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Affaire de l’accident de scooter: Jean Sarkozy est relaxé

Jean Sarkozy, soupçonné d'avoir provoqué un accident à scooter, vient d’être relaxé. L’automobiliste, partie civile dans le procès, a dû verser 2000 euros pour «procédure abusive».

9 Réactions

Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters).

Jean Sarkozy, fils du Président de la République (Reuters). (REUTERS)

Accusé d'avoir percuté un automobiliste alors qu'il roulait à scooter, le fils cadet du président de la République et conseiller général des Hauts-de-Seine (UMP), Jean Sarkozy, a été relaxé ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris.

Les magistrats ont déclaré «Jean Sarkozy non coupable des faits qui lui sont reprochés» et condamné l’automobiliste, partie civile dans le procès, à lui verser 2.000 euros pour «procédure abusive».

Depuis trois ans, M’Hamed Bellouti, 37 ans, accuse Jean Sarkozy d’avoir percuté l’arrière de sa BMW avec son scooter le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, puis d’avoir pris la fuite.

Lors de l’audience du 25 juin, M’Hamed Bellouti et son passager avaient raconté avoir relevé le numéro du deux-roues à l’aide d’un téléphone portable, tout en reconnaissant ne pas avoir été en mesure de reconnaître son conducteur, «un jeune», «imberbe», coiffé d’un casque.

Après plusieurs tentatives vaines de son assureur pour obtenir de la partie fautive le paiement des réparations, l’automobiliste avait finalement décidé de porter plainte, en février 2006. C’est seulement alors qu’il aurait découvert l’identité du propriétaire du scooter.

Deux expertises et un procès plus tard, la justice a finalement donné raison à Jean Sarkozy. Les deux expertises concluaient qu’au vu des dégâts constatés sur les deux véhicules, le choc n’avait pu avoir lieu, du moins tel que décrit par l’automobiliste.

Source AFP

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Politiques
«Le financement du RSA ? Une couardise idéologique»
Alain Lambert, sénateur de UMP l'Orne et ancien ministre du Budget. (AFP)
Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne et ancien ministre délégué au Budget, réagit pour Libération.fr au système de financement du Revenu de solidarité active présenté ce matin par Nicolas Sarkozy. Avec lequel il n'est pas vraiment tendre.
recueilli par Philippe Brochen
LIBERATION.FR : jeudi 28 août 2008

Vous vous dites surpris par l'annonce de Nicolas Sarkozy. Est-ce parce que ce dispositif ne vous convainc pas ?
Non. Je suis 100.000 fois pour ce dispositif. Je n'ai pas la moindre hésitation. Du reste, il y a dix ans, j'avais travaillé à la création d'un dispositif similaire, baptisé RMA (Revenu minimum d'activité). Vous voyez qu'on en est pas loin. Non, je trouve juste que Nicolas Sarkozy choisit un mauvais financement pour une bonne idée. Et qu'il va donner une mauvaise image de la bonne idée. C'est-à-dire qu'il va faire payer des gens presqu'aussi pauvres que ceux à laquelle cette mesure se destine. Ces personnes sont mal choisies.
Comment auriez-vous financé le RSA?
Il n'est pas nécessaire de lever un nouvel impôt quand on gaspille l'argent de ceux qui existent déjà. L'argent est disponible: il est dans les comptes de l'Etat, de la Sécu ... 1.000 milliards d'impôts prélevés par an, c'est le montant le plus élevé du monde. Cela montre juste que ceux qui gèrent l'argent public n'ont pas la compétence ou le sérieux pour le faire. Les ministres cherchent à avoir toujours plus de crédits, et la responsabilité est largement partagée.

Est-ce que cette taxation de 1,1% du revenu du capital est réellement catastrophique pour ses «victimes»?
Ce que je pense, c'est que le lien de confiance et d'espoir qui unissait les Français au Président est gravement en danger. Nicolas Sarkozy a été élu, y compris par des gens qui n'avaient jamais voté pour lui, pour rendre la France plus efficace, mais pas pour augmenter les impôts.

Est-ce pour lui une tentative d'estomper les échos négatifs engendrés par la création du bouclier fiscal et de la réforme de l'ISF?
Bien entendu. J'y perçois une forme de couardise idéologique en réponse à la diabolisation de la loi Tepa par la gauche. Et s'en prendre au capital, c'est une façon d'expier ce pêché. Sauf que Sarkozy impose la pénitence à ceux qui n'y sont pour rien: les petits épargnants. Je suis profondément convaincu que la droite n'a pas cherché avec la loi Tepa à favoriser les riches. Elle a tout simplement, naïvement cru qu'elle pouvait acheter la croissance. Ce sont des croyances keynésiennes, des vieilles lunes qui n'ont plus cours depuis trente ans. Sarkozy a distribué de l'argent qui termine en écrans plats qui sont fabriqués en Corée. Là, il essaie de montrer qu'il veut faire payer aussi le capital.

Et en réalité?
C'est l'épargne qu'il sanctionne sans s'en rendre compte. Il en vient à appeler à la contribution des gens qui vivent chichement de leur modeste travail, parce que l'exécutif n'a pas eu le courage de faire le tri dans ces 1.000 milliards.

Et vous, comment auriez-vous agi?
Je n'étais pas favorable à une baisse substentielle des droits de succession.

Nicolas Sarkozy a-t-il changé et s'est-il fait intoxiquer par les ministres socialistes, comme certains l'affirment dans la majorité?
Non, je pense que Martin Hirsch est très malin, très habile et qu'il a convaincu Sarkozy que ce dispositif était facilement finançable. Il a donné quelques exemples au nombre desquels il y avait la Prime pour l'emploi. Et ensuite Sarkozy, face à la suppressuion partielle de la PPE, a eu peur qu'on l'accuse à nouveau de prendre dansd la poche de pauvres pour donner à d'autres pauvres. Face à cette présentation falacieuse, il s'est dégonflé. C'est plus un enchaînement qu'une adhésion idéologique.

Vos collègues de la majorité sont-ils dans le même état d'esprit que vous?
Ils sont tous très furieux. Après, c'est toujours pareil: il y a ceux qui ont le courage de parler et les autres... Nous avons parlé entre spécialistes de fiscalité, et nous sommes inquiets de la manière dont nous allons pouvoir écrire ce nouvel impôt. Il va falloir mettre des planchers et des plafonds qui vont rendre ce dispositif fiscal très compliqué. Et qui vont en faire une nouvelle usine à gaz. On n'en avait pas besoin...


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/348140.FR.php
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Point de vue
Tout antisarkozyste est-il un chien ?, par Alain Badiou
LE MONDE | 24.07.08 | 13h31 • Mis à jour le 24.07.08 | 13h31

es ennemis de toute politique autre que celle qu'ils nomment très à tort "démocratie", vu qu'elle est, de notoriété publique, le pouvoir d'une maigre oligarchie de dirigeants d'entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur déplaît : insinuer qu'il est antisémite. J'ai l'honneur d'être flanqué de vrais professionnels de cette insinuation.

S'agissant de mon avant-dernier livre, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, qui a plu a pas mal de monde, et qu'il fallait de ce fait même stigmatiser le plus vite possible, il était dur d'y trouver, même en mentant comme un arracheur de dents, de quoi alimenter le truc de l'antisémitisme. Pas la moindre allusion au mot "juif". Eh bien, les professionnels de la délation, les sycophantes, en ont trouvé quand même ! M. Assouline a remarqué, sur son blog, que je traitais de "rats" les socialistes entrés au gouvernement Sarkozy, et, par voie de conséquence, Sarkozy lui-même, d'"homme aux rats".

Quelqu'un de très modérément cultivé sait aussitôt que j'entrelace ici, non sans une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de "l'homme aux rats" comme exemple type de l'obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n'a plus traité qui que ce soit de rat. Par ailleurs, il y a des juifs dans la généalogie de Sarkozy. Donc... Vous voyez ? Hein ? Vous voyez bien ?

Le plus drôle est que le chef de file des intellectuels médiatiques commis à la Restauration, Bernard-Henri Lévy, saute sur l'occasion, sans citer du reste sa source, M. Assouline. Citons, nous, BHL (dans Le Monde du 22 juillet) : "Dans un livre récent, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Alain Badiou s'autorisait de sa juste lutte contre l'"immonde" pour réintroduire dans le lexique politique des métaphores zoologiques ("les rats"... "l'homme aux rats") dont le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré, sans appel, qu'elles sont toujours la marque du fascisme."

Alors là ! Sartre ! Tout du long de l'essai fondamental Les Communistes et la paix, écrit au début des années 1950 (Les Temps modernes, 1952), il appelle "rats" les anticommunistes. Il le fait certainement avec d'autant plus de bonne humeur qu'il a été lui-même traité de "hyène dactylographe", non par les fascistes, mais par ses alliés communistes. Le même Sartre avait du reste prononcé la sentence fameuse : "Tout anticommuniste est un chien." Comme quoi, bien après la guerre, les animaux étaient mis à contribution de toutes parts...

Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal ont fait l'éloge de Tony Blair. Utilisant une comparaison chinoise, je les ai appelés des "blaireaux de la même colline". Blair, blaireaux... Que les délateurs prennent note : j'ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l'ignominie des jeux de mots sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine.

Eh bien, finalement, je plaide coupable. J'utilise en effet sans remords les "métaphores zoologiques". Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme pousse sa domination jusqu'à vouloir nous le faire oublier, c'est qu'il y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me serait-il interdit de les injurier ? De les comparer à des vautours, à des chacals, à des butors, à des linottes sans tête, et même à des rats, à des vipères, lubriques ou pas, voire à des hyènes, dactylographes ou pas ? On ne peut pas toujours comparer les gens à des aigles, comme on l'a fait pour Bossuet, ni même à des boeufs, comme ce fut le cas pour le président du conseil Joseph Laniel, ou encore à des renards, comme c'était courant s'agissant de Mitterrand.

Et puis, mesdames, messieurs, un peu d'humour. A supposer que Ségolène Royal me fasse penser à une chèvre peinte et le premier ministre Fillon à une fouine endormie, ne croyez pas, quel que soit votre animal favori, qu'il faille grimper au plafond !
Alain Badiou est philosophe.

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Les nouveaux "droits et devoirs" des chômeurs adoptés à l'Assemblée
LEMONDE.FR avec AFP | 18.07.08 | 05h07 • Mis à jour le 18.07.08 | 11h25

es députés ont adopté, dans la nuit de jeudi 17 à vendredi 18 juillet, le projet de loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi". Le texte institue la notion de "projet personnel d'accès à l'emploi" et "d'offres raisonnables d'emploi". Un chômeur sera radié des listes du service public de l'emploi s'il refuse deux "offres raisonnables". Dès le 4e mois de chômage, les demandeurs d'emploi devront accepter un emploi rémunéré à au moins 95 % de leur salaire antérieur, 85 % au bout de six mois, et du montant de l'allocation qu'ils perçoivent au bout d'un an. Les députés ont adopté un amendement indiquant que ces durées "sont prorogées du temps de formation", pour "encourager et non pénaliser les demandeurs d'emploi qui suivent une formation".

