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AUBERVILLIERS
Rue Lamy, les mal-logés s’impatientent
Marjorie Corcier | 06.10.2008, 07h00

DERRIÈRE l’imposante façade de briques, le décor est à pleurer. Au 56, rue Gaëtan-Lamy dans le quartier du Landy à Aubervilliers, la frêle cage d’escalier est maintenue par des étais, les fuites d’eau successives ont rendu les murs poreux et moisis. C’est pour protester contre leurs conditions de vie indignes et alerter les habitants d’Aubervilliers qu’une trentaine de locataires et de militants ont manifesté samedi matin dans les rues de la ville, à l’appel du collectif de vigilance d’Aubervilliers pour le droit au logement.

C’est à cette adresse, avec dix autres familles, que vivent depuis huit ans Rose-Anite et ses trois enfants. Dans un deux-pièces miteux où des champignons poussent le long du lavabo de la salle de bains, perpétuellement inondée. Un logement bien cher payé, 543 € par mois.

« Nous attendons toujours les travaux »

Depuis le 17 mars dernier, cinq de ces logements ont été frappés d’un arrêté de péril avec obligation pour le propriétaire d’effectuer des travaux. « Nous attendons toujours que les travaux démarrent. Le propriétaire est censé reloger ces personnes mais rien ne vient », s’impatiente Fatima Yaou, fondatrice du collectif et voisine du n o °56. Début septembre d’ailleurs, un plafond s’était effondré dans l’un des appartements, sans faire de blessé.

De son côté, la municipalité qui connaît très bien le dossier insiste sur la « bonne foi » du propriétaire avec qui elle entretient « des liens étroits ». « Avant la fin de l’année, des choses significatives vont s’engager. J’ai fait de ce dossier une priorité absolue, notamment pour l’attribution de logements HLM à ces familles », souligne le maire (PS) Jacques Salvator, qui comprend « l’impatience » de ces mal-logés.

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Enquête
Luc Besson : "La banlieue est un trésor"
LE MONDE | 29.09.08 | 15h34 • Mis à jour le 29.09.08 | 17h37

ohn Travolta à Montfermeil, au coeur de la Seine-Saint-Denis ! La présence annoncée de l'acteur américain aux Bosquets, une des cités les plus difficiles de France, a évidemment fait sensation. Près de trois ans après les émeutes de 2005, la star doit tourner au milieu des immeubles où avaient débuté les violences, parmi plusieurs dizaines de figurants du quartier, recrutés samedi 27 septembre.

Voilà pour l'événement "people". Car derrière cette information se cache le patient travail du producteur du film, Luc Besson, PDG d'EuropaCorp, engagé dans une série de projets dans les cités sensibles d'Ile-de-France. Au point de disposer aujourd'hui d'un réseau et d'une connaissance du terrain qui feraient pâlir bon nombre d'associations officielles ou de partis politiques.

Rien, pourtant, ne prédisposait le cinéaste à s'impliquer pour la cause des banlieues. Lui-même reconnaît avoir découvert la situation tardivement. Lors de tournages. Grâce aux contacts avec les artistes de hip-hop recrutés pour les bandes originales de ses films. Et, plus récemment, lors des réunions organisées autour de son projet de Cité du cinéma, à Saint-Denis, au nord de Paris, qui devrait accueillir un gigantesque complexe de studios à partir de 2010. Une "claque", admet le riche producteur, stupéfait par l'environnement social catastrophique des quartiers, finalement étonné que "cela ne pète pas plus".

Depuis deux ans, il a visité des dizaines de cités difficiles, rencontrant des associations, des élus et un grand nombre de jeunes. "Je suis choqué de la façon dont on traite les habitants de ces quartiers. On les met vraiment dans des situations intolérables. Ils habitent dans des quartiers d'une insalubrité incroyable, on leur donne pas de boulot, puis une fois sur deux on leur met pas de bus et pas de métro - comme ça il y a pas de problème !", ironise-t-il.

A contre-courant des discours habituels, il dit ressentir beaucoup de "bonheur" chaque fois qu'il rencontre les habitants. "Ils ont de la dignité, beaucoup de dignité. C'est ça qui empêche le pays d'exploser parce que, sinon, on leur a tout donné : la poudre, la mèche et le briquet !" Le libéral, pas vraiment réputé pour sa tendresse dans les affaires, en vient à développer un discours quasi marxiste sur l'origine de la crise. "Les habitants sont les victimes de cette économie de marché qui fait que, comme ça ne rapporte pas nécessairement d'argent, on ne s'en occupe pas."

Du cynisme, à ses yeux, qui conduit les pouvoirs publics à laisser certains quartiers se dégrader, pour les rénover plus tard, augmenter les loyers et se débarrasser des plus pauvres "soixante kilomètres plus loin". Et laisser la place à des catégories sociales plus favorisées : "Comme Paris est maintenant trop petit, en termes d'habitations, on a besoin de la petite couronne pour que la petite bourgeoisie puisse s'installer, avoir des maisons, des appartements."

Déçu par les hommes politiques qui "annoncent des plans banlieue tous les six mois, pour lesquels ils enlèvent ensuite la moitié de l'argent", il a choisi de conduire ses propres actions à travers l'association qui porte son nom. Sans publicité, ou presque. Un festival gratuit, d'abord, avec une idée simple : amener le cinéma dans des quartiers où les activités culturelles sont, le plus souvent, inexistantes. Au printemps 2007, Luc Besson organise la projection, à Saint-Denis, La Courneuve, Sarcelles ou Clichy-sous-Bois, en avant-première mondiale, des films présentés au même moment au Festival de Cannes.

Face au succès populaire - plusieurs dizaines de milliers de spectateurs - il étend l'opération en 2008 en accompagnant les films de concerts avec des stars du rap et une flopée d'artistes locaux. Le tout, sans incident, sans présence policière, dans des quartiers difficiles, comme la Grande-Borne, à Grigny, la cité des "3 000" à Aulnay-sous-Bois ou Les Courtillières à Pantin. "C'était un vrai succès. Il ne s'est pas moqué des habitants en apportant un écran immense, en prenant tout à sa charge", raconte Gérard Ségura, maire (PS) d'Aulnay-sous-Bois. "On a eu une belle fête. Qui d'autre a lancé des initiatives équivalentes ?", interroge un responsable associatif de Grigny.

Cet intérêt pour la banlieue se traduit également par la production d'un documentaire engagé sur le traitement médiatique des émeutes de Villiers-le-Bel, dont le budget devrait représenter 500 000 euros, et pour lequel est prévue une sortie au cinéma fin 2008 ou début 2009. Pas vraiment habituel pour le cinéaste habitué des films d'action et des productions à l'américaine. Mais le résultat d'une démarche personnelle. Quelques jours après les émeutes, en novembre 2007, Luc Besson s'était rendu à Villiers-le-Bel. Discrètement, là encore. Pour rencontrer les familles des adolescents tués dans un accident avec une voiture de police. Pour se forger sa propre opinion.

"J'ai vu Villiers-le-Bel sur CNN et j'y suis allé. C'est bizarre, j'ai pas vu le même ! Il y a des arbres, des parcs, des enfants, des gens qui sourient", relève le cinéaste en riant. Un décalage qu'il explique par la recherche du "sensationnel" de la part des médias. "A la télé, on a vu des images de jeunes qui expliquent : "On en a marre, les bagnoles, on veut les cramer..." Yassine Belattar, qui fait le film, a retrouvé les mecs en question. Devant sa caméra, ils expliquent qu'ils sont bac + 4, qu'ils n'ont pas d'emploi, pas de pognon, et qu'un journaliste est venu leur proposer 100 ou 150 euros pour mettre une cagoule et faire comme si c'était des émeutiers."

A rebours de l'image déplorable des banlieues, l'auteur du Grand Bleu considère qu'elles constituent des lieux de création hors du commun. Bien plus remuants, à ses yeux, que les repaires de la culture officielle "très "microcosme" mais pas très créatifs, l'inverse de ce qu'on voit en banlieue". Comme d'autres, il a observé que la culture du "ghetto" domine les cours de récréation et fait la mode musicale et vestimentaire parmi les jeunes. "En banlieue, c'est vivant, ils ont des idées. Ils ont envie de manger la vie, envie d'y arriver, envie de créer. Ils veulent bouger les lignes", s'enthousiasme le citoyen Besson.

Une créativité que l'homme d'affaires Besson compte bien capter à la source. En mai, le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) a attribué à EuropaCorp un des treize canaux de la télévision mobile personnelle (TMP) qui diffusera des programmes sur les téléphones à partir de 2009. L'entreprise de cinéma se propose de repérer et de diffuser les "nouveaux talents" de la "culture urbaine". Dans la ruée vers l'or des banlieues, qui finira bien par démarrer un jour, Luc Besson est en première ligne : "Le jour où la France aura compris que son vrai trésor est là. Son trésor pour l'avenir..."

Luc Bronner
Article paru dans l'édition du 30.09.08

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Le plus grand bidonville rom de France bientôt rasé
A.-C. D. L.
28/08/2008 | Mise à jour : 10:31 | Commentaires 6
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633 Roumains vivaient là depuis plusieurs années.

Déserté, fermé et bientôt rasé : dans quelques jours, le plus grand camp rom de France ne sera plus. Implanté à Saint-Ouen, aux portes de Paris, le terrain sur lequel 633 Roumains avaient trouvé refuge depuis plusieurs années se vidait, mercredi, de ses derniers occupants. Certains déjà en quête d'un nouvel emplacement.

Un tiers d'entre eux environ a néanmoins accepté l'aide au retour volontaire dans leur pays d'origine. Une petite centaine a ainsi quitté la France ces jours-ci, tandis que 140 autres Roms doivent embarquer aujourd'hui dans un nouvel avion.

En fin de semaine dernière, un projet d'insertion sociale et professionnelle avait été proposé par les autorités aux familles installées sur le camp. Par le biais des travailleurs sociaux, 94 dossiers résumant autant de situations familiales avaient été étudiés par la sous-préfecture de Seine-Saint-Denis. Vingt-quatre d'entre elles seulement ont été retenues, sélectionnées selon des critères allant de la maîtrise de la langue française aux efforts de scolarisation des enfants ou la capacité des parents à travailler dans des branches professionnelles précises.

Dès lundi, ces familles poseront donc leurs bagages dans des caravanes implantées sur un terrain de la ville appartenant à Réseau ferré de France (RFF), avant d'élire domicile dans des bungalows. Enfin, sept autres familles «présentant des problèmes de santé» et logées jusqu'alors sur le campement dans de très mauvaises conditions, bénéficieront d'une prise en charge humanitaire.

(jour de fête),

Société
Nathalie Ménigon est sortie de prison
NNathalie Ménigon arrivant à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, au terme de son premier jour de semi-liberté le 2 août 2007. (AFP)
L'ex-militante d'Action directe, condamnée deux fois à la réclusion à perpétuité, est en liberté conditionnelle.
AFP
LIBERATION.FR : samedi 2 août 2008

L’ex-militante d’Action directe (AD) Nathalie Ménigon, 51 ans, qui bénéficie d’une mesure de libération conditionnelle, a quitté samedi matin la prison de Seysses, près de Toulouse, a constaté un journaliste de l’AFP.

Nathalie Ménigon est sortie de l’établissement pénitentiaire à 9H00 à bord d’une voiture de couleur bordeaux, en compagnie de trois personnes venues la chercher. L’ex-militante du groupe armé d’extrême gauche n’a fait aucune déclaration.

Condamnée à la réclusion à perpétuité en 1989 et 1994, elle avait été transférée dans cet établissement pénitentiaire le 2 août 2007 dans le cadre d’un régime de semi-liberté. Elle s’est vu accorder la libération conditionnelle le 17 juillet dernier par le tribunal de l’application des peines de Paris. Le parquet ne s’y était pas opposé.

