plusieurs cercles aux Cahiers : les salariés, la rédaction, Les Amis des Cahiers du cinéma, société civile qui réunit des personnalités du cinéma et des proches de la revue. Tous sont d’égale importance. Aux Cahiers, on a coutume de dire qu’une revue, c’est d’abord quelques personnes qui se parlent. L’aventure a toujours été collective. Que notre projet soit porté par la rédaction est à la fois logique et capital. Dans la légende maison, on dit aussi qu’il faut avoir entre 20 et 35 ans pour faire la revue : nous y sommes ! Quant au conseil éditorial, il a fait part de son enthousiasme vis-à-vis de notre projet dans un bref communiqué. Certains de ses membres sont écrivains, comme Pierre Alferi, ou ont une grande expérience politique, comme Philippe Mangeot. D’autres sont de grands anciens de la revue, comme Jean Douchet. Il est très important pour nous de réussir ce pari : regarder vers l’avenir tout en restant fidèle au passé. S’il y a une « ligne », elle est là.

Les pertes des Cahiers du cinéma sont estimées à 700 000 euros en 2007, et leur dette totale à plus d’un million d’euros. Quelles solutions proposez-vous pour revenir à l’équilibre ?

Le projet que nous élaborons avec Thierry Lounas a pour objectif d’amener les Éditions de l’Étoile, qui regroupent l’ensemble des activités des Cahiers – revue, livres, Internet, photothèque –, à l’équilibre pour les soixante ans de la revue, en avril 2011. C’est un défi, car les Cahiers ont été déficitaires tout au long de leur histoire, à quelques exceptions près : les premières années, la période « Filipacchi » (1964-1970) et le milieu des années 1980. C’est surtout une nécessité. Il ne saurait être question de simplement renflouer les Cahiers, au risque d’une nouvelle crise d’ici trois ou cinq ans. Il s’agit de réinventer un modèle économique et critique pour l’entreprise. Il y a des mesures d’économie à prendre, sans fragiliser l’équipe, et de nouvelles sources de recettes à développer. De nombreuses pistes restent à explorer. Il est crucial qu’Internet devienne enfin une pièce à part entière de notre espace critique. De même qu’il est inévitable, pour les Cahiers, de devenir un acteur de la diffusion des œuvres, à l’heure où celles qu’ils défendent ont de moins en moins accès aux salles. Toutes choses qui doivent être portées et décuplées par un « militantisme » passant d’abord – dans la revue et sur le site – par une campagne d’abonnements liée à la relance.

Vous êtes, bien entendu, en quête de capitaux. Quel type d’actionnariat recherchez-vous ?

Nous recherchons un véritable partenaire financier. Les discussions que nous avons engagées vont dans ce sens : les actionnaires de demain ne seront pas seulement des bailleurs de fonds, ils seront aussi des alliés et des incitateurs dans le développement des Cahiers. Aujourd’hui, nous sommes raisonnablement confiants. Pour deux raisons : le nom des Cahiers n’a rien perdu de son éclat, ce dont nous sommes heureux autant que fiers. De plus, à trois ans de leur soixantième anniversaire, les Cahiers sont idéalement placés pour ouvrir un chapitre entièrement neuf de leur histoire.

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Politiques
Soupçons de purge à la LCR après un licenciement
C.F.
QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008

Les principes de l’économie de marché s’appliquent partout. Même au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Pour justifier la décision de priver de son poste de permanent Christian Picquet, principal opposant à la ligne décidée lors du congrès de janvier, la formation d’Olivier Besancenot invoque le principe de la meilleure utilisation d’une ressource rare. En clair, «nous n’avons pas les moyens de payer un permanent qui n’assiste plus à aucune des réunions de la direction», argue Alain Krivine, selon qui «les adhérents qui paient des cotisations commençaient à protester contre cette situation».

A entendre le porte-parole historique de la LCR, Christian Picquet, leader de la fraction minoritaire, aurait même pu être licencié pour faute grave. Encore un effort, camarade… pour coller au discours du patronat.

En fait, cette éviction obéit à des raisons purement politiques et publiquement revendiquées. Ce qui constituerait une première dans l’histoire de ce mouvement. Lors du congrès, Christian Picquet avait défendu la création d’un grand parti à gauche de la gauche, avec des courants issus du Parti communiste, des Verts, de Lutte ouvrière, et bien entendu de la LCR, pour construire une alternative au Parti socialiste. A l’inverse de la direction de la Ligue, qui prônait la naissance d’une nouvelle formation dont la LCR «et les gens qui veulent se représenter eux-mêmes», selon l’expression d’Olivier Besancenot, auraient constitué l’épine dorsale.

La direction de la LCR se défend d’avoir mené une purge. «Vous connaissez beaucoup de partis politiques qui offrent un poste de demi-permanent et une allocation de 1 000 euros pour financer un courant d’opposition au sein de leur propre parti», interroge l’un des dirigeants de la Ligue, avant de préciser : «Le courant de Christian Picquet disposera d’une tribune dans notre organe de presse, Rouge, et Christian reste membre du bureau politique.»

L’intéressé ne voit dans cette décision de le priver de son poste de permanent qu’un «licenciement politique, pour des raisons politiques». «C’est aussi l’une des conséquences de la personnalisation de la Ligue autour d’Olivier Besancenot», analyse un proche de Christian Picquet, ce qui a pour corollaire de réduire la parole dissidente. Mais ce n’est pas une épuration. «Les camarades qui avaient appelé à voter José Bové contre Olivier Besancenot à la présidentielle de 2007 appartiennent toujours à la direction nationale», se défend Alain Krivine.

Comme si, pour construire son nouveau parti, la Ligue éprouvait le besoin de se défaire de l’histoire de ces trente dernières années.


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