L'UMP et le Nouveau Centre ont voté pour ce texte, déjà adopté par le Sénat, l'opposition (PS, Verts, PCF) a voté contre. "La philosophie était de mieux accompagner [les demandeurs d'emploi] avec du sur-mesure et, d'autre part, de mieux contrôler les abus", a résumé le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez. Le député PS Michel Issindou a dénoncé un "texte humiliant pour les demandeurs d'emploi" et le PCF Maxime Gremetz a parlé d'une "régression du code du travail".
"ABSENCE TOTALE DE GARANTIES APPORTÉES POUR LES SENIORS"

L'Assemblée a aussi voté la suppression progressive, d'ici à 2012, de la dispense de recherche d'emploi dont pouvaient bénéficier les chômeurs âgés de plus de 57 ans et demi. "On ne peut pas continuer avec cette espèce d'hypocrisie à trois acteurs : le gouvernement et les politiques, qui ont expulsé les seniors en dehors du marché de l'emploi pour gérer les statistiques, les employeurs, qui l'ont utilisé comme un instrument commode de gestion des ressources humaines, et aussi les partenaires sociaux, qui s'en sont parfois servi dans des procédures de licenciement collectif", a développé M. Wauquiez.

Marisol Touraine (PS) et Martine Billard (Verts) se sont inquiétées de "l'absence totale de garanties apportées pour les seniors à ce stade".

Enfin, l'Assemblée a voté, à la demande du gouvernement, la création d'un "médiateur du service public de l'emploi", conçu comme voie de recours en faveur des chômeurs dans leurs relations avec l'ANPE. Le service public de l'emploi doit naître de la fusion ANPE-Unedic, qui doit être effective dans les prochains mois.

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Monde
Sarkozy livre Petrella à l’Italie
CHRISTIAN LOSSON (à Toyako) et ÉRIC JOZSEF (à Rome)
QUOTIDIEN : mercredi 9 juillet 2008

Personne ne lui avait posé la question. Mais c’est à l’autre bout du monde, entre la crise alimentaire ou les dossiers énergétiques au menu du G8 de Toyako, que Nicolas Sarkozy a confirmé hier, dans un point presse, son intention d’extrader en Italie l’ancienne membre des Brigades rouges (BR) Marina Petrella, 54 ans, arrivée en 1993 en France pour échapper à une condamnation à la réclusion criminelle à la perpétuité et qui y a refait sa vie (lire page 4). «Conformément aux accords européens» et aux «décisions de justice françaises», l’ex-brigadiste sera extradée a assuré le chef de l’Etat. Une annonce confirmée quelques heures plus tard à Cannes par la garde des Sceaux, Rachida Dati. La procédure devrait toutefois durer encore plusieurs mois dans l’attente d’un arrêt du Conseil d’Etat saisi par les défenseurs de Marina Petrella.

Obstacles. «Ma cliente est en train de mourir», a insisté Irène Terrel, l’avocate de l’ex-brigadiste «gravement dépressive» et alitée au service psychiatrique de la prison de Fleury-Mérogis qui se bat pour l’application immédiate «d’une clause humanitaire» suspendant la procédure d’extradition. Evoquant dans sa déclaration «un geste humanitaire», Nicolas Sarkozy a précisé qu’il avait demandé à Silvio Berlusconi «de solliciter du président la république italienne, la grâce compte tenu de l’ancienneté de la condamnation et compte tenu de la situation psychologique et de santé». Il s’est limité à assurer que «le président du Conseil italien m’a fait valoir qu’il partageait mon analyse et qu’il interviendrait auprès du président de la République italien pour essayer d’obtenir la grâce».

En théorie, au vu de ses conditions de santé, le Président, Giorgio Napolitano, pourrait se prononcer favorablement sur une grâce. Il y a deux ans, l’actuel chef de l’Etat avait en effet pour des motifs similaires pris une telle mesure à l’endroit d’Ovidio Bompressi. En mai 2006, l’ancien dirigeant de Lotta Continua, condamné avec l’intellectuel Adriano Sofri à vingt-deux ans de prison pour l’homicide, en 1972, du commissaire Luigi Calabresi, avait ainsi pu recouvrer la liberté au bout de neuf ans de prison.

Mais pour Marina Petrella plusieurs obstacles rendent cette hypothèse peu probable. «En général, il faut que l’intéressé ait déjà effectué une bonne partie de sa peine ou encore qu’il y ait eu le pardon des parents des victimes», fait remarquer le journaliste Giovanni Bianconi, auteur de plusieurs livres sur le terrorisme des années 70. Hier, Salvatore Berardi, fils d’un policier tué par les BR et membre de l’Association italienne des victimes du terrorisme a lancé : «Cela ne nous intéresse pas de savoir si Petrella pourra se balader mais je tiens à rappeler qu’avant de concéder des remises de peines, il faudrait penser au dédommagement des victimes.» Surtout, une éventuelle grâce risque de voir l’opposition très forte des alliés politiques de Silvio Berlusconi. Le président (ex-communiste) n’a pour sa part jamais rien dit publiquement sur les ex-terroristes réfugiés en France, ni sur le cas Petrella.

«Revanche d’Etat». En France, les propos du chef de l’Etat ont entraîné de nombreuses réactions. «Nous dénonçons des petits arrangements entre amis dont on ne sait ni les tenants ni les aboutissants, alors que la vie d’une femme est en jeu», a réagi Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature (gauche) regrettant que «vingt-cinq ou trente ans après, ces anciens activistes qui ont renoncé à la lutte armée se voient victimes d’une sorte de revanche d’Etat». La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est tout aussi virulente affirmant que «Nicolas Sarkozy a décidé de livrer à son ami Silvio Berlusconi une femme en danger de mort, Marina Petrella, avec le souhait délicat que les autorités italiennes fassent si possible œuvre d’humanité à sa place.»

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Culture
Madame Sans-Gêne va jouer à la châtelaine
Isabelle Lemesle, nommée à la direction du Centre des monuments nationaux. (DR)
Nommée à la direction du Centre des monuments nationaux, Isabelle Lemesle est surtout réputée pour sa gestion calamiteuse du musée du quai Branly et un comportement baroque.
VINCENT NOCE
QUOTIDIEN : mercredi 25 juin 2008

Le Mont Saint-Michel célèbre son 1300e anniversaire, la Bretagne crachine, la ministre passe en coup de vent. Dans un brouhaha moqueur, une dame au cheveu court se débat avec une sono défectueuse. Le cénacle bruisse, c’est qui ? c’est qui ? Eh bien, c’est Isabelle Lemesle, la nouvelle présidente du Centre des monuments nationaux. Une nomination passée en catimini d’une inconnue du monde culturel. Le Centre est pourtant une institution importante, qui emploie 1500 personnes et gère une centaine de cathédrales, châteaux ou monuments comme l’abbaye du Mont, le Panthéon ou l’Arc de Triomphe. Une institution appelée à affronter une mutation importante avec la décentralisation. A 46 ans, Isabelle Lemesle a remplacé Christophe Vallet, dont l’action a été saluée unanimement. Il a su redonner confiance à un «organisme déboussolé», selon l’expression d’un rapport sénatorial. En 2002, son prédécesseur, issu du cabinet de Jack Lang, avait dû démissionner après les révélations de Libération sur sa gestion arbitraire.

«Vulgarité». Née dans l’ombre de Chirac à la ville de Paris, la carrière d’Isabelle Lemesle se résume au chantier du quai Branly, qu’elle a dirigé cinq ans. Jusqu’à ce que, de guerre lasse, le président de l’établissement obtienne, en 2003, sa «promotion»au Conseil d’Etat.

Le quai Branly, un chantier pharaonique qui a englouti 290 millions d’euros. Mais aussi une des pires dérives pointées dans un récent rapport de la Cour des comptes. Ouvert en 2006, le musée est désormais en vitesse de croisière. Mais il lui faut encore surmonter les aléas d’une naissance au forceps, dont il porte les stigmates dans une muséographie calamiteuse. Un retard de trente mois dans l’ouverture, un dépassement de 40 % du budget : la Cour cite «l’absence de fiabilité dans l’évaluation» des programmes ou encore le manque de maîtrise des «montages juridiques».Isabelle Lemesle avait été missionnée alors que le projet était attaqué de toutes parts. Vue comme l’œil de l’Elysée dans la place, elle a pris la tête d’une citadelle assiégée. A l’intérieur, l’atmosphère était devenue explosive. Une pétition a fini par circuler accusant d’«incompétence, vulgarité et comportement névrotique» une direction contestée. Dans sa lettre de démission, un conservateur, a ainsi dénoncé une «logique infernale d’enfermement» transformant le projet «en machine de guerre contre les scientifiques». Le fait est : ils sont partis l’un après l’autre, amputant le musée de son volet culturel. Et laissant l’enveloppe (l’architecture) tout envahir. Le concepteur du musée, Jacques Kerchache, lui-même n’en supportait plus la direction. Sa mort, en 2001, laissa un vide. Les tensions gauche-droite aidant, le quai Branly était parti pour errer comme un grand vaisseau ivre.

Bouffonnerie. Dans lequel se promenait un chien. Car, c’est une particularité d’Isabelle Lemesle, elle ne se séparait jamais de son labrador. Gras comme un cochon, cette brave bête,du nom de Heurtebise, se baladait partout, les secrétaires étant éventuellement appelées à le garder ou le promener au besoin. Sa propriétaire clamait à la cantonade : «Les gens qui n’aiment pas les animaux ne m’intéressent pas.» Très Madame Sans-Gêne, elle s’est présentée avec son compagnon à une émission de Mireille Dumas, expliquant les soucis que sa présence dans le lit pouvait causer aux amants de passage. Cette bouffonnerie a atteint son apogée quand la patronne a invité par mail le personnel à se présenter chez elle au dixième anniversaire de son chien. «C’était à mon domicile, où je fais ce que je veux», a-t-elle rétorqué à Libération. Quelques semaines plus tôt, des employés avaient essuyé sa furie parce qu’ils avaient tenu un pot dans les couloirs…

A son départ, elle nous disait néanmoins sa «conviction» d’avoir empli sa mission «avec rigueur et en conscience». Nobles exigences qui ne l’ont pas empêché de rendre de menus services… Comme de proposer obligeamment à Bernadette Chirac de faire dresser par ses propres services un plan destiné au chantier de la Maison des adolescents. Un de ses très proches amis, Me Yvon Gouttal, fut aussi employé comme conseiller juridique et avocat par l’établissement. Et quand il installa ses bureaux avenue Ledru-Rollin, il fut demandé aux services du musée de constituer un dossier de réhabilitation des locaux, avec un plan d’architecte. Le président du musée, Stéphane Martin, n’a pas contesté les faits, jugeant simplement que l’assistance à la Maison des adolescents lui semblait normale. Et, pour la complaisance montrée envers l’ami de Lemesle, il n’avait «pas été mis au courant». L’avocat, lui, s’est simplement défendu d’avoir «sollicité» ce service rendu par une administration.

Candide. Une fois de plus, en écartant par surcroît un gestionnaire efficace, l’exécutif prend le risque de donner une image détestable à la pratique des nominations dans la Culture. Le candidat Sarkozy avait pourtant juré de soumettre les nominations à la «transparence» et la «compétence». En l’occurrence, Isabelle Lemesle aurait eu du mal à affronter une mise en concurrence, sur dossier : elle avoue candidement à ses interlocuteurs qu’elle ne connaît pas grand-chose au patrimoine. Et quand la presse l’interroge sur sa vision, elle fait répondre qu’il faudra attendre septembre qu’elle se documente. On aurait pu penser que l’affaire de la villa Médicis allait servir de jurisprudence. En réalité, à moindre bruit, l’exécutif ne se gêne pas pour marcher sur les traces de la vieille Chiraquie.