Comme les autres membres du noyau dur d’AD, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani et Joëlle Aubron, décédée en 2006, Nathalie Ménigon a été condamnée deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour l’assassinat du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986, et de l’ingénieur général de l’armement, René Audran, un an plus tôt. Elle a passé plus de vingt ans en prison.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/342721.FR.php
© Libération

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Les nouveaux "droits et devoirs" des chômeurs adoptés à l'Assemblée
LEMONDE.FR avec AFP | 18.07.08 | 05h07 • Mis à jour le 18.07.08 | 11h25

es députés ont adopté, dans la nuit de jeudi 17 à vendredi 18 juillet, le projet de loi sur les "droits et devoirs des demandeurs d'emploi". Le texte institue la notion de "projet personnel d'accès à l'emploi" et "d'offres raisonnables d'emploi". Un chômeur sera radié des listes du service public de l'emploi s'il refuse deux "offres raisonnables". Dès le 4e mois de chômage, les demandeurs d'emploi devront accepter un emploi rémunéré à au moins 95 % de leur salaire antérieur, 85 % au bout de six mois, et du montant de l'allocation qu'ils perçoivent au bout d'un an. Les députés ont adopté un amendement indiquant que ces durées "sont prorogées du temps de formation", pour "encourager et non pénaliser les demandeurs d'emploi qui suivent une formation".

L'UMP et le Nouveau Centre ont voté pour ce texte, déjà adopté par le Sénat, l'opposition (PS, Verts, PCF) a voté contre. "La philosophie était de mieux accompagner [les demandeurs d'emploi] avec du sur-mesure et, d'autre part, de mieux contrôler les abus", a résumé le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez. Le député PS Michel Issindou a dénoncé un "texte humiliant pour les demandeurs d'emploi" et le PCF Maxime Gremetz a parlé d'une "régression du code du travail".
"ABSENCE TOTALE DE GARANTIES APPORTÉES POUR LES SENIORS"

L'Assemblée a aussi voté la suppression progressive, d'ici à 2012, de la dispense de recherche d'emploi dont pouvaient bénéficier les chômeurs âgés de plus de 57 ans et demi. "On ne peut pas continuer avec cette espèce d'hypocrisie à trois acteurs : le gouvernement et les politiques, qui ont expulsé les seniors en dehors du marché de l'emploi pour gérer les statistiques, les employeurs, qui l'ont utilisé comme un instrument commode de gestion des ressources humaines, et aussi les partenaires sociaux, qui s'en sont parfois servi dans des procédures de licenciement collectif", a développé M. Wauquiez.

Marisol Touraine (PS) et Martine Billard (Verts) se sont inquiétées de "l'absence totale de garanties apportées pour les seniors à ce stade".

Enfin, l'Assemblée a voté, à la demande du gouvernement, la création d'un "médiateur du service public de l'emploi", conçu comme voie de recours en faveur des chômeurs dans leurs relations avec l'ANPE. Le service public de l'emploi doit naître de la fusion ANPE-Unedic, qui doit être effective dans les prochains mois.

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Société
A l'audience, Jean Sarkozy prétend ne pas avoir eu d'accident en scooter
Archive (Reuters)
Le fils cadet du président de la République, costume gris et cravate bleue, a de nouveau contesté avoir percuté un automobiliste avec son scooter.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 25 juin 2008
L'automobiliste qui accuse Jean Sarkozy de l'avoir percuté avec son scooter a contesté mercredi, devant le tribunal correctionnel de Paris, l'expertise diligentée par la justice, qui conclut à l'impossibilité de l'accident. D'après l'automobiliste, M'Hamed Bellouti, l'accrochage aurait eu lieu le 14 octobre 2005, place de la Concorde à Paris. Jean Sarkozy aurait percuté à scooter l'arrière de sa BMW, avant de prendre la fuite.
M. Bellouti, 37 ans, et son passager ont réaffirmé mercredi avoir relevé le numéro du deux-roues. Ils ont toutefois reconnu ne pas être en mesure de reconnaître le conducteur du scooter, "un jeune", "imberbe", alors coiffé d'un casque. Après plusieurs tentatives vaines de son assureur pour obtenir de la partie fautive le paiement des réparations, M. Bellouti avait finalement décidé de porter plainte en février 2006. C'est seulement alors qu'il aurait découvert l'identité du propriétaire du scooter.

Son père, propriétaire de la BMW et partie civile au procès, réclame 260,13 euros pour les frais de réparation de la voiture et 4.000 euros de dommages et intérêts.

Mercredi, le fils cadet du président de la République, costume gris et cravate bleue, a de nouveau contesté les faits. "Je n'ai à aucun moment été impliqué dans un accident de circulation", a assuré le jeune homme de 21 ans, affirmant ne "pas avoir l'habitude de (se) cacher ou de (se) dérober". A 16H30, heure des faits, "j'étais vraisemblablement en train de suivre mes cours", a-t-il assuré aux magistrats de la 10e chambre.

Mais les débats de mercredi ont tourné pour l'essentiel autour de l'expertise judiciaire réclamée par le tribunal le 4 décembre, lors d'une première audience. Cette expertise, réalisée par un expert indépendant désigné par le tribunal, parvient quasiment aux mêmes conclusions que celle produite le 4 décembre par l'avocat du prévenu. Toutes deux affirment, au vu des dégâts constatés sur les deux véhicules, que le choc n'a pu avoir lieu, du moins tel que décrit par l'automobiliste.

Après avoir déploré qu'un banal accident de la circulation ait pris de telles proportions, les avocats de M. Bellouti, Mes Christophe Launay et Philippe Lejard, ont regretté le dépôt "hors délai" de cette expertise, mais surtout son caractère "non-contradictoire". "On parle d'une expertise contradictoire, mais l'expert ne m'a jamais laissé l'occasion" de préciser les circonstances de l'accident, a confirmé à la barre M. Bellouti qui, pas plus que Jean Sarkozy, n'a été entendu par l'expert Michel Gilabert. Dénonçant "une atteinte aux droits de la défense", les deux avocats ont demandé au tribunal "de prononcer la nullité de ce rapport" et de diligenter une nouvelle expertise.

Rejetant ces griefs, Me Herzog a pour sa part tenté, documents à l'appui, de démontrer que l'expertise avait été menée normalement et que M. Gilabert avait réalisé "tous les souhaits et desiderata de la partie civile". L'avocat a également relevé le fait qu'entre l'accident d'octobre 2005 et la plainte de février 2006, M. Bellouti avait subi un deuxième accident, "qui concerne également le pare-choc arrière-gauche". Difficile donc, selon lui, de déterminer les dégâts imputables au premier et au second accident. S'appuyant sur l'expertise "dénuée de toute ambiguïté" de M. Gilabert, "remarquable dans sa clarté et dans sa concision", le procureur de la République, Jean-Marc Coquentin, a quant à lui requis la relaxe du prévenu. Le tribunal rendra sa décision le 29 septembre.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/334796.FR.php
© Libération

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Entretien avec M.KONARE Makan - un des principaux animateurs du combat des travailleurs africains du foyer pour la survie et pour la dignité...

"Je suis le Président de notre association, "Les colocataires de l'Hôtel Marceau", créée en 2006.

Cette année-là, habitants de l'endroit depuis 10 ans, pour la plupart, et venus du MALI, du SENEGAL, ou de MAURITANIE, nous avons passé 12 mois sans électricité...

Depuis 1996, l'ancien propriétaire, un Algérien, qui était dur, a vendu à un Marocain, Monsieur El Jabri, résident dans la commune voisine de Stains. Lui, il a du cœur, et comprend nos problèmes. Mais il semble avoir été "roulé" par le vendeur. Ils sont en procès, je crois."

"Nous payons 335 euros par mois pour les chambres de 11 mètres carrés dans l'état que vous voyez... Nous en sommes venus à faire une longue grève des loyers pour exiger qu'un minimum de travaux de simple hygiène et de sécurité soient entrepris, et les choses se sont compliquées, amenant la coupure d'électricité. Nous avons pris un avocat, nous avons pris tous les contacts, fait toutes les démarches, mairie, préfecture. Nous exigeons que des travaux soient faits de toute urgence, en ce moment nous n'avons même pas l'eau. Nous souhaitons aussi être relogés dans des endoits décents, dans les meilleurs délais. Mais sur toutes les demandes de logement faites depuis plus de 10 ans, seules deux familles ont obetnu un HLM. Pourtant, nous sommes en règle, pour la plupart, et nous gagnons notre vie en travaillant, déclarés, etc..Nous nous efforçons de conserver de bonnes relations avec la municipalité, c'est une affaire de droits humains, de social, ce n'est pas une affaire politique."

Mais chacun se renvoie la balle dans l'iextricable maquis politico-admnistratif où s'englue, d'ordinaire, ce genre d'affaires - alors qu'il s'agit d'être humains, que les enfants se bousillent la santé, comme leurs parents, et que tous sont en danger. "La mairie a bougé, elle a tapé sur la table, la préfecture aussi, et le courant a été rétabli, mais à petite puissance, et ça disjoncte tout le temps. Le disjoncteur se trouve dans le petit café-restaurant, en bas de l'immeuble. Le jour, on peut y aller pour rétablir le courant, la nuit, c'est impossible. Du coup, nous avons dû nous priver de frigos, et nous devons faire les courses d'alimentation tous les jours...Le chauffage électrique n'est plus possible non plus. Nous utilisons les poeles à fuel que vous voyez, avec des réserves de carburant, sous le plancher, des bouteilles de gaz, puisque la cuisinière électrique, elle aussi, fait disjoncter... Si le feu prend, ce sera terrible..."

Le soir, les petites collégiennes n'ont pas d'autre solution que de faire leurs devois à la bougie, sur le matelas souvent unique où dort, comme elle le peut, toute la famille...Si une bougie se renverse...
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C'était il y a plus d'un mois, le 20 décembre 2007.

Dans une alerte "SCOOP MORTEL!" adressée à une liste de 152 journalistes français, de tous les quotidiens, la plupart des magazines, et quelques radios et télés, Le Monde Réel alertait les media sur un "scoop" dont le site se serait, disions-nous, "bien passé":

"A Aubervilliers (93), écrivions-nous, où une affaire du même genre avait fait 5 morts, tous noirs d'Afrique, en 1970, une nouveau scandale de "négriers" mettant en danger, rue du Landy, les familles africaines d'un "hôtel" à l'électricité coupée, devrait attirer l'attention de La Boutin, ou de La Bruni, qui, elle, paraît-il, est progressiste, et a l'occasion de montrer, mais très vite, qu'elle n'est pas une catin, et vaut mieux que la précédente - ou que La Pompadour.
C'est une question de vie ou de mort, et c'est une question d'heures."

Chacun peut lire ou relire - clic ici - l'article publié sur le site.
Dans la "chambre" lépreuse, sans électricité suffisante, donc sans frigo, où il vit avec toute sa famille, dont Atetou, 3 ans (ici), elle aussi chaque jour et chaque nuit en danger d'être asphyxiée par les émanations d'un chauffage de fortune au fuel, ou de périr dans les flammes d'un incendie, qui menace, M.KONARE Makan, jeune travailleur malien, père de famille, et l'un des trois animateurs du Mouvement des Mal Logés du LANDY en lutte, répond à chaque question de façon argumentée, précise, preuves à l'appui, et pièces en main.

- Que s'est-il passé depuis? Pas grand chose...

Sinon, de notre part, un nouveau message, personnalisé et amical, à titre de rappel, deux jours plus tard, le 22 décembre, à TONINO SERAFINI, réceptionnaire, parmi d'autres, du premier envoi collectif. Ce journaliste progressiste, gentil, mais un petit peu dolent, connaissant personnellement un au moins des animateurs du Monde Réel, lui-même ancien de Libé, est en charge, théoriquement, de la rubrique logement de LIBERATION.

La piqûre de rappel n'ayant pas abouti, un troisième message d'alerte était envoyé, le 26 décembre, à deux des principaux dirigeants de LIBE, bien connus de nous, personnellement, avec copie pour info à un délégué syndical de la rédaction, déjà réceptionnaire du premier envoi groupé.

Toujours rien, ni à Libé, ni nulle part - à l'exception du Parisien, dans son édition départementale (93), un bon petit papier, sympa, insuffisant, toutefois, pour que sonne le tocsin chez les confrères...
Fuites d'eau, plafonds pourris qui s'écroulent, électricité défaillante, carreaux cassés, émanations de pétrole...335 euros par mois pour 11 mètres carrés. Après avoir payé dix ans, rubis sur l'ongle, les 86 adultes ont fini par faire la grève des loyers, un an, rendant le scandale public. Travaux, et relogement, décent! - UNE DOUBLE URGENCE, VITALE! -

Entre temps, sur le terrain, que sont devenus les 126 africains toujours en danger de mort de l' "hôtel meublé" du 5 rue Gaétan Lamy, quartier du Landy, AUBERVILLIERS (93) - un taudis insalubre où le pire des drames plane toujours, nuit après nuit, sur 40 petits enfants de deux mois à douze ans, 86 parents vivant en couple et 2 célibataires, les adultes étant, dans leur écrasante majorité, des travailleurs salariés du bâtiment, du nettoyage, de l'hôtellerie, ou de la restauration, parfaitement en règle, demandeurs de logements décents, HLM ou autre, depuis quelquefois 10ans, et capables de peyer un loyer correct pour un logement correct?

-Pour le savoir, Le Monde Réel s'est de nouveau rendu sur place, ce dimanche 3 février 2008, en compagnie de jeunes militants musulmans de l'association "Le 93 au cœur de la République", active auprès des Africains en danger.

"Le 93 au cœur de la République"est né à l'occasion des dernières élections législatives du printemps 2007, où elle a fait un score "canon" sur la commune d'Aubervilliers - regroupant notamment des communistes "purs et durs" à l'ancienne, des jeunes des collèges, et des familles de musulmans de progrès, sous l'impulsion du Président du MRAP, Mouloud Aount, lui-même natif d'Aubervilliers, et proche du PCF, pour en savoir plus CLIC ICI,

- Les habitants de ce taudis indigne d'une République moderne, et d'une commune à majorité de gauche (PCF, PS) dans un département à majorité de gauche, plus particulièrement, nous ont reçus à bras ouvert.

Sous la conduite de KONARE Makan, un jeune père de famille dont la dernière fille, la petite Abibatou,
Abibatou, petite sour d'Atetou, fille de l'amour et du taudis...

née le 20 décembre dernier, à l'hopital, et ramenée aussitôt par sa MAMAN dans la "chambre" de 11 mètres carrés, rongée d'humidité, où vivent ce couple de travailleurs maliens et leurs enfants, nous avons "visité" l'endroit - un vieil hôtel dans un état de ruine et d'abandon effrayant, où l'électricité avait été coupée, au plus froid de décembre, obligeant les familles à se chauffer avec des moyens de fortune, dont des poelles fonctionnant au fuel dégageant une odeur pestilentielle - et cause de la mort, par asphyxie, des 5 victimes de 1970, asphyxiées pendant leur sommeil, dans un établissement du même genre, rue de la Poste, dans un autre quartier d'Aubervilliers
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LA BOMBE NOIRE

D'AUBERVILLIERS

Pas vu à la télé! Mais en video-reportage, ici, si!

Journalistes désabusés, cyniques, ou simplement paresseux, politiciens, et toi, Nicolas MOI-MOI-MOI, regardez ces enfants dans le yeux. Ce soir, ils auront peut-être disparu, dans les flammes qui menacent d'embraser, chaque nuit, le taudis à la Zola du "marchand de sommeil" d'Aubervilliers (93), où une affaire exactement comparable a fait 4 morts, tous noirs, en 1970, soulevant, à l'époque, une émotion considérable...

QUE CEUX QUI ONT DES YEUX POUR VOIR ET DES OREILLES POUR ENTENDRE OBSERVENT CES IMAGES, QU'ILS ECOUTENT CES MOTS SIMPLES, ET, ENFIN, BOUGENT!...

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- video 1 ici Video 2: ICI Video 3: ICI Video 4: ici Video 5: ICI

Films réalisés pour Le Monde Réel par "Fehd93", 15 ans, collégien, à l'invitation et sous la conduite amicale des résidents du taudis collectif de la rue Gaétan Lamy, vieux quartier du LANDY, Aubervilliers (93), en compagnie de sa mère (visible sur les image), musulmane de progrès, comme son fils et son mari, candidate aux municipales sur la liste d'union avec les communistes rassemblée par le jeune maire sortant (PCF) d'Aubervilliers (93), Pascal Beaudet, dans une ville objet d'une tentative d'O.P.A. de l'aile droite pro-capitaliste, pro-méricaine, pro-Européenne et pro-israélienne (tendance DSK) du Parti Socialiste, qui multiplie les belles paroles et les promesses en l'air. Y compris aux Maliens mal-logés, qui eux, soutenus par les militants de base du "93 au cœur de la République", auquel plusieurs d'entre eux ont adhéré, négocient en ce moment même avec le maire un plan de relogement et de travaux d'urgence en attendant.

ça vient de m>trong> href="http://209.85.135.104/search?q=cache:Geg4Q653hzoJ:www.lemondereel.fr/chinafrique.html+%22Colocataires+de+l%E2%80%99h%C3%B4tel+Marceau%22&hl=fr&ct=clnk&cd=4&gl=fr&client=firefox-a">là.

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Reportage
Coup de torchon à la bananeraie
LE MONDE | 09.06.08 | 14h38 • Mis à jour le 09.06.08 | 14h38
NJOMBE PENJA (CAMEROUN) ENVOYÉ SPÉCIAL

asquette vissée sur un crâne luisant de sueur et pseudonyme de rigueur, Amédée Bessengue, 26 ans, dont sept comme ouvrier dans les bananeraies, admet juste que, ces jours-là, il a "grévé". Sur son propre emploi du temps pendant les émeutes, il reste flou. Mais il se souvient parfaitement de ce que les manifestants hurlaient : "Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves." Trois mois après le saccage des plantations, un graffiti demeure sur le mur d'un appentis : "Payer 100 000 francs (150 euros) au dernier ouvrier."

C'était à la fin du mois de février. Le Cameroun se révoltait, et avec lui la capitale de la banane, à 80 km à l'ouest du port de Douala. Pendant quatre jours de grève, de barricades et de pillages, Njombe Penja, nichée au coeur de collines verdoyantes, a vécu l'état de siège. Neuf de ses jeunes ont été tués par l'armée et, aujourd'hui, la ville est toujours en état de choc. Les bouches restent fermées, les regards fuyants, les rendez-vous discrets, de peur d'être "indexé" - dénoncé aux gendarmes.

Le maire, Paul-Eric Kingue, est en prison depuis le 29 février. Il a été suspendu de ses fonctions. Officiellement, il est accusé d'avoir incité des jeunes à la révolte et d'être l'auteur de malversations financières. Mais la majorité de la population n'y croit guère. Ce Paul-Eric est un homme courageux. Il s'était scandalisé des salaires pratiqués par les sociétés exploitant les bananeraies - 25 000 francs CFA (37,50 euros) par mois. Il avait dénoncé les privilèges fiscaux et les exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises, toutes dirigées par des Français. Bref, il défendait ce que les Camerounais nomment "le bas peuple".

Aucun doute, pour la population : ce sont ces compagnies qui ont obtenu l'éviction du maire. Depuis sa prison, ce pilier du parti présidentiel, ultradominant, a envoyé une lettre ouverte au chef de l'Etat, Paul Biya, pour justifier sa croisade. Il y décrit "le paradoxe déconcertant" de Njombe Penja, "une zone très riche avec des populations très pauvres".

Abasourdis par la répression, les jeunes n'avouent pas d'emblée qu'ils ont participé aux émeutes. Quant aux Français qui dirigent les exploitations de bananes, ils hésitent avant d'admettre l'évidence : les entreprises qu'ils dirigent ont été prises pour cibles.

Violences contre le patron, l'"exploiteur" ? Le Français ? Le Blanc ? Difficile de faire la part des strates du ressentiment. "Les émeutes n'étaient pas sciemment dirigées contre des sociétés françaises. Les gens ont fait éclater leurs frustrations, ils s'en sont pris à ce qu'ils avaient sous la main, ils voulaient punir le gouvernement de Yaoundé", assure Pierre Moulima, directeur des ressources humaines de SPM (Société des Plantations de Mbanga). Mais il admet aussitôt : "On nous traite constamment de "Français colonialistes", on nous accuse de prendre les terres et de réduire en esclavage la main-d'oeuvre camerounaise." Puis tempère : "Les gens qui soutiennent cela ne sont pas éduqués."

Dans son bureau climatisé dont les vitres et le matériel informatique ont dû être entièrement renouvelés après les émeutes, Christophe Bresse, français, directeur des plantations de SPM, feuillette l'album où ont été classées les photos du ravage. Véhicules et engins agricoles incendiés, pompes d'irrigation saccagées, magasins de stockage pillés : "C'était très chaud. Ils voulaient faire mal à l'outil de production, et le pillage a été systématique. Nous avons été ciblés. Mais ils se sont tiré une balle dans le pied, car qui investit ici ?"

A quelques kilomètres de là, la société bananière PHP, filiale de la Compagnie fruitière (détenue à 37 % par le géant américain Dole), la plus importante et la plus redoutée de la région, les Brasseries du Cameroun et l'usine d'eau minérale Tangui, toutes à direction française, ont subi un sort comparable. Leurs cadres et leurs familles, une vingtaine au total, ont été évacués par avion vers Douala le deuxième jour des violences.

Au préjudice matériel, estimé à 1,2 milliard de francs CFA (1,8 million d'euros) par SPM, s'est ajoutée la destruction de plusieurs hectares de bananiers, déchiquetés à la machette, l'instrument de travail usuel, par des centaines de jeunes. Des "chômeurs pilleurs" qui se sont enfuis avec des régimes de bananes, selon les dirigeants, qui admettent cependant que quelques-uns de leurs propres salariés ont pu prendre part à la razzia.

"La plupart de nos ouvriers ont défendu les installations. Dans le merdier où ils se trouvent, ils sont bien contents de percevoir régulièrement un salaire dérisoire", lance Joseph Fochivé, qui compare le maire incarcéré à un "chef de gang". En ville ou dans les plantations, le passage du 4 × 4 de ce spécialiste du bananier, responsable de la production, déclenche des réflexes de crainte. Chacun sait que son père, Jean, a été le redouté directeur des services de renseignement camerounais sous les présidents Ahidjo, puis Biya. "Son père faisait peur, pas lui : pendant les événements, il était cloîtré chez lui comme tout le monde", modère Guillaume Ranson, directeur général adjoint de SPM.

A perte de vue, sur des kilomètres, des rangées de bananiers montent à l'assaut des collines, parsemées de taches bleues : les sacs en plastique qui protègent les régimes des insectes et accélèrent leur mûrissement. Les plantations, l'irrigation, la croissance des arbres, l'éclosion des fleurs, le développement de fruits calibrés pour l'exportation vers l'Union européenne exigent des soins constants et minutieux assurés par des milliers d'ouvriers : 2 000 chez SPM, 6 000 pour PHP.

"Le salaire n'est pas bon, confirme Elysée Mbelle, un autre jeune planteur. Ce n'est pas normal que ce soit la famine ici alors que nous faisons manger les Français." Depuis les émeutes, les salaires ont d'ailleurs reçu un net coup de pouce, le salaire minimum passant à 31 000 francs CFA (46,50 euros) sans les primes, qui le portent à 45 000 francs CFA (67,50 euros), selon la direction de SPM.