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Grand Angle
De Saint-Simon à la République
Pierre Rosanvallon, en fermant la fondation Saint-Simon, a pris acte de l'échec du rapprochement de la gauche et du centre droit pour revenir vers la critique sociale. Histoire d'un parcours intellectuel.
Par Eric AESCHIMANN, Pascal RICHE
QUOTIDIEN : Lundi 18 septembre 2006 - 06:00
Au milieu des années 90, Pierre Rosanvallon a compris que quelque chose ne tournait plus très rond au royaume du «modernisme de gauche». Jean-Marie Messier, futur ex-«maître du monde», était venu frapper à la porte de la fondation Saint-Simon : «Puis-je faire partie du club ?» Saint-Simon, c'était le salon chic des intellectuels antitotalitaires et des patrons sociaux, le trait d'union entre les rocardiens et le centre droit, la machine à tisser du consensus. Rosanvallon l'avait créé en 1982 avec l'historien François Furet, le chef d'entreprise Roger Fauroux et l'essayiste Alain Minc. Mais pour cet ancien de la CFDT, très attaché à la question sociale, voir qu'un balladurien comme Messier souhaite en devenir membre est un révélateur. Sa créature était en train de lui échapper. Quelques années plus tard, en 1999, autoritairement, il a décidé de mettre la clé sous la porte.
Messier, Minc, fondation Saint-Simon : les étoiles d'hier ont pâli, se sont éteintes. Pierre Rosanvallon, 58 ans, lui, est toujours là, avec sa silhouette confortable, son visage posé, son propos structuré. Mais il a rompu avec une partie de son passé. En 2001, au terme d'une intense campagne, il a été élu professeur au Collège de France, stade ultime d'une carrière universitaire entamée par la petite porte : en 1970, tout juste diplômé d'HEC, il avait choisi de devenir conseiller économique de la CFDT. Désormais, le voilà rue d'Ulm, dans l'annexe neuve du Collège de France. Après une éclipse où il a été absorbé par ses travaux, il a replongé doucement dans le débat public, en fondant la République des idées. Un «atelier intellectuel» plus qu'un réseau mondain. Les travaux, qui font l'objet d'une collection de petits livres, ont connu un retentissement inespéré . Ségolène Royal elle-même s'y abreuve.
En mai, la République des idées a organisé un grand colloque à Grenoble, dont Pierre Bourdieu, symbole de tout ce que Saint-Simon détestait, n'aurait pas renié le titre : «La nouvelle critique sociale». Ce mois-ci, Pierre Rosanvallon publie la Contre-Démocratie, un essai sur les formes non institutionnelles de la démocratie. «Une façon de dire que, contrairement à ce que dit la pensée libérale, il n'y a pas lieu de se défier du mouvement social», résume un proche. Désormais solidement implanté dans le monde savant, à l'écoute de la société, Pierre Rosanvallon ne veut plus entendre parler de l'élite énarco-entrepreneuriale qu'il fréquentait jadis. Par touches, sans le crier sur les toits, il prend acte de l'échec du projet qui consistait à moderniser la gauche en la frottant aux grands patrons. «On est allé trop loin. La culture de gouvernement est devenue la culture de gestion.»
Quatre familles de pensée
Le côté «club snob» ne doit pas faire illusion : Saint-Simon a marqué un moment important dans l'histoire des idées en France. Lorsque la fondation est créée, après l'alternance de 1981, l'enjeu est de convertir la «première gauche» à l'économie de marché. De l'ouvrir à la société civile. De jeter des passerelles entre des élites qui se méprisaient mutuellement, patronat, université, haute fonction publique. De contrer l'influence d'un Parti communiste déjà en déclin. En somme, d'en finir avec «la machine égalitaire» (Alain Minc), «la passion révolutionnaire» (François Furet). Quatre familles de pensée s'associent : la deuxième gauche (CFDT, rocardiens) ; des hauts fonctionnaires qui aspirent à la modernisation de l'Etat (François Bloch-Lainé, Simon Nora) ; une poignée de patrons humanistes qui se sentaient «investis d'une mission d'intérêt général» (Antoine Riboud) ; et enfin, les intellectuels «antitotalitaires», qui, depuis les années 60, ferraillaient contre le communisme et le marxisme et dont le chef de file était François Furet ­ lui-même un ancien du PCF.
Au début, chacun y a trouvé son compte. La chute du mur de Berlin vient confirmer les intellectuels antitotalitaires dans leur conviction ­ leur «illusion», dit Olivier Mongin, le directeur de la revue Esprit ­ que «l'ouverture du marché est un accoucheur de démocratie» et que «le capitalisme est régulable». Les jeunes énarques, futures élites de la nation, se bousculent à la porte de Saint-Simon. «J'ai vu défiler les plus brillants d'entre eux», raconte Pierre Rosanvallon, qui les incite à publier des «notes» pour la fondation. Pour le seconder, il fait appel à Denis Olivennes, jeune et talentueux normalien-énarque. Tout ce beau monde dissèque et critique l'Etat-providence, et Pierre Rosanvallon, qui en a théorisé la crise dès 1981, est dans son élément. En décembre 1995, proche de Nicole Notat et allergique à la rhétorique des avantages acquis, il signe la pétition de soutien au plan Juppé lancée par la revue Esprit .
«Mais pendant ce temps le capitalisme connaissait des mutations radicales. Saint-Simon ne les a pas vus venir», ajoute Olivier Mongin. Les premiers craquements ont eu lieu quelques mois plus tôt, avec la campagne pour l'élection présidentielle de 1995. Saint-Simon est au sommet de sa gloire ­ et à la veille de sa chute. Entre les tenants de l'orthodoxie européenne et les partisans d'une «autre politique», la guerre fait rage. La fondation fait figure de QG de la pensée unique, de laboratoire caché des réformes à venir. Lors des déjeuners avec les candidats, Lionel Jospin est écouté avec dédain, Jacques Chirac brocardé, Balladur applaudi. Faiseurs de roi ? Des agents du KGB viennent roder dans les couloirs des locaux cosys, rue du Cherche-Midi, à la recherche d'on ne sait quels plans secrets. «Des cabinets de consultants se faisaient payer pour dire aux PDG comment être admis à la fondation», sourit Pierre Rosanvallon.
Un tremplin de luxe
A l'époque, tout cela ne le fait pas tellement rire. Il est déçu par la jeunesse dorée qui sort de l'ENA et qui, tournant le dos à l'intérêt général, se sert de Saint-Simon comme tremplin de luxe. «La génération des hauts fonctionnaires réformateurs et keynésiens s'est décomposée. La suivante n'a d'autres ambitions que d'aller dans le privé», déplore-t-il, en citant Denis Olivennes, qui a rejoint Air France, puis Canal + et dirige aujourd'hui la Fnac (groupe Pinault). Il ne voit qu'une seule exception à cette évolution : Martin Hirsch, un conseiller d'Etat, aujourd'hui président d'Emmaüs France. Daniel Cohen, économiste qui accompagne Pierre Rosanvallon depuis une décennie, pointe un autre facteur de désagrégation, l'évolution de la sociologie patronale : «Dans les années 90, des patrons différents sont apparus dans le paysage: Bébéar, Pinault, Arnault, des rock-stars.»
Pierre Rosanvallon s'est vite méfié du dévoiement de l'idée de modernisation. En 1988, dans la République du centre, dont le titre est un bon résumé de l'état d'esprit de l'époque, François Furet se réjouissait que «l'idée de gauche, l'idée de socialisme, l'idée de République, ont dépéri en même temps». Rosanvallon, lui, déplorait au contraire que la «"centrisation" de la vie politique s'appuie sur une sorte de consécration de l'impuissance». Plus tard, à Saint-Simon, il a envoyé quelques signaux, pour «marquer [sa] désapprobation». Il a ouvert ses «notes» au démographe antimaastrichtien Emmanuel Todd ou au sociologue formé par Bourdieu Robert Castel. Il a piloté le Nouvel Age des inégalités, qui amorçait la description des nouvelles conditions de vie des salariés. Mais sa contestation est restée passive. Jamais il n'a demandé à ses puissants amis de Saint-Simon : sommes-nous allés trop loin ?
«L'antitotalitarisme ne peut plus jouer le rôle moteur qui a été le sien au milieu des années 70», écrivait-il également dans la République du centre. Là se trouve probablement le noeud de l'histoire de Pierre Rosanvallon et, à travers lui, de la deuxième gauche. Réinvestir la question sociale, prendre au sérieux les thématiques portées par le mouvement social, ne pas y voir forcément un piège gauchiste, c'est déjà rompre la digue de protection que François Furet et d'autres avaient voulu dresser contre tout ce qui rappelait de près ou de loin l'utopie marxiste. Dans son ultime article dans la revue le Débat, écrit quelques jours avant sa mort à l'été 1997, François Furet s'indignait avec véhémence du fait que, malgré la chute de l'URSS, la gauche française n'ait pas renoncé à son vieux rêve : «séparer démocratie et capitalisme». Comme si la critique du libéralisme relevait forcément du réflexe stalinien.
Un travail d'enquête sociale
Il a fallu du temps à Pierre Rosanvallon pour revenir à sa famille d'origine, la gauche syndicale réformiste. Du temps aussi pour se démarquer de François Furet, son maître, qui, dès le premier jour, lui avait fait confiance et l'avait encouragé dans la carrière universitaire. En fondant la République des idées, Pierre Rosanvallon s'est de facto éloigné des autres «furétistes». L'un des premiers ouvrages parus sous ce nouveau label est une charge contre les «nouveaux réactionnaires». Marcel Gauchet, le rédacteur en chef du Débat, lui aussi un protégé de Furet, y est nommément cité (1). Depuis, sur l'école, le rapport à la nation, la relation entre le politique et le social, la République des idées et le Débat divergent nettement. «Les tâches que nous voulons accomplir ne sont plus les mêmes», admet Rosanvallon. Au centre Raymond-Aron, où se retrouve toute la mouvance antitotalitaire, l'ambiance s'est rafraîchie.
Rosanvallon n'est pas devenu gauchiste. Il croit à la réforme, à la société civile, à l'Europe. Mais depuis quatre ans les petits livres de la République des idées ont mis au coeur du débat public des pans de la réalité sociale jusque-là ignorés : l'atomisation du salariat, la constitution de ghettos de riches, l'explosion des maladies professionnelles, notamment. Un travail d'enquête sociale qui, note-t-il en souriant, était autrefois l'apanage des sociologues d'extrême gauche... Les ventes assurent les deux tiers de son petit budget : 150 000 euros. Le reste vient du mécénat. Rétif à l'argent, Pierre Rosanvallon ne se plaint pas : «Nos travaux seraient-ils de meilleure qualité si nous disposions de plus de moyens ? Quand on voit la production des instituts dotés d'énormes budgets, j'en doute.» Son modèle, ce serait plutôt Marx et Engels. «Ils ont décrit la mise en place du capitalisme avec une étonnante prescience. Quand Engels écrit la Situation de la classe laborieuse en Angleterre, en 1848, on dénombrait plus de domestiques que d'ouvriers en Angleterre. Mais il avait compris que la nouveauté était là.» En ce début de IIIe millénaire, un nouveau capitalisme s'est imposé, et, en plaisantant à peine, Rosanvallon confie son ambition pour la République des idées : écrire un nouveau Capital, «par petits morceaux».
(1) Le Rappel à l'ordre, par Daniel Lindenberg, la République des Idées-le Seuil.