D'autres témoignages attribuent la hargne qui s'est manifestée à la frustration à l'égard d'une production presque entièrement exportée. "Beaucoup d'employés se font virer parce qu'ils volent des bananes. La direction ne t'en donne pas. Seuls les rebuts sont vendus sur les marchés. Ces gens-là ont voulu se venger." Les conditions de travail (douze heures payées huit selon certains), la rémunération à la tâche, sans considération du temps passé, et la discipline de fer alimentent les frustrations. "Si tu demandes une pause à cause de la chaleur, le chef te dit : "Ou tu y retournes, ou je t'inscris en refus de travail"", rapporte un intérimaire. Parfaitement informé de cette situation, l'archevêque de Douala, Mgr Christian Tumi, qui n'a jamais ménagé les autorités, résume sobrement : "A Njombe Penja, les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés."

Selon l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-Littoral), l'accaparement de terres cédées ou louées par les paysans locaux aux sociétés bananières pour une somme non revalorisée depuis des décennies alourdit encore le contentieux. "Mon père a vendu sa terre dans les années 1970 contre la promesse que ses enfants seraient salariés à vie au lieu d'être à leur compte. Il le regrette, car il constate que la pauvreté n'a pas reculé", témoigne un fils du pays. En outre, des intoxications alimentaires seraient liées à l'épandage aérien de produits phytosanitaires. Stigmatisant "la maltraitance que vit la population de Njombe Penja depuis des années", l'ACAT dénonce "la connivence des investisseurs français, peu soucieux du bien-être des Camerounais".

A l'entrée de chaque allée des plantations, se détachent de petites pancartes. Elles sont frappées du drapeau étoilé de l'Union européenne. Les sociétés bananières, notamment celles opérant à Njombe Penja, perçoivent en effet des subventions au titre de l'"appui à la filière banane", dont le Cameroun exporte 300 000 tonnes par an. Entre 2001 et 2005, 24 millions d'euros leur ont ainsi été versés "dans le cadre de la politique de développement économique et de lutte contre la pauvreté", précise-t-on à la représentation de l'Union européenne à Yaoundé. Les certifications Iso et Globalgap ont été décernées aux mêmes compagnies. La première couronne leur "management environnemental", la seconde leur "bonne pratique agricole".

Un dirigeant bananier certifie qu'il paie "tous ses impôts". Mais il admet que sa société bénéficie, outre les subventions de l'UE, d'une exonération de patente de la part des autorités camerounaises au titre d'une activité en zone "socialement sensible". Cet impôt est pourtant censé revenir à des communes extrêmement pauvres. Mais le système fiscal camerounais, gangrené par la corruption, n'a rien de transparent.

"Les sociétés ne payaient pas d'impôts ni de taxes depuis trente ans", affirme pour sa part le maire, M. Kingue. En septembre 2007, il a dénoncé cette situation auprès du premier ministre et a obtenu un redressement fiscal. Peu après, les patrons visés "ont menacé de me faire assassiner ou emprisonner", écrit-il depuis sa cellule. Offusqué, l'un des intéressés allègue des dons directement versés à la commune par sa société, fustige les "exigences d'argent" du maire et balaie l'accusation : "Pur folklore camerounais !"

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 10.06.08


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Reportage
Coup de torchon à la bananeraie
LE MONDE | 09.06.08 | 14h38 • Mis à jour le 09.06.08 | 14h38
NJOMBE PENJA (CAMEROUN) ENVOYÉ SPÉCIAL

asquette vissée sur un crâne luisant de sueur et pseudonyme de rigueur, Amédée Bessengue, 26 ans, dont sept comme ouvrier dans les bananeraies, admet juste que, ces jours-là, il a "grévé". Sur son propre emploi du temps pendant les émeutes, il reste flou. Mais il se souvient parfaitement de ce que les manifestants hurlaient : "Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves." Trois mois après le saccage des plantations, un graffiti demeure sur le mur d'un appentis : "Payer 100 000 francs (150 euros) au dernier ouvrier."

C'était à la fin du mois de février. Le Cameroun se révoltait, et avec lui la capitale de la banane, à 80 km à l'ouest du port de Douala. Pendant quatre jours de grève, de barricades et de pillages, Njombe Penja, nichée au coeur de collines verdoyantes, a vécu l'état de siège. Neuf de ses jeunes ont été tués par l'armée et, aujourd'hui, la ville est toujours en état de choc. Les bouches restent fermées, les regards fuyants, les rendez-vous discrets, de peur d'être "indexé" - dénoncé aux gendarmes.

Le maire, Paul-Eric Kingue, est en prison depuis le 29 février. Il a été suspendu de ses fonctions. Officiellement, il est accusé d'avoir incité des jeunes à la révolte et d'être l'auteur de malversations financières. Mais la majorité de la population n'y croit guère. Ce Paul-Eric est un homme courageux. Il s'était scandalisé des salaires pratiqués par les sociétés exploitant les bananeraies - 25 000 francs CFA (37,50 euros) par mois. Il avait dénoncé les privilèges fiscaux et les exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises, toutes dirigées par des Français. Bref, il défendait ce que les Camerounais nomment "le bas peuple".

Aucun doute, pour la population : ce sont ces compagnies qui ont obtenu l'éviction du maire. Depuis sa prison, ce pilier du parti présidentiel, ultradominant, a envoyé une lettre ouverte au chef de l'Etat, Paul Biya, pour justifier sa croisade. Il y décrit "le paradoxe déconcertant" de Njombe Penja, "une zone très riche avec des populations très pauvres".

Abasourdis par la répression, les jeunes n'avouent pas d'emblée qu'ils ont participé aux émeutes. Quant aux Français qui dirigent les exploitations de bananes, ils hésitent avant d'admettre l'évidence : les entreprises qu'ils dirigent ont été prises pour cibles.

Violences contre le patron, l'"exploiteur" ? Le Français ? Le Blanc ? Difficile de faire la part des strates du ressentiment. "Les émeutes n'étaient pas sciemment dirigées contre des sociétés françaises. Les gens ont fait éclater leurs frustrations, ils s'en sont pris à ce qu'ils avaient sous la main, ils voulaient punir le gouvernement de Yaoundé", assure Pierre Moulima, directeur des ressources humaines de SPM (Société des Plantations de Mbanga). Mais il admet aussitôt : "On nous traite constamment de "Français colonialistes", on nous accuse de prendre les terres et de réduire en esclavage la main-d'oeuvre camerounaise." Puis tempère : "Les gens qui soutiennent cela ne sont pas éduqués."

Dans son bureau climatisé dont les vitres et le matériel informatique ont dû être entièrement renouvelés après les émeutes, Christophe Bresse, français, directeur des plantations de SPM, feuillette l'album où ont été classées les photos du ravage. Véhicules et engins agricoles incendiés, pompes d'irrigation saccagées, magasins de stockage pillés : "C'était très chaud. Ils voulaient faire mal à l'outil de production, et le pillage a été systématique. Nous avons été ciblés. Mais ils se sont tiré une balle dans le pied, car qui investit ici ?"

A quelques kilomètres de là, la société bananière PHP, filiale de la Compagnie fruitière (détenue à 37 % par le géant américain Dole), la plus importante et la plus redoutée de la région, les Brasseries du Cameroun et l'usine d'eau minérale Tangui, toutes à direction française, ont subi un sort comparable. Leurs cadres et leurs familles, une vingtaine au total, ont été évacués par avion vers Douala le deuxième jour des violences.

Au préjudice matériel, estimé à 1,2 milliard de francs CFA (1,8 million d'euros) par SPM, s'est ajoutée la destruction de plusieurs hectares de bananiers, déchiquetés à la machette, l'instrument de travail usuel, par des centaines de jeunes. Des "chômeurs pilleurs" qui se sont enfuis avec des régimes de bananes, selon les dirigeants, qui admettent cependant que quelques-uns de leurs propres salariés ont pu prendre part à la razzia.

"La plupart de nos ouvriers ont défendu les installations. Dans le merdier où ils se trouvent, ils sont bien contents de percevoir régulièrement un salaire dérisoire", lance Joseph Fochivé, qui compare le maire incarcéré à un "chef de gang". En ville ou dans les plantations, le passage du 4 × 4 de ce spécialiste du bananier, responsable de la production, déclenche des réflexes de crainte. Chacun sait que son père, Jean, a été le redouté directeur des services de renseignement camerounais sous les présidents Ahidjo, puis Biya. "Son père faisait peur, pas lui : pendant les événements, il était cloîtré chez lui comme tout le monde", modère Guillaume Ranson, directeur général adjoint de SPM.

A perte de vue, sur des kilomètres, des rangées de bananiers montent à l'assaut des collines, parsemées de taches bleues : les sacs en plastique qui protègent les régimes des insectes et accélèrent leur mûrissement. Les plantations, l'irrigation, la croissance des arbres, l'éclosion des fleurs, le développement de fruits calibrés pour l'exportation vers l'Union européenne exigent des soins constants et minutieux assurés par des milliers d'ouvriers : 2 000 chez SPM, 6 000 pour PHP.

"Le salaire n'est pas bon, confirme Elysée Mbelle, un autre jeune planteur. Ce n'est pas normal que ce soit la famine ici alors que nous faisons manger les Français." Depuis les émeutes, les salaires ont d'ailleurs reçu un net coup de pouce, le salaire minimum passant à 31 000 francs CFA (46,50 euros) sans les primes, qui le portent à 45 000 francs CFA (67,50 euros), selon la direction de SPM.

D'autres témoignages attribuent la hargne qui s'est manifestée à la frustration à l'égard d'une production presque entièrement exportée. "Beaucoup d'employés se font virer parce qu'ils volent des bananes. La direction ne t'en donne pas. Seuls les rebuts sont vendus sur les marchés. Ces gens-là ont voulu se venger." Les conditions de travail (douze heures payées huit selon certains), la rémunération à la tâche, sans considération du temps passé, et la discipline de fer alimentent les frustrations. "Si tu demandes une pause à cause de la chaleur, le chef te dit : "Ou tu y retournes, ou je t'inscris en refus de travail"", rapporte un intérimaire. Parfaitement informé de cette situation, l'archevêque de Douala, Mgr Christian Tumi, qui n'a jamais ménagé les autorités, résume sobrement : "A Njombe Penja, les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés."

Selon l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-Littoral), l'accaparement de terres cédées ou louées par les paysans locaux aux sociétés bananières pour une somme non revalorisée depuis des décennies alourdit encore le contentieux. "Mon père a vendu sa terre dans les années 1970 contre la promesse que ses enfants seraient salariés à vie au lieu d'être à leur compte. Il le regrette, car il constate que la pauvreté n'a pas reculé", témoigne un fils du pays. En outre, des intoxications alimentaires seraient liées à l'épandage aérien de produits phytosanitaires. Stigmatisant "la maltraitance que vit la population de Njombe Penja depuis des années", l'ACAT dénonce "la connivence des investisseurs français, peu soucieux du bien-être des Camerounais".

A l'entrée de chaque allée des plantations, se détachent de petites pancartes. Elles sont frappées du drapeau étoilé de l'Union européenne. Les sociétés bananières, notamment celles opérant à Njombe Penja, perçoivent en effet des subventions au titre de l'"appui à la filière banane", dont le Cameroun exporte 300 000 tonnes par an. Entre 2001 et 2005, 24 millions d'euros leur ont ainsi été versés "dans le cadre de la politique de développement économique et de lutte contre la pauvreté", précise-t-on à la représentation de l'Union européenne à Yaoundé. Les certifications Iso et Globalgap ont été décernées aux mêmes compagnies. La première couronne leur "management environnemental", la seconde leur "bonne pratique agricole".

Un dirigeant bananier certifie qu'il paie "tous ses impôts". Mais il admet que sa société bénéficie, outre les subventions de l'UE, d'une exonération de patente de la part des autorités camerounaises au titre d'une activité en zone "socialement sensible". Cet impôt est pourtant censé revenir à des communes extrêmement pauvres. Mais le système fiscal camerounais, gangrené par la corruption, n'a rien de transparent.