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Une note détaille la stratégie de l'Elysée contre M. Bayrou
LE MONDE | 10.04.08 | 14h13 • Mis à jour le 10.04.08 | 17h33


n dépit des récents déboires électoraux rencontrés par le MoDem, le "cas" de son président, François Bayrou, continue d'occuper Nicolas Sarkozy, qui cherche à isoler l'ancien candidat à l'élection présidentielle. En témoigne une note de synthèse, adressée, lundi 7 avril, au chef de l'Etat, par l'un de ses conseillers, Dominique Paillé.
Dans cette note, dont Le Monde a reçu une copie, M. Paillé fait la liste de tous les éléments qui pourraient contribuer à fragiliser M. Bayrou. Le conseiller du président insiste notamment sur les "mouvements" qui sont récemment apparus au sein du groupe sénatorial centriste. M. Paillé se félicite que "les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini - Christian Blanc se tient à part)" aient "redoublé d'assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre (NC)", parti composé d'ex-UDF qui ont rallié M. Sarkozy. Selon M. Paillé, "un tiers" du groupe sénatorial serait prêt à s'engager dans cette voie.

Le conseiller du chef de l'Etat indique que le président du groupe centriste, Michel Mercier, "a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il ne les suivrait plus dans des opérations suicides et sectaires et que c'était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l'UDF et du MoDem".

"Jean Arthuis (président de la commission des finances du Sénat, qui a décidé de quitter le Modem) est venu s'aligner pratiquement mot pour mot sur (cette) position", ajoute-t-il.

M. Paillé qualifie de "proposition pertinente" l'idée émise par le député européen centriste Thierry Cornillet, de "retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou". La note de l'Elysée aborde très directement les ambitions personnelles des uns et des autres : " Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre (...) Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain. Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l'UMP."

M. Paillé évoque enfin ce qui constitue un enjeu essentiel pour l'avenir politique du MoDem, et donc de son président : le partage des subventions publiques aux différentes formations politiques. "Il est clair qu'à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l'Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez", assure M. Paillé.

"En conclusion, indique-t-il, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l'UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l'ancienne UDF) entre le NC et le MoDem."


Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 11.04.08

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Grand Angle
Seine-Saint-Denis, la chute de la maison rouge
Double échec électoral du PCF dans le 93, où il perd le conseil général qu’il detenait depuis la création du département ainsi que plusieurs fiefs.
FRANÇOIS WENZ-DUMAS
QUOTIDIEN : lundi 31 mars 2008

Jeudi 20 mars, à 10h 37, le communiste Hervé Bramy, président sortant du conseil général de Seine-Saint-Denis, a cédé son fauteuil au socialiste Claude Bartolone. Un passage de relais en douceur, ponctué par les applaudissements des élus et du public. «Cela s’est bien passé», confirme, rétrospectivement soulagé, le nouveau président du «9-3», qui a recueilli les 13 voix des conseillers généraux communistes et les 17 des socialistes, tandis que l’UMP Michel Teulet rassemblait les 10 suffrages des élus de droite. Dans l’assemblée issue des cantonales de 2004, socialistes et communistes étaient à égalité, 15 contre 15. Mais le PS avait laissé la présidence au PCF, au nom de la prime au sortant. Le Parti communiste est resté discret sur la perte de ce «bastion rouge», se félicitant plutôt que la poussée de la gauche lui ait permis de gagner la présidence du conseil général de l’Allier et de conforter sa prééminence dans le Val-de-Marne. Le PCF dirigeait deux départements avant le 16 mars. Il en préside toujours deux après. L’honneur est sauf.

Mais la blessure est plus profonde que ne le suggère l’arithmétique électorale. La Seine-Saint-Denis, dans la grande saga du communisme français, tient une place à part. Et les communistes le savent : s’ils ont perdu ce département qu’ils détenaient depuis sa création en 1967, ils doivent s’en prendre à eux-mêmes. «Au conseil général, ironise un socialiste, confortablement réélu au premier tour, le 9 mars, il n’y avait pas un mais trois groupes communistes : les légitimistes, les refondateurs, et Jean-Jacques Karman», dissident communiste ultra-orthodoxe, élu d’Aubervilliers.

«Le syndrome de Drancy»

Cette division des communistes n’est pas qu’une affaire de personnes ou de clan. Elle correspond à un clivage géographique et politique profond. Les refondateurs ont essaimé autour de leurs deux places fortes de Saint-Denis et de Tremblay-en-France. Les légitimistes sont ancrés à La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Bobigny, Saint-Ouen et Bagnolet. Quant au dissident Jean-Jacques Karman, il est, selon l’expression d’un élu socialiste, «la butte témoin du communisme historique, qui permet de mesurer l’évolution des deux autres courants». Si l’on remonte en 1977, qui marque l’apogée de l’emprise communiste sur le département, le recul est sévère. Le PCF dirigeait alors 27 municipalités sur les 40 du département. Le PS n’en gérait que 7 dont ses fiefs historiques du Pré-Saint-Gervais, d’Epinay-sur-Seine, de Bondy et de Livry-Gargan. La droite devait se contenter des 3 cités résidentielles «bourgeoises» (Le Bourget, Les Lilas et Le Raincy) et des 3 villages ruraux de l’ex-Seine-et-Oise (Coubron, Gournay et Vaujours). Le PCF est passé de 27 à 12, le PS de 7 à 12, la droite de 6 à 14 et les Verts dirigent deux municipalités : Montreuil-sous-Bois et l’Ile-Saint-Denis.

Ce bilan, apparemment rassurant pour la gauche, masque un traumatisme plus profond, que les stratèges socialistes appellent «le syndrome de Drancy». En 2001, ce bastion rouge réputé imprenable est tombé, au premier tour, face à un jeune centriste proche de Bayrou, Jean-Christophe Lagarde. Qui a été réélu triomphalement le 9 mars, confirmant l’adage selon lequel un fief communiste qui tombe à droite devient très difficile à reconquérir. Rosny-sous-Bois, Gagny, Montfermeil ou Neuilly-Plaisance sont aujourd’hui fermement ancrées à droite. Et les socialistes ont dû attendre vingt-quatre ans pour prendre, avec Gérard Ségura, Aulnay-sous-Bois, ville perdue par les communistes en 1984.

«Si nous, à un moment, nous ne prenons pas nos distances avec les communistes, c’est la droite qui finit par l’emporter», analysait, quelques jours avant le second tour, le socialiste Jacques Salvator, qui en se maintenant, alors qu’il avait perdu la primaire, vient d’être élu maire d’Aubervilliers, battant le sortant Pascal Beaudet, successeur de Jack Ralite, donc plutôt refondateur, mais allié à l’ultra-orthodoxe Jean-Jacques Karman. En Seine-Saint-Denis les choses ne sont jamais simples.

Guerre fratricide

«A la fin des années 60», rappelle Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’université Paris-VIII, «les communistes héritent d’un puissant outil de gestion sociale : le département. Ils décident de s’en servir un peu comme ils le faisaient des grandes municipalités qu’ils dirigeaient depuis la Libération, voire avant : pour promouvoir les valeurs des ouvriers et améliorer leurs conditions de vie». «Le problème, poursuit-il, c’est qu’au même moment a commencé la désindustrialisation et, qu’avec le départ des usines, ce passé, aussi glorieux soit-il, correspondait de moins en moins aux réalités du département.»

Dès la fin des années 70, des élus comme Marcelin Berthelot, alors maire communiste de Saint-Denis, avaient lancé le débat au sein du parti. «Berthelot, puis Patrick Braouezec qui lui a succédé, ou Didier Paillard l’actuel maire de Saint-Denis, se sont démarqués de la ligne officielle du parti en défendant l’idée que la gestion d’une mairie ou d’un département par les communistes pouvait aussi se montrer novatrice en matière d’aménagement urbain», explique Alain Bertho. Les refondateurs de Saint-Denis saisissent opportunément la création du Stade de France pour mettre leurs idées en pratique, et lancer la communauté d’agglomérations, Plaine Commune. Née en 2001, présidée par Patrick Braouezec, cette structure, qui regroupe huit communes du nord de Paris, leur permet de mettre en commun les financements. Mais aussi de court-circuiter un conseil général aux mains de légitimistes plus occupés à répartir des subsides aux mairies amies qu’à lancer de grandes opérations d’aménagement du territoire.

Dans cette guerre fratricide entre les deux courants communistes, les socialistes ont joué un jeu ambigu. Politiquement, leurs sympathies iraient plutôt aux refondateurs. Mais tactiquement, ils ne peuvent que soutenir les légitimistes. «Qu’on le veuille ou non, s’excuserait presque Claude Bartolone, il est normal que l’on négocie d’appareil à appareil, et que l’on ne cherche pas à semer la division chez nos partenaires.»

Quand au lendemain du premier tour, il apparaît qu’à Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve et Bagnolet, les socialistes arrivés en seconde position veulent se maintenir contre le sortant communiste, et que les communistes vont faire de même à Romainville et Noisy-le-Grand, les responsables des deux fédérations organisent une réunion de crise pour raisonner leurs troupes. En vain. «Nous avons réussi aux cantonales à faire jouer la règle du désistement, mais dans les municipalités, les situations locales s’étaient depuis trop longtemps envenimées», reconnaît Claude Bartolone.

La division entre légitimistes et refondateur dans le camp communiste, et dans une moindre mesure entre strauss-kahniens et fabiusiens chez les socialistes, a parfois donné des situations étonnantes. Ainsi à Saint-Denis, le refondateur Didier Paillard faisait à son challenger socialiste une proposition de fusion de listes manifestement inacceptable. Quand le responsable de la fédération socialiste demande à son homologue communiste d’intervenir auprès de Patrick Braouezec pour qu’il modère les ardeurs de son ami Paillard, il l’entend répondre : «Appelle-le directement. Toi, il t’écoutera peut-être !»

A l’arrivée, si les cantonales se sont jouées à la loyale entre PS et PCF, l’indiscipline a été de règle aux municipales. Avec pour résultat d’accentuer le recul des communistes, qui perdent deux villes au profit des socialistes, Aubervilliers et Pierrefitte, et une au profit des Verts, Montreuil. Comme un malheur n’arrive jamais seul pour la place du Colonel-Fabien, l’unique conquête communiste, Villepinte, est à mettre aux crédits des refondateurs : la nouvelle maire, Nelly Roland est une proche de François Asensi, député-maire de Tremblay-en-France. Tout comme Stéphane Gatignon, réélu maire de Sevran, qu’il avait reconquise aux municipales de 2001.

Calmer le jeu

Depuis le 20 mars, Bartolone n’a qu’une obsession : calmer le jeu. «J’ai dit à nos amis communistes : prenons une calculette et appliquons la proportionnelle», explique-t-il. Le précédent exécutif départemental présidé par Hervé Bramy, comptait 6 vice-présidents communistes et 6 socialistes. Le nouveau recense 7 vice-présidents socialistes ou apparentés pour 5 communistes.

La véritable inconnue reste le devenir du département, et sa place dans le projet du Grand Paris que le nouveau secrétaire d’Etat à la Région capitale, Christian Blanc, est chargé de mettre en œuvre. Si les structures intercommunales sont appelées à se développer, le nord du département avec Plaine Commune et les villes proches de Roissy, en particulier Tremblay qui collecte une large part de la taxe professionnelle de la zone aéroportuaire, tireront leur épingle du jeu. Au sud, Noisy-le-Grand fait déjà partie de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Et les communes des portes de Paris (Pantin, Bagnolet, Les Lilas, le Pré-Saint-Gervais et Montreuil, que la victoire de Dominique Voynet peut faire sortir de son splendide isolement) et leurs voisines ont tout à gagner de l’intercommunalité et du partenariat avec Paris.

«Il n’y a pas de raison que les autres communes, qui ne se raccrochent à aucun de ces trois ou quatre pôles de développement, soient laissées pour compte», estime Claude Bartolone, qui avant même d’être entré dans l’habit d’un président de conseil général, estimait qu’«en zone urbaine dense, le département peut tout à fait être l’échelon pertinent». «Maintenant, ajoute-t-il, si le nouveau secrétaire d’Etat conclut qu’il faut faire de la péréquation fiscale et que les deux départements pauvres que sont le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis doivent bénéficier du pactole des Hauts-de-Seine, on peut en débattre.» Un discours que ne renieraient pas ses prédécesseurs communistes.


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(un culot monstrueux),

"il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le Parlement". Et il poursuit : "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites. Sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des Héritiers, et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque".



L'Elysée renonce à nommer Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis
LE MONDE | 28.03.08 | 11h32

icolas Sarkozy ne nommera pas son conseiller pour la culture, Georges-Marc Benamou, à la Villa Médicis, à Rome, comme il l'avait envisagé il y a une semaine. Cédant devant la bronca qui avait aussitôt salué cette annonce, l'Elysée a finalement décidé de désigner une commission d'intellectuels, d'artistes et de parlementaires qui sera présidée par l'ancien directeur de l'opéra de Paris, Hugues Gall, et sera chargée d'examiner les candidatures à la Villa. "De toute façon, Nicolas Sarkozy n'avait pas encore acté cette nomination", glisse-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

Depuis que M. Benamou lui-même avait expliqué qu'il irait à Rome et que son entourage affirmait qu'il y terminerait l'écriture d'un livre, de très nombreuses protestations s'étaient élevées contre cette nomination. La villa Médicis, située sur les hauteurs de la capitale italienne et qui accueille chaque année des artistes, est un poste très recherché. Et le fait que cette nomination n'ait même pas fait l'objet d'une consultation de la ministre de la culture Christine Albanel, grande adversaire de M. Benamou ajoutait encore à l'impression de "fait du prince".

Mais avant tout, le choix de M. Benamou évinçait de fait plusieurs candidats dont les dossiers paraissaient sérieux, parmi lesquels l'écrivain Michel Schneider, l'initiateur des expositions du Palais de Luxembourg, Yves Marek, ou l'écrivain Olivier Poivre d'Arvor. C'est ce dernier, ex-directeur de centres culturels au Caire, à Prague ou à Londres, frère du présentateur de télévision et membre de "la gauche moderne" créé par le ministre d'ouverture Jean-Marie Bockel, qui a protesté le plus vivement et sans doute le plus efficacement. Publiant dans les journaux une lettre titrée "Benamou m'a tué", dans laquelle il assurait que le conseiller culture de Nicolas Sarkozy lui avait promis le poste, il a ensuite encouragé une pétition contre la nomination de M. Benamou. Au ministère de la culture, Christine Albanel, n'a jamais caché qu'elle était elle-même opposée à la nomination de Georges-Marc Benamou. Ce dernier, qui passe depuis longtemps pour un courtisan ayant quitté l'intimité de François Mitterrand pour pénétrer dans celle de Nicolas Sarkozy, a suffisamment d'ennemis pour avoir vu ensuite grossir ce qu'il dénonce pour sa part comme une "cabale mondaine".

Apprenant que Nicolas Sarkozy renonçait à le nommer, Georges-Marc Benamou, toujours conseiller à l'Elysée, assure maintenant qu'il sera candidat devant la commission qu'entend désigner le chef de l'Etat. Mais, ajoute-t-il, "il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le Parlement". Et il poursuit : "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites. Sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des Héritiers, et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque."

Raphaëlle Bacqué


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Politiques
Soupçons de purge à la LCR après un licenciement
C.F.
QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008

Les principes de l’économie de marché s’appliquent partout. Même au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Pour justifier la décision de priver de son poste de permanent Christian Picquet, principal opposant à la ligne décidée lors du congrès de janvier, la formation d’Olivier Besancenot invoque le principe de la meilleure utilisation d’une ressource rare. En clair, «nous n’avons pas les moyens de payer un permanent qui n’assiste plus à aucune des réunions de la direction», argue Alain Krivine, selon qui «les adhérents qui paient des cotisations commençaient à protester contre cette situation».

A entendre le porte-parole historique de la LCR, Christian Picquet, leader de la fraction minoritaire, aurait même pu être licencié pour faute grave. Encore un effort, camarade… pour coller au discours du patronat.

En fait, cette éviction obéit à des raisons purement politiques et publiquement revendiquées. Ce qui constituerait une première dans l’histoire de ce mouvement. Lors du congrès, Christian Picquet avait défendu la création d’un grand parti à gauche de la gauche, avec des courants issus du Parti communiste, des Verts, de Lutte ouvrière, et bien entendu de la LCR, pour construire une alternative au Parti socialiste. A l’inverse de la direction de la Ligue, qui prônait la naissance d’une nouvelle formation dont la LCR «et les gens qui veulent se représenter eux-mêmes», selon l’expression d’Olivier Besancenot, auraient constitué l’épine dorsale.

La direction de la LCR se défend d’avoir mené une purge. «Vous connaissez beaucoup de partis politiques qui offrent un poste de demi-permanent et une allocation de 1 000 euros pour financer un courant d’opposition au sein de leur propre parti», interroge l’un des dirigeants de la Ligue, avant de préciser : «Le courant de Christian Picquet disposera d’une tribune dans notre organe de presse, Rouge, et Christian reste membre du bureau politique.»

L’intéressé ne voit dans cette décision de le priver de son poste de permanent qu’un «licenciement politique, pour des raisons politiques». «C’est aussi l’une des conséquences de la personnalisation de la Ligue autour d’Olivier Besancenot», analyse un proche de Christian Picquet, ce qui a pour corollaire de réduire la parole dissidente. Mais ce n’est pas une épuration. «Les camarades qui avaient appelé à voter José Bové contre Olivier Besancenot à la présidentielle de 2007 appartiennent toujours à la direction nationale», se défend Alain Krivine.

Comme si, pour construire son nouveau parti, la Ligue éprouvait le besoin de se défaire de l’histoire de ces trente dernières années.


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Ben Vautier / Les Identitaires : une curiosité mutuelle, une rencontre, un questionnement croisé

Monday 18 February 2008 | Politique and Culture and Entretiens | Email | Print
Ben Vautier / les Identitaires : une curiosité mutuelle, une rencontre, un questionnement croisé


Voilà déjà un certain temps que les Identitaires s’intéressent à Ben Vautier… et que Ben Vautier se pose des questions sur les Identitaires ! Et - un peu grâce à Novopress, que Ben lit régulièrement - les uns et l’autre ont décidé de se parler.

Ben, c’est un nom – ou plutôt un prénom - qui dira quelque chose à ceux qui s’intéressent au milieu de l’art et à l’école de Nice en particulier. Ben est considéré comme un artiste majeur de l’avant-garde artistique française à partir des années 1960 et il devient connu du grand public à travers notamment ses « écritures ». Mais ce n’est pas avec l’artiste que le dialogue s’instaure aujourd’hui (on aime ou on n’aime pas. Les goûts et les couleurs, vous savez ce qu’on dit…), mais c’est avec le gaulliste de gauche, défenseur des identités linguistiques.

Parce que les écrits de Ben, en particulier sa lettre électronique, recèlent souvent des réflexions qui tranchent pour le moins avec la pensée unique et le politiquement correct. Elles ont intrigué Novopress qui s’est demandé : « mais est-ce que, par hasard, Ben ne serait pas un Identitaire qui s’ignore ? » Question qui méritait d’être posée, quand on sait que Ben est l’un des fondateurs de la 1ère Internationale ethniste. Question qui devait lui être posée après avoir lu dans sa lettre les phrases suivantes :

MA POSITION CONCERNANT “LES IDENTITAIRES ”
je suis pour un débat public avec eux
on me dit qu’ils sont méchants
donc qu’il ne faut pas leur parler
je ne suis pas de cet avis
Fontan aurait accepté le débat
le débat porterait sur
qu’est ce qu’un peuple, une langue, une culture
et comment gérer l’avenir
des cultures des langues et des peuples du monde sans
tomber dans les dérives de l’impérialisme et du racisme. »

Un débat public ? Qu’à cela ne tienne ! Un coup de fil aux intéressés : Philippe Vardon, l’ancien porte-parole des Jeunesse Identitaires et actuel candidat à la mairie de Nice sur la liste N.I.S.S.A., est bien entendu partant. Ben, lui, précise qu’il n’entend pas être instrumentalisé et adresse à Novopress le courriel suivant :

« Novopress
Il est vrai que dans ma dernière newsletter
j’ai dit qu’il était préférable
d’instaurer un débat d’idées que le silence et l’invective
Ce qui m’a aussi motivé
est que vous mettiez l’accent sur la notion d’identité
matière qui m’intéresse
J’ai donc, bien qu’en désaccord avec la plupart des positions
des identitaires de Nice,
pris soin de lire
une dizaine de leurs articles
parus sur leur site
et sur Novopress
Par ailleurs
je suis sans doute naïf mais je suis de ceux qui croient
au pouvoir des mots
porteurs d’arguments
et qui finissent par dérouter et convaincre
je suis donc prêt à répondre à vos questions
si comme dans toute interview vous répondez aux miennes
Et il y a échange égal
A cette fin
voici donc une liste d’une dizaine de questions que j’aimerais poser à Philippe Vardon du groupe des Identitaires de Nice. »

Rendez-vous est donné dans un bar de Nice. Sont également présents un ami de Ben ainsi que Fabrice Robert, le président du Bloc Identitaire. Deux heures de discussion conviviale et pour le moins animée. Puis Ben remet à Philippe sa liste de questions. Un premier échange que Novopress publie ci-dessous. En attendant le match retour : les réponses de Ben aux questions de Philippe, à découvrir dans quelques jours.