"Les sociétés ne payaient pas d'impôts ni de taxes depuis trente ans", affirme pour sa part le maire, M. Kingue. En septembre 2007, il a dénoncé cette situation auprès du premier ministre et a obtenu un redressement fiscal. Peu après, les patrons visés "ont menacé de me faire assassiner ou emprisonner", écrit-il depuis sa cellule. Offusqué, l'un des intéressés allègue des dons directement versés à la commune par sa société, fustige les "exigences d'argent" du maire et balaie l'accusation : "Pur folklore camerounais !"

Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 10.06.08


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Grand Angle
De Saint-Simon à la République
Pierre Rosanvallon, en fermant la fondation Saint-Simon, a pris acte de l'échec du rapprochement de la gauche et du centre droit pour revenir vers la critique sociale. Histoire d'un parcours intellectuel.
Par Eric AESCHIMANN, Pascal RICHE
QUOTIDIEN : Lundi 18 septembre 2006 - 06:00
Au milieu des années 90, Pierre Rosanvallon a compris que quelque chose ne tournait plus très rond au royaume du «modernisme de gauche». Jean-Marie Messier, futur ex-«maître du monde», était venu frapper à la porte de la fondation Saint-Simon : «Puis-je faire partie du club ?» Saint-Simon, c'était le salon chic des intellectuels antitotalitaires et des patrons sociaux, le trait d'union entre les rocardiens et le centre droit, la machine à tisser du consensus. Rosanvallon l'avait créé en 1982 avec l'historien François Furet, le chef d'entreprise Roger Fauroux et l'essayiste Alain Minc. Mais pour cet ancien de la CFDT, très attaché à la question sociale, voir qu'un balladurien comme Messier souhaite en devenir membre est un révélateur. Sa créature était en train de lui échapper. Quelques années plus tard, en 1999, autoritairement, il a décidé de mettre la clé sous la porte.
Messier, Minc, fondation Saint-Simon : les étoiles d'hier ont pâli, se sont éteintes. Pierre Rosanvallon, 58 ans, lui, est toujours là, avec sa silhouette confortable, son visage posé, son propos structuré. Mais il a rompu avec une partie de son passé. En 2001, au terme d'une intense campagne, il a été élu professeur au Collège de France, stade ultime d'une carrière universitaire entamée par la petite porte : en 1970, tout juste diplômé d'HEC, il avait choisi de devenir conseiller économique de la CFDT. Désormais, le voilà rue d'Ulm, dans l'annexe neuve du Collège de France. Après une éclipse où il a été absorbé par ses travaux, il a replongé doucement dans le débat public, en fondant la République des idées. Un «atelier intellectuel» plus qu'un réseau mondain. Les travaux, qui font l'objet d'une collection de petits livres, ont connu un retentissement inespéré . Ségolène Royal elle-même s'y abreuve.
En mai, la République des idées a organisé un grand colloque à Grenoble, dont Pierre Bourdieu, symbole de tout ce que Saint-Simon détestait, n'aurait pas renié le titre : «La nouvelle critique sociale». Ce mois-ci, Pierre Rosanvallon publie la Contre-Démocratie, un essai sur les formes non institutionnelles de la démocratie. «Une façon de dire que, contrairement à ce que dit la pensée libérale, il n'y a pas lieu de se défier du mouvement social», résume un proche. Désormais solidement implanté dans le monde savant, à l'écoute de la société, Pierre Rosanvallon ne veut plus entendre parler de l'élite énarco-entrepreneuriale qu'il fréquentait jadis. Par touches, sans le crier sur les toits, il prend acte de l'échec du projet qui consistait à moderniser la gauche en la frottant aux grands patrons. «On est allé trop loin. La culture de gouvernement est devenue la culture de gestion.»
Quatre familles de pensée
Le côté «club snob» ne doit pas faire illusion : Saint-Simon a marqué un moment important dans l'histoire des idées en France. Lorsque la fondation est créée, après l'alternance de 1981, l'enjeu est de convertir la «première gauche» à l'économie de marché. De l'ouvrir à la société civile. De jeter des passerelles entre des élites qui se méprisaient mutuellement, patronat, université, haute fonction publique. De contrer l'influence d'un Parti communiste déjà en déclin. En somme, d'en finir avec «la machine égalitaire» (Alain Minc), «la passion révolutionnaire» (François Furet). Quatre familles de pensée s'associent : la deuxième gauche (CFDT, rocardiens) ; des hauts fonctionnaires qui aspirent à la modernisation de l'Etat (François Bloch-Lainé, Simon Nora) ; une poignée de patrons humanistes qui se sentaient «investis d'une mission d'intérêt général» (Antoine Riboud) ; et enfin, les intellectuels «antitotalitaires», qui, depuis les années 60, ferraillaient contre le communisme et le marxisme et dont le chef de file était François Furet ­ lui-même un ancien du PCF.
Au début, chacun y a trouvé son compte. La chute du mur de Berlin vient confirmer les intellectuels antitotalitaires dans leur conviction ­ leur «illusion», dit Olivier Mongin, le directeur de la revue Esprit ­ que «l'ouverture du marché est un accoucheur de démocratie» et que «le capitalisme est régulable». Les jeunes énarques, futures élites de la nation, se bousculent à la porte de Saint-Simon. «J'ai vu défiler les plus brillants d'entre eux», raconte Pierre Rosanvallon, qui les incite à publier des «notes» pour la fondation. Pour le seconder, il fait appel à Denis Olivennes, jeune et talentueux normalien-énarque. Tout ce beau monde dissèque et critique l'Etat-providence, et Pierre Rosanvallon, qui en a théorisé la crise dès 1981, est dans son élément. En décembre 1995, proche de Nicole Notat et allergique à la rhétorique des avantages acquis, il signe la pétition de soutien au plan Juppé lancée par la revue Esprit .
«Mais pendant ce temps le capitalisme connaissait des mutations radicales. Saint-Simon ne les a pas vus venir», ajoute Olivier Mongin. Les premiers craquements ont eu lieu quelques mois plus tôt, avec la campagne pour l'élection présidentielle de 1995. Saint-Simon est au sommet de sa gloire ­ et à la veille de sa chute. Entre les tenants de l'orthodoxie européenne et les partisans d'une «autre politique», la guerre fait rage. La fondation fait figure de QG de la pensée unique, de laboratoire caché des réformes à venir. Lors des déjeuners avec les candidats, Lionel Jospin est écouté avec dédain, Jacques Chirac brocardé, Balladur applaudi. Faiseurs de roi ? Des agents du KGB viennent roder dans les couloirs des locaux cosys, rue du Cherche-Midi, à la recherche d'on ne sait quels plans secrets. «Des cabinets de consultants se faisaient payer pour dire aux PDG comment être admis à la fondation», sourit Pierre Rosanvallon.
Un tremplin de luxe
A l'époque, tout cela ne le fait pas tellement rire. Il est déçu par la jeunesse dorée qui sort de l'ENA et qui, tournant le dos à l'intérêt général, se sert de Saint-Simon comme tremplin de luxe. «La génération des hauts fonctionnaires réformateurs et keynésiens s'est décomposée. La suivante n'a d'autres ambitions que d'aller dans le privé», déplore-t-il, en citant Denis Olivennes, qui a rejoint Air France, puis Canal + et dirige aujourd'hui la Fnac (groupe Pinault). Il ne voit qu'une seule exception à cette évolution : Martin Hirsch, un conseiller d'Etat, aujourd'hui président d'Emmaüs France. Daniel Cohen, économiste qui accompagne Pierre Rosanvallon depuis une décennie, pointe un autre facteur de désagrégation, l'évolution de la sociologie patronale : «Dans les années 90, des patrons différents sont apparus dans le paysage: Bébéar, Pinault, Arnault, des rock-stars.»
Pierre Rosanvallon s'est vite méfié du dévoiement de l'idée de modernisation. En 1988, dans la République du centre, dont le titre est un bon résumé de l'état d'esprit de l'époque, François Furet se réjouissait que «l'idée de gauche, l'idée de socialisme, l'idée de République, ont dépéri en même temps». Rosanvallon, lui, déplorait au contraire que la «"centrisation" de la vie politique s'appuie sur une sorte de consécration de l'impuissance». Plus tard, à Saint-Simon, il a envoyé quelques signaux, pour «marquer [sa] désapprobation». Il a ouvert ses «notes» au démographe antimaastrichtien Emmanuel Todd ou au sociologue formé par Bourdieu Robert Castel. Il a piloté le Nouvel Age des inégalités, qui amorçait la description des nouvelles conditions de vie des salariés. Mais sa contestation est restée passive. Jamais il n'a demandé à ses puissants amis de Saint-Simon : sommes-nous allés trop loin ?
«L'antitotalitarisme ne peut plus jouer le rôle moteur qui a été le sien au milieu des années 70», écrivait-il également dans la République du centre. Là se trouve probablement le noeud de l'histoire de Pierre Rosanvallon et, à travers lui, de la deuxième gauche. Réinvestir la question sociale, prendre au sérieux les thématiques portées par le mouvement social, ne pas y voir forcément un piège gauchiste, c'est déjà rompre la digue de protection que François Furet et d'autres avaient voulu dresser contre tout ce qui rappelait de près ou de loin l'utopie marxiste. Dans son ultime article dans la revue le Débat, écrit quelques jours avant sa mort à l'été 1997, François Furet s'indignait avec véhémence du fait que, malgré la chute de l'URSS, la gauche française n'ait pas renoncé à son vieux rêve : «séparer démocratie et capitalisme». Comme si la critique du libéralisme relevait forcément du réflexe stalinien.
Un travail d'enquête sociale
Il a fallu du temps à Pierre Rosanvallon pour revenir à sa famille d'origine, la gauche syndicale réformiste. Du temps aussi pour se démarquer de François Furet, son maître, qui, dès le premier jour, lui avait fait confiance et l'avait encouragé dans la carrière universitaire. En fondant la République des idées, Pierre Rosanvallon s'est de facto éloigné des autres «furétistes». L'un des premiers ouvrages parus sous ce nouveau label est une charge contre les «nouveaux réactionnaires». Marcel Gauchet, le rédacteur en chef du Débat, lui aussi un protégé de Furet, y est nommément cité (1). Depuis, sur l'école, le rapport à la nation, la relation entre le politique et le social, la République des idées et le Débat divergent nettement. «Les tâches que nous voulons accomplir ne sont plus les mêmes», admet Rosanvallon. Au centre Raymond-Aron, où se retrouve toute la mouvance antitotalitaire, l'ambiance s'est rafraîchie.
Rosanvallon n'est pas devenu gauchiste. Il croit à la réforme, à la société civile, à l'Europe. Mais depuis quatre ans les petits livres de la République des idées ont mis au coeur du débat public des pans de la réalité sociale jusque-là ignorés : l'atomisation du salariat, la constitution de ghettos de riches, l'explosion des maladies professionnelles, notamment. Un travail d'enquête sociale qui, note-t-il en souriant, était autrefois l'apanage des sociologues d'extrême gauche... Les ventes assurent les deux tiers de son petit budget : 150 000 euros. Le reste vient du mécénat. Rétif à l'argent, Pierre Rosanvallon ne se plaint pas : «Nos travaux seraient-ils de meilleure qualité si nous disposions de plus de moyens ? Quand on voit la production des instituts dotés d'énormes budgets, j'en doute.» Son modèle, ce serait plutôt Marx et Engels. «Ils ont décrit la mise en place du capitalisme avec une étonnante prescience. Quand Engels écrit la Situation de la classe laborieuse en Angleterre, en 1848, on dénombrait plus de domestiques que d'ouvriers en Angleterre. Mais il avait compris que la nouveauté était là.» En ce début de IIIe millénaire, un nouveau capitalisme s'est imposé, et, en plaisantant à peine, Rosanvallon confie son ambition pour la République des idées : écrire un nouveau Capital, «par petits morceaux».
(1) Le Rappel à l'ordre, par Daniel Lindenberg, la République des Idées-le Seuil.


http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/204978.FR.php
© Libération

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Bébé vendu aux Pays-Bas :
le père biologique débouté
Stéphane Kovacs
07/05/2008 | Mise à jour : 21:36 | Commentaires 2
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Née d'une mère porteuse belge, Donna, vendue par Internet, restera aux parents les plus offrants.