Que les gardiens du Temple se rassurent : Ben n’a pas pris sa carte chez les Identitaires ! Il a simplement eu le courage de briser un tabou en dialoguant, tout simplement…

Ben Vautier : Le mot « identité » est très important chez les “identitaires”. Pouvez-vous me définir ce que vous entendez par « identité » ?
Pour moi l’identité d’un peuple se situe avant tout dans sa langue ainsi :
- il y a un peuple Italien parce qu’il y a une langue italienne ;
- il y a un peuple Kurde parce qu’il y a une langue kurde ;
- il y a un peuple Arabe parce qu’il y a une langue arabe ;
- il y a un peuple Berbère parce qu’il y a une langue berbère ;
- il y a un peuple Basque parce qu’il y a une langue basque ;
- il y a un peuple Tibétain parce qu’il y a une langue tibétaine ;
- il y a un peuple Occitan parce qu’il y a une langue oc ;
Cette liste peut continuer pour toutes les langues du monde.
Ensuite, toujours pour moi un peuple (défini par sa langue) doit pouvoir être maître de son destin culturel politique sur son territoire linguistique. Êtes-vous d’accord ?

Philippe Vardon : L’identité est pour nous un tout dont on ne peut retrancher aucune partie, mais donc, aussi, que l’on ne peut limiter à l’une d’entre-elles. C’est pourquoi je répondrai tout d’abord que l’on ne peut limiter l’identité à la langue, même si celle-ci est un élément très important car elle traduit souvent le regard que porte un peuple sur le monde (on peut notamment constater l’inexistence de mots ou encore de repères temporels précis dans certaines langues). Pour exemple, Serbes et Croates parlent la même langue (qu’ils écrivent seulement selon un alphabet différent) mais je ne pense pas que l’on puisse les considérer comme faisant partie d’un même peuple…

L’identité est un tout, disais-je, un tout que l’on peut globalement qualifier d’ethno-culturel (pour reprendre la dichotomie classique entre l’inné et l’acquis, l’héritage et l’enseignement). L’identité est à la fois ce qui permet de se définir comme un individu unique, mais aussi de se reconnaître comme appartenant à un groupe humain. L’identité est ce qui fait que l’on se différencie tout comme l’on se ressemble, et donc se rassemble. Elle est un faisceau d’indices (ethnie, civilisation, culture, langue, traditions, religion, nom, métier) qui fait que l’on peut se définir par rapport à l’ensemble et par rapport à l’autre. Ainsi je peux m’affirmer Niçois, Français et Européen (reconnaissant pleinement ces trois niveaux d’identité comme consubstantiels), mais aussi, pourquoi pas, catholique, et même commerçant. C’est la reconnaissance, la conscience de ce que je suis (car être Identitaire c’est avant tout accepter d’entamer le chemin répondant à cette question: « qui suis-je? ») qui me permet de dire que je suis plus proche d’un Provençal ou d’un Piémontais que d’un Alsacien, mais aussi plus proche d’un Alsacien que d’un Danois, et que j’ai plus en commun avec un Polonais qu’avec un Sénégalais.

Dans le tout premier manifeste des Jeunesses Identitaires, que j’ai rédigé, nous affirmions que nous voulions « comme chaque peuple en a le droit, vivre sur notre terre selon notre identité ». Si je l’écrivais aujourd’hui je rajouterais certainement « en paix, et avec ceux qui nous ressemblent ». Quand nous disons « Maîtres chez nous » vous pouvez aussi entendre « Maîtres chez eux », le principe d’une terre pour un peuple (et un peuple pour une terre) étant un des fondements de notre action.

Ben Vautier : Qu’est-ce qui relie le plus l’appartenance d’un peuple à un territoire ?
- est-ce son histoire (conquête militaire ou autre)
- ou la langue et la culture de la population qui vit sur ce territoire ?

Philippe Vardon : Pour vous répondre j’en appellerais volontiers à Maurice Barrès en évoquant la terre et les morts. Le droit que peut fonder un peuple sur une terre est à mon sens basé sur un lien charnel. Celui du sang et de la sueur versés par ses ancêtres pour ensemencer ce sol; celui des tombeaux de ses pères; celui des pierres que les mains de ses aïeux ont élevées et empilées une à une.

Ben Vautier : Oublions pour cette question la France, parlons du monde.
Quelle est votre position par rapport à ces peuples en lutte pour le droit à gérer leur propre destin ?
1) les Flamands de Belgique ;
2) Les Tibétains ;
3) Les Basques Espagnols et français ;
4) Les Tchétchènes ;
5) Les Boers d’Afrique du Sud ;
6) les Mapuches du Chili ;
7) les Karens etc. pour plus de 500 luttes de libération nationales.

Philippe Vardon : 1) La Belgique est un exemple de nation artificielle par excellence. Je pense que les Flamands de Belgique devraient avoir le droit de se doter de leur propre Etat s’ils le souhaitent. Malgré les réticences wallonnes et avec toute la sympathie que je peux avoir pour ce peuple, on ne peut obliger deux peuples qui ne le souhaitent plus à vivre ensemble. C’est même une position dangereuse, semeuse de haine et de troubles. Je crois qu’il est tout à fait envisageable de préparer un divorce à l’amiable comme cela a pu être le cas pour les Tchèques et les Slovaques par exemple. Il est aussi important de dédramatiser ce type de question.

2) Je peux vous répondre avec autant d’aise que je suis un ami du Tibet et que, plus jeune, j’ai milité pour un Tibet libre au sein de différentes associations. Le Tibet est une nation meurtrie et martyrisée par la Chine communiste (je me permets de rappeler que la Chine est un pays communiste, car l’on a trop souvent tendance à présenter les marxistes comme les amis de la cause des peuples alors que l’étude la plus basique de l’histoire du XXème siècle démontre tout l’inverse). Pékin a mis en œuvre un véritable génocide au Tibet et cela sous le regard complice (puisque silencieux) du monde entier. Pendant que l’on prépare les Jeux Olympiques de Pékin, au Tibet on torture et on stérilise. Je trouve cela révoltant.

3) La question du Pays Basque est complexe puisque, comme vous le rappelez avec justesse, Euskadi est divisée entre la France et l’Espagne. Je pense que l’on pourrait trouver une solution satisfaisante à travers le développement des euro-régions dans le cadre de la construction européenne. Fidèles au pragmatisme - qui doit à mon sens guider toute action politique - et au principe de subsidiarité, il est important de ne pas enfermer dans un cadre trop formaté et strict les euro-régions. Si pour certaines la coopération économique peut être l’unique base, d’autres devraient pouvoir être dotées de droits politiques réels. Là encore, c’est la recherche de la paix et de l’harmonie qui doit être privilégiée.

4) C’est une toute autre question que celle des Tchétchènes. Vous nous amenez là aux confins de l’Europe, et qui dit frontière (car je crois qu’il existe des frontières à l’Europe) dit troubles. Nous sortons là de la simple « lutte de libération nationale » pour toucher du doigt des enjeux de civilisation. La Tchétchénie n’est pas uniquement le théâtre de la lutte d’une province pour son indépendance face au pouvoir central, elle est l’un des fronts d’un islamisme belliqueux et conquérant qui a su ici épouser les traits d’une lutte populaire, comme surent aussi le faire autrefois les marxistes… Très franchement entre un certain impérialisme russe et l’impérialisme islamique, mon choix est tout fait.

5) Dure situation que celle des Boers d’Afrique du Sud. Passés de dominants à dominés (car une fois de plus nous avons la preuve que les sociétés multiraciales stables et harmonieuses n’existent pas !) les voici devenus trop souvent des cibles pour les populations noires. C’est aujourd’hui un véritable apartheid (au sens premier du terme) qui doit s’effectuer avec la création d’un Etat blanc dans l’une des provinces de l’Afrique du Sud. Sinon je pense que nous verrons la présence d’origine européenne réduite à peau de chagrin en l’espace de deux générations (ceux qui n’auront pas été tués finissant par revenir s’installer sur le continent européen).

6) Je ne connaissais que de très loin la cause mapuche et vous m’avez donc poussé à m’y intéresser, ce dont je vous remercie. Je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement rapide avec la lutte des indiens du Chiapas. Ces luttes ont ceci d’intéressant qu’elles soulignent le réveil des identités populaires sorties de la plus profonde mémoire face aux firmes transnationales et à la finance sans âme.

7) Je connais aussi assez bien le combat des Karens de Birmanie et des combattants de la spirale d’or. C’est un combat que je soutiens depuis longtemps. De nombreux militants de la droite nationaliste ou de la droite catholique(en France mais aussi en Italie) se sont d’ailleurs illustrés par leur soutien à la cause Karen. Certains y ont même laissé la vie.

Je pense qu’à travers ces différents exemples nous avons pu démontrer la cohérence de notre positionnement face à ces luttes de libération nationale. Le soutien est en général notre premier élan, encore faut-il que ces luttes ne constituent pas directement ou à terme un danger pour notre peuple. Là aussi, les nôtres avant les autres !

Ben Vautier : En quoi considérez-vous vos revendications identitaires différentes ou ressemblantes à celle les mouvements de résistance pour un Tibet libre, un Kurdistan libre et une Corse libre ?

Philippe Vardon : Le fond me semble le même : l’affirmation et la défense de son identité face à un rouleau compresseur globalisant et face à ce que l’on vit comme une agression. Naturellement, la lutte (dans sa dimension autonomiste et pas forcément indépendantiste, quoique le choix appartienne in fine au peuple corse) des Corses est celle dont nous nous sentons les plus proches. Les situations tibétaines et kurdes sont très différentes de la nôtre puisqu’il s’agit d’une nation sous occupation étrangère et d’une nation éclatée entre plusieurs Etats.

Ben Vautier : A quel moment peut-on dire qu’une population vivant sur son propre territoire linguistique a été assimilée par une autre culture, langue ? Est-ce que d’après vous l’Occitanie en tant que peuple (langue nation) a été irrémédiablement assimilée ?et risque de perdre sa langue ?

Philippe Vardon : Je ne crois pas que l’on puisse réellement, intégralement, assimiler un peuple. On peut assimiler une personne (individu face à un ensemble), cela devient très dur quand il s’agit d’un groupe. De plus, l’assimilation entend une très forte part de volontarisme. Je crois que, dans le cadre de mouvements historiques tels que des annexions ou conquêtes militaires, la nouvelle puissance vient poser son vernis sur la culture locale mais ne la fait jamais disparaître vraiment. Après tout, c’est ainsi que s’est construite la France et nous pouvons pourtant constater (alors que l’effort d’uniformisation a parfois revêtu des formes violentes) que les identités charnelles et populaires des provinces n’ont pas été totalement étouffées et anéanties. On assiste même aujourd’hui, face au magma mondialiste, à un réveil.

Cette question me permet encore une fois de rappeler que pour nous l’identité ne peut se résumer uniquement à la langue. Et même si les langues d’oc ne sont pas aussi vivaces qu’on le souhaiterait, cela ne signifie aucunement que les peuples occitans (vous remarquerez que je préfère employer ces termes au pluriel car j’adhère assez peu à l’idée d’une nation occitane et préfère parler d’une zone culturelle) ont été totalement acculturés et ont disparu.

Dans le fond, la seule méthode d’assimilation définitive, c’est celle qu’ont utilisées les Américains avec les Indiens ou les Australiens avec les Aborigènes. Ou bien peut-être celle à laquelle nous sommes en train d’assister sur le continent européen, les peuples d’origine étant peu à peu remplacés par de nouveaux arrivants (majoritairement afro-maghrébins). Et ce n’est pas parce que ces nouveaux occupants du sol de France parleront (plus ou moins) français que le peuple français existera toujours…

Ben Vautier : Je vous donne ici une définition succincte de l’ethnisme : “il n’y a pas de peuple sans sa langue pas de langue sans sa culture pas de culture sans le droit à sa population de la gérer sur son territoire linguistique.” Pouvez-vous me donner votre définition de l’identitarisme ?

Philippe Vardon : Tout d’abord, nous refusons depuis l’origine de définir notre combat comme un « isme » supplémentaire. Nous ne sommes pas des idéologues et il est hors de question pour nous de construire de beaux schémas et des grilles de lecture toutes faites. Au contraire, le combat identitaire est bien la reconnaissance du monde tel qu’il est, et surtout pas une construction idéologique pure.

Mais allons-y pour une petite définition: « Conscients que c’est la diversité et non l’uniformité qui fait la beauté et la richesse du monde, les Identitaires se battent pour l’affirmation, la promotion et la défense des identités populaires face au rouleau compresseur globaliste. »

Ben Vautier : - Si demain dans des élections libres, une majorité d’Alsaciens se prononçait pour le rattachement à l’Allemagne, seriez-vous pour ou contre ?
- Les Ecossais et les Gallois ont été assimilés par les Anglais et pourtant aujourd’hui ils réclament une certaine indépendance.
Êtes-vous pour ou contre ?

Philippe Vardon : Si les Alsaciens décidaient démocratiquement – et dans une élection réellement libre – de devenir Allemands, je ne pense pas que ce soit à moi, Niçois, de leur dire s’ils ont tort ou raison. J’aurais certainement un avis sur la question, mais hors de question de me prononcer « contre ».

Je ne pense pas que l’on puisse dire que les Ecossais et les Gallois aient été assimilés par les Anglais, sinon on ne parlerait d’ailleurs plus d’eux en tant que peuple. Ils ont été placés sous domination anglaise dans le cadre d’une monarchie britannique qui a un fonctionnement aux accents impériaux finalement. Le renouveau identitaire que l’on constate en Ecosse et au Pays de Galles, et les revendications de souveraineté politique qui l’accompagnent, est à mon sens très positif. Le statut de l’Ecosse à travers la « dévolution » est très intéressant et pourrait notamment servir de modèle vis-à-vis de la situation corse.

Ben Vautier : Etes-vous pour ou contre la ratification par la France des langues minoritaires ?
Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?

Philippe Vardon : Je suis pour. Mais il y a néanmoins des points qui me chagrinent dans cette charte. En effet, la distinction n’y est pas clairement établie entre langues autochtones et langues allochtones. En clair, en France les locuteurs de langue kurde ou arabe pourraient revendiquer les mêmes droits que les locuteurs de langue bretonne ou occitane. Cela ne me semble pas acceptable. Je pense que cette dangereuse ambiguïté du texte devrait être levée avant d’envisager une signature définitive.

Ben Vautier : Les dérives du nationalisme sont d’après moi :
a- l’impérialisme
Quand une nation revendique une suprématie sur le territoire d’une autre nation, et exploite entre autres ses ressources naturelles.
b- le racisme
Quand la population et le pouvoir central ou des individus d’une nation agissent et parlent d’une supériorité naturelle qu’ils auraient par rapport à la population d’une autre nation.

Philippe Vardon : Je crois que bien au-delà d’être des « dérives du nationalisme », il s’agit là de traits pouvant être considérés comme des dérives de l’être humain (avidité, orgueil).

Nous sommes fondamentalement anti-impérialistes, et combattons à l’échelle du continent européen l’impérialisme politique, économique et culturel des USA tout comme l’impérialisme démographico-religieux des peuples afro-maghrébins (impérialisme qui tend à devenir aussi un impérialisme à vocation politique comme les récents propos du Premier ministre turc en Allemagne l’ont démontré).

Le racisme comme théorie de la supériorité innée d’un peuple sur un autre est condamnable et – surtout – stupide. Mais cet argument ne doit pas servir à expliquer du coup que les races n’existent pas ou encore que le mélange des races (posé comme un absolu et un objectif) serait de fait la meilleure réponse au racisme. Au final, c’est d’ailleurs pour moi le véritable racisme que le projet du métissage universel car il vise à détruire les peuples en les fondant en un seul individu indifférencié. Nous nous plaçons dans une perspective ethno-différentialiste, reconnaissant la diversité et la richesse des cultures à la surface de notre planète. La préservation de ces différences est d’ailleurs à la base même du combat identitaire.

Ceci étant dit, nous refusons tout autant les discours ethnomasochistes et culpabilisateurs qui feraient de l’homme blanc un véritable diable. Nous n’avons pas à avoir honte de notre passé !

Ben Vautier : Ne pensez-vous pas que chaque individu appartenant à un peuple a le droitde se sentir fier de son identité et de sa langue (sur son territoire linguistique) et que si cet individu est en situation d’immigration sur un autre territoire il a le droit de vouloir rester fidèle à sa langue et à sa culture d’origine. Cela dans le respect de la culture et de la langue du peuple qui le reçoit ?
Ne pensez-vous pas que chaque individu appartenant à un peuple a le droit de se sentir fier de son identité et de sa langue
(sur son territoire linguistique) et que si cet individu est en situation d’immigration sur un autre territoire
il a le droit de vouloir rester fidèle à sa langue et à sa culture d’origine.
Cela dans le respect de la culture et de la langue du peuple qui le reçoit ?
Ne pensez-vous pas que si la présence,
partout dans le monde et surtout dans tous les centres urbains,
d’individus de cultures différentes est un fait (positif pour certains et négatif pour d’autres)
il serait judicieux d’œuvrer à l’adoption d’une réglementation internationale
prenant en compte la réalité de ce monde pluriculturel réglementation internationale qui stipulerait :
1- le respect et le droit à l’identité de tous les peuples et cultures du monde
2- réglementation internationale qui condamnerait le colonialisme
si celui ci est la cause directe ou indirecte du mal-être d’individus autochtones sur leur propre territoire linguistique
et la cause de leur départ pour survivre ailleurs.
3- réglementation et organisations internationales qui étudieraient la réalité des peuples et des langues proposant
s’il le faut la refonte des frontières étatiques du monde (pour la plupart frontières artificielles issues de conquêtes)
et causes de 90 % des conflits ethniques.

Voilà mes questions et positions.

Philippe Vardon : Oui, chaque peuple a le droit d’être fier de son identité. C’est fondamental. Mais vous mettez là le doigt sur autre chose : les revendications des populations émigrées/immigrées. Vous vous posez la question du point de vue des migrants, je vous répondrai moi du point de vue autochtone, du côté de ceux qui voient des populations d’origine étrangère s’affirmer en tant que communauté et revendiquer des droits (culturels mais très vite politiques aussi) sur leur sol ancestral.

L’immigration est un drame (et non pas une chance comme l’écrivent de mauvais propagandistes…), un drame pour les migrants comme pour les peuples les accueillant. Son fondement est le déracinement et je ne crois pas qu’il existe réellement de déracinement heureux…

Il nous appartient en tant qu’acteurs politiques de nous poser la question à l’échelle collective : étant entendu (et j’en ai déjà parlé plus haut) que l’on ne peut assimiler un groupe entier et que nous avons désormais à faire à des communautés immigrées bien davantage qu’à des immigrés individualisés, peut-on alors considérer comme bénéfique à la société et à la paix civile que ces communautés perpétuent chez nous leurs traditions et leur culture ? Sincèrement je ne le crois pas… Je pense que cette optique « ultra-communautariste » est à même d’accentuer encore les tensions. Cette option étant évacuée, et celle de l’assimilation de communautés aussi fortes numériquement et aussi différentes de nous semblant désormais utopique, que faire ? Remettre les choses en ordre je crois. Et cela signifie à mon sens envisager un retour au pays de ces millions de Français d’origine immigrée qui ne sont pas heureux chez nous et ne se sentent pas Français, à tort ou à raison. C’est seulement dans cet objectif là que je me prononcerais pour un retour des immigrés vers leur culture d’origine, pour faciliter leur « réintégration » dans leur pays.

Je sais qu’une telle initiative demanderait une vraie redéfinition des rapports internationaux, en particulier entre l’Europe (et la France en tout premier lieu) et le continent africain mais elle me semble la seule à même de garantir un certain équilibre et d’éviter de vrais drames…

Malheureusement je ne crois pas nos hommes politiques dotés d’assez de courage et de volonté pour reconnaître la vérité et prendre les mesures qui s’imposent.

Pour répondre à votre question concernant une régulation internationale des problèmes liés aux sociétés multiraciales, j’ai une tendance naturelle (moult fois confirmée par l’exemple et l’observation) à me méfier des grands machins technocratiques prétendant régler par le haut les problèmes de voisinage. Je crois que le premier objectif des instances internationales devrait être d’en finir avec les migrations de population et les flux financiers…

Petite note explicative de Ben
Si j’ai accepté ce dialogue c’est parce que je suis persuadé que le débat est toujours préférable à l’invective, à la violence, à la haine, au rejet de l’autre.
Personnellement mes idées sont claires et je dois être prêt à les défendre, à les confronter
à d’autres.
Je constate à la lecture des réponses de Philippe Vardon que nous avons une vision très différente et parfois diamétralement opposée du monde ce qui n’empêche pas que le débat peut continuer.
BEN 2008

Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France

A suivre…

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VERSAILLES
Etienne Pinte: «Psychologiquement, je suis déjà libéré»
Propos recueillis par Matthieu Suc | Le Parisien | 04.03.2008 | 07h00
Hier matin, il visitait le bureau d’études et les ateliers de Renault Trucks, installés à Satory. Etienne Pinte (UMP ), qui ne se représente pas aux municipales, est encore le maire de Versailles pour quelques jours. En fait, jusqu’au prochain conseil municipal qui doit avoir lieu dans les cinq jours suivant l’élection. « C’est paradoxal, je serais encore maire sans être élu. » En exclusivité pour « le Parisien », il dresse le bilan de ses deux mandats. Aquoi pensez-vous à la veille de quitter vos fonctions ?
Etienne Pinte .
Quelque chose me stupéfie quotidiennement : l’oubli de nos concitoyens. Est-ce que les Versaillais savent qu’il y a treize ans, quand je suis devenu maire, il y avait encore un passage à niveau en ville ? Que la place de la cathédrale était envahie et colonisée par les voitures ? Ça a été difficile d’y remédier. Aujourd’hui, c’est intégré, inscrit dans notre environnement, comme si cela avait toujours existé. La mémoire est fugitive.
Même après deux mandats ?
Il faut véritablement deux mandats à un maire pour se réaliser, pour mettre sur les rails les grands projets. La restructuration du quartier des Chantiers et le développement de Satory ont été laborieux. Il a fallu beaucoup de patience, de diplomatie et de volonté pour que ces projets sortent de terre. Malgré la pédagogie que nous essayons d’offrir à nos concitoyens, ces difficultés, ça leur échappe. Ils oublient que nous ne gérons que 30 % du territoire communal, que nous avons le plus grand patrimoine sauvegardé de France et de Navarre.
Craignez-vous de ne pas avoir été compris ?
Non. Les gens ont compris ma gestion communale ainsi que mes prises de position nationales un peu hétérodoxes par rapport à la sociologie versaillaise. Sinon, je n’aurais pas été réélu en 2001.
De quoi êtes-vous le plus fier ?
En dehors de l’urbanisme, deux choses importantes : le service à la personne et le logement social. Malgré l’opposition parfois violente que j’ai pu rencontrer, les Versaillais ont compris que tout le monde peut avoir besoin à un moment donné de sa vie d’un logement aidé. De toute façon, ils sont beaucoup plus ouverts et tournés vers les autres qu’on ne l’imagine.
Et vos regrets ?
J’aurais souhaité créer une ou deux crèches de plus, mais ça aurait eu un impact sur la fiscalité de nos concitoyens.
Rétrospectivement, avez-vous été surpris par le rôle de maire ?
Oui. La fonction fait l’homme. Vous changez de nature. Le premier mois après mon élection, j’ai très mal dormi. Je me demandais toujours si tout allait bien dans la ville, s’il n’y avait pas d’incendie… Quelle image souhaitez-vous laisser ?
J’espère qu’on dira que j’ai été un bon père de la cité, celui qui s’est occupé des Versaillais, en particulier les plus modestes. Ces jours-ci, de nombreuses personnes viennent me remercier, me dire au revoir.
C’est touchant.
Quel sera votre avenir ?
Même si je suis encore maire, psychologiquement, je suis déjà libéré. Mais ma mission n’est pas terminée, loin de là. Je veux m’engager plus sur les questions d’emploi et sur les relations au Proche-Orient. J’ai encore du pain sur la planche.