Pour trancher un conflit entre deux femmes à propos d'un bébé, le roi Salomon avait laissé parler l'instinct maternel. Pour régler le sort d'une fillette de trois ans, réclamée par deux couples, le tribunal d'Utrecht a donné raison… au plus offrant. La petite Donna, née d'une mère porteuse belge qui l'avait revendue à un couple de Néerlandais, après l'avoir «promise» au Belge Bart Philtjens, son père biologique, et à sa compagne stérile, restera donc aux Pays-Bas.

«D. est un petit enfant qui a besoin de protection afin de bien se développer. Pour D., la relation la plus importante de sa vie est celle avec ceux qui l'élèvent, ses parents adoptifs. Elle n'a jamais connu d'autres parents qu'eux», a estimé le tribunal.

Les juges n'ont même pas accordé de droit de visite au père biologique… Ils ont cependant permis que les services de protection de l'enfance puissent organiser une éventuelle rencontre. Le tribunal a également ordonné que les parents adoptifs soient placés sous surveillance de ces services pour un an, précisant qu'ils avaient donné «l'impression» de ne pas être «assez conscients des exigences que l'histoire particulière de D. leur pose en tant qu'éducateurs».

La partie adverse étudie la possibilité de contester le jugement. «Nous ne comprenons pas qu'un enlèvement d'enfant, que représente la vente de ma fille sur Internet, puisse être avalisé dans un pays européen», se lamente Bart Philtjens.

Mais, en novembre 2005 puis octobre 2007, la justice néerlandaise avait déjà estimé que Donna devait rester aux Pays-Bas : «L'enfant est bien traitée par ses parents» adoptifs, avait-elle tranché, tandis que Bart Philtjens et sa compagne n'ont «jamais connu de vie de famille» avec elle.

Cette sordide histoire commence en avril 2004 lorsque An Blomme, une jeune Flamande, entre en contact via Internet avec Bart Philtjens et Geertrui Praet, en mal d'enfant. Elle leur propose de porter leur bébé, contre un défraiement de 8 000 euros. En juin, An Blomme se retrouve enceinte, à la suite d'une insémination artificielle avec le sperme de Bart. La paternité sera ensuite établie grâce à une expertise d'ADN.

Commercialisationdu corps humain

Jusqu'au septième mois, la grossesse se déroule normalement. Les échographies révèlent une petite fille, que les futurs parents choisissent d'appeler Donna. Mais, en décembre, ils reçoivent un terrible courriel : «À cause du stress, j'ai perdu l'enfant !» En fait, n'ayant pas réussi à soutirer une somme d'argent supplémentaire à Bart et à Geertrui, la mère porteuse aurait entrepris de démarcher, sur lnternet, un couple d'homosexuels, puis des Néerlandais qui viennent de perdre un enfant… Finalement, ce sont ces derniers qui «remporteront le marché», pour 15 000 euros ! Le 26 février 2005, An Blomme accouche, et entame aussitôt la procédure d'adoption au bénéfice des Néerlandais, Wim et Nathalie Janssen.

Ayant appris le mensonge, Bart et Geertrui tentent immédiatement de récupérer Donna. Le couple d'homosexuels, compatissant, leur fournit toutes les preuves nécessaires. Dans un premier temps, un juge belge donne raison au père biologique, s'appuyant sur une loi réprimant le trafic d'êtres humains. Mais la cour d'appel contredira ce premier jugement, estimant qu'il appartient à la justice néerlandaise de statuer…

En France, avoir recours à une mère porteuse est interdit. En Belgique, c'est possible, mais aucune loi n'encadre le statut de la mère porteuse, ni le droit des parents «commanditaires». La terrible histoire de Donna a néanmoins ouvert le débat : certains veulent interdire les mères porteuses, d'autres proposent de réglementer sévèrement la pratique, de façon à empêcher toute commercialisation du corps humain. Pendant ce temps aux Pays-Bas, An Blomme, qui a l'an dernier tenté en vain de récupérer la petite Donna, continue, semble-t-il, à proposer ses services sur Internet.

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Eco-Terre
La polémique enfle autour d'un poste d'informaticien à Pondichéry
Une agence ANPE. (AFP)
Poste à pourvoir en Inde: informaticien, bac+2, payé entre 160 et 320 euros, protection sociale à négocier. L'annonce, diffusée par l'ANPE, indigne opposition et syndicats.
Liberation.fr avec source AFP
LIBERATION.FR : lundi 5 mai 2008
C'est une offre d'emploi diffusée par l'ANPE pour un poste d'informaticien de niveau bac+2. Particularité de l'annonce: le poste, basé à Pondichéry en Inde, est rémunéré en roupies indiennes l’équivalent de 160 à 320 euros par mois pour 40 heures de travail par semaine. «Protection sociale et avantages à négocier», précise enfin l'annonce, toujours en ligne ce lundi selon l'ANPE.
L'annonce fait bondir Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC: «Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d’emploi?», s’interroge-t-il, à la veille d’une première grande réunion sur l’avenir de l’assurance chômage avec les syndicats, le patronat et la ministre de l’Economie et de l’Emploi Christine Lagarde. Le PS a demandé le «retrait immédiat» de l'offre, dénonçant son «cynisme indécent».

Interrogé sur RTL, le directeur de l’ANPE, Christian Charpy, s’étonne de la polémique: «Le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d’expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime.»

De son côté, Bernie Billey, déléguée CFDT à l’ANPE, ne se dit «pas particulièrement choquée par le salaire proposé s'il s'agit d'un contrat de travail indien. L'ANPE propose régulièrement des postes à l'étranger en contrat de travail local. Mais comme il s'agit généralement de pays plus riches, comme le Canada, la différence de salaire est moins surprenante». Elle s'étonne en revanche que «l'entreprise n'ait pas trouvé chaussure à son pied en Inde, qui compte de nombreux informaticiens de qualité».

Quatre fois le salaire moyen en Inde

L'explication tient sans doute au fait que l'entreprise qui a passé l'annonce, créée par des Français, cherche des francophones. Selon le Journal du dimanche, l’offre émane d’une agence web fondée en 1997 à Jonzac en Charente-Maritime, développant des services internet et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT. Son dirigeant, Denis Delcroix, injoignable ce lundi, a nié dans le JDD avoir sollicité l’ANPE, mais reconnu déposer des offres similaires sur d’autres sites de recrutement. Ces annonces précisent généralement «le français est un plus» ou «cherche personnel parfaitement francophone». «Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j’embauche aux conditions locales», s'est justifié le chef d'entreprise.

«Nous avons régulièrement des offres venant d'entreprises à l'étranger, créées ou non par des Français, qui embauchent en droit local», confirme-t-on à l'ANPE. Mais elles proviennent généralement de pays frontaliers ou d'Amérique du Nord, à des salaires comparables à ceux pratiqués en France. «L'annonce de Pondichéry, plus inhabituelle, semble s'adresser à de jeunes français qui voudraient partir à l'étranger pour étoffer leur CV avant de pourvoir postuler à des postes en France», poursuit-on au service communication de l'ANPE.

S'agissant de la mention «protection sociale à négocier», elle aurait été «mal interprétée» selon l'ANPE: «Il existe souvent des caisses pour les Français à l'étranger. La mention "protection à négocier" signifie que le candidat peut demander à l'employeur d'y souscrire pour lui, ce qui en l'occurrence l'avantage clairement par rapport au droit indien.»

Parmi ses 3 à 4 millions d’offres collectées chaque année, l’ANPE en propose de nombreuses à l’étranger, dont une partie dans le cadre de «contrats d'expatriations» à des salaires français (comme 30.000 euros annuels pour un poste d'informaticien en Chine). Pour qui veut absolument partir en Inde, une entreprise de transit international cherche par exemple un délégué commercial à New Delhi… payé 20.000 à 40.000 dollars.


http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/324692.FR.php
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Plainte pour injure raciste : des excuses publiques réclamées au haut-fonctionnaire
NOUVELOBS.COM | 02.05.2008 | 17:25
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Le vigile, qui affirme qu'un membre du ministère de l'Immigration l'a traité de "sale noir" et l'a menacé de "faire une croix sur (sa) carrière", dit qu'il retirera sa plainte en cas d'excuses publiques. Il déclare, par ailleurs, avoir reçu des menaces. De son côté, le haut fonctionnaire dément formellement.
Le vigile qui a porté plainte pour injure raciste à l'encontre d'un fonctionnaire du ministère de l'Immigration réclame des "excuses publiques" pour retirer sa plainte, a-t-il déclaré, vendredi 2 mai, à l'AFP, faisant par ailleurs état de "menaces" pour qu'il abandonne ses poursuites.
Cette plainte avait été déposée samedi dans un commissariat du XIIe arrondissement de Paris et transmise au parquet de Créteil, les faits visés s'étant produits dans une grande surface du centre commercial Bercy 2 de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
De son côté, Gautier Béranger "dément toute injure" et "toute provocation", a déclaré vendredi à l'AFP son avocat Me Mathieu Davy.

"Vous ne savez pas qui je suis"

Samedi 26 avril, Gautier Béranger, adjoint au secrétaire général du ministère de l'Immigration, fait ses courses dans un magasin Carrefour et veut payer par chèque. Le montant étant élevé, plus de 500 euros, selon le plaignant Pierre-Damien Kitenge, la caissière le sollicite pour aller faire les vérifications d'usage.
C'est là que Gautier Béranger lui aurait dit : "Monsieur, vous n'avez pas le droit de toucher mes papiers, sale noir, je vous connais, vous êtes sans papiers et vous faîtes du trafic de papiers. Vous ne savez pas qui je suis, vous pouvez faire une croix sur votre carrière", a rapporté Pierre-Damien Kitenge lors d'un entretien téléphonique.

"Ce n'est pas parce qu'il est haut placé…"

Gautier Béranger "a demandé à voir un responsable, m'a demandé mon nom et mon badge professionnel en disant que c'était lui qui donnait les agréments aux entreprises de gardiennage et de sécurité", a-t-il poursuivi, assurant avoir "gardé son calme" pour ne faire "que son travail".
Son interlocuteur "a sorti une carte de visite de sa poche avec la mention 'ministère de l'Immigration' que j'ai prise sans paniquer".
"Choqué" d'avoir été traité de la sorte, ce citoyen français a porté plainte après son service. Convoqué lundi dans le bureau du directeur du magasin Carrefour, il se serait vu demander de retirer sa plainte parce que Gautier Béranger, contacté par le gérant du magasin, aurait présenté des excuses. De son côté, la direction du magasin affirme n'avoir "jamais demandé à l'agent de retirer sa plainte et n'a jamais exercé de pression sur qui que ce soit", a assuré à l'AFP la direction de Carrefour. "Nous ne commentons pas une affaire qui fait l'objet d'une plainte et d'une enquête entre deux parties privées", a-t-on ajouté.
"J'assume ce que je fais, je maintiens ma plainte dès lors qu'il ne m'a pas présenté des excuses publiques", a affirmé Pierre-Damien Kitenge.
"Ce n'est pas parce qu'il est haut placé au ministère que je dois changer la couleur de ma peau ! Je suis noir, je le resterai toute ma vie et je suis fier de l'être", a-t-il insisté.