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Politiques
A Paris, Marielle de Sarnez tend la main à Delanoë
Le MoDem est crédité de 11% des voix à Paris (Reuters).
La candidate du MoDem a marqué clairement hier soir sa préférence pour le maire de Paris. Mais elle pose ses conditions à un «partenariat»: sa liberté.

afp
LIBERATION.FR : mercredi 5 mars 2008
Crédité de 11% d'intentions de vote à Paris dans le dernier sondage, deux fois plus que les Verts, le Mouvement démocrate (MoDem) refuse de s'enfermer dans un partenariat avant le premier tour mais se montre de plus en plus "Delanoë-compatible".

La chef de file du MoDem dans la capitale, Marielle de Sarnez, a tendu la main mardi soir au maire PS sortant, tout en posant ses conditions à un "partenariat" de second tour, renvoyant ainsi la balle dans le camp de Bertrand Delanoë. Devant plus de 2.000 personnes réunies à la Mutualité à Paris, pour une réunion publique en présence du président du MoDem François Bayrou, elle a affirmé que "Paris mérite que l'on se comporte non plus en adversaires, mais en partenaires". Proposant ainsi une "révolution" qui permettrait de "sortir de 50 ans de glaciation", elle a marqué une préférence pour Bertrand Delanoë.

Ces dernières années, "nous avons été plus proches de Bertrand Delanoë comme maire de Paris" que de son prédécesseur UMP Jean Tiberi, a-t-elle dit. Elle a indiqué avoir approuvé "beaucoup de choses", sans pour autant se retrouver dans "tous les choix" de Bertrand Delanoë. Parlant de la candidate UMP Françoise de Panafieu, elle a en revanche relevé "des attitudes politiques avec lesquelles (elle se) sent en profond désaccord: débauchages, parachutages, «tocards» et compagnie". "Les jours qui viennent vont nous permettre de défendre cette idée de partenariat et de juger de la volonté de tous", a-t-elle dit, tout en posant ses conditions. "Si l'on nous dit: renoncez à ce que vous êtes, acceptez d'être sous la coupe du parti majoritaire, alors nous adopterons une autre démarche", a-t-elle averti. "Partenaires, oui, nous y sommes prêts (...) Mais soumis, non".

Tour à tour, les têtes de liste du MoDem dans le XIIe arrondissement, Corinne Le page, et dans le XVIe, Jean Peyrelevade, ont affirmé leur volonté que le parti centriste soit "incontournable" au soir du premier tour. "Toutes les habitudes, pentes, arrières-pensées (des appareils politiques) vont conduire (les grands partis) à ne pas accepter l'idée de partenariat", a déploré François Bayrou, identifiant "une force qui puisse les faire changer d'avis: les électeurs".

Les listes MoDem dans la capitale, qui oscillaient entre 8 et 10% d'intentions de vote pour le 9 mars, atteignent 11% dans une enquête Ipsos-Dell publiée mardi dans le journal "20 minutes". Un tel score - derrière les listes de Bertrand Delanoë (41%) et celles de Françoise de Panafieu (33%), mais largement devant les Verts (5%) - rendrait le maintien des listes MoDem possible dans de nombreux arrondissements, ce qui "pourrait compliquer la tâche du maire sortant dans l'optique des négociations pour la constitution des alliances de second tour", commente l'institut de sondages. Reste à savoir si Bertrand Delanoë, à qui l'on prête des ambitions nationales, se risquera à une alliance avec le MoDem, rejetée par ses alliés traditionnels Verts à Paris et contestée par une partie du PS. "Il paraît difficile pour lui de se passer des Verts, des communistes, du PRG et des chevènementistes. Or ils ont bien dit qu'ils ne veulent pas aller avec le MoDem", soulignait mardi Françoise de Panafieu, continuant à mettre en avant des "convergences" entre son projet et celui du MoDem.

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Accéder au forum «Elections municipales: enjeu national ou local?»

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/313756.FR.php
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Elections Municipales 2008
Rama Yade accuse la gauche de s’en prendre à elle «parce qu’(elle est) noire»

Rama Yade accuse la gauche «qui dit défendre les modestes (...) et les immigrés» de l'attaquer pour sa couleur de peau (Reuters).
Le candidat PS de Colombes (Hauts-de-Seine), Philippe Sarre, adversaire de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, dénonce les déclarations de la numéro 3 de la liste UMP.
LIBERATION.FR (AVEC SOURCE AFP)
LIBERATION.FR : mardi 19 février 2008
ncore des propos de Rama Yade qui font parler. Lors d’une réunion publique, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, présente sur la liste UMP à Colombes (Hauts-de-Seine), évoque «cette gauche (...) qui s'en prend à moi parce que je suis noire». Des propos dénoncés par le candidat PS Philippe Sarre.
Lors de cette réunion tenue samedi à Colombes, dont des extraits sont visibles sur le site internet du Parisien, Rama Yade raconte sa version de sa visite improvisée en septembre dernier à des squatteurs qui avaient monté un campement en plein air à Aubervilliers et qui en avaient expulsés après que le maire a obtenu de la justice qu'ils soient délogés. Cette démarche lui avait valu un rappel à l'ordre du Premier ministre François Fillon.

«Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça était un maire communiste», explique la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme. «Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire», ajoute Rama Yade.

Philippe Sarre dénonce des propos d'une «rare violence» et «trouve désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens». «Il m'a par ailleurs été rapporté par des personnes présentes à cette réunion que Mme Yade s'était plainte du fait que la gauche à Colombes mettait en cause la validité de ses diplômes parce qu'elle était noire et que la gauche n'aimait pas que les noirs réussissent», ajoute encore Philippe Sarre, dans un communiqué.

Et le candidat PS de conclure : «En l'absence d'excuses publiques, nous nous réservons la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants et souhaitons que chacun et chacune revienne à une attitude digne et responsable.»


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/municipales2008/actu/310977.FR.php
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La fille de Jean Zay se dit "écœurée" par les propos de Roger Karoutchi
NOUVELOBS.COM | 18.02.2008 | 13:27
Le secrétaire d'État UMP Roger Karoutchi avait comparé, samedi 16 février dans une réunion publique les "attaques" contre Nicolas Sarkozy [la publication du SMS de Nicolas Sarkozy à Cécilia Ciganer, NDLR] à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. Lire l'article.
Hélène Mouchard-Zay, la fille de Jean Zay lui répond.

"Fille de Jean Zay, née en 1940, je n’ai connu mon père que dans la prison de Riom où l’avait jeté le régime de Vichy jusqu’à son assassinat par des miliciens en 1944.
Un journaliste du Nouvel Observateur nous apprend que Roger Karoutchi « n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif mi protestant" cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. »
Et M. Karoutchi aurait même ajouté : "Ceci a contribué au fait qu’il soit assassiné. "
Je ne peux taire mon écœurement devant cette assimilation entre, d’un côté, les mises en cause du comportement politique de M. Sarkozy et, de l’autre, les attaques antisémites et les appels au meurtre dont Jean Zay fut la cible dès les années 30 et qui, se poursuivant sous Vichy alors qu’il était emprisonné, le désignèrent aux coups de ses assassins.
Que M. Karoutchi s’abandonne à un total confusionnisme politique et historique, c’est son affaire, et chacun pourra en penser ce qu’il voudra. Mais je refuse à ce Monsieur le droit d’instrumentaliser l’histoire tragique et la mémoire de mon père.

Hélène Mouchard-Zay"

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Roger Karoutchi et "le fascisme rampant"
NOUVELOBS.COM | 17.02.2008 | 15:52
Réagissez à l'article 80 réactions
Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay, "mi juif, mi protestant", cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. Il dénonce aussi l'appel du 14 février "pour une vigilance républicaine".

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine (Sipa)

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine (Sipa)
Dans la défense du soldat Sarkozy malmené dans les sondages, ses partisans osent tous les rapprochements avec les pires périodes de l'histoire française. Tant lorsqu'il s'agit de dénoncer les "agissements" de la presse que ceux des politiques. Samedi 16 février, lors d'une réunion politique dans le IVème arrondissement de Paris où il était venu soutenir Vincent Roger, candidat UMP, Roger Karoutchi a comparé l'attitude des journalistes d'aujourd'hui à celle de la "presse des années 30". Se référant au SMS de Sarkozy à Cécilia, publié sur le site du Nouvel Observateur, et plus largement au "déballage médiatique" de ces "journalistes qui passent derrière vous dans les chambres", il a dit : "On a l'impression d'un vent de folie qui respire les années 30 avec ce que cela a de plus nauséabond".

Référence à Jean Zay

Devant une assistance imperturbable, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. "Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné", a-t-il même tenu à préciser. Dans son élan, Roger Karoutchi s’en est ensuite pris à la pétition dans laquelle 17 personnalités dénoncent les "dérives de pouvoir personnel" du président de la République. "Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie"…et "du fascisme rampant". Ni plus ni moins.

Nicole Pénicaut,
journaliste au Nouvel Observateur

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Société
Christine Lagarde invente la discrimination par l’épargne
TONINO SERAFINI
QUOTIDIEN : mardi 12 février 2008

On n’arrête pas le progrès. Le gouvernement a l’intention de créer un Livret A spécial pour les pauvres, appelé «Livret d’accessibilité bancaire» distribué à l’avenir par la seule Banque postale. Cette idée avant-gardiste a germé à Bercy. Christine Lagarde l’a annoncée mercredi dernier, lors de son audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. La création d’un tel dispositif interviendrait dans le cadre d’une réforme de la distribution de l’actuel Livret A. Si cette idée devait prospérer, ce serait une véritable rupture avec le système d’épargne populaire actuel.

Stigmatisant. Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le Livret A, détenu par 45 millions de personnes, n’opère aucune distinction : riches ou pauvres ont accès au même p