"C'est mal parti pour moi"

Depuis, il a reçu "trois ou quatre appels anonymes" lui intimant de retirer sa plainte, "déposée en son nom propre" a-t-il précisé, ainsi qu'une lettre recommandée de son employeur qu'il interprète comme "une sommation à se taire".
"Mon travail est en jeu, il n'y a plus grand espoir. Une fois que les médias m'auront oublié, je serai mis à la porte ni vu ni connu", pronostique-t-il ajoutant et s'efforçant de plaisanter: "Demandez au ministre (Brice Hortefeux) de me trouver du travail parce que c'est mal parti pour moi".
Par ailleurs, des témoins de la scène -- des employés présents près des caisses -- lui avaient proposé de témoigner en sa faveur mais auraient été "sommés par leur direction de ne pas faire de commentaire et encore moins de témoigner", a-t-il ajouté.

"Une pure dénonciation calomnieuse"

"Je démens formellement et en tout point avoir prononcé quelconque injure, de surcroît à caractère raciste, à l'encontre de ce monsieur, comme tout propos relatif à son état civil", écrit Gautier Béranger dans un communiqué rendu public par son avocat.
"Je suis particulièrement affecté par ce que je considère être une pure dénonciation calomnieuse", ajoute l'adjoint du secrétaire général du ministère de l'Immigration, en charge de la communication interne.
"Mon client dément aussi toute altercation et ne prête pas non plus à l'agent de sécurité des propos désobligeants : le ton n'est pas monté", a insisté l'avocat.

SOS Racisme réclame le départ de Gautier Béranger

SOS Racisme, qui qualifie de "graves" les propos racistes prêtés au fonctionnaire du ministère de l'Immigration, visé par une plainte par un vigile de supermarché, juge impossible qu'il soit maintenu en fonction si les faits reprochés sont avérés.
"Nous avons pris connaissance avec consternation de l'affaire Béranger", a déclaré vendredi SOS Racisme, dans un communiqué.
SOS Racisme "demande que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de sanctionner ce comportement contraire à l'éthique de la fonction publique", ajoute Dominique Sopo, son président.
"Si ces faits s'avèrent exacts, ce qui au vu des témoignages est plus que probable, il n'est pas possible d'envisager le maintien de ce fonctionnaire dans ses attributions actuelles", affirme-il.
"Ses propos sont graves, de par leur caractère raciste mais aussi parce que ce fonctionnaire a fait usage de sa qualité pour proférer des menaces", estime Dominique Sopo. (avec AFP)

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L'histoire
En Suède, la femme tombe dans le panneau piéton
LIBERATION.FR : jeudi 1 mai 2008
La Suède, réputée pour ses efforts en matière d'équité entre hommes et femmes, va se doter de panneaux de signalisation des passages cloutés montrant non plus seulement un piéton mais aussi une piétonne, a-t-on appris mercredi auprès du gouvernement.
"Nous avons demandé à l'administration des routes de dessiner un logo et de nous soumettre ses propositions le 1er octobre", explique Jaana Vikman, porte-parole du ministère chargé des infrastructure.

L'idée a été lancée par la petite ville de Mariestad (sud-ouest) qui avait installé des panneaux montrant une femme traversant la rue.
"Nous avons trouvé que l'initiative était bonne", témoigne la porte-parole du ministère, qui précise que les panneaux au féminin seraient visibles fin 2008, début 2009 au plus tard.

Les communes décideront ensuite si elles veulent garder le traditionnel piéton ou bien adopter le panneau au féminin, voire de combiner les deux.


http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/histoiredujour/324106.FR.php
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Plainte pour racisme au ministère de l'Immigration
NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 09:06
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Un haut fonctionnaire du ministère est poursuivi pour "injures racistes" par un vigile de supermarché. "Sale Noir!", lui aurait-il dit avant de le menacer de le "renvoyer dans son pays", alors que le vigile appliquait une procédure habituelle de l'enseigne.
Une plainte pour "injures racistes" a été déposée contre le responsable du pôle communication du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, Gautier Béranger, apprend-on mercredi 30 avril dans le Canard enchaîné.
Cet adjoint du secrétaire général du ministère Patrick Stefanini, est accusé d'avoir traité de "sale noir" un vigile de l'hypermarché Carrefour Bercy de Charenton (Val-de-Marne) qui appliquait une procédure habituelle de l'enseigne lorsqu'un paiement par chèque excède les 250 euros. "Vous n'avez pas le droit de toucher mes papiers, vous pouvez faire une croix sur votre carrière, c'est moi qui donne les accréditations aux sociétés de gardiennage", se serait emporté Gautier Béranger, selon Le Canard, alors que le vigile emportait ses papiers pour vérification. Et de menacer l'homme de le "renvoyer dans son pays", ce qui selon l'hebdomadaire "serait difficile", le vigile étant Français.

Démenti

Soutenu par des employés et des clients qui lui proposent alors de témoigner, l'insulté a déposé plainte au commissariat du XIIème arrondissement parisien tout proche.
Gautier Béranger nie pourtant les faits rapportés. "Impossible!" dit-il au Canard enchaîné. "J'ai discuté très gentiment avec un monsieur fort sympathique d'ailleurs, je me suis inquiété de savoir où il partait avec mes papiers et lui m'a demandé où je travaillais" assure le conseiller.

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Société
C'est la fin de la carte SNCF famille nombreuse
Reuters
En supprimant sa subvention à l'entreprise publique dès 2009, l'Etat condamne de fait cet avantage social créé en 1921, ainsi que le Billet congés annuels.
Philippe Brochen
LIBERATION.FR : mercredi 9 avril 2008
L'annonce était passée inaperçue du plus grand nombre. La carte Famille nombreuse va mourir de sa belle mort. Son fossoyeur? Nicolas Sarkozy et sa Révision générale des politiques publiques (RGPP), dont les derniers contours ont été présentés vendredi 4 avril.
De quoi s'agit-il? Désireux de réduire les charges de l'Etat, le Président a annoncé 263 mesures, dont une entraînant la suppression de la fameuse carte SNCF destinée aux familles de trois enfants et plus. Créé en 1921 à l'initiative de l'Etat, ce sésame, qui bénéficie à 2,2 millions de familles, offre des réductions tarifaires lors des déplacements en train: 30% pour trois enfants, 40 % pour quatre, 50% pour cinq, etc. Seulement voilà, cet avantage était financé par l'Etat, à hauteur de 70 millions d'euros pour 2008.

1 milliards d'euros de bénéfices pour la SNCF en 2007

Mais comme l'Etat a décidé de couper les subventions aux «tarifs sociaux» de la SNCF, cette dernière a annoncé la disparition de la carte familiale, ainsi que son avatar professionnel, le billet Congés annuels, qui permet une fois l'an aux salariés, agriculteurs, artisans, chômeurs et retraités de bénéficier de 25% de réduction une fois l'an sur un trajet aller-retour.

Une décision d'autant plus surprenante de la part de l'entreprise publique que celle-ci a réalisé plus d'un milliard d'euros de bénéfices (oui, oui, de bénéfices!) en 2007. Quant à l'Etat, son grand écart n'est pas plus compréhensible, lui qui souhaite encourager les Français à la fois à faire des enfants et aussi à emprunter les transports publics et non-polluants (comme le train) au détriment des polluantes et coûteuses automobiles.

Pour se défendre, la SNCF annonce qu'elle va créer une nouvelle offre pour les familles, «sous la forme de cartes commerciales» dont les tarifs ne seront évidemment pas identiques à ceux de la Carte famille nombreuse, notamment en raison du contingent limité de places qui seront mises à disposition dans chaque train pour ses détenteurs, à l'image de la Carte enfant plus (payante) actuellement en vigueur pour les parents de très jeunes enfants.

«Des économies faites sur le dos des familles»

Ce mercredi après-midi, l'Union nationale des associations familiales (Unaf), pour qui «ce n'est pas aux autres voyageurs à supporter le surcoût de cette mesure», a dénoncé «ces économies faites sur le dos des familles». «La carte famille nombreuse permet aujourd'hui à près de 4 millions de personnes de couvrir et de prévoir à long terme leurs dépenses de transport. La tarification familles nombreuses doit rester indépendante d'une politique commerciale, par nature changeante.» L'Unaf et autres associations familiales craignent de «voir à terme les avantages de cette carte se réduire, ou n'être de fait accessibles qu'aux familles les mieux informées». Pour l'Unaf, la politique familiale doit rester du ressort de la «solidarité nationale et indépendante de toute politique commerciale».


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Grand Angle
Seine-Saint-Denis, la chute de la maison rouge
Double échec électoral du PCF dans le 93, où il perd le conseil général qu’il detenait depuis la création du département ainsi que plusieurs fiefs.
FRANÇOIS WENZ-DUMAS
QUOTIDIEN : lundi 31 mars 2008

Jeudi 20 mars, à 10h 37, le communiste Hervé Bramy, président sortant du conseil général de Seine-Saint-Denis, a cédé son fauteuil au socialiste Claude Bartolone. Un passage de relais en douceur, ponctué par les applaudissements des élus et du public. «Cela s’est bien passé», confirme, rétrospectivement soulagé, le nouveau président du «9-3», qui a recueilli les 13 voix des conseillers généraux communistes et les 17 des socialistes, tandis que l’UMP Michel Teulet rassemblait les 10 suffrages des élus de droite. Dans l’assemblée issue des cantonales de 2004, socialistes et communistes étaient à égalité, 15 contre 15. Mais le PS avait laissé la présidence au PCF, au nom de la prime au sortant. Le Parti communiste est resté discret sur la perte de ce «bastion rouge», se félicitant plutôt que la poussée de la gauche lui ait permis de gagner la présidence du conseil général de l’Allier et de conforter sa prééminence dans le Val-de-Marne. Le PCF dirigeait deux départements avant le 16 mars. Il en préside toujours deux après. L’honneur est sauf.

Mais la blessure est plus profonde que ne le suggère l’arithmétique électorale. La Seine-Saint-Denis, dans la grande saga du communisme français, tient une place à part. Et les communistes le savent : s’ils ont perdu ce département qu’ils détenaient depuis sa création en 1967, ils doivent s’en prendre à eux-mêmes. «Au conseil général, ironise un socialiste, confortablement réélu au premier tour, le 9 mars, il n’y avait pas un mais trois groupes communistes : les légitimistes, les refondateurs, et Jean-Jacques Karman», dissident communiste ultra-orthodoxe, élu d’Aubervilliers.

«Le syndrome de Drancy»

Cette division des communistes n’est pas qu’une affaire de personnes ou de clan. Elle correspond à un clivage géographique et politique profond. Les refondateurs ont essaimé autour de leurs deux places fortes de Saint-Denis et de Tremblay-en-France. Les légitimistes sont ancrés à La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Bobigny, Saint-Ouen et Bagnolet. Quant au dissident Jean-Jacques Karman, il est, selon l’expression d’un élu socialiste, «la butte témoin du communisme historique, qui permet de mesurer l’évolution des deux autres courants». Si l’on remonte en 1977, qui marque l’apogée de l’emprise communiste sur le département, le recul est sévère. Le PCF dirigeait alors 27 municipalités sur les 40 du département. Le PS n’en gérait que 7 dont ses fiefs historiques du Pré-Saint-Gervais, d’Epinay-sur-Seine, de Bondy et de Livry-Gargan. La droite devait se contenter des 3 cités résidentielles «bourgeoises» (Le Bourget, Les Lilas et Le Raincy) et des 3 villages ruraux de l’ex-Seine-et-Oise (Coubron, Gournay et Vaujours). Le PCF est passé de 27 à 12, le PS de 7 à 12, la droite de 6 à 14 et les Verts dirigent deux municipalités : Montreuil-sous-Bois et l’Ile-Saint-Denis.

Ce bilan, apparemment rassurant pour la gauche, masque un traumatisme plus profond, que les stratèges socialistes appellent «le syndrome de Drancy». En 2001, ce bastion rouge réputé imprenable est tombé, au premier tour, face à un jeune centriste proche de Bayrou, Jean-Christophe Lagarde. Qui a été réélu triomphalement le 9 mars, confirmant l’adage selon lequel un fief communiste qui tombe à droite devient très difficile à reconquérir. Rosny-sous-Bois, Gagny, Montfermeil ou Neuilly-Plaisance sont aujourd’hui fermement ancrées à droite. Et les socialistes ont dû attendre vingt-quatre ans pour prendre, avec Gérard Ségura, Aulnay-sous-Bois, ville perdue par les communistes en 1984.

«Si nous, à un moment, nous ne prenons pas nos distances avec les communistes, c’est la droite qui finit par l’emporter», analysait, quelques jours avant le second tour, le socialiste Jacques Salvator, qui en se maintenant, alors qu’il avait perdu la primaire, vient d’être élu maire d’Aubervilliers, battant le sortant Pascal Beaudet, successeur de Jack Ralite, donc plutôt refondateur, mais allié à l’ultra-orthodoxe Jean-Jacques Karman. En Seine-Saint-Denis les choses ne sont jamais simples.

Guerre fratricide

«A la fin des années 60», rappelle Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’université Paris-VIII, «les communistes héritent d’un puissant outil de gestion sociale : le département. Ils décident de s’en servir un peu comme ils le faisaient des grandes municipalités qu’ils dirigeaient depuis la Libération, voire avant : pour promouvoir les valeurs des ouvriers et améliorer leurs conditions de vie». «Le problème, poursuit-il, c’est qu’au même moment a commencé la désindustrialisation et, qu’avec le départ des usines, ce passé, aussi glorieux soit-il, correspondait de moins en moins aux réalités du département.»

Dès la fin des années 70, des élus comme Marcelin Berthelot, alors maire communiste de Saint-Denis, avaient lancé le débat au sein du parti. «Berthelot, puis Patrick Braouezec qui lui a succédé, ou Didier Paillard l’actuel maire de Saint-Denis, se sont démarqués de la ligne officielle du parti en défendant l’idée que la gestion d’une mairie ou d’un département par les communistes pouvait aussi se montrer novatrice en matière d’aménagement urbain», explique Alain Bertho. Les refondateurs de Saint-Denis saisissent opportunément la création du Stade de France pour mettre leurs idées en pratique, et lancer la communauté d’agglomérations, Plaine Commune. Née en 2001, présidée par Patrick Braouezec, cette structure, qui regroupe huit communes du nord de Paris, leur permet de mettre en commun les financements. Mais aussi de court-circuiter un conseil général aux mains de légitimistes plus occupés à répartir des subsides aux mairies amies qu’à lancer de grandes opérations d’aménagement du territoire.

Dans cette guerre fratricide entre les deux courants communistes, les socialistes ont joué un jeu ambigu. Politiquement, leurs sympathies iraient plutôt aux refondateurs. Mais tactiquement, ils ne peuvent que soutenir les légitimistes. «Qu’on le veuille ou non, s’excuserait presque Claude Bartolone, il est normal que l’on négocie d’appareil à appareil, et que l’on ne cherche pas à semer la division chez nos partenaires.»

Quand au lendemain du premier tour, il apparaît qu’à Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve et Bagnolet, les socialistes arrivés en seconde position veulent se maintenir contre le sortant communiste, et que les communistes vont faire de même à Romainville et Noisy-le-Grand, les responsables des deux fédérations organisent une réunion de crise pour raisonner leurs troupes. En vain. «Nous avons réussi aux cantonales à faire jouer la règle du désistement, mais dans les municipalités, les situations locales s’étaient depuis trop longtemps envenimées», reconnaît Claude Bartolone.

La division entre légitimistes et refondateur dans le camp communiste, et dans une moindre mesure entre strauss-kahniens et fabiusiens chez les socialistes, a parfois donné des situations étonnantes. Ainsi à Saint-Denis, le refondateur Didier Paillard faisait à son challenger socialiste une proposition de fusion de listes manifestement inacceptable. Quand le responsable de la fédération socialiste demande à son homologue communiste d’intervenir auprès de Patrick Braouezec pour qu’il modère les ardeurs de son ami Paillard, il l’entend répondre : «Appelle-le directement. Toi, il t’écoutera peut-être !»

A l’arrivée, si les cantonales se sont jouées à la loyale entre PS et PCF, l’indiscipline a été de règle aux municipales. Avec pour résultat d’accentuer le recul des communistes, qui perdent deux villes au profit des socialistes, Aubervilliers et Pierrefitte, et une au profit des Verts, Montreuil. Comme un malheur n’arrive jamais seul pour la place du Colonel-Fabien, l’unique conquête communiste, Villepinte, est à mettre aux crédits des refondateurs : la nouvelle maire, Nelly Roland est une proche de François Asensi, député-maire de Tremblay-en-France. Tout comme Stéphane Gatignon, réélu maire de Sevran, qu’il avait reconquise aux municipales de 2001.

Calmer le jeu

Depuis le 20 mars, Bartolone n’a qu’une obsession : calmer le jeu. «J’ai dit à nos amis communistes : prenons une calculette et appliquons la proportionnelle», explique-t-il. Le précédent exécutif départemental présidé par Hervé Bramy, comptait 6 vice-présidents communistes et 6 socialistes. Le nouveau recense 7 vice-présidents socialistes ou apparentés pour 5 communistes.

La véritable inconnue reste le devenir du département, et sa place dans le projet du Grand Paris que le nouveau secrétaire d’Etat à la Région capitale, Christian Blanc, est chargé de mettre en œuvre. Si les structures intercommunales sont appelées à se développer, le nord du département avec Plaine Commune et les villes proches de Roissy, en particulier Tremblay qui collecte une large part de la taxe professionnelle de la zone aéroportuaire, tireront leur épingle du jeu. Au sud, Noisy-le-Grand fait déjà partie de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Et les communes des portes de Paris (Pantin, Bagnolet, Les Lilas, le Pré-Saint-Gervais et Montreuil, que la victoire de Dominique Voynet peut faire sortir de son splendide isolement) et leurs voisines ont tout à gagner de l’intercommunalité et du partenariat avec Paris.

«Il n’y a pas de raison que les autres communes, qui ne se raccrochent à aucun de ces trois ou quatre pôles de développement, soient laissées pour compte», estime Claude Bartolone, qui avant même d’être entré dans l’habit d’un président de conseil général, estimait qu’«en zone urbaine dense, le département peut tout à fait être l’échelon pertinent». «Maintenant, ajoute-t-il, si le nouveau secrétaire d’Etat conclut qu’il faut faire de la péréquation fiscale et que les deux départements pauvres que sont le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis doivent bénéficier du pactole des Hauts-de-Seine, on peut en débattre.» Un discours que ne renieraient pas ses prédécesseurs communistes.


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(un culot monstrueux),

"il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le Parlement". Et il poursuit : "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites. Sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des Héritiers, et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque".



L'Elysée renonce à nommer Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis
LE MONDE | 28.03.08 | 11h32

icolas Sarkozy ne nommera pas son conseiller pour la culture, Georges-Marc Benamou, à la Villa Médicis, à Rome, comme il l'avait envisagé il y a une semaine. Cédant devant la bronca qui avait aussitôt salué cette annonce, l'Elysée a finalement décidé de désigner une commission d'intellectuels, d'artistes et de parlementaires qui sera présidée par l'ancien directeur de l'opéra de Paris, Hugues Gall, et sera chargée d'examiner les candidatures à la Villa. "De toute façon, Nicolas Sarkozy n'avait pas encore acté cette nomination", glisse-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

Depuis que M. Benamou lui-même avait expliqué qu'il irait à Rome et que son entourage affirmait qu'il y terminerait l'écriture d'un livre, de très nombreuses protestations s'étaient élevées contre cette nomination. La villa Médicis, située sur les hauteurs de la capitale italienne et qui accueille chaque année des artistes, est un poste très recherché. Et le fait que cette nomination n'ait même pas fait l'objet d'une consultation de la ministre de la culture Christine Albanel, grande adversaire de M. Benamou ajoutait encore à l'impression de "fait du prince".

Mais avant tout, le choix de M. Benamou évinçait de fait plusieurs candidats dont les dossiers paraissaient sérieux, parmi lesquels l'écrivain Michel Schneider, l'initiateur des expositions du Palais de Luxembourg, Yves Marek, ou l'écrivain Olivier Poivre d'Arvor. C'est ce dernier, ex-directeur de centres culturels au Caire, à Prague ou à Londres, frère du présentateur de télévision et membre de "la gauche moderne" créé par le ministre d'ouverture Jean-Marie Bockel, qui a protesté le plus vivement et sans doute le plus efficacement. Publiant dans les journaux une lettre titrée "Benamou m'a tué", dans laquelle il assurait que le conseiller culture de Nicolas Sarkozy lui avait promis le poste, il a ensuite encouragé une pétition contre la nomination de M. Benamou. Au ministère de la culture, Christine Albanel, n'a jamais caché qu'elle était elle-même opposée à la nomination de Georges-Marc Benamou. Ce dernier, qui passe depuis longtemps pour un courtisan ayant quitté l'intimité de François Mitterrand pour pénétrer dans celle de Nicolas Sarkozy, a suffisamment d'ennemis pour avoir vu ensuite grossir ce qu'il dénonce pour sa part comme une "cabale mondaine".

Apprenant que Nicolas Sarkozy renonçait à le nommer, Georges-Marc Benamou, toujours conseiller à l'Elysée, assure maintenant qu'il sera candidat devant la commission qu'entend désigner le chef de l'Etat. Mais, ajoute-t-il, "il faudrait que, comme le souhaite le président, les candidats à toutes les grandes nominations culturelles puissent plancher devant le Parlement". Et il poursuit : "Il faut assainir le système de nominations culturelles et sortir de la reproduction des élites. Sur ce point, je suis dans la lignée du Bourdieu des Héritiers, et cela doit être valable autant pour les conseillers que pour les représentants des grands corps qui souvent se recasent, eux, sans qu'on les remarque."

Raphaëlle Bacqué


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20.000 étudiants verraient leur bourse baisser
NOUVELOBS.COM | 25.03.2008 | 14:43
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Selon le syndicat Unef, la restriction des critères d'attribution va réduire certaines bourses, qui perdraient 450 à 2.000 euros par an à compter de la rentrée 2008.

(Reuters)
L'Unef affirme mardi 25 mars que 20.000 étudiants vont voir le montant de leur bourse baisser à la prochaine rentrée universitaire -de 450 à 2.000 euros par an selon les cas- en raison d'une restriction des critères d'attribution décidée par le gouvernement. Selon le syndicat, cette baisse entraînera la perte pure et simple d'une bourse pour 2.000 d'entre eux.
Les étudiants remplissent actuellement leur dossier de demande de bourse 2008-2009 et ont jusqu'au 30 avril pour le faire, rappelle l'Union nationale des étudiants de France (Unef) dans un communiqué diffusé mardi.

Elections au Crous

"On est en train de regarder la mise en oeuvre de la réforme et on sera vigilant sur ses effets", a-t-on assuré au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Le ministère rappelle par ailleurs que les élections des représentants étudiants des Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) ont lieu à partir de ce mardi et jusqu'au 4 avril prochain.
De son côté, le président de l'Unef Jean-Baptiste Prévost "exige des réponses" de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, et interpelle les députés sur cette réforme des bourses universitaires qui avait été décidée en septembre 2007.
"Sous couvert de 'simplification' du système (...), 20.000 étudiants 'recalculés' vont voir leur bourse baisser", dénonce L'Unef dans son communiqué. Le premier syndicat étudiant de France affirme qu'à "la rentrée prochaine, certains critères concernant la situation personnelle des étudiants (...) seront baissés ou supprimés pour l'attribution des bourses".

Critères

Ainsi selon l'Unef, "le critère d'éloignement du domicile -qui concerne plus de deux tiers des étudiants- sera moins pris en compte. Le critère 'parent isolé' qui concerne les 17% d'étudiants à la charge d'un foyer monoparental est tout simplement supprimé". "La prise en compte du handicap (environ 12.000 étud